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Pavillon 666 - metal rock webzine PANDEMONIUM - Misanthropy [ 2012 ]
ORIGINALITE
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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CD Album (41.30) | Black death metal
Informations
INTERVIEW
Contact label http://pagan-records.com
Contact groupe http://pandemonium.metal.pl
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Chronique : 06 mai 2012
Chroniqueur : Dinka

PANDEMONIUM n’est pas né de la dernière pluie Polonaise. Ce groupe de Death/Black Metal a été formé en 1989, c’est-à-dire bien avant BEHEMOTH, quoiqu’il ait toujours évolué dans une certaine obscurité à l’ombre de ces géants, et passé presque inaperçu dans la féconde scène Black qui sévit en Pologne. Sous les noms PANDEMONIUM ou DOMAIN, ils ont sorti une démo culte et 6 albums, et après un parcours assez tumultueux, nous voilà donc arrivés à leur septième opus, « Misanthropy ».

Pour du "Death/Black" Polonais, il est difficile de faire plus différent de BEHEMOTH. La raison la plus évidente est que cet album utilise largement le "Doom Metal" pour créer des ambiances lourdes et sombres. Les tempos peuvent se faire lents, aussitôt suivis par des accélérations Black ou Death. Tout l’effort de PANDEMONIUM est de mélanger les genres et apporter quelque chose de différent, sans pour autant s’aventurer trop loin dans les excentricités avant-gardistes. Les musiciens ne déploient pas particulièrement leur technique, ils semblent miser plutôt sur l’originalité et l’atmosphère de leurs compositions. Paul, le chanteur-guitariste et membre fondateur, offre à l’auditeur plusieurs types de vocaux bien distincts; ses principaux atouts sont d’une part un chant Black (assez traditionnel) et de l’autre, un chant que l’on ne pourrait qualifier de clair, tant il est crasseux, assez proche de ce qu’on peut entendre dans le "Sludge Doom".

L’album commence bien avec « The Black Forest », un morceau assez efficace avec de plaisantes variations rythmiques, des façons de chanter diversifiées et un bon solo de guitare en guise de clôture. « God delusion » sonne plus expérimental et chaotique, mais possède de bons moments, notamment grâce à cette guitare mélancolique qui prend parfois le pas sur de multiples grognements superposés de façon imprévisible, gardant ainsi l’auditeur dans une tension qui ne se résoudra que vers la fin avec un riff doom simple et direct. Les morceaux suivants, comme « Necro Judas », « Avant-garde underground », ou « everlasting opposition », utilisent sensiblement la même recette de ce doom/death/black qui plombe l’ambiance pour ensuite accélérer le (mid)tempo et se montrer plus agressif, et vice-versa. La mélodie orientale à la guitare dans « Only the dead will see the end of war » nous offre une petite digression bienvenue, et le solo mélodique est réussi. Quant à « Stones are eternal », il propose un parfum différent : c’est un chant féminin qui mène la danse, secondé par les cris Black du chanteur et des instrumentations pleines de références au "doom" traditionnel ou même au "stoner". La demoiselle invitée, que l’on retrouvera sur la dernière piste « Misanthropy », c’est la grecque Androniki Skoula qui a rejoint CHAOSTAR et qu’on a pu également entendre dans le dernier SEPTIC FLESH. Cette jolie voix claire aux accents orientalisants n’est cependant pas une raison pour intégrer des mélodies efficaces et faciles ; elle pose des sortes de nappes vocales pour construire une ambiance surréelle – ambiance encore mieux rendue sur le morceau « Misanthropy » (le meilleur de l’album, selon moi), la voix parlée au ton maussade de Paul s’alliant à ces vocalises mélancoliques, pour un résultat fondamentalement beau et triste.

Cet album, « Misanthropy », est une découverte plutôt sympathique et il contient assurément de bonnes idées. Cependant, il reste dans l’ensemble un peu décevant. Le mélange des genres, formellement bien construit et intéressant, a laissé chez moi une impression d’inachevé et une certaine frustration. Au final, cet album n’est ni vraiment agressif, ni vraiment mélancolique, ni vraiment accrocheur, ni vraiment atmosphérique… Mis à part le premier et le dernier morceau qui apportent quelque chose d’intéressant, l’album ne brille malheureusement pas assez. Beaucoup de riffs sont trop simplistes pour retenir l’attention, et presque toutes les chansons commencent avec une intro aux claviers, ce qui nuit à la fluidité de l’album. Ces compositions montrent de quoi ce groupe est capable, tant au niveau vocal qu’au niveau des instrumentations et des ambiances, il est juste un peu regrettable que ces points forts soient trop dispersés pour laisser une forte impression. Cela dit, les amateurs de Doom/Death qui souhaitent entendre quelque chose d’un peu différent pourraient y trouver leur compte.



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