Chronique réalisée par :
Valquest
• Photographe :
alizée_pvr
Aujourd’hui, ce 18 avril 2026, nous sommes à la 2ᵉ édition de la Xion Metal Night à Saint-Sauveur, organisée par l’association Saint Sauv’Rock. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nous avons passé l’une des meilleures soirées metal depuis un bon moment.
Saint-Sauveur est une petite commune située à environ 50 km de Valence et de Grenoble, et à 100 km de Lyon, avec peu de concerts de notre musique préférée.
L’objectif de Renaud Ughetto, président de l’association, et de son équipe, est simple : permettre à tous d’accéder à notre chère musique saturée, notamment à celles et ceux qui n’ont pas forcément l’occasion de se déplacer en grande ville. Le tout dans un accueil bienveillant, souriant, que j’oserais même qualifier de familial.
La première édition, l’année dernière, avait déjà fait grand bruit dans le coin avec une superbe affiche : Dustroy, Perseide, Last Addiction et Eight Sins, qui avaient littéralement retourné la salle des fêtes de la commune. Une totale réussite.
L’objectif cette année pour Saint Sauv’Rock ? Faire la même chose, mais en plus gros, plus lourd, tout en gardant ce côté très accueillant et familial. Ont-ils réussi ? Laissez-moi vous dire que oui : c’est un grand oui.
Dès notre arrivée sur le site, on est saisi par le cadre, avec les montagnes tout autour. La décoration est absolument magnifique, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la salle. L’accueil de toute l’équipe est l’un des plus agréables et chaleureux que nous ayons pu voir.
Les groupes en témoignent eux-mêmes : « On n’est jamais accueillis comme ça, et encore moins pour une deuxième édition. »
Et justement, parlons-en des groupes, avec le premier à ouvrir le bal : General Cluster.
General Cluster
On démarre avec les Grenoblois de General Cluster, qui, avec leur stoner lourd, groovy, voire parfois bluesy, font headbanger une salle déjà bien remplie. L’ambiance est extrêmement plaisante et on sent que le groupe prend autant de plaisir que le public.
Le groupe joue ses titres, y compris les derniers singles sortis en 2025, 3Somes et Death, qui sont une véritable tuerie en live et annoncent un futur album plus que prometteur.
Mention spéciale à "Let’s Go Porn" et "No One’s Bitch", qui ont fait headbanger votre serviteur jusqu’à s’en exploser la nuque.
Une très, très bonne mise en bouche avant le deuxième groupe de la soirée : Lifeboats.
Lifeboats
La salle se remplit encore davantage et le punk hardcore des Lyonnais de Lifeboats, puissant, hargneux et mélodique, déclenche des pogos dans toute la fosse.
La nouvelle configuration du line-up à 4 membres (contre 5 auparavant), notamment avec les voix de Quentin et Julien en complément du scream de Lucas, apporte un vrai cachet et une dynamique à l’image de leur dernier EP "Blossom Serenade". Un véritable plaisir à écouter.
Le groupe affiche une énergie et un sourire constant, et cette bonne humeur est communicative : le public s’en donne à cœur joie, entre jumps et refrains repris en chœur.
Les Lyonnais jouent la majorité des morceaux de "Blossom Serenade", ainsi que de nouveaux titres qui fonctionnent extrêmement bien sur scène et promettent un futur album vraiment exceptionnel.
La soirée est déjà un énorme succès, mais nous sommes loin d’avoir terminé, car on monte encore d’un cran dans la brutalité avec Kamizol-K.
Kamizol-K
Les hardcoreux de Kamizol-K montent immédiatement le ton avec une puissance impressionnante. Le public, de plus en plus nombreux, est complètement déchaîné dans la fosse.
Le mélange des deux voix, entre Chucky et Lionel, apporte un vrai dynamisme. Les riffs hardcore de Kevin et Gaëtan, couplés à la basse percutante de Nicolas et à la batterie surpuissante d’Anthony, offrent un show des plus destructeurs.
La setlist est principalement centrée sur "Diary", leur dernier album, et leur hardcore, teinté d’influences death, thrash, voire néo metal, propose un set varié, puissant et d’une efficacité redoutable.
La salle se remplit encore davantage et, après un discours très émouvant du président de l’association, Renaud Ughetto, qui partage son bonheur face à cette seconde édition réussie ainsi que la naissance de son enfant — renforçant encore ce côté familial — nous arrivons au dernier groupe de la soirée, et non des moindres : Locomuerte.
Locomuerte
La salle est pleine à craquer. Le public se rapproche de la scène tandis que "Canción del Mariachi" (issue du film Desperado) est reprise en chœur. Les Loco montent sur scène, El Termito lâche un premier scream et enchaîne avec "Tiro Pa Matar". Et là… c’est un chaos total.
