chroniques d’albums
ORIGINALITÉ
TECHNIQUE
PRODUCTION
ÉMOTION
Chronique réalisée le 26 décembre 2025, par :
TomHunter
Le nom du groupe fut choisi avec l’idée que rien ne reste plus, sinon la froideur, une traduction approximative des termes germanophones employés. Germanophone, et pourtant les membres fondateurs du groupe sont grecs.
La Grèce reste un pays où le metal n’est pas autant soutenu par l’État qu’il peut l’être ailleurs en Europe. C’est peut-être cela qui a poussé la presque totalité des membres d’UNVERKALT à migrer vers l’Allemagne et sa capitale.
Les membres d’UNVERKALT entretiennent une relation fusionnelle depuis 2017 avec un style qui leur est propre depuis leurs débuts. Inchangés dans leur musique, mais transformés par leur expérience, ils accélèrent leur ascension avec une précision de compositions et une notoriété méritée, tant ces artistes mettent en avant un concept novateur, même si, nous le verrons, les influences sont marquantes, mais parfaitement utilisées.
C’est le guitariste et compositeur en chef Themis Ioannou qui forme le groupe en 2017 avec la chanteuse Dimitra Kalavrezou. Après de nombreuses répétitions et un line-up stabilisé avec d’autres musiciens allemands (basse, guitare, batterie), les Grecs sortent leur premier album “L’origine du monde”. Le groupe transforme déjà la scène post-metal avec leurs sons éthérés, dissonants et langoureux, tandis que leur second album “A Lump of Death : A Chaos of Dead Lovers” marque un premier tournant grâce à la maison de disques italienne Argonauta Records. Plus définis et ancrés dans leur style émotionnel et mélancolique, les musiciens signent la pierre angulaire de leur art. Toute l’essence d’UNVERKALT se trouve dans le titre “Mass Hysteria”.
Désormais expatriés à Berlin, le line-up actuel — Dimitra (chant), Themis (guitare), Christian (batterie), Eli (vocaux, guitare) et Joscha (basse) — profite d’une scène ouverte sur le monde et d’une popularité grandissante.
“Héréditaire” est un album aux multiples couleurs, qui mêle une multitude de textures différentes et suggère même plusieurs identités vocales, tant sur la voix que dans la langue utilisée.
La voix de Dimitra reste toujours présente dans les chuchotements, les échos et les résonances des refrains. Le post-black metal ainsi révélé, par des breaks puissants précédés de courts silences aux intentions les plus dévastatrices, démontre une force maîtrisée, ininterrompue.
L’intonation, tout comme la mélodie des paroles, rappellent tour à tour la douceur de Sylvaine ou, dans un autre style musical, la mélancolie de Lana Del Rey. Mais la violence revient sous les traits d’une Julie Christmas plus tempérée et mesurée. Les mots sont tranchants, les phrases entrecoupées, comme peut le faire Romane Ripnel de Black Bile.
Lancinante, susurrée, criée puis hurlée en plein visage, Dimitra offre également un torrent vocal de growls death et black, accompagné par les vocaux graves et gutturaux du second guitariste.
La rythmique peut parfois paraître assez lente et apathique, comme par exemple sur le titre “Introjects”, où les accords empruntent une couleur presque doom, tandis que l’écho résonne continuellement vers un fond obscur, tréfonds que l’on touche au bout du compte avec brutalité lorsque les éléments se déchaînent par la suite.
L’atmosphère créée touche au mysticisme, au rituel. On pourrait là aussi comparer ces ambiances à celles que procure la musique de Frayle. Cette chaleur et cette rondeur dans le son semblent prendre place peu à peu au fil des chansons.
La première offrande, “Die Auslöschung”, donne le ton et s’accorde avec les titres antérieurs que les Grecs ont pu proposer par le passé. Les arrangements sont précis, afin de nous dévoiler un maximum de prises de risque. Les riffs de guitares suivent parfois le rythme du chant, planifiant ainsi l’émotion ascendante.
La suite proposera un doux mélange de fragilité et de sensibilité ; certains y verront peut-être même du Björk, dont l’influence fut révélée par la chanteuse.
UNVERKALT révèle son pouvoir cinématique grâce à sa musique. Le clip de la chanson précitée distille un aspect des plus sombres et reflète pourtant une force vive dans la mise en lumière des éléments. Quelque chose s’empare des musiciens et les tourmente régulièrement, comme s’ils suffoquaient.
Le titre “Ænæ Lithi” fait référence à l’incendie de Smyrne, que les Grecs appellent la catastrophe de Smyrne (1922). Le mélange des langues sur ce passage de l’album est particulièrement saisissant et conforte la formation dans son identité. Le choix du grec reste intime et lié aux thématiques, choix qui est d’ailleurs partagé et encouragé par un certain Sakis Tolis sur “I, The Deceit”.
La puissance d’UNVERKALT se traduit dans l’immédiateté, la détonation, le chaos. Ces éléments sont traités de la plus romantique des manières et puisent une énergie véritable.
“Héréditaire” se veut plus brutal que ses prédécesseurs. Et quelque chose me dit que cette mouvance ondoyante pourrait vite frôler les têtes d’affiche…
Prévu pour le 27 février 2026, le nouvel album est d’ores et déjà en précommande chez Season Of Mist.
