Sept ans après Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko, Numen revient avec Erre, un cinquième album qui confirme l’ancrage profondément basque du groupe tout en privilégiant une approche plus sombre, directe et brutale.
Inspiré des chasses aux sorcières qui frappèrent l’Iparralde au début du XVIIᵉ siècle, Erre — « brûler » — porte particulièrement bien son nom. Dès les premiers riffs, le feu semble partout : guitares acérées, batterie déchaînée et vocaux rageurs composent une musique noire et suffocante. Les cinq morceaux, longs et denses, laissent néanmoins suffisamment d’espace aux mélodies pour éviter l’écueil de la brutalité uniforme.
Le folklore basque reste présent, mais de manière plus parcimonieuse. Alboka, guitare classique, irrintzia et quelques respirations acoustiques apparaissent comme des fragments d’un héritage ancien, surgissant au milieu d’un black metal désormais nettement plus frontal. C’est précisément cette retenue qui fonctionne : Numen ne fait pas du folklore un ornement, il l’intègre à son identité.
Avec Erre, le groupe livre ainsi un disque âpre, puissant et habité, où l’histoire et les racines deviennent une matière sonore plutôt qu’un simple concept. Moins démonstratif que certains de ses prédécesseurs, mais peut-être plus viscéral, cet album confirme la singularité de Numen dans le paysage du black metal.
Un disque qui ne raconte pas le feu : il le fait entendre.





