Pour cette nouvelle chronique, nous vous avons sélectionné la formation Suisse nommée Fighter V, spécialisée dans le hard rock / Rock FM / AOR / Westcoast, qui est de retour avec son 3ème album composé de 11 titres, d’une durée de 43 minutes, nommé “Déjà vu”, le 10 avril 2026, chez Frontiers Records.
Pourquoi ce titre ? Comme l’explique Emmo : Cette expression française classique illustre les événements que l’on voit venir sans pouvoir les éviter. « Ils recommenceront, car certaines choses sont immuables. »
Ce nouvel album a été enregistré, mixé et masterisé en 2025 au studio suisse « Little Creek » par l'ingénieur du son Pulver et produit par Emmo Acar. Le travail sur le chant et la production a été réalisé en externe. Les enregistrements et la production des voix ont été effectués par Ronny Lang, alias « The Voicefinder », dans son propre studio en collaboration avec Emmo. Les claviers ont été produits, joués et enregistrés par Victor Olsson, les chœurs ont été enregistrés séparément par Emmo, Victor, Tess et Ronny. le saxophone est également joué par Magnus Hägglund.
Le groupe rend hommage à l’âge d’or du hard rock mélodique.
L’opus est constitué de guitares tranchantes, de mélodies envoûtantes, planantes et aériennes, de notes de claviers discrètes et rétros, des refrains fédérateurs et des riffs massifs, calibrés pour la scène, des harmonies vocales caméléons, des textures de clavier scintillantes sublimées, une écriture très mature, une production moderne et cette touche analogique old school.
Lucien Egloff est le seul membre d’origine du groupe.
On va quand même disséquer ce disque.
“Raging Heartbeat” lance les premiers riffs et premières notes qui sont super stylés, avec des sonorités hard rock old school, Emmo possède une voix rauque, qui monte vite dans les aigus, avec ce petit côté légèrement éraillé voir crié, son chant prend grave aux tripes, il est accompagné par des guitares très typées années 80 très cadencées, des rythmiques entraînantes, on peut découvrir des envolées mélodiques, un solo de guitare très accrocheur qui vous fait frissonner et qui vous emporte très loin, ces chœurs virils entêtants et répétitifs qui chantent Raging Heartbeat, et toujours les vocalises cassées et éraillées d'Emmo qui sont présentes jusqu'à la fin du titre.
“Victory” Dès le début nous sommes dans une ambiance genre aura mystique, avec les chœurs masculins qui nous bercent avec leur "OH OH OHOHOHOOOOOHHHH" accompagnés de notes de synthé psyché kitch, s'ensuivent des riffs énergiques, la voix soprano d'Emmo, avec ce timbre légèrement écorché, mais qui se marie parfaitement à la musique, des couplets sont remplis de chœurs très posés, une approche assez rétro, qui vous fait un peu penser à la BO de Rocky Balboa, ce titre est un hymne taillé pour les stades, avec cette ambiance glorieuse et épique, ce rythme cadencé, ce micro solo de gratte qui apporte un peu de mélodie à l'ensemble, enchaînant par les vocalises un peu plus graves et glorieuses, à nouveau un solo épique et aérien, suivit par des guitares un peu plus agressives, le chant d'Emmo est toujours présent et soutenu et cette batterie légèrement en retrait battant la mesure.
“Made For A Heartache” qui commence avec quelques coups de baguettes, suivis d’un chant solennel, d’une guitare scandée, le morceau très mélodique, avec ses riffs et des chœurs très doux et posés, des guitares cristallines, les cordes vocales d'Emmo poussée à l'extrême donnant cet aspect vocal très enroué et dysphonique, ces sonorités vintages, qui pourrait nous évoquer le générique d'un film des années 80, là encore un solo de guitare qui me fait penser un peu à celui de Queensrysche dans Revolution Calling, et ça continue de plus belle avec le chant d'Emmo et ses fameux chœurs, jusqu'à la fin du titre qui se termine en fondu.
