Il est temps de (re)présenter Misanthrope, pour la nouvelle génération. Car oui, ce mythique groupe angevin a été crée en 1988, et donc plusieurs décennies sont passées… et ce qu’écoutait les parents à cette époque, est dorénavant écouté par leurs enfants ! Misanthrope, c’est l’un des plus anciens groupes français en activité (avec Loublast, Adx… et quelques rares autres). Misanthrope, c’est également 10 albums studio, ou plutôt 11 avec ce tout dernier « Embrasement » . Misanthrope, c’est un line up mené par le maitre d’œuvre et chanteur S.A.S de l'Argilière, et sa solide équipe dont le talentueux bassiste Jean-Jacques Moréac. Le tout dans un style death metal, mais ouvert avec du progressif et de l’orchestral…. Bref, un seul mot me vient en tête pour tout cela : respect !
Voilà pour les très grandes lignes, mais attardons-nous sur leur dernier opus donc, qui n’a en rien perdu de sa verve musicale ni de son éloquence… 11 ans après le « ΑXΩ » de 2017.
Oui, je tiens à prévenir les auditeurs qui ne connaissent pas : le chant (death) est en français, à l’heure où tout est devenu anglo-saxon et où les paroles passent souvent au second plan. Ici, c’est du travail d’orfèvre, et ce sur tous les plans. Une énorme attention est portée à l’écriture, avec des textes puissants et poétiques. Je me suis amusé à comparer l’évolution du chant depuis 1995/1997, et c’est juste incroyable : il est plus fluide dans les compos et indéniablement plus death. De ce fait, je dois dire que je suis maintenant conquis à 100 % ! D’autant plus que nous retrouvons ici ou là sur cet album des passages en chant clair (qui m’ont parfois fait penser à du Forbidden Site).
De même, si les textes et le chant sont un quasi-sans-faute, il en va de même pour les titres et les instruments qui accompagnent cet ensemble compact et magistralement exécuté.
Je dois dire qu’un énorme travail de composition a été effectué, avec une basse virevoltante (admirez le solo sur « L’affrontement »), des guitares rythmiques implacables et des petits solos acérés… et ce côté « grandiloquent » avec des chœurs et des orchestrations symphoniques – ici ou là – est un vrai régal.
Le titre le plus « léger » et accessible sera peut-être « Comtesse Vampyr », avec une belle mélodie et des chœurs en arrière-plan sur le refrain. Le plus pachydermique est sûrement « Sous moi coule le Léthé ». La plupart ont un tempo assez soutenu, comme le terrible « Héloïse » et le plus heavy metal « Ancrage ». Mais difficile de définir un style pour chaque titre tant ceux-ci sont complexes et englobent du heavy/doom/progressif/orchestral/death. On finira sur un titre instrumental, « Aube nouvelle », de toute beauté.
Que dire devant un tel opus ? Les superlatifs manquent. Une bonne production, des textes poétiques magnifiques, des musiciens hors pair, des compos soignées, intenses, complexes et abouties, le tout avec un artwork et un digipack de toute beauté… Vous l’avez compris, il ne manque rien, et c’est sûrement l’album de leur discographie le plus abouti selon moi (et par là même, celui qui va faire partie de mon top 5 de cette année).
En somme, l'album frôle la perfection et prouve que le metal extrême en français a encore de somptueux jours devant lui : ne passez sous aucun prétexte à côté de ce petit bijou de créativité.
Note : en edition limitée, pour pouvez également avoir l’album complet chanté en anglais « conflagration », et c'est vivement conseillé !








