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SHAKIN'STREET [ 15-01-2019 ]
Salhem, Shakin'Street
 Pavillon 666 - metal rock webzine
Lieu Rock'nEat - Lyon [ 69 ] Chronique : 23 janvier 2019
Chroniqueur : Kaïzoku
Photographe :
Affluence NC
Contact organisateur
INTERVIEW    
Premier concert de l'année pour moi mardi dernier. Et quoi de mieux pour commencer en beauté qu'un bon concert old school chez les copains du Rock'n'Eat.
Concert, ce n'est pas le mot exact pour qualifier cette soirée. Ici je vais plutôt vous parler d'une expérience spacio temporelle. En effet le Rock'n'Eat s'est transformé mardi dernier en machine à voyager dans le temps et je suis heureuse d'avoir été témoin de cet événement.

En première partie nous retrouvions Salhem, groupe régional qui arpente les scènes depuis quelques temps et où l'on retrouve Markus Fortunato, basse à la main, sourire aux lèvres, comme à son habitude. Il y a forcément un côté heavy dans le rock de Salhem avec ce son de clavier, les envolées et l'esprit qui va avec. Du rock oui, mais en français s'il vous plaît (sauf le dernier morceau « Lost ») . Du rock comme on aime, engagé, enragé, à l'ancienne. Un petit côté Trust ou Vulcain plane dans l'air côté paroles. Les harmonies ne sont pas toujours très heureuses, mais qu'à cela ne tienne, c'est l'esprit qui compte. Petit coup de cœur pour « Brûler les Sorcières » qui l'incarne bien cet esprit dont je parlerai par la suite.

Le Rock'n'Eat, blindé comme rarement, se réchauffe de plus en plus et le public se presse devant la scène. Shakin'Street est annoncé au micro, ils sont attendus comme le messie. Les deux The Dictators NYC Dean Rispler à la basse et l'excellent JP Patterson à la batterie (vêtu d'un t-shirt de l'OL) arrivent sur scène accompagnés de Freddie Katz et Ross The Boss (ex Manowar). Déjà acclamés, ce n'est encore rien par rapport à l'arrivée de Fabienne Shine sur scène. Un accueil chaleureux, presque familial. La qualité et quantité de photos, dont je m'excuse par avance, est représentative de l'ambiance. Lumières rouges à l'ancienne, public collé serré devant la scène, il a été très difficile de se mouvoir et de frayer un chemin pour l'objectif au milieu de la forêt de téléphone du premier rang malgré la gentillesse et la galanterie de certains de mes voisins.
Le show est lancé.

Je ne vais pas mentir, j'ai eu du mal à me mettre dedans. Le début me semble désuet au premier abord, bien que j'affectionne particulièrement l'âme de cette musique, je ne m'y retrouvais pas ce soir. Tout me semble passé, dépassé même, dans un premier temps, bien qu'habituée, moi la « gamine » née en 85, à écouter du vieux rock depuis mon enfance et à arpenter les salles dans cette ambiance là. Mais habituellement dans ce genre de concert old school je m'y retrouve car il y a un vrai mélange de générations, une sorte de passage de relais, qui avait du mal à se faire ce soir là. Une petite étincelle a jaillit lorsque j'entends « No Time To Lose », mais ça n'a pas suffit.

Il fallait que je change de point de vue pour me mettre dedans. Je n'avais pas envie de louper le coche, parce qu'il faut le dire, ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir des groupes de cette époque sur scène et dans des conditions qui rappellent leurs débuts (scènes intimistes et underground, le rêve de chacun d'entre nous qui n'était pas encore né à cette époque).
Puis ce lien vers ce passé inaccessible, que j'attendais c'est finalement fait, pas devant la scène, mais sur un coin de table, lors d'une discussion.

Un récit, une anecdote, l'histoire d'une génération contée au fond du bar.
L'histoire d'une boucle temporelle bouclée pour toutes ces personnes autour de moi qui ont vécu l’explosion de cette musique fin des années 70. L'histoire de cette musique née dans un contexte bien particulier, qui a donné une impulsion de vie, de liberté, de révolte, à la jeunesse d'une époque précise, à un monde en difficulté, et qui est tout à fait à propos encore en 2019. Se donner du courage et l'envie de se battre, pour se sentir en vie, pour se sentir libre, par la musique. « C'est la musique qui sauvera les âmes et le monde », je suis tout à fait d'accord ! « Il faut avoir vécu une telle période pour être pris au tripes, ou avoir un esprit emprunt de liberté et de révolte, toujours sur le qui vive, qui ne veut pas se ramollir, jamais. ». Voilà ce lien, ce passage de relais que je n'avais pas encore palpé au milieu de cette foule prise dans ses souvenirs.

La musique, ce langage universel qui est raccroché à la mémoire la plus profonde du cerveau, fait remonter les souvenirs, les sensations les plus enfouies. Et ce qu'a vécu le public ce soir là c'est une vague de souvenirs, auditifs, olfactifs même, des bribes de sensations d'une époque passée qui se ressentent dans la chair. Ce n'est pas de la mélancolie, juste des sensations, comme une délicieuse madeleine de Proust. C'est ça, le sens de cette soirée, que je ne voulais plus voir finir.

Après ce bout de discussion qui a ramené les choses à leurs places je me suis sentie enfin happée. J'ai pu vivre la fin du concert complètement dedans, les tripes remuant sur le rythme punk de la batterie, au milieu des gens sautillant comme à l'époque, cheveux lâchés, gestes saccadés et presque en transe pour certains. Ce fût un régal de voir jouer des classiques comme « I Wanna Be Your Dog » ou « Vampire Rock », par ces musiciens qui les ont joué à leurs débuts et qui ont partagé des scènes avec les plus grands nom du rock (Alice Cooper, Blue Oyster Cult, AC/DC, Led Zeppelin..).
Ces musiciens à la vie incroyable ont aujourd'hui vieilli, c'est indéniable, mais l'esprit, les valeurs et l'énergie sont toujours intacts, toujours authentiques.. et toujours d'actualité.

Un grand merci au Rock'n'Eat d'avoir fait le boulot de la Dolorean pour nous faire passer une soirée comme à cette époque que je n'ai pas connu.
Merci à ces groupes qui font vivre l'âme du rock à travers les âges.
Merci à Laurent Sage pour son travail et son investissement qui ont permis tout ça.
Sans ces musiciens, qui arpentent encore les scène la guitare à la main, et leur public, tout ceci serait mort. Sans la transmission tout ça serait mort également, donc un merci tout particulier à Corinne Lelièvre pour ce passage de relais, de s'être fait le témoin et l'écho de cette époque, tout en sincérité, simplicité et avec beaucoup de générosité.

Shakin'Street sera encore sur scène jusqu'au 25 janvier en France, à Orléans, Rennes et Concarneau donc profitez en  si vous êtes dans les parages !















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