VOIGHT KAMPFF
More human than human [ 2012 ]
  Pavillon 666 - metal rock webzine CD Album - Digipack
Durée : 43.45
Style : Thrash metal
  Infos :
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  Contact groupe : http://www.facebook.com/robotbleugroupe http://www.myspace.com/voightkampff29
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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  Chronique : 22 octobre 2012 , réalisée par Barclau
   
Êtes-vous un répliquant? Nous allons voir. Vous allez passer le test de VOIGHT KAMPFF.
Je vous situe: c'est issu de la nouvelle "les androïdes rêvent-ils de moutons électriques" écrite par l'immense Philip K.Dick. Ou encore de Blade Runner, la relecture par Ridley Scott.
La rétine de mon laser se pose sur le disque compact et je commence. C'est maintenant au disque de s'y soumettre.
Dès réception de l'objet, magnifique digipack à l'artwork soigné, j'avoue être méfiant. Sujet futuriste, thrash, premier album, album concept. Ouh lala c'est risqué et bourré de pièges. Je sens qu'ils vont vite se faire détecter.

Passé l'intro à l'atmosphère étrange, avec samples du film, déboule "Cityscape Horizon". En quelques secondes plein d'idées traversent ma tête. D'abord la surprise. Je ne m'attendais pas à ça: une grosse tuerie de thrash pure et dure. La deuxième idée c'est "ça ne va pas durer". Et bien si, tout l'album est dans cette veine thrash aux bons relents fin 80's et 90's, mais avec quelque chose en plus, une inventivité et une liberté jouissive.
Pour vous situer l'esprit, les fans de DEATH et CORONER verront ici un de leurs meilleurs représentants. Parfois ça sent bon aussi le TESTAMENT, celui des tout premiers ou tout derniers disques, hargneux, mélodique, EXODUS, mais aussi le KREATOR revendicatif de "Cause For Conflict".
Plein de références, mais aussi de personnalité, VOIGHT KAMPFF propose une véritable atmosphère, un univers, sans tomber dans le piège le plus évident, celui de la modernité à tout va. C'est d'autant plus remarquable qu'avec leur sujet, ça leur pendait au nez. Donc non, pas de bidouille électronique, pas de dubstep, mais du thrash lorgnant aux frontières du, ou de Death. Bon allez du thrash death, on tourne court pour parler du disque.
"Cityscape Horizon" qui ouvre le disque met tout de suite les choses à plat. Son excellent, riffs en veux-tu en voilà, rythmique métronomique, variations, relances, composition minutieuse. En un titre on sait à qui on a affaire. Première étape passée haut la main! On en vient à "Emotional Response" et son entrée en batterie suivie d'un riff bien speed. J'en profite pour parler de la voix et de son placement parfait, qui sait lancer le tout, faire monter la sauce. Un vrai chanteur de thrash, quoi! Et puis, que dire de ces "choeurs" rageurs, ces phrases scandées, sinon qu'elles me renvoient aux interjections à la TESTAMENT. Vers 2mn20 vient un passage avec deux guitares superposées en harmonie, le tout sur fond atmosphérique accompagné de samples. Froid, comme un futur inhumain, et vient une suite de soli aussi bons techniquement que musicalement. "Dangerous days" commence avec un riff mélodique, une partie de batterie que j'adore (j'aime beaucoup les tricotages sur ride). Le morceau sonne un peu death mélodique, comme les anciens ARK TRANQUILLITY, jusqu'au refrain un peu power metal (genre certains refrains des premiers PANTERA, par exemple "primal concrete sledge"). Vers 4mn25, riff harmonisé carrément magistral, repris ensuite dans une apothéose de guitares. C'est difficile à décrire, le mieux à dire c'est qu'on est immergé dans une détonante combinaison d'efficacité et de mélodicité. VOIGHT KAMPFF se balade dans ses morceaux, et voyage à travers les âges et ses références avec une aisance impressionnante.

Les interludes atmosphériques sont très bonnes aussi, elles amènent un certain équilibre, comme pour nous préparer à s'en prendre plein les dents. Elles témoignent aussi d'une vraie composition, et divise le disque en actes.
"In the name of God" est sûrement le morceau qui m'a le plus marqué. Forcément j'ai pensé à DEATH. L'atmosphère est oppressante, ça sent le danger, à 2mn20 environ, superbe passage avec quelques claviers qui pose une véritable couche, puis refrain imparable, qui rentre en tête à la seconde même. La fin du morceau aussi s'implantera vite dans votre mémoire. D'ailleurs c'est peut-être une des preuves de leur maturité, car le groupe soigne aussi bien les débuts que les fins de ses morceaux, rien n'est bâclé, tout est réfléchi.
Avec "Tannhäuser gate" on a un aperçu de la voix en chant clair, pour un titre encore une fois impeccable, à l'instar du disque entier. "Fatalist" continue la lancée en intensité, en véritable brûlot. "World War Terminus" termine le disque en apothéose, et résume tout ce qui vient de se passer, avec le titre le plus long, plus de 7mn de thrash aussi enraciné qu'inventif. Un équilibre qui me pousse toujours à l'admiration. Les parties instrumentales sont magnifiques, avec une pointe néo classique vers la fin, tout en puissance. On finit dans un esprit très "human" de DEATH (le titre de l'album sonne comme un clin d'œil) sur des paroles qu'il vous faudra lire dans leur intégralité pour saisir toute la richesse de l'album.
Techniquement, on est au niveau de l'irréprochable, la maîtrise est parfaite, servant toujours le propos du disque. J'ai souvent du mal avec les solo, mais ici il se passe quelque chose de particulier, dans leur mélodicité qui ravivera à nos mémoires le grand Chuck Schuldiner. Avec un son assez déshumanisé, ils apportent une véritable contribution mélodique, portent les morceaux dans d'autres contrées, sont nécessaires et dépourvus des bassesses de la démonstration, tout en faisant frémir par leur maîtrise. Tout est dans le dosage, et VOIGHT KAMPFF semble avoir tout compris à cette règle, comme s'il se situait à la frontière parfaite de son sujet, observateur attentif, entre les deux visages de sa pochette. La production excellente sert particulièrement l'album. Et le mastering par Mathieu de GOROD est un travail à la hauteur des morceaux qu'il met en valeur.
Il faut dire que chaque membre a une grande expérience de la scène et de la composition, mais elle ne serait rien s'ils n'avaient pas de personnalité, car oui, en un seul album, le groupe se rend indispensable en prenant une place particulière dans le paysage hexagonal, mais aussi vis-à-vis de la scène thrash, en général. Répliquant? Et bien, non: authentique! Test passé avec succès!

Je tiens aussi à préciser qu'il s'agit d'une auto-production. Le digipack est disponible à un prix que je qualifierai d'éthique, vu l'objet et surtout son contenu. Et puis avec un peu de chance, il encouragera certains à lire le livre!







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