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SYLVAIN JEROME
Manuel de Zoologie Métallique – Les Curiosités de la Planète Métal [ 2012 ]

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ORIGINALITE


STYLE


EMOTION


 

NOTE

NOTE MOYENNE : 0 / 10
Nombre de votants : 0

Pays
Style Manuel
Format
Pages 303
Infos
Interview
  
Mise en ligne le : 18 mars 2012 | Chroniqueur : Der.Lehrer

Ecrire un livre sur le rock-metal, son histoire, ses différents styles et innombrables sous-styles, ses multiples groupes...est un exercice difficile et périlleux. De nombreux spécialistes ou amateurs ont essayé, parfois réussi, souvent échoué. Eviter les clichés, les idées reçues et les lieux communs, rechercher l'originalité en observant une certaine rigueur, aussi bien dans le fond que dans la forme, voilà ce qu'on attend en 2012 d'un ouvrage sur le metal.

C'est à cette tâche de longue haleine que s'est attelé Sylvain Jérôme il y a quatre ans déjà, alors que son livre intitulé "Manuel de zoologie métallique" n'a été publié que le 16 janvier dernier. C'est dire à quel point la recherche, la sélection et le classement des documents, l'organisation interne des chapitres et la rédaction, bien entendu, exigent du travail et du temps.
L'annonce de la sortie de l'ouvrage en librairie dans un webzine bien connu lui a valu, dans la demi-heure qui suivit, des remarques toutes plus absurdes et déplacées les unes que les autres, venant de gens qui ne l'avaient forcément pas lu. "Encore un bouquin sur le metal! Un de plus! C'est nul..." Que de préjugés, tout simplement.
En réalité, comme son titre le laisse supposer, il s'agit d'un manuel à caractère pédagogique, un peu comme on l'entend au lycée ou à l'université. C'est à la fois sa structure et son contenu qui justifient ce choix lexical: "Manuel de zoologie...". L'allégorie animale permet l'humour et l'auteur, "ami des bêtes", n'en manque pas, pas un humour gras, grossier ou vulgaire, mais un humour décalé et distancié.
Sylvain Jérôme venu au monde alors que des groupes comme BLACK SABBATH ou JUDAS PRIEST avaient déjà conquis la planète metal, maîtrise parfaitement son sujet pour avoir fréquenté assidument - et il les fréquente encore - les concerts et les festivals, côtoyé musiciens et organisateurs d'événements, et dans le cadre de son activité professionnelle ou tout simplement parce qu'il apprécie ce genre musical, avec ses préférences personnelles, cela va de soi. Dans son ouvrage, il se livre en quelque sorte à une étude sociologique étayée et illustrée par des exemples puisés dans toutes les familles du metal, des interviews plus ou moins brèves et des anecdotes inédites, mais toujours pertinentes. Quelques photographies en noir et blanc agrémentent les pages.
Il ne s'agit certes pas d'une oeuvre littéraire au sens strict du terme, mais d'un texte écrit dans une langue simple et accessible, parfois un peu technique, mais sans excès. Sans jamais employer la première personne du singulier, il met l'accent sur l'aspect "underground" du rock-metal à ses débuts et aujourd'hui encore, décrit son évolution au cours des décennies vers ce qu'on appelle avec une pointe de mépris "le commercial", ses rapports aux religions, à la politique et à l'argent.
Le livre se divise en quatre chapitres d'inégale longueur, précédés d'une préface et d'une introduction rappelant tous les clichés et toutes les caricatures attachés au metal.

