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Hellfest 2012 : Le Bilan post a comment / POSTER UN COMMENTAIRE
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Posté le 17 juillet 2012 par Bakounine

On ne va pas tergiverser, ergoter, finasser, atermoyer ni même biaiser (et pourtant, parfois, j’ai de sacrées envies de biaiser…) pour dire ceci : Le Hellfest est sans hésitation aucune, le meilleur festival musique extrême en France, point à la ligne…

Je pense que je pourrais interrompre mon édito ici, mais n’étant pas sûr que mon boss pense la même chose, je préfère continuer.
Bon déjà, il faut dire que ce Hellfest a été encore une fois une belle réussite… Au niveau de l’organisation, quelques difficultés liées au changement, notamment en ce qui concernait les sanitaires plus sales que les années précédentes avec notamment une fuite à un moment, ce qui engendra la formation d’une magnifique rivière peu engageante (« La sanie des siècles » dirait sans doute Peste Noire…). Un problème de nombre également et puis les dérives porcines d’un certain nombre de nos co-métalleux prêts à uriner sur le premier pan de tissu, mur ou arbre venu, problème qui aurait pu à mon sens être facilement réglé en mettant des urinoirs sur le site, ce qui était le cas l’an dernier… Même dans la zone VIP, le nombre de sanitaires était assez réduit et ce, surtout pour les hommes. D’ailleurs, cela permettait des choses assez sympathiques dans la zone VIP, en l’occurrence, voir des célébrités attendant derrière toi. « Et quand je voyais derrière moi, dans la queue pour se rendre aux lieux d'aisance, Manard d’Ultra Vomit et Luca Turilli, je me sentais, moi aussi, quelqu'un d’exceptionnel …» (à prononcer selon le rythme et les altérations de la pub pour les "Werther’s Originals"…).
Plus prosaïquement, il est vrai qu’on a pu voir du beau monde déambuler dans la zone VIP et même certains artistes ne faisant pas partie du packaging des groupes invités à jouer (Fred Leclerc de Dragonforce notamment).

Les nouveautés principales étaient la double tente Altar-Temple, innovation intéressante ayant l’intérêt de permettre d’attendre comme un(e) groupie au premier rang le show d’un groupe et d’assister au concert en face (avec les bruits de balance certes mais il faut ce qu’il faut…).
Les mainstages n’avaient pratiquement pas changées : la deux étant juste passée à gauche de la une, le contraire de l’année passée… Ces mainstages étaient paradoxalement l’endroit pour lequel il était le plus facile de trouver une place pour voir le concert. Idéalement placées dans une cuvette, il y avait toujours moyen de trouver un créneau pour voir le concert même de loin…
Au contraire de la Valley, qui s’est bien évidemment retrouvée trop petite pour ses têtes d’affiche…
Par contre, sa disposition a été selon moi très intelligente puisqu’à proximité de la double tente, les deux possédant une frange commune au sein du public. La Warzone, quant à elle isolée, fut le repaire des coreux en même temps qu’un fort peu engageant bourbier, problématique parfois notamment lors des circle pits continus durant le show de Refused… D’ailleurs le côté fangeux de la zone fut exploité par des gaillards et des donzelles amateurs de catch pour des duels improvisés au sein de la susnommée substance. Remarquez, c’est bon pour la peau et moins cher qu’une séance de balnéothérapie à La Baule…

Les conditions sonores et techniques furent pour le moins disparates, le pire arrivant pendant Gorod, obligé d’écourter son set. Certains groupes bénéficiaient d’un excellent son d’entrée, d’autres d’une bouillie infâme, les joies du direct…
Aucune scène n’était réellement épargnée même si la Valley aura sans doute eu la meilleure régularité au niveau bon dosage sonore.

Au niveau ambiance, elle était au beau fixe. Ici, l’énergie est au rendez-vous, pas besoin d’amphétamines ou d’EPO : On n’est pas au Hell-Festina… La bière, le gros son et l’esprit rock’n’roll suffisent… Slams continus, costumes en pagailles : religieuses, Obélix, chats, vaches, momie, chirurgien, cow-girls, Bob l’éponge et autres bananes…, blagues à deux balles : Hellfest-spirit.

Et l’éclectisme musical fut au rendez-vous avec, à peu de choses près, tous les styles du point de vue metal puisque tous les styles du metal furent représentés de près ou de loin et même au delà. Si évidemment le masculin prédominait, cela ne veut pas dire pour autant que le sexe féminin ne fut pas représenté avec plusieurs chanteuses qui tirèrent les marrons du feu au sein de cette masse grouillante de chromosomes XY : mention donc particulière à Sharon de Within Temptation, Agnete de Djerv, F, « The Mouth of Satan » de The Devil’s Blood, Candace de Walls of Jericho, Leïlindel d’Unexpect, Brittany de Kobra and The Lotus, Lori d’Acid King, Zorgh de Darkspace, Cindy d’All for Nothing et ces dames de Girlschool, je ne pense avoir oublié personne.
Et puis tant qu’on en est à parler de ces demoiselles… Pensée à nos sœurs qui ont joué le jeu à fond lors du concert de Steel Panther qui donna lieu à une marée de masses charnues et glandulaires, typiquement rock’n rollesque.

