CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


AVENGED SEVENFOLD - STRASBOURG
Avec : AVENGED SEVENFOLD, FALL OF DEATH
Date du concert : 09-06-2011
Lieu : Le Zénith de Strasbourg - [ 67 ]
Affluence : 2000
Contact organisateur : http://www2.gdp.fr/index2.php
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 15 juin 2011 - Chroniqueur : Blackened - Photographe : BLACKENED


D’ordinaire, le flambant neuf Zénith de Strasbourg, magnifique salle d’une capacité de 10 000 spectateurs en périphérie de la capitale européenne, accueille des groupes mythiques capables de rameuter une foule conséquente. On a ainsi pu voir en ces murs Scorpions, ZZ Top, ou encore Deep Purple pour ne citer que ces légendes du Hard Rock. Quand j’apprends que les Californiens d’AVENGED SEVENFOLD sont programmés dans cette même salle, je suis à moitié surpris. D’habitude, les groupes de metal d’une envergure disons moindre que les mastodontes cités précédemment se contentent de la Laiterie, seconde salle strasbourgeoise, beaucoup plus modeste en terme de capacité, qui accueille année après année une programmation tout à fait alléchante en matière de distorsions grasses et double grosse caisses. Avenged Sevenfold, après des débuts prometteurs mais modestes, est depuis quelques années devenu une grosse machine, briguant les premières places des charts américains grâce à des albums de grande qualité, surtout les trois derniers, « City Of Evil » (2005), bijou de heavy mélodique qui marque une rupture avec le metalcore des débuts, l’éponyme « Avenged Sevenfold » (2007) qui poursuit dans cette lignée, la pêche en moins, et surtout « Nightmare » (2010), le dernier né salué de manière unanime par la critique et le public, sur lequel apparaît rien de moins que Mike Portnoy derrière les fûts suite au décès prématuré du batteur originel du combo fin 2009, Jimmy « The Rev » Sullivan. Signe du temps qui ne trompe pas, leur myspace affiche plus de 50 millions de vues ( ! ), alors que celui de leurs héros britanniques d’Iron Maiden dépasse légèrement la barre des 9 millions. Les Etats-Unis dans la poche, l’Europe est un nouveau marché à conquérir pour le groupe, qui commence à disposer d’une solide fan-base un peu partout sur le vieux continent (nous en auront un bel exemple ce soir). Après avoir ouvert pour Iron Maiden à Bercy il y a trois ans, c’est désormais en tête d’affiche que les gaillards reviennent en France. C’est donc en ne sachant pas trop à quoi m’attendre (tant au niveau du public que du show) que je pénètre dans l’enceinte en cette belle fin de journée. Après un rapide coup d’œil aux stands où s’affichent fièrement les T-Shirts à l’effigie du combo de tête d’affiche (vendus de 30 à 35 euros tout de même ! On ne rigole pas chez les Sevenfold…), il est l’heure de pénétrer dans la salle, qui est fermée aux trois quarts pour ce concert. La grande fosse est déjà correctement fournie, de même que les gradins, amputés de quelques milliers de places sur les côtés et en hauteur. L’imposant décor mis en place sur scène justifie à lui seul le choix de la salle. Une bâche immense aux couleurs du dernier album en date du groupe arpente le fond de scène, alors que trois grilles géantes, entrecoupées de colonnes de pierre, arborent les « initiales » d’Avenged Sevenfold, à savoir A7X (pour les intimes). Le public a également répondu présent, puisqu’un peu plus de 2000 supporters (de tous âges, pas que de jeunes filles en rut, à ma grande surprise) dévoués au groupe s’impatientent. Les gros moyens sont mis en place pour ce concert qui laisse présager une bonne soirée !


 


20h précise, extinction des feux. C’est un jeune groupe alsacien qui a l’honneur d’ouvrir ce soir. FALL OF DEATH, combo mulhousien de metalcore entre dans la pénombre sur l’énorme scène du Zénith alors que défile leur introduction. Les Alsaciens, menés par leur frontman Yann au chant, ne sont pas impressionnés par la foule, ce dernier y allant même de la petite vanne (« il y a un peu plus de monde que dans un bar ici ! »). En effet, même si le groupe a déjà partagé la scène avec des groupes de renom (Aqme, Cataract, My Pollux), la date de ce soir restera sans doute longtemps dans leur mémoire. Le groupe impressionne par sa justesse, le tout est très carré, très professionnel, malgré leur jeune âge (un peu plus d’une vingtaine d’année). Les lights se résument à une pénombre bleutée et des effets de stroboscopes, mais suffisent à desservir le set. Yann propose une voix hurlée mature et maîtrisée, quand les coups de grosse caisse rapides et saccadés de Maxime sont toujours très précis. Cependant, bien que la musique de Fall Of Death soit énergique, le combo reste malheureusement assez statique sur scène. On sent un potentiel certain chez ce groupe venu défendre son premier album, bien desservi ce soir par un son de très bonne qualité (même si on aurait aimé entendre plus les cymbales), mais énorme ombre au tableau : le metalcore des Alsaciens est tout sauf original, fruit d’un pompage en règle des cadors du genre (As I Lay Dying en tête). Les compositions se ressemblent énormément (elles sont en fait toutes les mêmes, fait récurrent et agaçant dans ce style de musique), et l’utilisation à outrance des mêmes sections harmoniques et des mêmes « codes » rythmiques tend à rendre le tout vraiment gonflant au bout d’un moment, même si le groupe essaye de se « démarquer » modestement par quelques passages chantés ou de guitare clean de temps à autre. L’identité du groupe est encore trop marquée par les influences, ce qui n’enlève rien à l’efficacité. Un set sympathique, carré, mais on a affaire ici à une énième formation de metalcore, sans surprise. Le groupe gagnerait à trouver sa propre identité.