A la lecture de cet ouvrage de 303 pages, on apprend, on s'instruit, on sourit à l'occasion...ou alors on s'étonne. Le lecteur n'est pas tenu d'être toujours en phase avec les propos, les critiques ou les jugements de l'auteur ou des intervenants à qui il donne la parole. Sylvain Jérôme explique, raconte, analyse, commente, met en garde, prodigue des conseils et des encouragements en tutoyant le lecteur, comme il est d'usage dans "la sphère metal". Ce dernier est rapidement plongé dans l'ambiance, "comme s'il y était", en choisissant la partie qui l'intéresse ou le concerne, c'est là un autre avantage de la présentation de l'ouvrage.
Tâchons d'éviter la paraphrase, chacun aura compris que les animaux - des bêtes sauvages presque toujours inoffensives - sont les "métalleux, terme à consonance dépréciative, mais fort pratique et que les intéressés emploient volontiers. Ils évoluent souvent en bandes, en groupes, en hordes (noires!), car ils sont vêtus de noir (pas tous), portent les cheveux longs (ce qui est de moins en moins exact), piercings et autres tatouages, contribuent grandement à l'augmentation du chiffre d'affaires des brasseries du monde entier, ne craignent ni la sueur, ni la boue, ni la pluie, ni le froid...Ils veulent se montrer virils, "ces bons gros mâles", parfois machos mais jamais misogynes, ils se défoulent dans les pogos, les slams ou les "walls of death" qui leur procurent, pourrait-on croire, un plaisir quasi orgasmique.
En effet, les clichés ont la vie dure, à moins qu'ils ne parviennent à s'auto-détruire. On peut rêver...

C'est donc au comportement social des adeptes du metal que s'intéresse l'auteur dans le premier chapitre, à l'esprit de groupe, voire de communauté qui les caractérise. On peut aller jusqu'à parler d'une identité ou du moins de la recherche d'une identité au travers de signes extérieurs ou physiques, ce qui ne saurait être blâmable, au contraire, c'est de là que naît le sens de la solidarité, une valeur noble.
La deuxième partie du livre qui occupe 180 pages est consacrée aux différentes formes du metal, chacun y trouve ce qu'il cherche, du heavy au grind, en passant par le hardcore, le metal féminin, "la faune de France"...Peut-être cette très longue partie aurait-elle gagné à être scindée en deux pour plus de clarté? Quoi qu'il en soit, son contenu est varié et exhaustif, rares sont les groupes de notoriété planétaire, nationale ou régionale qui ne sont pas cités au moins une fois en guise d'exemples.
Il en ressort que la société des Hommes apparaît très manichéenne dans le miroir du metal, ce genre musical somme toute assez récent, au même titre que le classique, le reggae, le punk-rock etc.,étant assimilé à un langage, un mode de vie, une culture - ou tout simplement une passion. On aime ou on déteste...formule souvent entendue.
Toute une série de concepts s'opposent deux à deux, constituant fréquemment la substance-même des textes et donnant le ton général à la musique: le Bien et le Mal, la Paix et la Guerre, Dieu et Satan, religion et athéisme, christianisme et paganisme, le Paradis et l'Enfer, l'Amour et la Haine, la Vie et la Mort, l'âme et le corps , la déchéance humaine, l'injustice sociale, la liberté et l'oppression, mais aussi le rêve, la recherche d'un idéal etc. L'auteur ne manque pas de souligner le caractère sulfureux, à la limite du racisme, de quelques formations musicalement talentueuses, notamment scandinaves, classées par commodité dans la catégorie NSBM. Dans le même registre, certaines idéologies ou pseudo-philosophies véhiculées par des individus isolés ou des groupes (dits "sataniques") peuvent provoquer des réactions ridicules ou démesurées, des controverses et polémiques stériles, comme lors du Hellfest 2010. L'auteur observe une neutralité bienveillante, ne prend pas parti. En effet, on est bien loin des métaphores animales. En laissant deviner ses goûts et ses préférences dans le domaine du rock metal, il procède à une analyse méthodique de la gamme "métallique": heavy, hard rock, death, thrash, doom, gothique (ou gothic),black metal, hardcore, metal mélodique ou symphonique, folk, pagan, sludge, metal parodique...La liste est sans fin, d'autant que des métissages, des mélanges ou des combinaisons - parfois contre nature - voient le jour depuis quelques années, à la faveur de néologismes à la mode. Il suffit d'ajouter à un terme générique le préfixe "post-" ou "néo-" ou le suffixe "-core" pour obtenir un nouveau style (pas nécessairement dénué de qualités).

