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chroniques de concerts

HEIDENFEST - 31-01-2026 | Pavillon 666

HEIDENFEST

Avec : KORPIKLAANI, FINNTROLL, HEIDEVOLK, TROLLFEST, THE DREAD CREW OF ODDWOOD

Date du concert : 31-01-2026

Lieu : Le Transbordeur - Lyon [69]

Affluence : 1000

Chronique réalisée le 03-02-2026par : Chart. Photographe : Chart




Rendez-vous ce samedi au Transbordeur de Lyon pour une fin de journée placée sous le signe du pagan, avec une très belle affiche composée de pas moins de cinq groupes. SOUNDS LIKE HELL a vu juste en proposant cette série de formations dans cette salle, même si l’on aurait pu espérer un public un peu plus conséquent.

On n’y aurait pas forcément pensé, mais c’est de San Diego que nous vient THE DREAD CREW OF ODDWOOD. La formation acoustique ouvre cette soirée avec une touche pirate qui a tout à fait sa place ici. Heiden signifie « païen » en allemand, un terme qui n’est pas sans rappeler un autre mot bien connu : pagan, et donc PAGANFEST. Quoi de plus païen, finalement, qu’une bande de pirates venue de la côte ouest des États-Unis ?

Mais THE DREAD CREW OF ODDWOOD, c’est avant tout une bande de musiciens qui a parfaitement sa place sur cette affiche, avec son folk metal acoustique. La soirée est lancée façon taverne mal fréquentée et, comme certains l’ont fait remarquer : « ça donne envie de boire de la bière ! ».
Et ce n’est certainement pas TROLLFEST qui va calmer cette soif. Le groupe est encore en train de défendre son album sorti en 2022, « Flamingo Overlord ». Il est donc tout à fait normal de les voir déguisés en… flamants roses, au son de « Dance Like a Pink Flamingo ». Je ne sais pas ce qu’il leur a pris, mais waouh, quelle pêche ! On connaît le groupe pour son esprit ultra festif et déjanté, mais aussi pour son savoir-faire. Ils réussissent le pari d’allumer ce début de soirée et, surtout, de chauffer la salle comme il se doit.

Changement de registre ensuite, avec un retour à quelque chose de plus sérieux grâce aux Hollandais de HEIDEVOLK. Si les deux premiers groupes étaient clairement orientés vers le festif, HEIDEVOLK va chercher son inspiration du côté de la mythologie et y injecte une gravité plus marquée. Les deux chanteurs apportent une vraie majesté à l’ensemble en jouant sur les harmonies. Attention toutefois, cela ne signifie pas que le groupe tombe dans le pompeux. HEIDEVOLK livre une prestation intense et convaincante, flirtant par moments avec un metal plus extrême. Le set fonctionne et l’adhésion est totale.

Quand on parle de pagan metal, difficile de ne pas penser à FINNTROLL comme valeur sûre du genre. Certes, le groupe n’a rien sorti de nouveau depuis un moment, mais ses albums passés ont largement forgé sa réputation. Ce soir, un changement notable est à signaler : Vreth, le chanteur, a dû laisser sa place pour cause de maladie. C’est le Norvégien Kistelach de VANVIDD qui assure le remplacement.

Un changement de cette ampleur est toujours quitte ou double. Et bien, croyez-moi, ce petit coup du sort apporte à FINNTROLL un sang neuf bienvenu et ne lui fait absolument pas de mal. Forcé de faire ses preuves devant des fans de longue date, Kistelach joue gros. Le résultat est là : FINNTROLL se montre plus dynamique qu’à l’accoutumée, avec un show intense et surprenant, tout en conservant ses gimmicks habituels. Une très bonne surprise.

Nous terminons donc cette belle fin de journée avec une tête d’affiche bien connue des salles lyonnaises : KORPIKLAANI. Avec plus de 22 ans de carrière, le groupe n’a plus grand-chose à prouver et poursuit tranquillement sa route. C’est exactement ce que confirme leur dernier album, « Rankarumpu », sorti en 2024. KORPIKLAANI combine toujours aussi efficacement l’esprit folk, le metal et une énergie communicative. Ce soir encore, le set est bien senti, à la fois explosif et contrasté, une manière idéale de conclure cette soirée placée sous le signe du pagan, du folk et du metal.

Cette soirée n’aura pas révolutionné le monde du metal, et quelque part, tant mieux. Certaines « révolutions » musicales actuelles ont parfois tendance à rendre cet univers moins attrayant, un sujet que je développerai dans d’autres chroniques. Ici, pas de révolution, mais une affiche solide, des groupes que l’on retrouve avec plaisir et qui, par leur dynamisme et leur bonne humeur, nous auront fait passer un excellent moment dans cette salle mythique du Transbordeur.

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