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PLANE'R FEST - JOUR 2

Avec : WIND ROSE, INSOMNIUM, SHAÂRGHOT...
Note Coup de coeur

Date du concert : 04-07-2026

Lieu : Champ De Foire - Colombier-Saugnieu [69]

Affluence : NC

Chronique réalisée par : Thunder • Photographe : Thunder


La deuxième journée du PLANE'R FEST a démarré en douceur avec le diskopéro dès 11 h 30 aux côtés de FORMULA JUAN une nouvelle fois cette année. En guise d’amuse-bouche, on nous a proposé des sons disco-funk, nous avons surfé sur la vague 70’s, c’est frais, ça change, le public est au rendez-vous, plus nombreux que l’année dernière, pour finir le set sur une track techno qui ravage tout sur son passage, les BPM montant jusqu’à 180 en clôture de ce diskopéro.

C’est 111 qui a pris la relève à 15 h sur le terminal 2 de ce PLANE’R FEST 2026, la formation lyonnaise proposant son punk-noise aux influences rock sans compromis et sans fioritures. Une énergie aussi brute et sincère que ses morceaux. Le groupe mené par sa front woman révolutionnaire, aussi bassiste du groupe. La formation 111 est un mouvement de lutte, leurs morceaux dédiés à faire bouger les choses en font aussi trembler le sol. On nous parle de violence, d’injonctions, c’est une formation qui n’a pas peur de revendiquer et se dévoiler. 111 récolte une centaine de dates à son actif, si ce n’est plus, le projet a bénéficié en 2022/2023 de l'aide à l'Émergence et sort lauréat du dispositif d’accompagnement du Ninkasi Musik Lab. Si vous n’avez pas peur des projets humanistes, féministes, avec un son saturé, c’est très clairement le moment pour vous de vous pencher sur le projet, si ce n’est pas déjà fait. Un set qui décoiffe avec “Again Of All”, “le ténébreux “My Demon” et le morceau “Oh Wow!” que j’aime beaucoup écouter équipée d’un bon casque. Un set qui sonne le soulèvement et ça fait du bien !

On garde notre rage pour rejoindre cette fois-ci IMPARFAIT et son métal alternatif explosif mêlant punk et rap. Formé en 2015 par Prisca Kalengay et Bruno Veron, respectivement au chant et à la basse. C’est un projet mélangeant des inspirations très variées, tout en gardant les coups de poing en plein visage, véritable marque de fabrique du groupe. Le flow de Prisca rivalisant avec les rappeurs/euses actuels(elles), les riffs violents, ça crie des vérités et eux aussi nous proposent des textes engagés, à l’image de l’énergie que dégage la prestation. Fort d’un premier album “Telema” sorti en 2022, ils ont pu faire les premières parties d’Ultra Vomit, Eiffel ou des Nova Twins suite à la sortie de leur deuxième EP “Erreur 404”. En live, c’est un groupe qui déménage, l’énergie enragée de Prisca est communicative, les morceaux ont été très bien reçus même par les personnes découvrant la formation. Les drops des titres en live sont puissants, le style trap des titres vibre sur scène, les paroles criées résonnent. Pour les personnes connaissant IMPARFAIT, je peux vous attester que le morceau “On crie encore” était une folie ravageuse sur scène, le son était très lourd et ça en a ravi plus d’un(e), moi également.

Changement d’ambiance avec la montée des Suédois de SMASH INTO PIECES sur l’estrade, venus nous jouer leur metal alternatif aux nuances très rock avec beaucoup de douceur cette fois. Le groupe existe depuis bien longtemps, 2009 exactement. Du chemin a été fait depuis la création du projet avec 9 albums au tableau, le premier “Unbreakable” sorti en 2013 et le dernier de la famille “Harmaheaven” sorti en 2025. Côté setlist en ce PLANE’R FEST, les fans venus voir le groupe ont été gâtés, puisque je sais que certaines personnes sont venues ce jour-là volontairement pour pouvoir les voir performer. Pour les gros titres du groupe, “Let Me Be Your Superhero” ou “Boomerang” ont sonné sur la scène de Montcul, laissant les fans contemplatifs, ainsi que des titres plus récents de la formation, comme “Man Or Machine” ou “Venom”. Nous avons eu le droit à des passages avec de la pyrotechnie pour les beaux yeux du public et ainsi réchauffer l’ambiance avec un temps déjà bien chaud.