Si la mainstage a été le théâtre des groupes cultes de heavy de thrash et de power, les Machine Head, Megadeth, Ozzy Osbourne, Guns’n’Roses, Motley Crue..., elle vit aussi le retour d’un certain nombre de papys du hard-rock : Molly Hatchet, Uriah Heep, Blue Oyster Cult, Lynyrd Skynyrd, King Diamond et j’en passe. Ainsi que quelques groupes plus hargneux comme le hardcore de Hatebreed et Walls of Jericho ou le metalcore de Trivium, Heaven Shall Burn ou l’Esprit Du Clan. Quelques groupes bien de chez nous comme le stoner gras de Bukowski, le deathcore des Betraying The Martyrs ou le crossover des Black Bomb A ont ainsi pu se tirer leur place au soleil. Le punk ne fut pas pour autant oublié avec le deathpunk de Turbonegro ou le punk irlandais des bostoniens des Dropkick Murphys. C’était aussi le bon endroit pour entendre des groupes plus doux comme le hard-rock touchant de Gotthard…

La double tente, comme on s’y attendait, a joué le rôle d’entreprise de destruction massive avec la crème de la scène extrême (quelques groupes auraient d’ailleurs été mieux sur les mainstages puisqu’il était difficile de faire tenir tout le monde sous la tente pour les vraies têtes d’affiche…)
Ainsi, les Behemoth, Amon Amarth et Dimmu Borgir ont-ils produits des shows conséquents, tenant leur statut devant une salle plus que comble. Le bourrinage en règle fut également bien présent avec les Nasum, Suffocation, Lock Up, Benediction, Gorod, Anaal Nathrakh, Benighted, Cannibal Corpse ou encore Obituary. Les shows de black dans la tradition ne manquèrent pas à l’appel avec Ascension, Endstille, Merrimack ou encore Taake. Même s’il faut avouer que cette année, ce fut plutôt des groupes un peu décalés qui furent programmés en matière de black metal : le pagan d’un Belenos, Moonsorrow ou encore Winterfylleth ; le black avant-gardiste d’Ihsahn, Arcturus ou Vulture Industries, grande révélation de l’édition ; l’ambiant de Darkspace ou Oranssi Pazuzu ; le conceptuel "C’est quoi ce truc ?" de Liturgy ou encore le rock blackisant de Djerv. Quelques groupes hors black ou death se sont également exprimés sous cette tente avec notamment le folk metal médiéval d’In Extremo et le metal avant-gardiste qui part dans tous les sens d’Unexpect.

La Warzone resta le repaire des fans de hardcore de manière quasi-exclusive. En effet, peu de groupes sous la tente étaient susceptibles de plaire aux non-fans de ce qui se termine en core, metalcore d’Unearth et Evergreen Terrace, hardcore old-school de Dog Eat Dog. Il y avait également profusion de groupes cultes : Refused, Biohazard ou encore Discharge.

Enfin, la Valley et sa programmation hors du commun fut encore une fois la preuve de l’éclectisme extrême du fest, qui fut la grosse valeur ajoutée, selon moi, du Fest : des papes du doom : pentagram et Saint Vitus, du stoner de toutes origines avec les Islandais de Brain Police, les Italiens d’Ufomammut, les Allemands de Colour Haze, les Anglais d’Orange Goblin ou encore les Américains d’Acid King, du metal noir de chez noir avec Amenra ou Year of No Light, plein de trucs sludge post-machin comme Alcest, Yob, Celeste ou Thou, du metal instrumental avec Monkey 3 ou Abysse et puis des ovnis : le heavy rock satanique de The Devil’s Blood, le drone assourdissant de Sunn o))) (qui jouent tellement fort que les gens qui écoutaient Children of Bodom du bord de la Temple sous la double tente en même temps l’entendait par-dessus) ou la country punkisante de Hank Williams III.

Bref, le Hellfest continue de grandir avec cet épisode 2O12. Le changement de site n’a pas affecté plus que ça le bon déroulement de l’évènement et avec l’expérience et le rodage, ça devrait être encore mieux. Et surtout le festival n’a pas perdu son âme en continuant d’une part de programmer la scène hardcore avec une tente dédiée rappelant les débuts de la FuryFest, et d’autre part à nous proposer des artistes hors metal à 100% et d’autres artistes rares qui ont su ravir l’auditoire.
Bref, une référence qui continue de progresser, preuve en étaient les nombreuses nationalités des spectateurs présents à l’évènement (Chili, Islande, Japon notamment…)
En attendant, qui sait, de passer un autre cap, l’année prochaine…





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