Mortiis a toujours été pour moi un genre de forgeron de la musique. Ses expérimentations sonores et obscures fusionnent toujours avec talent les genres. L’artiste déploie ainsi à chaque opus, une nouvelle épopée crépusculaire…
A ses débuts, après un passage notable en tant que membre fondateur d’Emperor, le musicien s’est lancé dans une carrière solo, développant son grand œuvre avec minutie. En 1994, ses déambulations solitaires démarrent avec le magistral “Født til å herske”, où Mortiis pianotait avec ferveur les touches de son clavier, assemblant les premières pièces du dungeon synth. Adolescente, j’ai été marquée également par l’opus “The Smell of Rain”, plus ancré dans les ambiances électroniques, avec notamment le fameux “Parasite God”, un morceau que j’avais adoré.
Depuis plus de trente ans désormais, le visage recouvert de son masque iconique, Håvard Ellefsen (c’est son vrai nom) arpente seul des contrées mystiques. Le 26 juin, le compositeur scandinave ouvre un nouveau chapitre de cette aventure musicale avec un nouvel enregistrement, intitulé “Ghosts of Europa”, soutenu par le label Prophecy Productions. Pour ce disque, Mortiis s’est entouré de nombreux artistes, comme Thorsten Quaeschning de Tangerine Dream ou Christopher Amott, ex-guitariste d’Arch Enemy, témoignant d’une volonté de réaliser des mélodies solides, aux influences multiples.
L’album est recouvert d’une illustration de Nihil, représentant un ange noir féminin, postée sur une pierre au milieu d’un paysage désolé. J’ai moi aussi foulé ces terres mystérieuses en l’écoutant. Trempés d’ambiances cinématiques, fondus d’electronic rock, les huit titres sont une invitation à l’introspection et aux ressentis. Ces harmonies sont belles dans l’ensemble, mais je reste plutôt réservée sur les effets d’autotune sur la voix, qui me laissent généralement de marbre.
Toutefois, c’est une jolie production, aux atmosphères intrigantes, fantastiques et hallucinatoires qui vaut la peine qu’on s’y attarde.





