Succédant à un album grandiose et grandiloquent « The Empyrean Equation Of The Long Lost Things » sorti il y a déjà deux ans, les allemands de Vanden Plas nous délivrent un album électro acoustique, faisant miroir au premier du genre Accult du début de leur carrière, superbe, émouvant, tout en finesse, loin de la rigueur germanique à laquelle ils nous habituent brillamment depuis plus de 30 ans. Etant fan de la première heure, je plonge les yeux fermés dans ce nouveau travail acoustique qui met en valeur des morceaux récents et d’autres un peu oubliés dans les méandres du temps, et leur redonne une seconde vie, plus rutilante que jamais. Sans oublier quelques reprises comme sur le premier essai en 1996 où l’on pouvait entendre Stefan Eicher, Marillion et Ray Charles, réinterprétées par le groupe.
On commence fort avec « Far Off Grace » issu du troisième album du même nom, excellent, un beau compromis avec la version très metal prog et très heavy. Les lourdes guitares laissent place aux cordes folk légères et au piano rythmé, ornant de la plus belle des manières le talent vocal d’Andy Kuntz, toujours au sommet de ses prouesses légendaires.
S’ensuit « Holes in the sky » de l’excellent The Seraphic Clockwork », la chanson change peu de l’originale, un brin plus lente et qui laisse encore un peu plus de place au timbre unique d’Andy Kuntz, véritable signature du groupe et toujours à la pointe de l’émotion.
« The Ghost experiment » est assez peu remanié également, mis à part le coté guitare acoustique, le titre respire un peu plus ici. Nous avons droit à un très surprenant « Boat on the river », reprise de Styx, avec sons d’accordéon et dansant comme une ballade folk enjouée, très éloignée du combo de Kaiserslautern, mais impeccablement interprétée, ornée de chœurs mélodieux et un feeling qui met le sourire aux lèvres et l’âme en paix.
« Healing Tree » étant déjà une ballade en première composition du Beyond Daylight, nous ne sommes pas dépaysés, avec la présence d’une chanteuse dont le nom est absent (si quelqu’un peut me renseigner sur son identité), en tout cas sa voix se marie très bien avec la voix d’Andy. « Postcard to God » de l’album Christ O accueille entre autre un beau travail de piano, presque jazzy dans l’esprit, qui retire la lourdeur un peu pesante de la version électrique.
« Nothing Else Matters » de Metallica résonne en moi d’une manière intime pour plusieurs raisons personnelles et se trouve ici reprise de la plus belle des façons, Andy n’hésitant pas à remanier un tantinet les lignes vocales pour plus de profondeur en fonction de son feeling perso et de sa tessiture magnifique. Quel chanteur vraiment !!! Impressionnant !!! Bravo aussi à Alessandro qui joue du piano d’une façon la plus inspirée possible. Chapeau messieurs, vous avez réussi à me foutre les poils, même après l’avoir écoutée un million de fois par Metallica et d’autres, d’ailleurs souvent moins bien jouée.
Un grand plongeon dans le passé nous submerge pour la fin avec « You Fly » du deuxième album « The God Thing » et un invité de marque en la personne de John Helliwell des Supertramp, venu diffuser ses notes d’un saxophone tantôt pur et aérien, tantôt énergique et presque saturé. Belle relecture !
On réalise sur ce bel effet acoustique l’apport du petit nouveau Del Vecchio (déjà présent sur le précédent album mais assez discret), néanmoins connu pour ses multiples participations et compositions pour le label Frontiers (Hardline, The Big Deal, Edge of Forever, Revolution Saints, Jorn Lande…), multi-instrumentiste, chanteur et faiseur de tubes heavy, qui, s’il n’efface pas Günter Wernö, celui-ci ayant marqué le groupe par son jeu et ses sons singuliers, apporte une finesse d’arrangements un peu plus ciselés et harmonisés. Une très belle performance du groupe et un bonheur pour nos oreilles.











