Chronique réalisée par :
Vorace
• Photographe :
Vorace
Rouen, ses pavés et ses cents clochers ont accueilli ce soir du 31 juillet au sein du Fury Défendu une bonne dose de lenteur assumée ! Trois formations pour qui le tempo « normal » relève de la lâcheté (dans le bon sens du terme) j’ai nommé PLOMB, TODOMAL et EVOKEN !
Il est environ 20h30 quand PLOMB ouvre les hostilités avec un Sludge Doom porté par un duo bien de chez nous, et qui a su convaincre un public de prime abord clairsemé. Pas de blabla ni de fioritures, juste du riff et une batterie qui traîne volontairement les pieds pour le grand bonheur des têtes en train de secouer à l’unisson devant la scène ! Court, efficace et local ! Les mecs ont rempli leur mission de nous réveiller avec une sauce au goût de reviens-y, et qu’il me tarde de revoir fouler les planches prochainement !
C’est ensuite au tour de TODOMAL de prendre le relais pour défendre leur dernier album « Graveyards of joy » à coup de riffs éthérés qui avancent comme un convoi funèbre venu d’Espagne. Le public Rouennais se laisse volontiers happer vers un cimetière de joie, face à la quintette déployant ses ambiances planantes. Sur scène, le groupe étale une palette richement colorée ; ça respire et ça prend de la place avec élégance. Étant davantage habitué à me faire secouer en concert j’ai fini par accepter le voyage offert au milieu de ce western mélancolique, détendre les épaules, et enfin lâcher un : « Putain...qu’est-ce que c’est beau » ! Une excellente découverte, et un album qui tourne en boucle chez moi depuis !
Le temps que quelques bières descendent plus vite que les riffs au milieu du public désormais bien présent, et c’est l’heure pour la légende EVOKEN de changer la salle en crypte ! John Paradiso et sa bande n’ont pas besoin de te courir après pour t’écraser, et c’est une lourdeur oppressive presque liturgique qui prend possession des lieux ! L’aura propre à l’album « Mendacium » se propage dès les premières notes du morceau « Matins », accompagnée d’une odeur de pierres monastiques et de souffre qui colle aux murs ! Les Américains du New-Jersey enfoncent les clous pour refermer le cercueil en rappelant qu’être plus lourd c’est aussi être plus calme, à l’instar des visages présents sur la scène. Le groupe achèvera par l’immense morceau « Antithesis of light » issu de l’album du même nom sorti en 2005, un bouquet final attendu de pied ferme par les fans !
Le Fury défendu a bien géré le volume, le bar a bien tourné ! Merci à PLOMB d’avoir ouvert les hostilités, à TODOMAL pour l’ivresse sans gueule de bois, et à EVOKEN pour la mise en bière !
Bilan de la soirée : Il faisait jour lorsque je suis entré au Fury Défendu. A la sortie, la sensation d’avoir vieilli d’au moins 10 ans était là. Après tout, nous venions de passer la soirée avec des gens qui jouent comme s’ils avaient tout leur temps. Un temps qui a décidé de marcher au ralenti, et que nous avons accepté de suivre sans horreur, à travers des ténèbres qui puent !