chroniques d’albums
NOTE GENERALE

ORIGINALITÉ

TECHNIQUE

PRODUCTION

ÉMOTION

Chronique réalisée le 1 février 2026, par :
Frozen
Fidèle à sa démarche conceptuelle déjà amorcée sur son premier disque, le groupe milanais MASCHARAT développe avec Ars Aurea Mortis une œuvre pensée comme un continuum, articulée autour des principes de l’alchimie occidentale et de la métamorphose de la matière. Avec la ferme volonté de mettre en avant un black metal qui s’affirme plutôt qu’une simple expression de violence ou de nihilisme, les musiciens construisent sur cet album un cadre ésotérique bien pensé, qui impose une écoute attentive de chaque morceau.
Dès le titre d’introduction, Ars Aurea Mortis installe une atmosphère solennelle avec des nappes de piano et des arrangements discrets qui prennent la forme d’une invitation à pénétrer un espace clos, ritualisé, avant que « Re Mida » ne vienne durcir le propos et imposer pleinement son black metal. Mais loin de partir dans un maelström violent, MASCHARAT structure ses compositions sans précipitation, avec des riffs qui s’étirent, des tempos qui se mettent en place avec méthode et une tension qui s’installe petit à petit, mais durablement. Rien n’est brusqué, tout semble guidé par une logique interne qui privilégie la montée progressive à l’impact immédiat, à l’image du passage acoustique de « Re Mida ».
En effet, l’écriture repose sur un équilibre constant entre intensité et retenue. Les compositions alternent phases rapides, passages plus lents et moments de suspension, et créent ainsi un mouvement circulaire qui évite toute monotonie (« Negredo », « Lapis »). Le groupe joue souvent sur des tremolos austères pour mettre en place des motifs répétitifs et hypnotiques, bien ficelés. La voix du chanteur/guitariste Hellequin, rugueuse et profonde, s’intègre au tissu sonore d’Ars Aurea Mortis comme une incantation continue, renforçant l’impression d’un rituel plutôt que celle d’un simple enchaînement de morceaux.
Ainsi, les titres centraux (« Nigredo », « Albedo », « Citrinitas » et « Rubedo »), qui correspondent aux grandes étapes du concept de la transmutation alchimique, constituent l’ossature de cet album. Chacune des compositions développe une identité propre tout en restant étroitement liée aux autres, à tel point qu’Ars Aurea Mortis se vit presque comme une fresque. Qui plus est, les interventions acoustiques ou les respirations plus mélodiques apparaissent avec parcimonie, mais sont toujours réabsorbées dans le flux global du black metal de MASCHARAT. C’est cette volonté de jouer avec les dynamiques qui renforce paradoxalement la cohérence de l’ensemble.
Malgré des compositions souvent longues, l’album conserve une densité remarquable. Les structures à tiroirs restent lisibles, les idées se transforment sans s’étirer inutilement, et l’atmosphère demeure constante sans devenir étouffante. Il faut dire que la production claire laisse respirer chaque instrument tout en conservant une patine sombre et épaisse, parfaitement en accord avec le propos.
En définitive, Ars Aurea Mortis s’impose comme une œuvre exigeante et cohérente, qui privilégie la vision d’ensemble à l’effet immédiat. MASCHARAT y affirme sa conception du black metal comme un art du passage et de la transformation, où l’intention prime sur la surenchère. C’est un album qui ne se livre pas d’un seul coup, mais qui récompense l’écoute attentive par une immersion profonde et durable.
Fidèle à sa démarche conceptuelle déjà amorcée sur son premier disque, le groupe milanais MASCHARAT développe avec Ars Aurea Mortis une œuvre pensée comme un continuum, articulée autour des principes de l’alchimie occidentale et de la métamorphose de la matière. Avec la ferme volonté de mettre en avant un black metal qui s’affirme plutôt qu’une simple expression de violence ou de nihilisme, les musiciens construisent sur cet album un cadre ésotérique bien pensé, qui impose une écoute attentive de chaque morceau.
Dès le titre d’introduction, Ars Aurea Mortis installe une atmosphère solennelle avec des nappes de piano et des arrangements discrets qui prennent la forme d’une invitation à pénétrer un espace clos, ritualisé, avant que « Re Mida » ne vienne durcir le propos et imposer pleinement son black metal. Mais loin de partir dans un maelström violent, MASCHARAT structure ses compositions sans précipitation, avec des riffs qui s’étirent, des tempos qui se mettent en place avec méthode et une tension qui s’installe petit à petit, mais durablement. Rien n’est brusqué, tout semble guidé par une logique interne qui privilégie la montée progressive à l’impact immédiat, à l’image du passage acoustique de « Re Mida ».
En effet, l’écriture repose sur un équilibre constant entre intensité et retenue. Les compositions alternent phases rapides, passages plus lents et moments de suspension, et créent ainsi un mouvement circulaire qui évite toute monotonie (« Negredo », « Lapis »). Le groupe joue souvent sur des tremolos austères pour mettre en place des motifs répétitifs et hypnotiques, bien ficelés. La voix du chanteur/guitariste Hellequin, rugueuse et profonde, s’intègre au tissu sonore d’Ars Aurea Mortis comme une incantation continue, renforçant l’impression d’un rituel plutôt que celle d’un simple enchaînement de morceaux.
Ainsi, les titres centraux (« Nigredo », « Albedo », « Citrinitas » et « Rubedo »), qui correspondent aux grandes étapes du concept de la transmutation alchimique, constituent l’ossature de cet album. Chacune des compositions développe une identité propre tout en restant étroitement liée aux autres, à tel point qu’Ars Aurea Mortis se vit presque comme une fresque. Qui plus est, les interventions acoustiques ou les respirations plus mélodiques apparaissent avec parcimonie, mais sont toujours réabsorbées dans le flux global du black metal de MASCHARAT. C’est cette volonté de jouer avec les dynamiques qui renforce paradoxalement la cohérence de l’ensemble.
Malgré des compositions souvent longues, l’album conserve une densité remarquable. Les structures à tiroirs restent lisibles, les idées se transforment sans s’étirer inutilement, et l’atmosphère demeure constante sans devenir étouffante. Il faut dire que la production claire laisse respirer chaque instrument tout en conservant une patine sombre et épaisse, parfaitement en accord avec le propos.
En définitive, Ars Aurea Mortis s’impose comme une œuvre exigeante et cohérente, qui privilégie la vision d’ensemble à l’effet immédiat. MASCHARAT y affirme sa conception du black metal comme un art du passage et de la transformation, où l’intention prime sur la surenchère. C’est un album qui ne se livre pas d’un seul coup, mais qui récompense l’écoute attentive par une immersion profonde et durable.
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