Sans se départir de son humour naturel de bon aloi, Sylvain Jérôme fustige gentiment les hurlements ou les cris qui tiennent lieu de chansons, les textes inaudibles et les pratiques approximatives. Même si, dans une large mesure, il s'appuie sur l'avis des "experts" qui répondent à ses questions, il laisse transparaître sa propre sensibilité. Il n'aime pas le travail bâclé ou approximatif.
Dans le troisième chapitre du livre, l'auteur s'attarde sur le groupe allemand, sans doute aujourd'hui le plus connu à l'échelle mondiale, à savoir RAMMSTEIN. Né de la rencontre à la fin des années 80 de quelques musiciens amateurs originaires de RDA (Est), Berlin, Leipzig, Rostock et non de Hambourg (comme il est dit page 235), ville d'Allemagne Fédérale (Ouest), RAMMSTEIN s'est imposé sur la scène allemande, européenne et internationale après la chute du Mur de Berlin (Novembre 1989) et surtout après la réunification de l'Allemagne (Octobre 1990). En citant d'autres groupes européens de renom, l'auteur fait montre d'une culture historique indéniable et d'un intérêt particulier pour la géopolitique, notamment pour la période de l'Après-Guerre à nos jours. On lui sait gré de déplorer certaines récupérations politiques de la part de groupes (LAIBACH) ou la fascination de certains individus pour "l'esthétique du Troisième Reich", ce qui pose question. Dans ce contexte, rectifions une inexactitude (page 168), le célèbre film "Nuit et Brouillard", "Nacht und Nebel"en allemand, est l'oeuvre d'Alain Resnais, non pas de Claude Lanzmann.
Dans cette partie consacrée à l'histoire de "spécimens remarquables", dont RAMMSTEIN cité plus haut et SATYRICON, rien ni personne n'est oublié, Sylvain Jérôme évoque sans complaisance, mais sans a-priori, les principales personnalités connues et reconnues.
Une autre facette du metal qu'il convient de traiter: l'argent, le business, les produits dérivés. Tout ceci fait l'objet du quatrième chapitre, le dernier.

Le marché du metal est une donnée économique à ne pas sous-estimer. Page 257 on peut lire la phrase suivante, chargée de sens :"Pour vivre de sa musique, il faut vendre." Tout est dit - ou presque.
Le rock metal "underground" a quelque chose de noble alors que les groupes dits "commerciaux" sont considérés par beaucoup avec dédain et mépris, précisément par ceux qui se rendent à leurs concerts et achètent leurs T-shirts et leurs albums . Mais qu'est-ce qu'un groupe commercial ? Seuls les groupes à stature internationale ou quelques-uns à stature nationale sont composés de musiciens professionnels qui vivent de leur art et de leur talent. Mais pourquoi opposer le profit (ou le salaire) au simple plaisir de jouer? Là est la question. D'ailleurs le mot allemand "Profi" signifie "professionnel". Intéressant, ce jeu de mots franco-allemand. Les réponses de quelques membres de groupes ou responsables d'associations et labels aux questions de l'auteur concernant l'argent sont éloquentes. Ils admettent que le merchandising et même les pochettes d'albums constituent un élément important dans le succès ou l'insuccès d'un groupe de rock en général, de metal en particulier. Malheureusement le mauvais goût n'est pas rare. Et le marché du metal est plutôt florissant. Faut-il s'en offusquer si la musique est bonne et le public satisfait ?
Le livre de Sylvain Jérôme s'achève par un entretien avec Harry Holzhauer et par un "lexique zoologique" fort utile aux non-initiés ou aux simples curieux.

L'image du métalleux n'est plus celle d'un personnage violent s'il est fan de brutal death ou de grindcore, mais celle d'un être humain sensible, cultivé et solidaire. Et ce livre, soyons-en convaincus, aura contribué à mieux faire connaître le metal ou à susciter l'envie de le découvrir chez ceux qui sont encore réticents. Et à redorer le blason du "métalleux", qui n'effraie plus personne.
La photo qui illustre la couverture et le titre de l'ouvrage doivent vous inciter à vous le procurer. Vous serez indulgents avec les quelques imperfections d'ordre technique (noms des groupes en petits caractères, majuscules oubliées).
Par le contenu et le ton général de son livre, les informations qu'il nous fournit, Sylvain Jérôme a su joindre l'utile à l'agréable.


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Contact éditeur http://www.camionblanc.com/  
Contact auteur http://www.facebook.com/manueldezoologiemetallique http://www.myspace.com/syl_metal

 

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