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Interview BARTH SKY

BARTH SKY

Date de publication 27 août 2026
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Interview publiée le 27 août 2026 par Valquest

Interview — Français

Valquest : Bonjour à tous et toutes ! Aujourd'hui, on est avec Barth Sky. Comment vas-tu ?
Barth Sky : Salut ! Ça va super, et toi ?

Valquest : Ça va super ! Vous revenez d'une petite tournée en Espagne. Comment ça s'est passé ?
Barth Sky : Ça s'est super bien passé, même s'il faisait très chaud ! (Rires) Le public était au rendez vous et on était tellement contents de enfin sortir ce disque sur lequel on a énormément travaillé !

Valquest : Oui, on parle de Rockstars, sorti le 12 juin.
Barth Sky : Exactement ! On a donc fait les premières dates de la tournée en Espagne chez des copains à Castellón de la Plana et c'était vraiment super ! Je me suis fait mordre la jambe par un fan qui était vraiment trop content de nous voir ! (Rires)

Valquest : Incroyable comme anecdote ! (Rires) J'aimerais qu'on parte un petit peu sur tes débuts. Quels sont les premiers groupes que tu as découverts en tant qu'auditeur et qu'est-ce qui t'a fait aimer la musique ?
Barth Sky : Moi, la musique, j'ai un rapport assez particulier avec elle. Quand j'étais petit, vers 5-6 ans, j'ai découvert la danse. Mes parents m'ont inscrit dans une école de danse, donc je faisais de la danse de salon, et du coup, avec la musique, j'ai senti une osmose très vite. Je me sentais très à l'aise et avec ma cavalière, ça se passait super bien. On gagnait plein de compétitions, donc j'avais un rapport très particulier avec le rythme dans la musique, car la danse latine, c'est beaucoup de rock'n'roll en réalité.
Puis ensuite, les jeux vidéo sont venus à moi. La danse, j'ai commencé à en avoir un peu marre. Quand j'étais gamin, je n'avais pas trop de copains et les jeux vidéo, c'était un peu mon refuge, comme beaucoup de gens je pense. Je voulais vivre de ça. Je ne savais pas trop quel métier, si c'était programmeur ou autre, mais je voulais vivre de ça.
Et vers l'âge de 12-13 ans, j'ai commencé à sentir que j'avais de moins en moins envie d'allumer ma console. J'ai donc voulu acheter un genre de jeu que je n'avais jamais essayé. J'ai acheté Guitar Hero 3, avec Slash sur la pochette notamment. (Sourire) Et donc le hard rock est venu à moi par ce biais. Je me suis pris une énorme gifle en découvrant Guns N' Roses.
Sur l'ordinateur, je regardais les clips, notamment celui de Paradise City, et là, j'ai eu un flash. Je me suis dit : « Mais c'est ça que je veux faire ! » (Sourire)
Donc j'ai commencé à écouter ce genre de musique avec Guns N' Roses et je me suis fait toute la culture hard rock : Deep Purple, Led Zeppelin, AC/DC...

Valquest : Les classiques, en fait !
Barth Sky : Voilà, exactement ! C'étaient mes premiers groupes de cœur. Puis j'ai acheté une guitare très rapidement et je me suis mis à en faire dix heures par jour, en autodidacte, car j'avais trouvé ce que je voulais faire : être une rockstar ! (Sourire)

Valquest : D'accord, donc en autodidacte ? Tu n'as pas pris de cours ?
Barth Sky : En fait, j'ai grandi en Ardèche, dans un petit village, donc il n'y avait pas de prof. Il fallait faire énormément de bornes, donc c'était un peu compliqué. Mais je fais partie de la génération qui a découvert Internet. Quand j'étais ado, Internet s'est démocratisé et c'est devenu une ressource ultra pratique.

Valquest : Donc YouTube et compagnie ?
Barth Sky : Exactement ! D'ailleurs, fun fact : j'ai rencontré Laura Cox il y a quelques années. On a sympathisé et elle publiait ses premières vidéos sur YouTube. Elle apprenait les mêmes morceaux de Guns N' Roses que moi, donc c'était drôle, car j'avais l'impression d'apprendre avec elle. Et quand je l'ai rencontrée pour de vrai, ça m'a fait un truc assez fort.

