Pour reprendre la genèse du groupe grec, Yoth iria a été créé en 2019 par Jim, alias Mutilator, le premier bassiste et un membre fondateur du groupe de black metal Rotting Christ (et bassiste de Varathron entre autres).
Il a été rejoint par le guitariste de On Thorns I Lay Nikolas Perlepe, et d’autres comparses pour sortir en cette année 2026 leur troisième album « Gone with the Devil », sur le label Metal blade rec.
Alors oui, inutile de voir dire que les influences Rotting christ, Varathron ou Thou art lord sont bien présentes sur cet opus, peut-être un mix des trois ? Quoi qu’il en soit, la scène metal grecque se porte à merveille avec de vraies pépites.
Qu’en est-il de « Gone with the Devil« (Autant en emporte le diable)… Un black metal très ouvert, interdit pour les puristes du genre car évidemment pas assez true/raw. Ici, on se fait plaisir en essayant des influences, des styles différents, le tout pour mettre en avant une musique épique et assez théâtrale dont les grecs ont le secret.
En intro, nous avons le très lourd et pachydermique « dare to rebel », à la limite du doom avec cette voix venue d’outre-tombe. Mélodieux, il tire au fur et à mesure vers du dark’n roll, avec quelques cœurs ici où là.
« Woven Spells of a Demon » respire toujours Rotting christ, pour les riffs et les « petis solis » stridents à la guitare, quand au chant, on alterne entre du black et du chant clair plus « heavy folk » , vraiment plaisant. Les arrangements sont vraiment excellents avec des passages atmosphériques parfaitement insérés.
Le régal (pour moi) vient du titre « The Blind Eye of Antichrist », sorte de ritournelle folk/nordique (et pourtant bien hellénique), avec des refrains entêtants (dur de savoir si c’est des chœurs d’enfants ou de femmes) et qui sont d’un seul coup balayé par un tsunami black metal. Une alchimie parfaite entre douceur et violence. Un titre captivant et épique.
« I totem » est carrément du Rotting christ, avec ces petites rythmiques de guitares « étouffées », un rythme rapide, et malgré tout hyper mélodieux.
« 3AM » est quand à lui beaucoup plus heavy/dark, avec un chant plus clair, où « The End of the Known Civilization » se veut carrément plus martial.
Ne dévoilons pas tout, mais vous avez compris l’esprit : si vous êtes fans de Rotting christ, il est quasiment impossible de ne pas apprécier cet album magistral, riche, complet et ouvert.
Évidemment, dans l’absolu cela serait de se démarquer un peu plus de cette influence, mais ne refusons pas cette belle offrande ténébreuse, avec un album digne des plus grands. Le groupe a voulu une œuvre marquante dans leur carrière, ils y sont je pense arrivés.
Un coup de cœur pour cet opus, mature et majeur.





