Depuis ses débuts, DAUÞUZ s'est forgé une identité à part dans le paysage du black metal en développant un univers entièrement consacré à l'histoire minière allemande. Avec Todeswerk: Uranium II, le duo allemand poursuit cette démarche en s'intéressant cette fois aux mines d'uranium de Jáchymov et aux souffrances des prisonniers et travailleurs forcés qui y furent exploités après la Seconde Guerre mondiale. Un concept historique particulièrement sombre, s'il en est...
Musicalement, DAUÞUZ reste fidèle à son black metal mélodique mais affine encore son écriture qu'auparavant. En effet, les guitares en tremolo sont toujours omniprésentes mais s'accompagnent de nombreux passages acoustiques et d'arrangements plus nuancés qui ne servent pas uniquement de respirations, mais participent pleinement à la construction des compositions ("Uranlager I", "211947"). Cette alternance entre violence et accalmie donne au disque pas mal de relief, renforcé par une approche rythmique moins centrée sur la vitesse que sur la progression des morceaux ("Der Turm des Todes").
L'autre point fort de l'album réside dans son travail vocal. Cris déchirants, voix plus graves et passages scandés se répondent avec naturel, donnant une véritable profondeur dramatique à l'ensemble. Cette diversité permet d'éviter la monotonie et épouse parfaitement le caractère narratif du concept, sans jamais prendre le pas sur les riffs, qui demeurent le véritable moteur des compositions.
En ce qui concerne la production, elle contribue également à cette impression de maturité. Plus lisible que réellement abrasive, elle privilégie la clarté des différentes couches instrumentales sans faire perdre au disque son caractère sombre. Les mélodies ressortent avec davantage d'ampleur, tout en conservant la froideur propre à l'univers de DAUÞUZ.
Au final, si l'effet de surprise est naturellement moins marqué que sur les précédentes réalisations du groupe, Todeswerk: Uranium II compense par une écriture particulièrement cohérente et une atmosphère remarquablement travaillée. Sans bouleverser sa formule, DAUÞUZ livre sans doute l'un de ses albums les plus aboutis, confirmant que son concept singulier s'accompagne désormais d'une réelle maîtrise de la composition.