Valquest : Je me souviens aussi de ses premières vidéos, notamment sa cover du solo de Nightrain des Guns.
Barth Sky : Oui, complètement ! Je m'en souviens très bien aussi. (Sourire)

Valquest : Quelles sont tes influences au niveau de la guitare et du chant ?
Barth Sky : Au niveau de la guitare, tout en haut : Slash, ça c'est sûr. Je suis un énorme fan de Stevie Ray Vaughan. Après, des guitaristes, je pourrais t'en citer des milliers ! (Rires) J'adore Michael Schenker, par exemple, mais Slash, c'est vraiment mon top guitariste pour ce qui est du hard rock et des solos.
Au niveau de la rythmique, je suis un énorme fan de Jerry Cantrell d'Alice in Chains, notamment au niveau de l'écriture des riffs, des renversements d'accords, etc. Ça m'inspire énormément.
Au niveau du chant, le premier qui m'a vraiment touché, c'est Jim Morrison, le chanteur des Doors. J'ai une voix qui est assez grave, donc ça se rejoint. Mais étant fan de Guns N' Roses au début, j'ai essayé de chanter hyper aigu, mais je n'y arrivais pas du tout ! (Rires) Et du coup, j'avais l'impression d'être une énorme merde et je me disais : « Le chant, ce n'est pas pour moi. »

Valquest : Faire comme Axl Rose en même temps, c'est compliqué !
Barth Sky : Ah bah carrément ! Même pour lui-même, c'est compliqué ! (Rires)
Donc quand j'ai découvert Jim Morrison, ça m'a montré que c'était possible de toucher les gens et d'avoir un esprit très rock'n'roll avec une voix grave, calme et posée.
Et puis sinon, Layne Staley, l'ancien chanteur d'Alice in Chains, qui m'a vraiment tout appris. Quand je chante, il y a beaucoup de gens qui reconnaissent sa manière de chanter.

Valquest : Oui, je suis d'accord, c'est assez proche ! Du coup, pour les compositions, comment ça marche ? Est-ce que c'est toi qui composes tout ? Est-ce que tu pars d'un riff ? Comment tu fonctionnes ?
Barth Sky : Oui, c'est moi qui compose tout en général. Je pars toujours d'un riff de guitare la plupart du temps. Ça peut m'arriver parfois d'être touché par l'inspiration, car en fait, j'adore les arrangements en musique. J'ai la capacité, quand j'entends un riff, d'imaginer la suite qui se dessine dans ma tête assez clairement.
Ça m'arrive donc assez souvent d'avoir tout le déroulé du morceau dans ma tête. Le morceau est prêt à 90 % en général à ce moment-là.
Parfois, je n'ai pas énormément d'idées ou alors je ne suis pas convaincu par mes idées. Il y a des moments où j'ai envie de fouiller plein de trucs. Quand tu es seul, tu as une manière bien à toi d'écrire et de voir les choses, donc tu peux avoir tendance à rester un peu trop campé sur ta façon de faire.
À ce moment-là, j'adore amener mes riffs en répète pour pouvoir les « jammer » dans tous les sens. Et à ce moment-là, tout le monde met un peu sa patte dans la création.

Valquest : Donc ça dépend des moments, mais en général, la plupart du temps, les idées viennent quand même de toi, si je comprends bien ?
Barth Sky : Oui, voilà, exactement ! Puis au niveau des textes, c'est moi qui les écris aussi. Donc toute l'histoire qui tourne autour des morceaux, je l'ai bien dans la tête.
Par exemple, le morceau Dog's Life est un des rares morceaux pour lesquels j'ai écrit le texte avant la musique. En écrivant son texte, le morceau m'est venu.