Circle pits, pogos, slams et autres joyeusetés ne s’arrêtent pas une seule seconde jusqu’à la fin du set.
Locomuerte a la réputation d’être un groupe redoutable en live, et ce soir ne fait que le confirmer. Nico Loco saute partout et motive constamment le public. El Mitcho balance des riffs incisifs, El Floco martèle ses fûts avec une puissance impressionnante, et El Termito enchaîne screams surpuissants et passages reggaeton avec une aisance déconcertante.
Le groupe pioche dans toute sa discographie, avec une légère dominante pour
"Parano Booster", leur dernier album.
Mentions spéciales à "Sangre por Sangre", ultra heavy, et "Bandolero", un classique qui fonctionne toujours aussi bien en live.
Le côté festif du groupe est également un énorme point fort, notamment sur "B91", qui démarre façon mariachi avant de devenir l’un des morceaux les plus fun du set, ou encore "Mi Familia", où des crocodiles gonflables sont lancés dans le public pour des slams mémorables.
À noter également l’apparition de Loïc, chanteur d’Eight Sins, renforçant encore ce côté familial et cette connexion entre les groupes présents aujourd’hui et ceux de la première édition.
Cette 2ᵉ édition de la Xion Metal Night est une énorme réussite et un véritable coup de cœur. J’ai été conquis par tous les aspects de cette soirée.
Bravo et merci à Saint Sauv’Rock pour cette organisation exceptionnelle et pour l’invitation. Merci à Alizée pour les photos, merci à Rockenfolie pour m’avoir permis d’utiliser leur matériel afin de réaliser les interviews qui arrivent très bientôt, merci aux groupes pour le show incroyable et merci au public présent.
MAIS NE PARTEZ PAS TOUT DE SUITE !
À l’occasion du festival, j’ai pu interviewer Aude et Axel du Plane’R Fest afin de comprendre quel est leur rôle dans leur festival. Voici l’interview ci-dessous. Un grand merci à eux !
Plane’R Fest
Valquest : Bonjour à tous et toutes ! On est à la deuxième édition de la Xion Metal Night et, cette fois-ci, je n’interview pas un groupe mais deux membres du Plane’R Fest : Aude et Axel. Comment ça va ?
Aude & Axel : Salut ! Impeccable, et on est contents d’être là !
Valquest : Vous connaissiez déjà le festival ?
Axel : On avait suivi l’année dernière, oui, parce qu’il y avait Eight Sins, mais on ne pouvait pas venir car on était en vadrouille. Cette année, on avait à cœur de venir pour découvrir ce festival et le soutenir.
Aude : Soutenir le festival, qui sera aussi présent au Plane’R Fest.
Axel : Ouais, on les invite aussi pour qu’ils puissent faire leur promo.
Aude : Ils auront un stand (sourire).
Valquest : J’aime bien interviewer les organisations et pas que les groupes, parce que j’estime qu’on ne parle pas assez des gens de l’ombre. Est-ce que vous pouvez vous présenter et expliquer votre rôle dans le festival que vous organisez ?
Axel : Moi, c’est Axel Ortega. Je m’occupe avec Aude de tout ce qui est merch, donc le Metal Market, le merch du festival, et aussi toute l’organisation en amont. On oriente la programmation, on fait énormément de réunions. On est bénévoles, on n’est pas rémunérés, c’est vraiment par passion. Ça prend du temps, mais aucun souci là-dessus.
Concrètement, on crée les visuels, on gère les commandes de t-shirts avec Useless Pride à L’Union (non loin de Toulouse), qui fait tout notre merch. Ça se passe super bien avec eux, donc on continue à bosser ensemble.
Aude : Aude Ortega, femme de monsieur (rires). Je fais exactement la même chose. On est tous les deux référents sur le pôle Metal Market et merch du Plane’R Fest. On travaille sur la création, les idées : casquettes, tote bags, chaussettes, etc. Toute l’année, on réfléchit aux visuels et aux supports.
On fait partie de l’association Les Sonorités de Montcul, où chacun est référent d’un pôle. On s’entraide énormément, ça fonctionne vraiment comme une famille.
Axel : Cette année, on a vu les choses en grand : 32 exposants, un gros Metal Market avec pas mal de nouveautés, un bar avec une bière dédiée, un espace pour se poser… Mais c’est une sacrée gestion en amont, surtout avec les exposants. On parle de centaines de mails.
Aude : C’est un sacré boulot sur l’année !
Axel : Oui, mais on crée beaucoup de liens d’une année sur l’autre, donc ça fait vraiment plaisir.
Valquest : Quelle est l’origine du festival ? Depuis quand existe-t-il ?
Axel : La première édition du Plane’R Fest, c’était en 2012. À la base, c’était vraiment une fête de village.
