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OVO
Abisso [ 2013 ]
Pavillon 666 - metal rock webzine
CD Album - Durée : 51.39 - Style : Noise
Informations :
Interview :
Contact label : http://www.supernaturalcat.com/
Contact groupe : http://ovolive.blogspot.it/ http://www.reverbnation.com/ovomusic/songs
 


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ORIGINALITE
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TECHNIQUE
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PRODUCTION
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EMOTION
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Chronique : 19 octobre 2013 - Chroniqueur : Barclau
 

La vie offre des fois d'étonnantes coïncidences comme celle qui m'amène à ce disque. Aussi éloigné qu'une suite de liens hypertextes, le cheminement de cette coïncidence commença de la sorte: j'allais voir BOB CORN (folk) à Sarreguemines dans un lieu que je chéris particulièrement, pour ses spécialités mais surtout pour les passionnés qui y travaillent: le Terminus Brasserie.
En premier, un groupe envoie en trio un folk/rock western digne de Morricone qui me transporte en plein tournage dans la Sierra Nevada. Je ne peux pas m'empêcher d'aller voir l'imposant guitariste pour lui parler de sa guitare, car j'ai la même (pour l'histoire une DeArmond). Le groupe, RONIN, joue fort, c'est carré, musclé. J'apprend alors que les italiens sont aussi férus de metal. Oui ça commence là. Je prends bien sûr leurs contacts et puis le temps passe.
Je vois donc dans notre belle liste de disques à chroniquer un objet étrange dont le nom m'évoque un lointain souvenir: OvO. Jusque là rien de concret, je vais écouter, réserve le disque, le reçoit et vois les noms. Bingo, je retrouve là Bruno Dorella (le guitariste de Ronin), dans un projet qui n'a rien à voir!

OvO est un duo à part, batterie pour Bruno (changement de casquette) et guitare/voix pour Stefania Pedretti. Un peu comme Jucifer dans la forme. Et dans le fond? Et bien c'est cinglé aussi, mais plutôt comme une visite qui aurait mal tourné dans un hôpital psychiatrique. Une sorte de bad trip, descente dans les abysses en effet, celles du psyché humain. La voix de Stefania est juste hallucinante (hallucinée?), modulant des sons quasi inhumains, sortes de borborygmes, parfois des cris dignes des animaux les plus sauvages. Dès l'entrée du disque nous sommes happés dans un univers instable avec "Harmonia Microcosmica". Inquiétant mais étrangement entêtant. "Tokolochi" accélère le rythme pour offrir une sorte de transe vocale et tribale pour le rythme, comme un culte de dégénérés perpétué avec "I cannibali". Ce dernier envoie un rythme puissant qui file droit accompagné des samples électroniques. Le tout est massif, brut, la voix extrême. "A Dream within a dream" nous fait croire que le répit arrive, mais la mélodie nous dit que non.
On approche d'une sorte de doom, tel qu'on doit le pratiquer à la Salpêtrière. Le chant prend aux tripes, c'est dingue comme le duo réussi à accrocher avec une musique qui aurait pu être des plus austères. En fait c'est tellement habité que ça prend à la gorge sans relâcher tel un chien enragé. "Abisso" ressemble à une longue descente de brancardistes au sous-sol d'un établissement malsain, chanteuse attachée pour recevoir un électrochoc. "Ab uno" nous fait encore le coup du faux répit alors que la voix semble retrouver une sorte de raison, mais ça détonne tellement du reste (sorte de rouleau sludge électronisé) que l'effet n'en est que plus inquiétant. Retrouver la raison dans un tel univers est probablement le signe que toute raison est définitivement perdue.
Alors voilà ce disque m'a fait halluciner, c'est quasi une expérience à part entière, aussi physique que psychologique. Et abouti, car il ne s'agît pas juste d'une digression de dingues, mais bien d'une tentative de maîtrise de l'énergie de la folie. Parfois on la laisse totalement s'exprimer, parfois elle monte doucement pour s'emparer de vous ("Fly little demon").
Mine de rien, OvO visite pas mal de styles, le tout avec un angle de maladie mentale. Un album autant éprouvant que réjouissant qui déstabilisera un bon nombre d'auditeurs, mais dont je ne peux pas dire qu'il soit pour un public averti.
Pour deux raisons: d'abord il est bourré de créativité, passant par une oppression certaine et une esthétique digne d'une b.o des plus abouties, renonçant à toute espèce de classification (difficile de nommer le genre...). Ensuite parce qu'il témoigne d'une liberté qui fait du bien à entendre, loin de tous ces groupes qui finissent par se cloner, mais aussi parce que cette liberté passe par une expression cathartique de la folie, sonnant comme un cri de rage incontrôlé mors en bouche. En fait comme un témoin de notre époque, donc à mon avis, plus qu'un disque "Abisso" est une œuvre chargée de sens.

N'oubliez pas la piste cachée, qui vous fera passer une possédée pour une personne à inviter.




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