RAPTURE IN BLOOD entre dans l’histoire du death metal français avec un premier album sobrement intitulé « Gods of Perversion ». La pochette aux relents macabres et sombres en dit long sur le sujet que ces musiciens originaires du Var vont exposer.
En effet, avec des acteurs de la scène renommés dans le milieu du death underground (vétérans et jeunes instrumentistes), le line-up de cette formation se compose de Chris Martyr au chant ( Mornoss, ex Cartilage), Jo Guigou à la guitare ( Agressor, Outburst ) qui composera ce premier opus, Ju à la basse (Skulpin), Fabien à la guitare lead (Funerarium) et Flo à la batterie (Enmity, Thalidomide, Mercyless).
Alors avec cette trempe de passionné avertis et notables, on ne peut que s’attendre à un death metal, comme le définit le groupe lui-même, très old school et authentique, sans fioritures et techniquement bien exécuté grâce à ses performances scéniques.
D’emblée on peut avouer que le style est parfaitement revisité avec nulle autre nouveauté qu’un jeu distinct très lourd et une voix caverneuse au possible. Tout les ingrédients sont ainsi rassemblés pour se replonger dans les années 90.
La guitare suit une cavalcade effrénée, d’un rythme assez lancinant, la mélodie s’arrache de toute conformité et rend la pareille à tout ces pontes que sont Massacre, Dismember, Asphyx et compagnie…
Les arpèges en guitare clean sur l’intro de « Nothing to loose » gagnent en puissance et le jeu des deux guitares affine la partition. La fin du morceau, transformée en un break droit sorti des caves, expulse une mélodie presque black, on en redemande !
Le gage de qualité est représenté par des solos de guitares sobres et droits au but, des riffs poignants, lourds et crasseux. Les petites variantes sont bienvenues, comme sur le titre « Unholy anger ». Le riff signe même ici une lointaine influence dans la lignée de Slayer. La répétition nous tambourine la tête, creuse encore et encore les tréfonds de nos âmes cherchant à ne plus receler le morbide et l’immoral.
D’ailleurs, ce côté obscur est parfaitement illustré grâce à la pochette signée par le talentueux Chris Moyen. Une créature maléfique surgie des entrailles d’un cimetière, semble déterrer les morts. Les racines fendent le sol, les dieux de la Perversion ont clairement pénétré le monde des humains, amenant ainsi le chaos et la haine.
Les titres aussi évocateurs que l’illustration qui nous est offerte sont absolument dans la mouvance du style.
Les cordes saturées mêlées à la batterie sont purement jouissives et donnent l’impression de replonger dans ces années de nostalgie purulente que certains aficionados célèbrent encore avec une passion fiévreuse.
Pour ma part, ne faisant que très peu de concerts dans le sud de la France, je dois dire que ce genre de formation attise ma curiosité. Peut-être devrais-je envisager une descente vers ces enfers sudistes ou espérer que le groupe mangent les kilomètres lors de prochains lives.




