Chronique réalisée par :
Black.Roger
• Photographe :
Roger Chirpaz
Eh bien voilà, nous y sommes, mais où ça ? Devant la scène du SYLAK fidèle au poste pour débuter cette troisième journée de ce festival oh combien généreux en terme de programmation, de professionnalisme, d'amitié et plus si affinités qui rassemble la famille metal !
La programmation dominicale semble devoir monter d'un cran avec en tête d'affiche une certaine légende du heavy-metal US, je ne dirai pas son nom, vous verrez bien ce final . Mais avant il nous sera proposé 10 formations au styles variés qui devraient vous satisfaire pleinement dans la joie et la bonne humeur comme d'habitude, alors « let's go » !
Ce sont les Lyonnais de OCCULT HAND ORDER qui ont l'honneur et l'avantage de lancer les débats à 11 heures 15.
Cette formation nous propose des ambiances occultes et ésotériques en clin d’œil à ce qu'il se faisait dans les années 70 avec un son assez organique.
Alors , vous allez adorer, entre atmosphères prog et envolées grinçantes et abrasives.
Riche de déjà plusieurs enregistrements depuis l'an 2019, ces « gones » ont de la ressource et savent se faire remarquer , belle prestation donc en cette fin de matinée, on aime !
Tiens, mais ce sont les Normands de PILORI qui prennent la suite sur scène à 12 heures 30 et l'on va déguster (ou pas) leur menu jusqu'au boutis-te fait de crasse et de violence dans un déluge crust-hardcore noirci de black et saupoudré de grindcore ben voyons !
Avec sous leurs bras leur nouvel album de 2026 intitulé « Sans Adieu » ils viennent nous dire bonjour en nous entraînant dans un sillage sauvage et bien sûr chaotique. Et ça marche, on aurait presque envie de se frapper la tête sur les crash-barrières à l' écoute de leur prestation, mais bon, réservons nous pour la suite.
Et l'atmosphère ne va pas se radoucir avec la venue du groupe Britannique CAGE FIGHT composé notamment de Jam es Monteith de TesseracT et de la Française Rachel Aspe (ex-chanteuse de Eths).
Formé durant la période du Covid, ce groupe a su évoluer entre hardcore, deathcore et nu-metal depuis sa formation relativement récente. Et, pouvoir apprécier en live ces franco-Londonniens aujourd'hui à St- Maurice de Gourdans est un plus tout simplement.
Leur set sera chaud, passionné et agité, bien pro au final avec pour enfoncer le clou dans nos petites-têtes métalliques un « feat » de Julien chanteur de Benighted sur un titre qui « arrache ».
Dire que nous avons adoré relève d'un doux euphémisme, disons que nous avons tout simplement hautement apprécié !
La suite va se révéler curieusement bizarre dans cette programmation avec, là, devant-nous un duo Suisse composé du REVEREND BEAT-MAN et de son collaborateur actuel MILAN SLICK.
Le révérend (Beat Zeller) est un personnage, un musicien et DJ donnant dans le garage-punk, le rock primitif et le blues depuis un certain nombre d'années. Milan Slick, quant à lui, est un musicien « dark » originaire de Berne.
Alors, en ce début d'après-midi, ce duo maniant guitares, batterie, percussions et orgue Farfisa va nous proposer leurs envois minimalistes et thrash, sale si vous voulez !
Bon, ça s'écoute, on respecte leurs envies, mais dans un fest avaient-ils leur place, dites-nous tout !
Et maintenant, place au death/grind, mais pas n'importe lequel, celui des « ricains » de MISERY INDEX.
Après 25 années de blast furieux et de riffs sanguinolents, le chanteur/bassiste Jason Netherton, dorénavant seul membre originel de la formation, n'est pas venu ce Dimanche « rôtissoire » pour enfiler des perles mais pour nous coller contre les crash barrières dès les premiers envois.
Le groove sans compromis dispensé par le groupe est sans appel, ça « riffe », ça déchire les tympans et si parfois un intermède plus calme se faufile au milieu d'un titre c’est pour mieux vous écraser les neurones ensuite.
Bon, après tout ce temps Misery Index n'a pas calmé le jeu et vous n'en sortirez pas vivant ce soir, aargh !
Venus de leur Norvège Natale les aficionados du désert-rock autoproclamés « Tondra Rock », SLOMOSA, font le buzz ces-temps-ci en France avec des concerts sold-out.
Mais alors qu'a donc de plus que les autres groupes de stoner cette formation actuellement ?
Nous allons donc répondre à cette question et pouvoir juger sur pièces, car ils se produisent à 17 heures sur la grande scène du Sylak.
Avec en fond d'écran leur « back drop » représentant un chameau ces Nordistes se lancent à corps perdu dans une prestation mouvementée et ça « fuzz » dans tous les sens avec un stoner pur jus, sans conservateur à consommer illico sans modération !
Slomosa sait varier les plaisir dans chaque composition se frottant au punk et au rock seventies à l'envi, entre rapidité et même nonchalance parfois. Bref Slomosa a tout comprit au film stoner et sa version du style est unique au final, quelle forme !
