Plus de 40 ans après sa formation, DESTRUCTOR continue de défendre une certaine idée du metal américain, loin des effets de mode et des concessions. Avec Tales of Glory, les vétérans de Cleveland ne cherchent pas à moderniser leur propos, mais préfèrent consolider une identité forgée à la croisée du speed, du heavy et du thrash. Pour ce septième album, il s'inscrit ainsi dans la continuité de ses prédécesseurs, tout en accentuant une dimension épique.
Il faut dire que l'écriture repose avant tout sur des riffs solides, des tempos rapides et un sens du refrain hérité du heavy metal traditionnel. Ainsi, si les accélérations demeurent omniprésentes, DESTRUCTOR laisse également de la place à des compositions plus épiques, où l'influence du power metal américain se fait plus perceptible. Cette orientation confère au disque une nouvelle ampleur sans remettre en cause son agressivité naturelle. Et mine de rien cette (petite) évolution s'accompagne d'un réel souci de cohérence. En effet, les morceaux s'enchaînent avec fluidité et développent un équilibre convaincant entre énergie brute et mélodies accrocheuses. À ce titre, le chant de Dave Overkill, toujours aussi expressif, demeure l'un des principaux atouts du groupe, porté par une section rythmique solide et un travail des guitares qui privilégie l'efficacité à la démonstration technique.
En ce sens, la production reste fidèle à ce parti pris. Claire et puissante, elle ne cherche pas à lisser le caractère résolument old school des compositions. L'ensemble conserve cette rugosité propre aux formations américaines des années 1980, tout en bénéficiant d'un rendu suffisamment moderne pour préserver la dynamique des morceaux.
Bien sûr, Tales of Glory ne séduira sans doute pas tous les amateurs du genre tant DESTRUCTOR évolue dans un territoire parfaitement balisé qui assume pleinement cette fidélité à ses racines. Mais c'est précisément cette sincérité qui fait la force de l'album.
Sans jamais prétendre révolutionner le genre, le groupe livre un disque costaud et particulièrement convaincant, démontrant qu'il est encore capable, après toutes ces années, de porter haut les couleurs du heavy/thrash metal américain à la papa.





