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AHAB
The Giant [ 2012 ]
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CD Album - Digipack - Durée : 60.59 - Style : Nautik funeral-doom
Informations :
Interview :
Contact label : http://www.napalmrecords.com/
Contact groupe : http://www.ahab-doom.de/ http://www.myspace.com/ahabdoom
 


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ORIGINALITE
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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Chronique : 22 juin 2012 - Chroniqueur : Nebelgesang
 

AHAB est l’histoire d’une lente dérive… le récit d’un naufrage spirituel au croisement des océans… l’étreinte des eaux tempétueuses sur lesquelles résonnent, depuis 2004, un doom majestueux, mélancolique et infiniment pesant…
En effet, ce quatuor bavarois vogue depuis près de dix ans en eaux troubles et s’évertue à proposer, au fil des eaux, une mixture toute particulière de « nautik funeral-doom » (sic) tantôt inspirée par le Moby Dick de Melville (« The call of the wretched sea »), tantôt par l’histoire de l’Essex (« The divinity of Oceans »), tantôt par d’autres récits ayant pour thème l’océan et ses dangers.

Qu’en est-il alors de « The Giant »… cette troisième Odyssée brumeuse et ondoyante illustrée par une étrange peinture à la graphie et à l’esthétique quasi psychédélique ? Inspiré par l’unique roman d’Edgar Allan Poe, intitulé « Les aventures d’Arthur Gordon Pym », ce nouvel album s’autorise quelques libertés de navigation, quelques innovations et tentatives stylistiques tout en conservant une patte propre, des compositions signées et reconnaissables entre mille.
Les esquisses mélodiques, bien souvent embryonnaires dans « The divinity of Oceans », ont été repensées, développées, maîtrisées afin de donner naissance à un monstre marin, orné de nouveaux attributs post-rock et progressifs… lesquels sont manifestes dès les premières minutes de « Further south », dont le thème acoustique et le chant clair nostalgiques, la batterie jazzy down-tempo et le son aérien, fluent au grès des courants. Ce qui frappe d’autre part, c’est la production claire, aérée et globalement plus aseptisée, qui ménage un espace pour chaque instrument (en particulier la basse avec son ronronnement chaud), au sein du spectre sonore. Ce parti pris diverge des précédentes sorties, au son plus puissant et à la réverb’ qui diffusait les complaintes d’un ensemble plus étouffé… plus feutré.

Mais que les thuriféraires de la première heure se rassurent… ces subtilités ne noient aucunement les oripeaux proprement doomesques, plus précisément doom-death, qui constituent le cœur même des compositions d’AHAB… ces instants de lourdeur, accompagnés de leads aux trémolos lancinants, aux rythmiques écrasantes (« Fathoms deep blue » en parangon)… telle la tempête menaçant l’esquif d’un naufrage certain au beau milieu de nulle part. Le travail vocal réalisé par Daniel Droste et l’apport de Herbrand Larsen (claviériste d’ENSLAVED) sur « Antarctica the Polymorphess » et le titre éponyme « The Giant », est également à souligner… car si les explorations vocales tendent à dominer les grognements gutturaux et caverneux, contrairement au voile vocal de « The call of the Wretched sea », les variations et contrastes, les subtilités nombreuses apportées, constituent un argument de poids en faveur de « The Giant ».

« Aeons elapse »… et ses arpèges initiaux… illustre à merveille le pouvoir hypnotique de la musique produite par AHAB. Son synthé discret en arrière fond, ses chuchotements inquiétants, ses hurlements désespérés, et son riffing oppressant, décrivent un horizon d’attente… C’est le chant du cygne de quelque psychotique paranoïde, égaré en plein brouillard. C’est le tremblement des marins… oscillant entre agressivité et apaisement… au fil des respirations, des breaks ou solos apparaissant bien souvent comme le calme précédent la tempête…
« Deliverance » et sa montée épique constitue probablement, avec le dantesque « Antarctica the Polymorphess » , le climax d’un album qui doit être apprécié comme un ensemble, comme un voyage certainement plus accessible, moins « funeral » que par le passé, mais tout aussi inspiré… avec un accent mis plus particulièrement sur la dimension « émotionnelle »…


Alors certes, « The Giant » ne constitue pas une surprise et une œuvre tonitruante comme « The call of the wretched sea » à l’époque… Certes, cette production relativement aseptisée tend à aplanir les contours de ce doom-death mélodique… à le rendre plus « commun »… mais il est évident que c’est un boulot plus que mature, plus que conséquent… dont l’ampleur mérite d’être soulignée et appréciée. C’est l’extase agonique de l’aventurier… ses dernières paroles face à son bourreau invisible… face à l’océan souverain, et à ses créatures mystérieuses… que décrivait le fictif Arthur Gordon Pym… en guise d’épilogue :

« Et alors nous nous précipitâmes dans les étreintes de la cataracte, où un gouffre s’entrouvrit, comme pour nous recevoir. Mais voilà qu’en travers de notre route se dressa une figure humaine voilée, de proportions beaucoup plus vastes que celles d’aucun habitant de la terre. Et la couleur de la peau de l’homme était la blancheur parfaite de la neige ».





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