Mais que serait ce Dimanche au Sylak sans recevoir comme la veille des légendes du hardcore Américain ?
Alors, on commence avec AGNOSTIC FRONT et son Roger Miret aux commandes depuis les débuts des années 80 accompagné bien sûr par Vinnie Stigma (d 'ailleurs c’est marqué sur le dos de sa guitare, vous ne pourrez pas le louper!.
Difficile pour moi de décrire l'ambiance qui règne devant les crash à l'entrée sur scène du groupe, c'est génial ! Leur punk/hardcore new-yorkais aime à se diversifier quelque peu en s'avançant vers le thrash par endroits et sur le terrain miné du crossover aussi.
Ces légendes du NYHC restent cependant, techniquement parlant dans une veine quelque peu linéaire où les clichés vus et revus se succèdent.
Mais bon, on leur pardonne volontiers, ils continuent de se faire plaisir au fil des ans et des live, la puissance et la rage sont toujours d'actualité, alors respect !
Allez, on quitte la scène hardcore de New-York et l'on s'en va vers celle de Los Angeles avec les Californiens de TERROR.
A chaque fois que je revois le groupe en live me revient dans la tête ce titre « Destroy Everything » qui représente bien leur trajectoire en fait, une route punk-hardcore qui a débuté en 2004 avec « One With The Underdogs » album qui a fait un tabac à sa sortie et propulsé cette formation de la côte ouest des « states » sur le devant de la scène.
Par rapport aux légendes du punk-hardcore, Terror n'a qu'une vingtaine d'années d'existence, des jeunots donc ! Mais les Californiens ont encore des « choses » à nous dire, leur inspiration n'est pas épuisée donc et ce soir à St-Maurice de Gourdans ils nous ont offert une presta inoubliable !
La nuit s'avance et les lights scéniques deviennent un peu magiques surtout pour l'arrivée là devant-nous des Allemands d'ORDEN OGAN.
Depuis plus de 20 ans, ils ont su s'imposer au milieu d'une flopée de groupes relevant du power-metal ou metal mélodique si vous voulez.
Alors me direz-vous leurs albums se suivent et ...se ressemblent étonnamment.
Certes, mais en live tout prend une autre dimension, une dimension carrément théâtrale et inspirée.
Le power-metal quand il est bien produit nous propose de remarquables vocaux multiples épiques et glorieux, et ça Orden Ogan l'a bien comprit techniquement parlant, tout est parfait dans leurs envois et leur prestation ressemble à une fresque majestueuse où les musiciens s'en donnent à cœur joie chacun à leur tour ou ensemble.
Au final j'ai bien aimé et c'est vrai car je n'ai pas vu le temps passer, c'est un signe !
Que serait la nuit dans un festival metal sans la présence de DARK TRANQUILLITY ?
Difficile pour moi de dissocier Dark Tranquillity et In Flames dans des envois death mélodique, mais bon !
Dans les années 90 j'avais eu l'occasion d'apprécier en live le même soir dans la même salle ces deux groupes et je ne vous cacherai pas qu'ils m'avaient quelque peu impressionnés à l'époque je le reconnais.
Ma is ensuite cette scène death mélo m'a un peu déçue car trop prévisible et manquant d'un certain « punch » et d'un certain renouvellement dans les compositions. Ensuite ces formations Suédoises ont continué leur chemin avec le soutien de fans ultimes. Ce soir je revois donc Dark Tranquillity et je constate que quand même il a su se renouveler en introduisant dans ses compositions un peu de modernité, mais bon !
Pour moi ce fus un set honnête et sans surprise, irréprochable quand même car tout le monde ici présent a semblé bien content de les revoir encore une fois et c'est bien là le principal n'est-ce pas !
Le « gros » morceau de la soirée, la tête d'affiche bien sûr ce sera la venue de Zakk Wylde qui a travaillé notamment avec Ozzy Osbourne.
Mais Zakk Wylde, ce guitariste icône dans le monde entier c'est aussi son groupe BLACK LABEL SOCIETY créé en 1998 , groupe qui selon certains serait le digne successeur de Black Sabbath, à vous de juger !
Et de ce fait Zakk démarre son show dans une veine Sabbathienne musicalement parlant guitare en main et accroché à son pied de micro rempli de cranes.
Et c'est part dans un décor grandiloquent où le guitariste se sent à l'aise, se mettant en valeur non-stop à l'aide de riffs virtuoses surnageant parfois et même souvent dans un flash-back seventies. On pense par endroits et sur certains titres à des avancées doom-stoner aussi ;
Bref, Zakk se sent plus que jamais l'héritier d'Ozzy il faut dire que sa voix est un certain copier/coller du madman.
Zakk en guitare-héro, s'aventure bien sûr sur le terrain escarpé des ballades et en fait des tonnes sur scène. Du coup, comment résister à sa prestation ? Eh bien nous nous sommes laissé aller dans son délire et ce fus bien !
Merci mille fois, merci aux organisateurs qui ont été « au charbon » encore une fois cette année afin de nous offrir un festival digne de ce nom. Merci bien sûr aux bénévoles et techniciens, de sure équipes qui ont assuré comme des bêtes. Alors à l'année prochaine, on vous « love » !