Valquest : Justement, on va parler de l'album Rockstars. On est quand même là pour ça ! J'ai particulièrement apprécié l'album, et ma collègue Thunder aussi, à qui on fait un petit coucou. On avait remarqué, elle et moi, qu'il y avait deux parties, deux facettes de l'album.
Une première partie un peu plus hard rock de manière « classique », avec "Shake Your Bones" et "Naked Like an Animal", qui sont déjà de très bonne facture, et une deuxième partie avec des riffs plus incisifs, plus sombres, plus lourds, avec des screams notamment sur "Dog's Life" ou "Purple Love".
Et ça rend l'album du coup super riche.
Qu'est-ce qui a fait cette « coupure » dans l'album, si je peux dire ça comme ça ?
Barth Sky : Déjà, c'est ce qui me définit. Je te parlais des Guns tout à l'heure et je t'ai aussi parlé d'Alice in Chains. Pour moi, il y a le soleil d'un côté et la noirceur de l'autre, et je n'arriverai jamais à me décider si je préfère l'un ou l'autre. Donc c'était un peu l'occasion de rassembler tout ce que j'aime.
Mais en même temps, j'ai toujours du mal à choisir ce que je préfère. Quand j'écris, malgré tout, je veux toujours me diriger vers du sombre plus que vers l'ensoleillé.
Écrire du hard rock, finalement, c'est plus compliqué pour moi que du grunge ou quelque chose de sombre. Et je trouve que ne pas se répéter dans le hard, c'est difficile. Si j'avais un album qui était composé uniquement de morceaux comme "Shake Your Bones", je me ferais un peu chier, même si j'adore ce morceau.
Je me considère un peu comme dépressif. J'ai traversé plein de moments, de phases assez sombres. Je suis comme ça depuis toujours. Et du coup, dans ces moments-là, j'ai besoin de ces morceaux ensoleillés.
Mettre un petit "Paradise City" qui te rappelle que le soleil se lève quand même tous les jours, que les oiseaux chantent et de mettre un peu de joie dans tout ça.
Et je suis très heureux, car les retours que j'ai eus jusqu'à présent, c'est que les gens préfèrent la deuxième partie de l'album, qui est plus sombre, plus proche de ce que je suis, plus intime, autant au niveau de l'écriture des textes que de la musique.
Donc moi, ça me donne un peu un feu vert pour la suite, car le deuxième album est déjà écrit et là, je commence l'écriture du troisième. J'ai commencé à écrire des morceaux bien sombres et je me demandais si les gens allaient bien recevoir ça, car comme tu as pu voir sur scène, on fait quelque chose de très coloré, maquillé, etc., donc très hard rock dans l'image.

Valquest : Oui, il y a presque un côté cabaret dans votre imagerie scénique !
Barth Sky : Oui, exactement ! Mais là, j'ai eu une sorte de confirmation. Les gens nous disaient qu'ils adoraient la deuxième partie et j'étais hyper surpris de ça, dans le bon sens.
Plein de personnes m'ont dit que leur chanson préférée, c'était "Natural Selection", et pourtant, c'est un morceau qui est tellement dur à digérer. C'est le morceau qui m'a pris le plus de temps à écrire : j'ai dû mettre environ six mois à le faire.

Valquest : Mais je rejoins les gens également. Je préfère largement aussi la deuxième partie, même si j'aime l'album dans sa globalité.
Donc on peut s'attendre à avoir des albums par la suite qui se rapprocheront plus de cette deuxième partie de l'album ?
Barth Sky : Oui !
Vu que le deuxième album est déjà écrit, il y a quand même pas mal de titres hard rock, mais il sera architecturé comme Rockstars, en poussant quand même un peu plus la deuxième partie.
Et pour le troisième, j'ai un rêve et je vais le faire : c'est d'écrire un album concept avec des morceaux qui se suivent, avec une thématique générale. Et je veux qu'il y ait un film qui sorte avec, donc un long métrage, et/ou un clip pour chaque morceau qui colle ensemble, avec une petite sortie dans un cinéma.
Quand tu as des thématiques sombres comme ça , tu peux tellement aller loin là-dedans ! Donc on va le faire ! (Sourire)

Valquest : Donc plein d'ambitions pour la suite, c'est top ! J'ai hâte de voir et d'entendre tout ça ! Au niveau des screams, qui s'en est chargé sur l'album ?
Barth Sky : Alors, c'est Nico, le batteur, qui s'en est occupé pour la plupart, car il le fait vraiment super bien, et aussi Julien, le bassiste.
Ça fait quelques années que moi, j'essaie de screamer, mais je ne prends pas assez de temps pour le bosser, car j'ai énormément de choses à faire. Et puis ils le font super bien, donc parfait, moi ça me va parfaitement !
Ça permet de rajouter un cachet metal, car j'ai aussi de grosses influences de metal en général, comme Pantera, par exemple, notamment Dimebag Darrell à la guitare et Phil Anselmo au chant.
Je suis aussi un énorme fan de Lamb of God, notamment de la violence des screams de Randy Blythe, qui m'ont énormément fait de bien quand j'ai découvert ça. C'était comme une sorte de défouloir qui fait vraiment du bien.

