Les géants du post-metal sont de retour et on peut presque parler d'un miracle. En effet, depuis août 2022, après des comportements abusifs reconnus par l'artiste lui-même, Scott KELLY, membre fondateur actif depuis 1985 au sein de la formation, ne fait plus partie du groupe. Le 20 mars 2026, NEUROSIS annonce l'arrivée de l'ancien frontman d'ISIS en tant que remplaçant tout en sortant son nouvel album, « An Undying Love For A Burning World ».
NEUROSIS, après plus de 40 ans de bons et loyaux services, n'a plus grand-chose à prouver. Pourtant, ce nouvel album a encore quelque chose à apporter. Avec ce changement de line-up, le groupe n'a pas d'autre choix, conscient ou inconscient, que de se renouveler. Sans connaître leur discographie sur le bout des doigts, on sait que l'arrivée d'un nouveau musicien, et particulièrement dans ce cas précis après tant d'années, a un impact direct sur le groupe. Parfois, l'impact peut être négatif comme chez GUNS N' ROSES ou IRON MAIDEN, et parfois des plus positifs. À l'écoute de ce nouvel album de NEUROSIS, on ne met pas longtemps à comprendre que nous avons là un grand groupe fondateur et qu'un acteur majeur, un ex-ISIS, trouverait sa place sans trop de difficulté et sans que cela ne vienne impacter de manière négative le groupe et son histoire.
Pour ce retour, le combo a encore une fois privilégié la qualité tout en régalant ses fans du meilleur de ce qu'il a à proposer. Cela commence par un titre de quasiment 17 minutes que l'on peut diviser en mouvements, si vous le souhaitez. Le post-metal y est roi, mais une partie du titre se veut plus expérimentale et plus psychédélique. C'est particulièrement bien réalisé et riche en émotions.
Ce premier titre, « Last Light », pose les bases de cette nouvelle collaboration tout en nous plongeant dans un univers familier qu'il est bon de retrouver. On passe par un intermède, « We Are Torn Wide Open », avant de nous replonger dans la fureur du post-metal avec « Mirror Deep » et ses quelques riffs dissonants et sa partie floydienne en milieu de titre qui vient apporter une petite dose d'oxygène nécessaire avant que la locomotive ne revienne tirer violemment le train. « First Red Rays » lui fait suite avec toujours cette même puissance.
Je n'en ai rien dit jusqu'ici, mais on apprécie une production particulièrement fine pour ce type de groupe. C'est évidemment puissant, mais cela sonne naturel. La production est taillée pour le live, mais cela va de soi avec un groupe qui tourne depuis si longtemps. On poursuit le voyage musical avec du très bon, avec « Blind » ou « Seething and Scattered ». Je l'ai dit en introduction, NEUROSIS n'a plus forcément grand-chose à révolutionner, mais ce qu'il fait, il le fait avec la plus grande honnêteté et un professionnalisme qui perdure avec le temps. On se laissera ainsi couler jusqu'au très planant « In The Waiting Hour » qui finira sans aucun doute de convaincre de la puissance et de la maîtrise dont ce disque fait preuve.
Retour réussi et sans artifice de la part d'un groupe qui a su faire face à des complications internes et qui a su les gérer. Le résultat est là, il n'y a aucun doute là-dessus !