Après cette pause sucrée, c’est CALVA LOUISE que nous avons retrouvée, l’extraterrestre de cette journée ensoleillée. CALVA LOUISE, c’est un projet détonnant et surprenant, puisant ses sonorités et inspirations du punk, du metalcore, de la musique électronique ainsi que du rock. Les textes mêlant compositions en anglais et en espagnol avec des membres venant des quatre coins du monde avec l’incroyable Jessica Allanic (Venezuela) au chant maniant aussi la guitare et le piano, Alizon Taho (France) à la basse et Ben Parker (Nouvelle-Zélande) à la batterie. La formation est très indépendante et créative, ils produisent eux-mêmes les enregistrements, et ce n’est pas tout, ils fabriquent aussi eux-mêmes les supports visuels et beaucoup d’autres choses, allant jusqu’à confectionner eux-mêmes leurs costumes présents dans les clips. Le groupe a déjà sorti 4 albums, le premier en titre “Rhinoceros” qui est très rock par rapport à ce que propose aujourd’hui la formation, un style beaucoup plus étendu, il est excellent, je vous le recommande vivement ! Le petit dernier à avoir rejoint la collection, c’est “Edge Of The Abyss” sorti en 2025, une vraie bombe musicale acidulée. Le groupe nous a régalés avec des titres comme “W.T.F.”, “Aimless” ou “Hate In Me”, de véritables gifles sonores.

Après cette découverte, INSOMNIUM est apparu sur le terminal 1 à 19 h 45 avec leur death mélodique venu tout droit de Finlande. J’étais impatiente de les voir monter sur scène et je suis plus que convaincue ! Le projet a émergé en 1997 à Joensuu, la scène ne les a pas quittés depuis, le groupe a réalisé 9 albums, le dernier édifice ”Anno 1696” en 2023, comme ses autres albums, il est majestueux, continuant à dorer le blason d’INSOMNIUM. Un petit cadeau est sorti en 2026, le single “Shadowlife” avec ses riffs presque angéliques, délicats, ses mélodies tempérées et enrobées d’une brume légèrement pessimiste avec un chant tantôt rageur, tantôt clair, mais ce n’est pas lui que nous avons entendu sur scène. Cela dit nous avons été en très bonne compagnie avec le magnifique “Heart Like A Grave” qui, comme d’habitude, m’a touché en plein cœur. Nous avons aussi pu écouter “Lilian” du dernier album, “And Bells They Toll” de l’album Heart Like A Grave et beaucoup d’autres pépites de leurs différents albums. Chacun des morceaux valant le détour de toute manière selon mes oreilles, c’est une formation qui brille à travers sa pénombre, le live est majestueux, une scénographie simple, sans chichi mais une prestation mémorable pour ces légendes du death mélodique.

Après ce moment ancré dans le temps pour moi, j’ai rejoint le duo déjanté KNUCKLE HEAD proposant une bien belle fusion de dark country, de stoner et de blues qui sent le western américain. Pas peu fière de dire que c’est un duo français ! Montée sur scène, cigarette aux lèvres pour Jock Alva le batteur, bouteille de whisky à la main, tout vêtu de ce qui semble être une robe de chambre en satin ? et vient Jack Crowes avec sa guitare et son chant soufflant le blues à plein poumon. Croyez-le ou non, mais le projet nous vient d’Alsace, surprenant, n’est-ce pas ? Et pourtant, qu’est-ce que ça fonctionne ! En 2016, le duo sort son premier EP intitulé “First Ride” avec des morceaux comme “Green Valley” et “Hold Up”. C’est lui qui a permis au groupe de se faire connaître sur la scène française. En 2019, le premier album du duo voit le jour, “ll”, suivi du deuxième en 2022, “Holsters And Rituals“, qui comprend une collaboration avec Albert Bouchard du groupe Blue Öyster Cult, la grande classe ! Sur scène, l’énergie du duo est incroyable, Jock déchaîné sur sa batterie et Jack nous enivrant de son chant bluesy sans compromis. On sentirait presque l’odeur du gazole et la route 66 à perte de vue. Honnêtement, à eux deux, ils ont su occuper la place et nous embarquer avec eux pour une virée que l’on n'oubliera pas, c’est certain !

Mon moment tant attendu de ce deuxième jour est arrivé, cette fois-ci nous avons rejoint WIND ROSE au cœur des souterrains de la Moria pour une aventure inoubliable. J’ai eu l’occasion de voir la formation performer à Paris au Zénith en 2024, c’est avec grand plaisir que je les ai retrouvés sur la scène du PLANE’R FEST cette année. Je ne suis pas la seule à avoir sorti mon t-shirt WIND ROSE, les fans étaient au rendez-vous pour faire trembler les sommets des Monts Brumeux. Ils nous ont joué des morceaux provenant du dernier volet Trollslayer sorti en 2024, avec des titres comme “Rock And Stone” et “Of Ice And Blood”, mais le compte Warfront sorti en 2022 a lui aussi été mis à l’honneur en revenant sur des morceaux à succès avec l’un de mes morceaux préférés, “Army Of Stone” et “Together We Rise”. Quant à Wintersaga, sorti en 2019, il a aussi eu le droit à sa part du gâteau, ils ont fait résonner le somptueux “The King Under The Mountain” et d’autres pépites du groupe. Leur power/folk metal ne prend pas une ride, les performances de WIND ROSE restent énergiques et toujours aussi conviviales au fil des années, la scénographie toujours aussi tolkienesque (oui, j’en invente des mots), toujours un grand plaisir de partager un moment avec WIND ROSE, la bonne humeur est garantie !

