Réponses aux questions :
W : Paul-Willy Stoyan, guitare
B : Benjamin Butter, chant, guitare
Quelles sont leurs influences musicales ?
W : Personnellement, tout a commencé à prendre sens pour moi à la guitare quand j’ai découvert Pink Floyd à 18 ans. Leur musique m’a vraiment initié à la guitare, aux sonorités, aux effets et à la technique. Je ne jouerais pas de la guitare comme je le fais aujourd’hui sans eux.
De plus, Benjamin et moi étions dans une école axée sur la formation musicale. Nous avions donc beaucoup de cours de chant, de piano, de chorale et nous étions initiés à l’histoire de la musique. C’est à cette époque que je suis tombé amoureux des compositeurs tchèques Dvořák et Smetana.
Tout le reste, du rock classique au blues, est important pour moi aussi, et tout cela se retrouve dans notre musique. En ce moment, j’aime écouter de l’Americana canadienne comme « Kacy and Clayton ». Le jeu de guitare est tout simplement exceptionnel !
B : Si je devais en choisir trois, ce serait Otis Redding, Howlin' Wolf et Aphex Twin.
Comment cet album a-t-il été enregistré ?
B : La plupart des prises ont été réalisées dans notre local de répétition. On jouait les morceaux en live, mais on enregistrait seulement la batterie au début. Ensuite, on faisait les overdubs pour les instruments et les voix, soit dans le local, soit chez nous. Rien de bien sophistiqué, donc.
Une tournée est-elle prévue ?
W : On donnera deux week-ends de concerts en Allemagne en mai pour fêter la sortie de notre nouvel album. On sera aussi à quelques festivals d'été. On annoncera bientôt toutes les dates sur notre Instagram.
Restent-ils optimistes quant à l'avenir alors que le présent est décrit comme si sombre ?
W : Je pense qu'il est bon d'être en colère face à l'état actuel du monde. Mais je suis aussi optimiste dans le sens où je ne crois pas que ce soit la nature humaine. Les événements actuels sont le résultat des structures sociales et économiques dans lesquelles nous vivons, et celles-ci peuvent être changées. Je pense qu'il nous faut renouer avec la pensée utopique. Si nous oublions que d'autres modes de vie et d'organisation de la société sont possibles, alors nous sommes véritablement perdus.
B : Pour moi, la voie à suivre est l'optimisme et la volonté d'élaborer des stratégies pour faire face à tout cela. L'optimisme seul ne changera probablement rien.
Comment les morceaux de cet album ont-ils été écrits et composés ?
B : C'est un peu différent pour chaque chanson. Parfois, un morceau ou une idée naît d'une improvisation collective, parfois l'un d'entre nous apporte une idée, un riff, ou un petit extrait enregistré rapidement sur le téléphone. Ensuite, nous continuons à travailler dessus jusqu'à ce que nous soyons suffisamment confiants pour les jouer en live ou les enregistrer.
Le « gavial » est un lézard inoffensif pour l'homme. Votre message est-il qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture ?
W : J'aime votre interprétation ! Franchement, les noms de groupes sont très bizarres. Avec notre ancien nom de groupe, personne ne s'attendait à la musique qu'on faisait, donc il y a du vrai dans ce que tu dis. Je ne sais pas si tu t'attends à de la musique psychédélique de la part d'un Gavial (ou de n'importe quel autre animal). Alors oui, ne jugez pas un Gavial à son museau !
B : La question de savoir qui sont les prédateurs les plus dangereux de cette planète trouve une réponse assez complète dans les archives Epstine.
Plutôt Scorpions ou Modern Talking ?
B : Modern Talking, si on enlève les deux gars et qu'on ne garde que les synthés.
W : Si je dois choisir, je prends les Scorpions. Mais peut-être qu'un petit cours d'histoire s'impose ? On a grandi dans ce qui était la RDA et il y avait plein de super groupes à cette époque, aujourd'hui presque oubliés ou réduits à un cliché nostalgique. Écoute Panta Rhei avec « Alles fließt » ou Karat avec « Albatross ». Ou Jürgen Kerth si vous préférez le blues. Il y a plein de bonnes choses !
Un dernier mot ?
B : Merci pour l'interview et prenez soin de vous !
W : Merci d'avoir pris le temps de nous écouter !