Valquest : Tu es avec Franck Carducci depuis plusieurs années maintenant, Julien est aussi avec Lifeboats en même temps. Est-ce qu'avec tous ces projets, vous arrivez à dormir la nuit un petit peu ?
Barth Sky : (Rires) Pas énormément, non ! Je m'aperçois que j'ai de plus en plus de cernes, surtout avec le mois de juin que j'ai passé !
Mais c'est cool. De toute façon, j'ai dédié ma vie à ça. Le projet Barth Sky me permet de n'avoir aucune limite créative, donc forcément, ça me coûte quelques heures de sommeil. (Rires) Mais ce n'est pas grave, car je me sens vraiment libre.

Valquest : Comment ça se passe avec Franck Carducci du coup ?
Barth Sky : Ça se passe vraiment bien. Je ne le remercierai jamais assez de tout ce qu'il m'a apporté. Ça fait maintenant plus de six ans que je joue avec lui.
Au début, j'étais super impressionné. Je ne me sentais pas du tout légitime parce que lui est dans un style de rock prog et moi, je ne connaissais pas trop ce style-là, que j'ai découvert avec lui par la suite.
Mais je n'ai pas cette culture à la base. Moi, j'aime bien compter jusqu'à quatre dans les structures de morceaux. Compter jusqu'à cinq, pour moi, ce n'est pas naturel ! (Rires)
Au début, en répète, ce n'était pas simple de partir sur le bon temps. Au point de demander à Franck s'il était sûr que j'étais le bon gars pour son projet.
Et il m'a dit : « Oui, je suis sûr à 100 %. Moi, je veux un hardos dans mon groupe, qui saute de partout sur scène et qui fasse le bordel ! » (Rires)

Valquest : Et finalement, ça marche très bien !
Barth Sky : Oui, ça marche très bien ! Et cette expérience m'a apporté tellement de contacts.
Franck, je le vois un peu comme mon mentor. Il m'a « tenu la main », m'a présenté à plein de gens et m'a fait vivre des expériences de dingue. Par exemple, on est partis en Norvège, en Guyane... Donc vraiment, c'est incroyable de tourner avec lui.

Valquest : Donc ça doit être des tournées assez intenses du coup ?
Barth Sky : C'est intense, mais d'une autre manière que toutes les autres tournées que j'ai pu faire dans ma vie.
Dans le sens où je suis le seul à boire de l'alcool dans le groupe, donc ça m'impose une discipline. Parce que tu vois, quand on finit un concert avec les Sky, généralement, même si on a une autre date le lendemain, on ne va pas se coucher directement après. (Rires)
Là, avec Franck, il faut être carré. On arrive très en avance pour les concerts, on se couche plus tôt. Mais c'était une super expérience et ça m'a permis de me prouver à moi-même que j'étais capable de faire ça, d'avoir cette discipline et que ça me plaise.
Certes, il n'y a pas de soirée après le concert, mais ce n'est pas grave du tout. Ça va te permettre de te remémorer le concert que tu viens de faire et de l'analyser, donc c'est vraiment top !

Valquest : Du coup, ce sont des tournées plus longues ?
Barth Sky : Oui, des tournées plus longues que ce que je fais d'habitude. Là, par exemple, la dernière fois, on avait quinze jours de tournée de suite, où on jouait quinze jours de suite.
Donc quand tu rentres, tu es bien fatigué quand même ! (Rires)