La fatigue a commencé à me frapper après le set de WIND ROSE, je remercie THE BROWNING d’être venu me secouer avec la brutalité de leurs titres. Cette formation s’adresse aux fans de deathcore appréciant la musique électronique, c’est l’essence même de ce projet, des breakdowns lourds, je vous présente l’électronicore (oui ça a bien un nom). Je vous avoue être très friande de ce type de projets. Vous passez une journée compliquée ? Vous prendrez instantanément une vague de violence qui fait du bien. Je n’étais subitement plus fatiguée et me suis surprise à me faufiler au sein du pogo. Le projet a été formé dans le Missouri, en 2005, et la formation a toujours souhaité se démarquer, surprendre en mélangeant les genres, je trouve ça réussi ! On retrouve des inspirations provenant de différents styles de musiques électroniques mais aussi de styles de metal variés allant du metalcore au deathcore. C’est un groupe qui charbonne, 8 albums ont vu le jour depuis la création du projet et le dernier “Omni” est sorti en 2024. Sur scène, peu de lumières, des projecteurs épileptiques, telle est l’énergie de THE BROWNING, le son des basses donnant une profondeur et une intensité sur scène et pas que, on ressentait très largement les basses nous percuter face à THE BROWNING. C’est de loin ma claque de la journée, un défouloir qui nous a été offert.

Nous changeons d’ambiance mais pas totalement, nous restons sur la scène électronique avec SHAÂRGHOT qui prend d’assaut Montcul. Nos Parisiens ont apporté avec eux leur metal électro-industriel empoisonné, bienvenue dans le monde cyberpunk apocalyptique de SHAÂRGHOT. Entièrement créé en 2011 par Etienne Bianchi et Jérémy Le Guen, le projet a beaucoup évolué, adoptant en son sein jusqu’à 8 membres depuis la création. SHAÂRGHOT a eu l’occasion de faire la première partie de HOCICO, PUNISH YOURSELF et LITTLE BIG. Le monstre SHAÂRGHOT ainsi que ses shadows disposent maintenant de 3 volumes dont le dernier, “Let Me Out”, a pris racine au sein de l’apocalypse en 2023. L’univers de SHAÂRGHOT est au cœur du projet, il y a même eu la publication du Compendium Shadows sur les réseaux lors de la pandémie, un grimoire de l'univers de SHAÂRGHOT illustré par l'artiste Lyandrah Sinski, et ça c’est vraiment cool pour en savoir plus sur le projet et l’histoire des personnages. Bon, évidemment, nous nous attendons donc à une scénographie incroyable et explosive, ça a été le cas, c’est de loin la scénographie la plus mémorable de cette journée, les personnages teintés de noir goudron, les lumières vertes radioactives, les costumes impressionnants de ce monde désolé, le manque de luminosité sur scène. Pour vous donner un peu de contexte, dans cet univers postapocalyptique, futuriste et cyberpunk, l'humanité vit dans de gigantesques cités-ruches, des îlots perdus dans des terres dévastées par les radiations consécutives à la troisième guerre mondiale. Côté setlist, très heureuse d’avoir pu savourer “Break Your Body” en live, ce titre est sorti il y a maintenant 8 ans, il ne vieillit pas, il a été accompagné de “Let Me Out” qui lui sort du dernier album du même nom et le dérangé “Something In My Head” a aussi pointé le bout de son nez. Le show a été incroyable, la foule était déchaînée, je pense que l’on peut dire que SHAÂRGHOT aura su clôturer en beauté cette édition du PLANE’R FEST 2026, une véritable bombe radioactive.

C’est avec beaucoup d’émotions et de souvenirs en tête que je quitte Montcul après la fin de ce set irradié, mais rassurez-vous, on se revoit l’année prochaine !
On salut encore une fois Mediatone pour l’accréditation, merci encore une fois au public de s’être déplacé pour secouer Montcul, merci aussi une nouvelle fois aux bénévoles qui ont oeuvré durant ces deux journées de folie et salutations aux artisan(e)s et différentes associations de la scène metal présentes sur l’événement.

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