“Foolish Heart” nous plonge dans une ambiance très Whitesnake. Les timbres vocaux de Emmo sont déroutants (entre l'éraillé, l'écorché, le grave légèrement viril, les envolées aiguës, les cris, sa palette vocale ne cesse de nous surprendre), un titre mid-tempo parfait pour rouler sur Sunset Boulevard. La rythmique est très entraînante, cadencée, les riffs sont mélodiques, la voix nous enchante, le refrain est 100% AOR, la batterie reste toutefois lourde, cette atmosphère mystérieuse, une orchestration gratte, synthé, saxo tout en douceur, toujours ces solo mélodieux, kitsch et épiques, ce côté mélancolique, un refrain tranchant, des chœurs prenants, voilà tout se qui constitue ce morceau, on a envie de suivre le groupe dans ses aventures nocturnes.
«Déjà vu» débute avec une batterie rythmée, une guitare électrisante très hard rock sur les bords, la voix criarde, enrouée, rappeuse qui tente de monter dans les aigus, qui nous conte une histoire, accompagné de chœurs aériens et épurés, ce solo très heavy, les vocalises éraillées d'Emmo qui montent crescendo, qui font un peu penser à la voix d'Axel Rose.
“Stand By Your Side” les 17 premières secondes du morceau où le vocaliste chante a cappella, puis une guitare seule nous accompagne, suivie d’une voix qui arrive de nulle part, plus grave mais toujours cassée, à nouveau accompagnée de sa chorale très solennelle, ce petit côté épique qui donne le ton, et en arrière plan on peut encore entendre un solo guitaristique de tueur, le mélange de voix donnant une dimension théâtrale, un style hard Eighties un peu à la Def Leppard époque Pyromania/Hysteria surtout au refrain, un refrain très puissant, une musique percutante, puis le chanteur nous offre un petit moment de douceur, ça change de rythmique, le chant très personnel, mélancolique, doux et écorcé, avec ces riffs très nostalgiques et mélodiques, qui deviennent vite planants et aériens, au fil du morceau, la voix d'Emmo et des chœurs qui se renvoient la balle, toujours sous fond de guitare mystérieuse.
“All Your Love” étant une composition mid-tempo, aux sonorités hard rock mélodique, avec une guitare plus énervée et agressive, une mélodie accrocheuse, on peut aussi découvrir un petit solo de saxophone qui précède un bon solo de guitare éthéré, avec cette voix posée, douce et calme, cette ambiance très apaisée.
«Hold The Time» débute avec quelques notes de synthé très rétro, la composition est accrocheuse, la mélodie mystique fait penser à un titre de Survivor, avec la voix d'Emmo écorchée, criarde et rocailleuse, qui devient conquérante au fil de l’écoute, cette batterie entêtante, des envolées de guitares harmoniques, progressifs et techniques.
“For All This Time” est une balade AOR qui possède une très belle sensualité, avec une mélodie exquise, des harmonies vocales bien AOR. de la mélodie FM, la voix d’Emmo emplie de tristesse et d’émotion, ces chœurs discrets et lumineux et un solo nostalgique façon Patrick Rondat.
“Break Those Limits” des notes de synthé funky, du bon hard FM qui tâche sévère, des riffs stimulants, une batterie dynamique, des voix joyeuses, et Emmo qui s’essaie à des vocalises haut perchées, toujours avec ce timbre déchiré, les “oh ohohoh” nous maintiennent dans la sphère des années 80, c’est un morceau très dansant.
“Victim of changes” étant la dernière piste de cet opus, une guitare hard rock nous accueille, le duo Bobby STOKER et Emmo nous offre des vocalises très percutantes, on continue notre voyage dans le temps bloqué dans les années 80 à être bercés par ce hard rock pur jus, toujours cette voix cassée qui nous accompagne et des chœurs cérémonieux bien présents, Lobe Valentin nous offre un solo de guitare bien saignant qui nous fait penser un peu à Slash, ça prend bien aux tripes.
Bref, là encore une bonne découverte, si vous souhaitez vous replongez dans les années 80, enfilez votre veste en cuir patchée et badgée, votre vieux jean slim déchiré tout poussiéreux, vos bracelets cloutés, vos bottes de motard, votre bandana rouge, et écoutez le disque "Déjà Vu", vous ne le regretterez pas, c’est un véritable régal pour les oreilles.





