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MÜTIILATION - Pandemonium of Egregores | Chronique Album | Pavillon 666

MÜTIILATION

Pandemonium of Egregores
Black Metal
CD Album - 2026
Durée : 32.05
NOTE GENERALE
NOTE GENERALE
ORIGINALITÉ
ORIGINALITÉ
TECHNIQUE
TECHNIQUE
PRODUCTION
PRODUCTION
ÉMOTION
ÉMOTION
Chronique réalisée le 14 février 2026, par : Frozen

Toujours actif, MÜTIILATION poursuit son retour avec Pandemonium of Egregores, un album qui surprend autant par sa rapidité d’exécution que par son contenu. À peine deux ans après Black Metal Cult, Meyhna’ch livre un nouveau disque qui s’inscrit clairement dans la continuité de cette renaissance tardive, tout en corrigeant certains de ses excès. Héritier direct des heures les plus sombres des Légions Noires, MÜTIILATION reste une entité profondément clivante, plus respectée pour son aura que pour la constance de son œuvre. Pourtant, ce nouvel opus parvient à dépasser le simple statut de relique pour proposer un black metal plus construit et, surtout, plus impliqué.

Dès les premières minutes de « Shadows over the Valley », le disque impose un climat brut mais mieux maîtrisé que par le passé. La production conserve une rugosité souterraine, sans tomber dans l’étouffement systématique. Les guitares gagnent en lisibilité tout en restant râpeuses, et la présence d’une batterie réellement incarnée apporte une dynamique plus vivante à l’ensemble. Le son reste primitif, fermement ancré dans une tradition old school assumée, mais l’exécution gagne en relief et en cohérence, donnant aux morceaux une respiration qui faisait parfois défaut auparavant (« Hashischin Cage »). L’écriture repose sur des compositions longues, structurées autour de motifs simples mais efficaces. Les riffs alternent entre accélérations abrasives et passages plus étirés, presque contemplatifs, sans jamais rompre totalement la tension. Certaines séquences dégagent une vraie profondeur atmosphérique, portée par des lignes mélodiques discrètes mais persistantes (« Fifty Winters »). Cette approche donne au disque une densité réelle, même si tous les développements n’atteignent pas le même niveau d’inspiration.

Le chant demeure l’élément le plus clivant. Toujours aussi maladif et instable, il divise forcément. Par moments, il renforce l’identité malsaine du projet ; à d’autres, il semble déséquilibrer des compositions pourtant solides, peinant à épouser pleinement les structures mises en place. Ça contribue autant à l’étrangeté de l’album qu’à ses limites, donnant parfois l’impression d’idées laissées volontairement inachevées (« Pandemonium of Egregores »).
Ainsi, le morceau-titre illustre parfaitement cette dualité. Capable de générer des passages tendus et efficaces, il s’étire néanmoins autour de segments moins convaincants, que le groupe ne cherche jamais à épurer. Ce refus de trancher fait partie intégrante de l’esthétique de MÜTIILATION : une musique qui accepte ses aspérités, quitte à sacrifier l’impact global. À l’inverse, certains titres comme « Shadows over the Valley » ou « Fifty Winters » parviennent à condenser cette approche avec plus de justesse, en trouvant un équilibre plus naturel entre agressivité, répétition et atmosphère.

Malgré ses inégalités, Pandemonium of Egregores marque une progression nette par rapport à Black Metal Cult. On y sent une volonté réelle de structurer le propos, de donner plus de poids aux riffs et d’ancrer la musique dans une logique moins erratique. Sans atteindre le niveau des œuvres fondatrices du groupe, l’album parvient à raviver une forme d’intérêt au-delà du simple culte.

En fin de compte, Pandemonium of Egregores ne réhabilite pas totalement MÜTIILATION, mais confirme un mouvement ascendant. Fidèle à une vision archaïque et corrosive du black metal, le groupe continue d’avancer sans compromis, au risque de diviser. Un disque imparfait mais habité, qui rappellera à certains pourquoi ce nom continue, malgré tout, de hanter durablement l’histoire du black metal français.





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