Line-up :
Dimitra Kalavrezou : voix
Themis Ioannou : guitare, synthé
Eli Mavrychev : guitare, vocaux
Joscha Hoyer : basse
Christian Eggers : batterie
Tracklist :
Die Auslöschung
Oath Ov Prometheus
Ænæ Lithi
A Lullaby for the Descent
Penumbrian Lament
Introjects
I, the Deceit (feat. Sakis Tolis)
Death Is Forever
Maladie de l'Esprit
La Grèce reste un pays où le metal n’est pas autant soutenu par l’État qu’il peut l’être ailleurs en Europe. C’est peut-être cela qui a poussé la presque totalité des membres d’UNVERKALT à migrer vers l’Allemagne et sa capitale.
Les membres d’UNVERKALT entretiennent une relation fusionnelle depuis 2017 avec un style qui leur est propre depuis leurs débuts. Inchangés dans leur musique, mais transformés par leur expérience, ils accélèrent leur ascension avec une précision de compositions et une notoriété méritée, tant ces artistes mettent en avant un concept novateur, même si, nous le verrons, les influences sont marquantes, mais parfaitement utilisées.
C’est le guitariste et compositeur en chef Themis Ioannou qui forme le groupe en 2017 avec la chanteuse Dimitra Kalavrezou. Après de nombreuses répétitions et un line-up stabilisé avec d’autres musiciens allemands (basse, guitare, batterie), les Grecs sortent leur premier album “L’origine du monde”. Le groupe transforme déjà la scène post-metal avec leurs sons éthérés, dissonants et langoureux, tandis que leur second album “A Lump of Death : A Chaos of Dead Lovers” marque un premier tournant grâce à la maison de disques italienne Argonauta Records. Plus définis et ancrés dans leur style émotionnel et mélancolique, les musiciens signent la pierre angulaire de leur art. Toute l’essence d’UNVERKALT se trouve dans le titre “Mass Hysteria”.
Désormais expatriés à Berlin, le line-up actuel — Dimitra (chant), Themis (guitare), Christian (batterie), Eli (vocaux, guitare) et Joscha (basse) — profite d’une scène ouverte sur le monde et d’une popularité grandissante.
“Héréditaire” est un album aux multiples couleurs, qui mêle une multitude de textures différentes et suggère même plusieurs identités vocales, tant sur la voix que dans la langue utilisée.
La voix de Dimitra reste toujours présente dans les chuchotements, les échos et les résonances des refrains. Le post-black metal ainsi révélé, par des breaks puissants précédés de courts silences aux intentions les plus dévastatrices, démontre une force maîtrisée, ininterrompue.
L’intonation, tout comme la mélodie des paroles, rappellent tour à tour la douceur de Sylvaine ou, dans un autre style musical, la mélancolie de Lana Del Rey. Mais la violence revient sous les traits d’une Julie Christmas plus tempérée et mesurée. Les mots sont tranchants, les phrases entrecoupées, comme peut le faire Romane Ripnel de Black Bile.
Lancinante, susurrée, criée puis hurlée en plein visage, Dimitra offre également un torrent vocal de growls death et black, accompagné par les vocaux graves et gutturaux du second guitariste.
La rythmique peut parfois paraître assez lente et apathique, comme par exemple sur le titre “Introjects”, où les accords empruntent une couleur presque doom, tandis que l’écho résonne continuellement vers un fond obscur, tréfonds que l’on touche au bout du compte avec brutalité lorsque les éléments se déchaînent par la suite.
L’atmosphère créée touche au mysticisme, au rituel. On pourrait là aussi comparer ces ambiances à celles que procure la musique de Frayle. Cette chaleur et cette rondeur dans le son semblent prendre place peu à peu au fil des chansons.
La première offrande, “Die Auslöschung”, donne le ton et s’accorde avec les titres antérieurs que les Grecs ont pu proposer par le passé. Les arrangements sont précis, afin de nous dévoiler un maximum de prises de risque. Les riffs de guitares suivent parfois le rythme du chant, planifiant ainsi l’émotion ascendante.
La suite proposera un doux mélange de fragilité et de sensibilité ; certains y verront peut-être même du Björk, dont l’influence fut révélée par la chanteuse.
UNVERKALT révèle son pouvoir cinématique grâce à sa musique. Le clip de la chanson précitée distille un aspect des plus sombres et reflète pourtant une force vive dans la mise en lumière des éléments. Quelque chose s’empare des musiciens et les tourmente régulièrement, comme s’ils suffoquaient.
Le titre “Ænæ Lithi” fait référence à l’incendie de Smyrne, que les Grecs appellent la catastrophe de Smyrne (1922). Le mélange des langues sur ce passage de l’album est particulièrement saisissant et conforte la formation dans son identité. Le choix du grec reste intime et lié aux thématiques, choix qui est d’ailleurs partagé et encouragé par un certain Sakis Tolis sur “I, The Deceit”.
La puissance d’UNVERKALT se traduit dans l’immédiateté, la détonation, le chaos. Ces éléments sont traités de la plus romantique des manières et puisent une énergie véritable.
“Héréditaire” se veut plus brutal que ses prédécesseurs. Et quelque chose me dit que cette mouvance ondoyante pourrait vite frôler les têtes d’affiche…
Prévu pour le 27 février 2026, le nouvel album est d’ores et déjà en précommande chez Season Of Mist.
Line-up :
Dimitra Kalavrezou : voix
Themis Ioannou : guitare, synthé
Eli Mavrychev : guitare, vocaux
Joscha Hoyer : basse
Christian Eggers : batterie
Tracklist :
Die Auslöschung
Oath Ov Prometheus
Ænæ Lithi
A Lullaby for the Descent
Penumbrian Lament
Introjects
I, the Deceit (feat. Sakis Tolis)
Death Is Forever
Maladie de l'Esprit
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