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MENTAL TORMENT
On the verge [ 2013 ]
Pavillon 666 - metal rock webzine
CD Album - Durée : 52.13 - Style : Funeral doom
Informations :
Interview :
Contact label : http://solitude-prod.com/blog/
Contact groupe : http://mentaltorment.bandcamp.com/album/on-the-verge
 


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ORIGINALITE
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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Chronique : 05 septembre 2013 - Chroniqueur : Barclau
 

Pourquoi j'ai adoré Mental Torment? Je n'attends qu'une chose de ce genre: qu'il ternisse ma journée. Et bien ce disque m'a mis le moral à plat (comme le dernier Paradise Lost ou encore The Dreadful Hours de My Dying Bride).

La chute commence par "The path to shining", une splendide introduction calme aux horizons larges et brumeux. Le disque s'annonce bien! "Maelstrom" est imbriqué avec le premier morceau, et rapidement (enfin façon de parler hein, c'est du doom) on est plongé dans une ambiance désespérée. Les tourments prennent le temps de s'instaurer, les riffs simples et parfaitement cadrés laissant de larges divagations jusqu'à l'entrée dans les territoires métalliques à la première minute. Chant guttural de fond de caverne, le morceau part dans des territoires doom très 90's. Lent, mélodique, somptueux, avec un sens épique qui m'a rappelé certains magnifiques moments de "The Fourth Dimension" d'HYPOCRISY, notamment le bien nommé "Apocalypse". "My torment" confirme la lente décrépitude qui commence à s'emparer de nous avec quelques dissonances bien senties. Soyons clairs, l'originalité n'est pas au rendez-vous, et d'ailleurs tant mieux. Le groupe développe sa façon de ressentir et de nous faire ressentir une mélancolie profonde. La lenteur y est poussée jusque dans une graduation du temps agonisante comme un désert infini de cendres, restes du monde. Je dérive tranquillement et ressent cette ambiance prenante comme ça m'était autrefois arrivé avec mes premières écoutes de "Turn Loose The Swans" de MY DYING BRIDE. Chaque morceau est lié, ce qui permet de ne pas avoir de discontinuité dans l'atmosphère générale du disque. On pourra aussi penser à l'excellent "The divinity of oceans" d'Ahab pour cette faculté à tenir le propos sur un fil temporel aussi étiré.

Peut être aussi que la comparaison m'a été soufflée par l'artwork marin évoquant la perte dans une tempête, mais dont la thématique n'a pas de résonance dans la musique. "Unspoken word" est aussi un morceau majestueux, aux thèmes quasi épiques.
En fait la qualité du disque dans son ensemble est principalement question de point de vue, car elle pourrait aussi être son défaut. Il faut le dire, le funeral doom est souvent question de ressenti, il faut le vouloir. Vouloir se mettre dans un état d'esprit particulier. Aussi il y a dans cette homogénéité une certaine lassitude mais qui à mon goût est exactement ce qu'il faut. Parallèle impromptu, mais cette lassitude adéquate me rappelle le jeu ps2 "Shadow of the colossus", sorte de quête étirée sans réel soubresaut hormis les combats titanesques. On y errait souvent sans but dans des paysages magnifiquement désolés, et cette quasi absence d'action en avait fait la principale qualité et sa grande distinction. Voilà l'image que je me fais de Mental Torment, et c'est précisément ce que j'y cherche, mais aussi ce qui pourra en gêner d'autres. Le froid de l'Ukraine doit aider, pour preuve ce splendide "Cold Rusted Flame" qui prouve que faire du funeral doom ce n'est pas seulement jouer (très) lentement, c'est surtout vous filer un cafard de pluie de novembre, comme une bruine constante. Et ce passage en son clair après quelques notes éparses de piano vers 2mn20 ne viendra que rajouter au tableau. Ainsi que le passage énigmatique peu avant la cinquième minute qui amène à un de mes moments préférés du disque où la mélancolie devient majestueuse. Les harmonisations parcimonieuses qui surplombent cette voix quasi animale me foutent des frissons, tout comme ce solo simple et mélodieux.

Je résiste à la tentation de vous décrire chaque titre (mais quand même mention spéciale à "I see this end" comme apothéose de la chute), car ce disque m'a accroché à ce point par les émotions qu'il a provoquées en moi, en faisant résonner certaines références d'un passé que j'idéalise (nostalgique hein). Mais à travers "On the verge", le groupe a aussi eu le bon goût de développer, dans les limites cafardeuses mais pourtant très fortes du genre, une personnalité propre, un son et une approche mêlant références et nouveaux désespoirs.
Je suivrais donc les pas cafardeux de ce groupe à l'horizon grisâtre. Merci à eux, que c'est bon parfois de se sentir mal.




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