Valquest : Avec Barth Sky, est-ce que vous avez une tournée de prévue prochainement ? Barth Sky : Je voulais programmer une tournée pour la fin d'année en Europe de l'Est.
Avec Franck, on tourne énormément en Angleterre, car il est très connu là-bas. Donc je commence à être connu là-bas grâce à ça. Les Anglais m'appellent le « String Breaker » ! (Rires)
Il y a pas mal de fans là-bas qui ont découvert l'album, car je l'ai vendu en exclusivité là-bas avant qu'il sorte. On était là-bas avec Franck une semaine avant la sortie officielle et les fans se sont rués dessus.
J'ai eu de super retours, j'ai eu mes premières chroniques en Angleterre et ils veulent absolument que je vienne là-bas.
Mais c'est très compliqué depuis le Brexit. En gros, il faut un visa de travail et des frais à engager qui sont faramineux. Pour le moment, c'est donc un peu compliqué financièrement pour ça.
J'avais donc dit aux Sky : « On va plutôt faire l'Europe de l'Est », car on n'a jamais fait et, de toute façon, j'ai envie de pouvoir tester partout.
Par exemple, l'Espagne, comme je l'ai dit tout à l'heure, ça marche du feu de Dieu et on va y retourner chaque année, c'est sûr.
L'idée, c'est de pouvoir tester d'autres pays. On a pensé à l'Allemagne, la Belgique et, vu que je suis indépendant et que je suis mon propre producteur, manager, booker, styliste, etc., je n'ai pas énormément de temps sur cette fin d'année.
On va donc laisser cette tournée de côté pour l'instant. Je suis déjà en train de programmer la tournée en Espagne pour l'année prochaine et une tournée en Europe de l'Est, mais pour 2027.

Valquest : Est-ce qu'il y a des morceaux que tu choisirais en priorité pour faire découvrir Barth Sky aux gens ?
Barth Sky : Je dirais peut-être Monster's Walk, car tu as tous les aspects de Barth Sky à l'intérieur.
Des gros solos de guitare avec un son proche de Zakk Wylde, qui est aussi une de mes influences. Il y a le côté metal dont on parlait tout à l'heure, du hard rock, pas mal de grunge avec les harmonies vocales.
Donc voilà, le morceau a tous les aspects de Barth Sky.
Et tu vois, j'aime ce morceau car quand je compose, j'aime surprendre les gens. Le refrain de Monster's Walk, c'est la partie la plus calme. Sur le couplet, ça monte, ça monte, et d'un coup, ça devient tout doux.
Donc je trouve qu'on fait un bon tour d'horizon avec ce morceau.

Valquest : C'est quoi ton regard sur la scène Metal/Rock alternatif aujourd'hui ?
Est-ce que tu as l'impression que le public a changé depuis quelques années ? Est-ce que tu as l'impression que les mentalités ont évolué ? Est-ce que tu trouves que la manière d'écouter la musique est différente d'avant ?
Barth Sky : Je ne dirais pas que les mentalités ont changé, mais je dirais que j'ai l'impression que les gens sont de plus en plus frileux à la culture.
J'ai l'impression que c'est assez inhérent à la France, que l'on laisse beaucoup moins de place à la culture. Le pouvoir d'achat des Français est de plus en plus réduit.
Certains festivals commencent à se gaver vraiment beaucoup, notamment le Hellfest. Bien que c'est grâce à celui-ci que j'ai pu voir Slash et Ozzy, notamment, et que j'ai passé énormément de bons moments, je trouve que ça commence un petit peu trop à grignoter les places.
Mais en même temps, je comprends les gens. Le Hellfest, c'est leur concert de l'année et ensuite, ils n'ont plus de budget pour le reste de l'année. Donc je comprends entièrement les gens.
Je trouve également qu'en France, il n'y a pas beaucoup de place pour le hard rock. Je trouve que le style a du mal à revenir, même s'il y a quand même deux ou trois petits espoirs, notamment RTL2 qui fait son retour et qui commence à passer de plus en plus de rock et de hard rock.
Donc c'est cool, car ça va peut-être revenir un peu « mainstream ».
Je trouve aussi qu'il y a toujours un peu cette concurrence un peu débile entre les groupes en France, notamment dans le hard. Ça se tire pas mal dans les pattes, je trouve ça vraiment bête.

