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Pavillon 666 - metal rock webzine ABORYM - Psychogrotesque [ 2010 ]
ORIGINALITE
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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CD (53.00) | Black Industriel
Informations
INTERVIEW
Contact label http://www.season-of-mist.com/
Contact groupe http://www.myspace.com/aborym666
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Chronique : 20 novembre 2010
Chroniqueur : Matai

Après presque vingt ans de carrière, Aborym continue de hanter le monde du black metal industriel et de transmettre aux auditeurs sa passion pour les univers sombres, délabrés et en perdition, où l’homme est son propre ennemi : aliénation, homicide et cupidité. La formation sort donc en cette fin d’année son cinquième album studio nommé « Psychogrotesque », divisé en dix parties et propulsant l’auditeur à travers une histoire raconté par un homme témoin de cette détérioration spirituelle, progressive et continue de la race humain.

Dès les premières notes de la première partie, on ne peut qu’être mal à l’aise à l’écoute de sons tous aussi étranges les uns que les autres. Le clavier en fond d’ambiance guide des bruits mécaniques, des voix décharnées, des battements de cœur, des alarmes, des cris et quelques notes sobres à la guitare. On ne peut qu’avoir cette impression d’être enfermés dans un laboratoire, ou même d’être en cellule, prisonnier d’un monde dont on aimerait s’échapper.
Après cette intro bien particulière, les choses se corsent et le déferlement de riffs agressifs et efficaces viennent parader une voix black terrifiante. Les claviers indus en fond sortent des sonorités à la limite de l’électro et accentuent cette ambiance malsaine et pessimiste.
Tout est d’une bonne veine black, immonde et presque oppressant tant les instruments forment un ensemble compact et obscur. Rien n’est laissé au hasard, tout est réfléchi et pensé par un trio à l’imagination sans limites.
La progression des titres est aussi de mise, étant donné que tout s’enchaîne comme formant un tout. Pas d’interruption entre chaque titre, on n’a pas vraiment l’impression d’avoir changé de chapitre, c’est un peu fait à la manière d’un film, et il est vrai qu’il n’est pas étonnant de s’imaginer des scènes en écoutant cet opus. Les ambiances sont donc vraiment importantes ainsi que les vocaux, qui peuvent tantôt être bien black, tantôt être torturés, tantôt être clairs et se parer d’un timbre de voix quasi identique à celui du chanteur d’Interlock…
Il ne sera pas étonnant non plus de déceler à l’intérieur des morceaux une part d’expérimentation étant donné qu’hormis le black et l’indus, on part souvent en terre inconnue niveau genre et atmosphères. Les mélodies industrielles sont pour le coup de la partie et partent assez dans tous les sens alors qu’un chant clair vient soutenir cet envol d’harmonies assez entêtantes qui plus est (« Psychogrotesque VI » par exemple). L’apport d’instruments originaux peuvent aussi décontenancer l’auditeur, surtout lorsqu’un saxophone ou un accordéon pointent leur nez au milieu d’un amas de mélodies sombres et de riffs black efficaces, symbolique pure d’une certaine aliénation. Idem pour ce qui est du chant lyrique et de l’orchestre digne d’un opéra en fin de morceau.
« Psychogrotesque VIII » joue sur les techno beats et les sons dance tout en se parant d’accords bien sombres aux claviers alors que « Psychogrotesque IX », quant à lui, joue la carte des atmosphères terribles.

Mais outre ces expérimentations, sachez que Aborym continue d’officier dans un black indus très classique, à la manière du titre de fin qui met très en avant les guitares et le chant black. Une clôture d’album très longue (plus de quatorze minutes) pour un ensemble noir, atypique mais surtout hypnotique, d’où cette répétition de sons ou de mélodies aux claviers et à la guitare.

Un très bon album en définitive, parfois bien barré, mais doté d’atmosphères intéressantes qu’il ne faudrait pas rejeter. Signé chez le très connu Season of Mist, Aborym montre avec talent qu’il est toujours un des maîtres du black indus sont pour autant en faire de trop. A découvrir.



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