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PARALLEL MINDS

Cairn

Metal progressif

Date de sortie : 1 mars 2026
Format : CD Album
Durée : 62.00
Lien du Label Lien du Groupe Lien musical
Note Générale
Originalité
Technique
Production
Émotion

Chronique réalisée le 1 mai 2026, par : IvanJack25

Après l’excellent « Echoes from afar » sorti en 2021 qui avait émerveillé votre serviteur tant par ses multiples influences, ambiances que la technicité des morceaux proposés, c’est avec fébrilité que je mets mon cerveau en alerte pour accueillir ce nouvel album « Cairn ».

Peut-être n’aurais-je pas dû lire les différentes chroniques déjà parues et qui se sont avérées dithyrambiques et élogieuses, ce qui plaçait mon attente au plus haut. A la première écoute, je ressens une petite déception, je ne retrouve pas le groupe qui m’avait tant plu lors de la découverte du précédent. Mais je me rappelle avoir eu la même sensation la dernière fois, car les morceaux possèdent tous une ambiance propre et une telle unicité qu’il m’avait fallu plusieurs écoutes pour réellement apprécier la qualité de la musique alambiquée et profonde de Parallel Minds. Alors j’y retourne de suite avec un grand espoir en tête.
 
Après une courte intro au titre éponyme et à grands coups de chœurs impressionnants, « Sufero » nous entraîne déjà dans une puissance mélodique que n’aurait pas renié Symphony X, somptueux début et inspiration toute personnelle, ce qui montre ici l’influence très bien digérée. « Orishas » enchaîne avec des chants tribaux à consonance africaine, accompagnés de rythmiques saccadées presque monocordes. Le morceau continue dans un esprit prog assez low tempo qui me fait penser aux vieux Evergrey, le chant un peu moins charismatique. « Bhopal » lorgne carrément côté folklore indien avec ce sitar affolant embarqué dans un metal habité du plus bel effet, le mélange se fait tout en douceur et sans heurt.
« Trail of tears », par l’intro, nous emmène cette fois autour d’un feu sacré, au milieu d’une obscure tribu amérindienne, prières scandées au grand esprit à renfort de percussions et de bâtons de pluie, pour continuer sur une beau morceau immersif et lancinant de toute beauté.

 Ensuite nous passons sur un morceau très speed mélodique vers le pays du soleil levant avec « Sekigahara », qui est le nom d’une bataille ayant eu lieu au Japon en 1600 et qui fit passer le pays de l’ère Segoku au début de celle de l’époque d’Edo, engendrant le fameux shogunat. Les effluves médiévales nous sont amenées par « Troubles », où notre perception se prend à flotter dans des époques ancestrales et fantasmées par nombre d’esprits aventureux et nostalgiques du passé. Le chant de Stéphane Fradet se fait très Hansi Kusch des Blind Guardian et ça fait son petit effet, immersif à nouveau et très finement composé, sans oublier une bonne partie Power metal classique pour conclure le morceau.

« Colonias » accueille la voix typique de la colombienne Aileen et nous transporte certainement à l’époque des conquistadores, évoquant la conquête des pays d’Amérique du Sud par les Espagnols et les Portugais il y a bien des siècles de cela. Belle ballade envoûtante et une trêve bienfaitrice au beau milieu de cette densité musicale. « On both sides » continue le propos hispanique voire oriental en une variation métallique hors du commun, qui nous fait enfin entendre le timbre vocal grandiose également du guitariste et compositeur Greg Giraudo. Un grand moment de heavy thrash progressif et évolutif, avant l’apothéose « Fear is the pandemic », puissant et épique, n’hésitant pas à lorgner vers le thrash des Testament ou même Slayer de la belle époque, orchestrations de cuivres derrière et chant hargneux, sans oublier les guitares parfois acérées parfois ultra mélodieuses comme toujours. Impressionnant de maîtrise et d’intérêt, quelle énergie !
 
Une fois de plus, il vous faudra trois à quatre écoutes pour comprendre tous les détails et les subtilités de cet album dense, élégamment composé et interprété par des musiciens aguerris et qui n’ont rien à envier aux plus grands du styles. Un sacré beau voyage transcendant et hors des espaces et du temps, au plus profond de l’humanité toute entière avec ses diversités et ses richesses de l’âme.
 
Je rejoins donc tous mes collègues qui sont déjà tombés sous le charme inconditionnel de ce Cairn exceptionnel, ce qui me rassure vraiment et me ravit au plus haut point. Malgré mes réticences premières bien vite balayées par une immersion totale dans cet univers parallèle, je réalise que Parallel Minds est bien un groupe à part aux multiples couleurs et atmosphères, n’hésitant pas à piocher dans des cultures variées pour se les approprier et en faire des musiques uniques et passionnantes, aidé évidemment de pas mal d’invités de différentes nationalités, pour une véracité artistique ambitieuse.
Assurément déjà l’un des albums les plus marquants de 2026.
 

Line-up

Greg Giraudo – Guitars and backing vocals (lead vocals shared on « On Both Sides » track 9
Steph Fradet – Lead and backing Vocals
Eric Mannella – Drums and backing vocals
Fabien Peugeot - Bass

Tracklist

1. Cairn (feat. Johann d'Asylum Pyre)
2.  Sufero (feat. Johann d'Asylum Pyre)
3. Orishas (feat. Rock d'Arka'n Asrafokor & Da Silveira Lakoélé Atalawoè)
4. Bhopal (feat. Mathieu Gehin de Muhurta)
5. Trails of Tears (feat. Michael Rose)
6. Sekigahara
7. Troubles
8. Colonias (feat. Aileen)
9. On both sides
10. Fear is the pandemic (feat. Devf de Stone Horns)

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