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NERVOSA

Slave machine

death/thrash

Format : CD Album - 2026
Durée : 43.17
Lien du Label Lien du Groupe Lien musical
Note Générale
Originalité
Technique
Production
Émotion

Chronique réalisée le 11 avril 2026, par : TomHunter

Le thrash/death de NERVOSA applique une belle gifle à quiconque s’y colle et ce depuis la création du groupe en 2010. Il faut dire que les formations féminines aussi fougueuses ne courent pas les rues. La machine « nerveuse » de ces cinq Brésiliennes démantèle tout sur son passage, au risque de faire de l’ombre à d’autres, tant leur ascension ces dernières années est fulgurante. Ouvrant pour Decapitated, Destruction, à l’affiche de la tournée Warm Up du Hellfest l’année dernière, NERVOSA s’impose comme une machine de guerre, gavée d’oestrogènes et de fureur de live.



La hargne sur le visage de la front-woman Prika Amaral reflète bien la tendance vers laquelle se tourne le groupe. Les musiciennes sont colériques, rapides dans leur jeu, intenses dans l’expression et la gestuelle. Voilà une formation qui ferait trembler le premier masculiniste en vue.

Prika Amaral avait débuté dans le groupe en tant que guitariste, le growl étant précédemment poussé par Fernanda Lira, furieuse bassiste et vocaliste pour Crypta notamment. La suite du line-up est tout aussi impressionnante, avec des musiciennes qui incluent d’autres formations prestigieuses dans leurs pedigrees.









L’introduction au solo de guitare sur le premier titre « Impending Doom » précise la technique et la précision de ces musiciennes, vouées et pleinement ancrées dans le thrash metal.

Sur le titre éponyme de ce sixième album, la chanteuse déclame une aberration sociale sur tout citoyen aveuglé par les artifices qui détruisent l’âme et modifient la pensée humaine (« Blind and Controlled We keep Losing our souls »).

Le refrain repris avec entrain est d’autant plus chantant et entraînant qu’il ferait frissonner n’importe quel aficionado, pour peu qu’il apprécie se prendre des mandales de death à la sauce thrash metal.

Le vidéoclip révélé cette fin janvier a mit d’emblée tout le monde d’accord. Les avis sont unanimes, les Brésiliennes lâchent les chiens et montrent un jeu furieux et intense. Le film développe une allégorie de la technologie prenant le pas sur l’humain. « Slave Machine » illustre le combat d’une foule en marge, électrisée par les guitares utilisées comme des armes puissantes et pouvant contrer la lobotomie humaine.

« Ghost Notes » suggère une avalanche de riffs et de mélodies choisies, sombres et entrainantes, propice à un son typique d’un Kreator ou Annihilator. La montée des arpèges laisse rêveur et nous emmène en pleine fosse.

Bref, trois titres, trois « bangers ». Décidément, les Brésiliennes montent la barre un cran au-dessus et renfoncent le drapeau avec fermeté sur la scène thrash.





Les musiciennes décrivent en tout point une catastrophe imminente, une fascination des esprits, tournés vers une société mercantile, une publicité des faveurs, d’un possible altéré, toujours plus beau et lisse, toujours plus accessible.

Elles dénoncent également la place de la femme dans une société qui peut parfois rôder vers un culte moyenâgeux. « You Are Not A Hero » lève le point et critique tout roi autoproclamé, une réalité ainsi décrite refléterait l’actualité que l’on n’en serait pas étonné.



Lancés come des hymnes, certains refrains sont de vrais slogans politiques. Les mélodies sont très accrocheuses et donnent envie de voir cette fièvre sur scène. Personnellement, c’est comme ça que j’ai connu le groupe.

Leur musique comme les paroles ne sont pas superficielles. Les solos sont très variés et exécutés à la perfection, les compositions sont écrites avec précision et l’aspect général du mix gage d’un opus taillé pour le live.

Les ponts sont purement thrash metal comme sur « Beats of Burden » tandis que les riffs et solos oscillent entre le heavy et le thrash. Le côté old school est souvent découvert, au travers de titres comme « The New Empire » qui débute sur un riff très death metal ou encore « History Dies Ignorance Reigns » dont les paroles sont lourdes de sens.





L’ennui et l’anxiété au sein de notre société ne doivent en rien nous faire succomber. Que ce soit grâce aux prières, aux manifestations, au vote, aux actes rebelles, le monde aura toujours besoin de ceux qui ont le sang chaud et qui dénoncent. NERVOSA grogne sa colère avec sincérité et preuve à l’appui. Fort d’une discographie déjà bien remplie, ce Slave Machine ouvre le pas vers un metal assumé et révolté.

Line-up

Prika Amaral – chant, guitare<br />
Helena Kotina – guitare<br />
Hel Pyre – basse live<br />
Emmelie Herwegh – bass<br />
Michaela Naydenova – batterie

Tracklist

1 Impending Doom <br />
2 Slave Machine <br />
3 Ghost Notes <br />
4 Beast of Burden <br />
5 You Are Not A Hero <br />
6 Hate <br />
7 The New Empire <br />
8 30 Seconds <br />
9 Crawl For Your Pride <br />
10 Learn or Repeat <br />
11 The Call <br />
12 Speak in Fire

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