Aude : Et c’était un festival gratuit.
Axel : Voilà. Nous, on ne connaissait pas à l’époque. On est à 1h30 du festival, en Sud-Isère, et il se déroule à Colombier-Saugnieu.
En 2016, première édition payante avec des groupes comme Mass Hysteria ou Kontrust. Il y avait déjà une belle affiche. J’aimais bien Kontrust, donc j’étais content. J’ai contacté l’asso, on s’est bien entendus, j’ai fait de la promo au Hellfest, puis on a rejoint l’association en 2017. Depuis 2020, on gère vraiment tout ce qui est merch.
Aude : À la base, ce n’était pas du tout un festival metal, c’était très éclectique. Ça allait d’Elmer Food Beat à Mass Hysteria.
Puis ils ont vu qu’il y avait énormément de monde devant Mass Hysteria, donc ils se sont orientés vers le metal.
Axel : L’année où on est entrés dans l’asso, il y avait déjà un beau plateau avec Ultra Vomit et Ensiferum.
Aude : Et l’année suivante, Jinjer et Skindred. C’est là que le festival a vraiment explosé.
Axel : À partir de là, il a fallu voir plus grand, et c’est ce qu’on essaie de faire chaque année. On a eu deux années Covid, avec des éditions reportées. Tous les groupes devaient être là, sauf Perturbator, qui n’était plus disponible à cause d’une tournée aux États-Unis au moment du report.
C’était pour moi la plus belle édition à ce moment-là, avec DragonForce, Lordi, Mushroomhead… vraiment incroyable.
Même si celle de cette année envoie très bien aussi (sourire).
Valquest : Justement, comment ça se passe cette année ?
Axel : En termes de ventes, on est à l’équilibre par rapport à l’an passé. On sait que le gros des ventes arrive sur les 100 derniers jours, surtout les 15 derniers après le Hellfest. Organisationnellement, on est en avance, donc c’est cool.
Aude : Je trouve que tout le monde est bien organisé cette année. Il y a moins de stress. Par contre, il y a de plus en plus de festivals, donc les gens doivent faire des choix.
Axel : Et cette année, il y a System of a Down au Stade de France et Guns N’ Roses en face…
Aude : …mais on a quand même des bénévoles qui vont à System et viennent au Plane’R derrière (sourire).
Valquest : Parlons du line-up : Wind Rose, The Browning, Kanonenfieber, Revnoir… encore une affiche très éclectique ?
Axel : Oui, c’est une vraie volonté. Le programmateur Mediatone mise là-dessus, et ça fonctionne.
Cette année, pour moi, la claque, ce sera Kanonenfieber, et on me dit dans l’oreillette que ça s’annonce chaud (rires).
Aude : C’est important d’avoir plusieurs styles. On a un public de toute la France et même de l’étranger : Anglais, Allemands, Finlandais, Mexicains…
Selon d’où tu viens, tu n’écoutes pas la même chose.
Axel : Et on est à côté de l’aéroport Saint-Exupéry, donc c’est accessible.
Valquest : Vos éditions préférées ?
Axel : Celle de 2022 (la “Covid”) reste ma préférée. Et aussi celle avec Jinjer et Skindred. Mais la prochaine s’annonce énorme.
Aude : 2022 reste ma préférée, mais 2026 va envoyer du lourd.
Axel : On a aussi eu While She Sleeps, Hatebreed…
Et malgré l’annulation d’Ultra Vomit, Feuerschwanz a assuré.
Aude : On ne connaissait pas, mais énorme surprise !
Valquest : Une grosse claque inattendue ?
Axel : Mushroomhead. On les a fait venir après des années d’absence en France, et ça a lancé une tournée européenne. Grosse fierté.
Aude : Feuerschwanz pour moi. Et Mushroomhead aussi, que j’adorais déjà.
Valquest : Le public a évolué ?
Axel : Oui, mais on reste un festival à taille humaine.
Aude : Toutes les générations sont là.
Axel : Et on garde des prix accessibles.
Aude : Et c’est gratuit pour les enfants.
Axel : L’éclectisme permet de toucher tout le monde.
Valquest : Merci à vous deux, c’est important de parler aussi des orgas.
Aude : Merci à toi, c’est une super idée.
Valquest : Un mot pour le public ?
Axel : C’est un plaisir de faire partie de ce monde. Voir les sourires des gens, ça efface toute la fatigue.
Aude : C’est que du kiff. Quand tout se concrétise, c’est une vraie fierté.
Axel : Et le week-end passe trop vite.
Aude : Clairement !
Axel : Il faudrait une semaine (rires).
Valquest : Carrément (rires). Merci à vous, à bientôt au Plane’R !
Aude & Axel : Avec plaisir, à bientôt !