Valquest : C'est vrai que ce sont des choses dont, en tant que public, on ne se rend pas compte.
Barth Sky : Oui, c'est normal, car ça, c'est souvent en backstage.
Tu vois, par exemple, tu as un plateau de trois groupes, donc les balances s'enchaînent. Moi, j'ai vu plein de groupes qui, pendant que tu fais tes balances, se mettent devant toi dans la fosse, et on sent un jugement et une pression sur toi.
Ce n'est pas très agréable. Quand j'étais plus jeune, ça me mettait une énorme pression, en me disant limite : « Putain, je dois leur prouver que j'ai ma place ce soir ! », au point d'en faire trop en balance, alors que ce n'est pas fait pour ça quoi.
Évidemment, ce n'est pas une généralité. On a joué au Volcanic Fest, il y avait plein de copains et j'ai pu revoir et rencontrer plein d'autres groupes sans jugement ou autre.
Mais c'est vrai que cette compétition, j'ai vraiment du mal.
Pareil, parfois, ça peut manquer de solidarité. Tu vois, par exemple, quand on me demande comment j'ai fait pour la tournée en Espagne, j'explique sans souci aux autres. Si ça peut aider, pas de problème.
D'autres ne donnent pas un contact et c'est vraiment dommage. Je trouve que l'entraide entre nous, ça pourrait être sympa et ça pourrait permettre de faire de bonnes et de belles affiches.

Valquest : C'est vrai que Barth Sky avec Chey N Shiners ou avec Animalize, ça pourrait être cool !
Barth Sky : C'est en cours de discussion pour Chey N Shinners. (Sourire)

Valquest : Ah, super ça ! Et du coup, dans la manière de découvrir la musique, notamment avec les plateformes d'écoute, ça a changé ?
Barth Sky : Je dirais que ça facilite les découvertes, mais la façon dont certaines plateformes financent les artistes, je trouve ça plus que moyen.
Mais c'est vrai que l'on a accès à énormément de contenu tout de suite.
Quand j'étais gamin, il fallait aller au supermarché et aller chercher ton CD, ou sinon il fallait le commander. Ça prenait du temps, ça coûtait des sous.
Mais tu vois, typiquement, l'histoire de Metallica avec Napster, ben je n'ai jamais été contre le téléchargement.
C'est sûr, c'est triste, car tu perds de l'argent en tant qu'artiste, mais je préfère mille fois que les gens piratent mon album et l'écoutent en boucle plutôt qu'ils n'aient pas les moyens de l'acheter et qu'ils ne l'écoutent jamais.

Valquest : Oui, je suis entièrement d'accord avec toi !
Après, mon ressenti sur les plateformes, c'est qu'on a peut-être tendance à écouter quelques morceaux et vite passer à autre chose, pas forcément écouter les albums en entier. Je ne sais pas si tu as le même ressenti ?
Barth Sky : Oui. Moi, ce qui m'attriste, c'est que tu vois, personnellement, je parle toujours en album.
Quand j'étais ado et que je me suis fait ma culture rock et metal, j'ai pris les groupes essentiels du style et j'écoutais album après album.
Et quand en plus tu tombes sur des albums concepts, je pense à Pink Floyd par exemple, ben ça fait complètement sens d'écouter les albums dans leur intégralité.
Et donc, quand je parle avec des potes, je leur parle toujours en album, comme je disais tout à l'heure. Je leur dis : « Moi, j'adore cet album. »
Et parfois, ils vont me dire : « Ah, je vois pas, il y a quoi comme morceaux dedans ? »
Car souvent, ils vont écouter seulement deux ou trois morceaux de l'album. Donc je trouve ça dommage.
Rockstars, il est fait pour être écouté d'une traite, bien que ça ne soit pas un album concept. Donc c'est dommage d'écouter seulement deux ou trois morceaux.
Je vous conseille vraiment de l'écouter en entier et d'une traite ! (Sourire)
Donc, bien que je ne sois pas forcément pour l'idée de playlist sur les plateformes d'écoute et tout ça, de toute façon, les plateformes sont là et on ne pourra pas les enlever.

Valquest : Entièrement d'accord avec tout ça !
Est-ce que tu as des découvertes ou petites pépites musicales à nous recommander ? Barth Sky : Alors, je dirais VOWWS. Je les ai vus aux Arènes de Nîmes.
Je dirais que c'est du metal industriel avec un côté Nine Inch Nails, avec pas mal de mid-tempos qui sonnent d'enfer.
Donc je le conseille à ceux qui aiment le metal industriel.

Valquest : Merci beaucoup, c'était vraiment super intéressant et à très bientôt !
Barth Sky : Merci à toi, à bientôt !

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