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GALIBOT

Catabase

Black metal mélodique

Date de sortie : 8 mai 2026
Format : CD Album
Durée : 41.43
Lien du Label Lien du Groupe Lien musical
Note Générale
Originalité
Technique
Production
Émotion

Chronique réalisée le 5 mai 2026, par : Dirty-Charly

Chers lecteurs, soyons fiers.
Fiers d’accueillir ce jeune groupe de black metal mélodique français.
Soyons fiers comme eux sont fiers de nous raconter leur Nord à travers un thème peu commun dans le métal, celui du travail et des conditions des mineurs.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet que représente ce nouvel album, il faut peut-être apporter une précision sur le terme Galibot.
Galibot : Nom qui était donné aux enfants employés aux travaux souterrains dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais.
Le décor est planté.

Galibot s’est formé en 2022, a sorti deux démos avant de proposer son premier album autoproduit en 2024 intitulé "Euch’Mau Noir" (le mal noir en ch’ti). Composé à l’origine de trois membres (Thomas à la guitare, Agathe au chant et Clément à la basse), le groupe se renforce avec l’arrivée de Julien à la guitare (également producteur) et Robin à la batterie. Galibot est repéré par le label “Les Acteurs de l’ombre” qui propose au groupe de ressortir le premier album dans une version retravaillée, remixée, remasterisée, avec un son plus moderne, plus puissant, plus pro et avec un titre en plus. C’est ainsi que sort au début de l’année 2026 "Euch’Mau Noir" Bis !
Nous voici en Mai 2026 et Galibot propose son nouvel album intitulé "Catabase". Là encore, il faut se munir de son Petit Larousse pour comprendre que la catabase est la descente dans les mondes souterrains, une descente aux enfers. Métaphore toute trouvée par Galibot qui nous invite avec ce nouvel opus à descendre dans les enfers de son black metal comme les mineurs descendaient dans l’enfer de la mine.

Galibot propose un black metal, certes, mais un black metal on ne peut plus personnel.
Tout d’abord de par ces thèmes abordés. Dès la pochette, on devine que cet enchevêtrement de voies ferrées et d’aiguillage servaient aux petits wagons qui transportaient le charbon laborieusement arraché au fond des mines. Galibot nous parle de son Nord avec fierté, de son Histoire ou plutôt de ses histoires, de ses paysages de terrils, de corons, des conditions laborieuses du travail des mineurs. Ici, l’enfer du Nord ne fait pas référence aux pavés de Paris-Roubaix mais bien aux conditions harassantes des travailleurs des mines.
De par sa musique également puisque le métal joué par Galibot est noir comme la gueule des mineurs mais pas seulement. Galibot sait créer une ambiance malsaine, suffocante, oppressante tout en y apportant, parfois, une touche de mélodie mélancolique. C’est le cas avec le titre d’introduction “Catabase” qui nous fait pénétrer dans la cage (l’ascenseur qui menait les mineurs au fond de la mine) pour nous déposer dans les tréfonds de l’enfer. S’ensuivent des titres le plus souvent rapides, aux blast beat nombreux, aux hurlements rageurs d’Agathe. A cette fureur sonore viennent se poser quelques voix claires par ci par là, des changements de tempo au milieu des morceaux, une alternance de rythmes lents/rapides qui font que l’auditeur ne se lasse jamais à l’écoute de ces 11 titres. On passe de chansons rapides comme “Jeanlin” ou “Pénitent” (qui fait l’objet d’un clip vidéo) à des titres plus lents, plus lourds comme “Les montagnes poussent sous la terre" ou “Estaminet pt.1”. Avec le titre “Saint cordon”, Galibot laisse de côté le thème des mines pour aborder le miracle de la Vierge Marie qui sauva les valenciennois de la peste au début du 11è siècle. “Baptise terre” est un instrumental qui commence en douceur pour se terminer sur un thème mélodique et mélancolique. Enfin “Mesektet” conclue l’album de fort belle manière avec des choeurs en voix claires qui viennent se fondre sur les hurlements d’Agathe.

Galibot continue sur la lancée de son précédent album en proposant un black metal intelligent et personnel. La variation des tempos, les thèmes abordés, les riffs puissants de la première guitare soulignés par les lignes mélodiques de la deuxième, les cris rageurs qui sonnent comme autant de complaintes de toute une classe ouvrière font de Galibot un groupe qui se démarque déjà alors qu’il n’a que 4 ans.
Avec Galibot, on est plus dans l’ambiance “Germinal” de Zola que dans” Bienvenue chez les ch’tis” de Dany Boon. L’identité du groupe se crée dans ce que leur région présente de plus dramatique, de plus sérieux, avec force et conviction et tout cela est très touchant. Le black metal et le travail dans les mines est un mariage réussi pour Galibot. Gageons que ce jeune groupe connaisse le succès qu’il mérite et continue à nous offrir de tels albums de qualité.

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