 




 


Il faut attendre encore presque une heure avant d’entendre retentir l’introduction au clavier de "Nightmare", premier titre de l’album du même nom, accompagné des chants et hurlements des fans qui n’en peuvent plus d’impatience. Les membres d’AVENGED SEVENFOLD pénètrent sur la scène un par un avant que l’intro ne laisse place au live sous les lumières, l’occasion de découvrir le remplaçant de Mike Portnoy (qui a assuré la tournée précédente), Arin Ilejay. Le chanteur M. Shadows arrive (sous des hourras un peu plus sonores de la part des jeunes filles des premiers rangs) et entame son chant. Le titre balance bien, le son est très bon (malgré ce petit sous-mixage des cymbales qui reste redondant), et les effets pyrotechniques ne tardent pas à entrer en action ! Des flammes surgissent du fond de la scène, incrustées dans le décor, le tout en totale adéquation avec la musique. L’orgue de "Critical Acclaim", titre issu de l’album éponyme du quintette, donne l’occasion aux fans d’user leurs poumons. Ce morceau puissant laisse la part belle aux guitares, et donne l’occasion à Zacky Vengeance et Synyster Gates de se coller les épaules sur la plateforme surélevée du centre de la scène lors des passages harmonisés. Une bande son contenant les chœurs assurés sur l’album par Jimmy Sullivan accompagne le groupe en live sur ce titre. M. Shadows remercie alors chaleureusement les fans de les avoir soutenus durant les moments difficiles du groupe et les accueillent volontiers dans leur communauté grâce à "Welcome To The Family", chanté de A à Z par les fans les plus rigoureux. En frontman confirmé, le leader du groupe, lunettes noires vissées sur le nez, fait largement participer le public durant tout le concert, intervenant souvent entre les morceaux, rebondissant sur des interventions des fans. L’énorme "Almost Easy", interprété de manière magistrale emplit la salle d’énergie et d’émotion, de même que la ballade "So Far Away" qui propose une respiration bienvenue en milieu de set. La dextérité de Synyster Gates à la guitare solo fait envier les guitaristes présents dans la salle (dont je fais partie). En effet, le maestro n’aura pas mis une note à côté ce soir, tous les soli sont exécutés à la perfection, et ils sont loin d’être « easy », bien au contraire ! Et ce son de guitare si particulier est fidèlement restitué en live (fait relativement rare). Les cinq compères assurent vraiment le spectacle : courses croisées des cordistes, M. Shadows ne tient pas en place et arbore la scène sur toute sa façade en effectuant de grands gestes lors de ses parties vocales, l’intérimaire derrière les fûts se révèle évidemment à la hauteur de ses illustres prédécesseurs, même s’il n’est pas officiellement un membre permanent du groupe. M. Shadows, très en voix, ne manque pas de faire participer le public au spectacle en proposant à ce dernier de choisir entre plusieurs titres de leur discographie grâce à un « vote » au décibel. C’est finalement Johnny Christ, bassiste fashion de la formation qui tire au sort à pile ou face le titre qui va être joué. Avenged Sevenfold insiste surtout ce soir sur ses deux derniers opus (5 titres de « Nightmare » et 4 de « Avenged Sevenfold »). Seul l’excellent "Bat Country" est issu de l’énorme album « City Of Evil », dommage car on aurait apprécié des titres comme "Beast And The Harlot", "Burn It Down" ou "Blinded In Chains". "Unholy Confessions" est quant-à-lui le seul titre de la période metalcore du groupe, issu de l’album « Waking The Fallen » de 2003. Après une distribution en règle de souvenirs au public, le groupe quitte la scène pour la retrouver quelques instants plus tard le temps d’un court rappel. Un seul titre joué pour le fameux « encore », mais quel titre ! Le clownesque et fantasque "A Little Piece Of Heaven" finit d’achever les quelques gorges en phase d’irritation de la salle. On aurait pensé que le groupe allait proposer encore un ou deux morceaux supplémentaires après celui-ci, mais les Californiens quittent la scène pour de bon après 1h15 de show. Dommage car personne n’aurait refusé vingt minutes supplémentaires !


 


Avenged Sevenfold a été énorme ce soir, et risque de continuer de grossir d’années en années en proposant des albums et des concerts de cette qualité. Bravo à ces gars qui ont persévéré et continué l’aventure après le décès de leur frère. Une bonne petite claque pour ma part qui suit le groupe depuis plusieurs années et qui les voit enfin pour la première fois en live ! Rien à redire, du grand spectacle (jeu de lumière magistral et effets pyrotechniques grandioses), une maîtrise parfaite, une assurance certaine… A voir ou revoir de toute urgence !


 





 


Set List FALL OF DEATH :



  1. Holy Fear

  2. Condemned

  3. Diaries

  4. Dead Letters

  5. Mechanical Dreams

  6. There Is Something True


 


Set List AVENGED SEVENFOLD :


 



  1. Nightmare

  2. Critical Acclaim

  3. Welcome To The Family

  4. Almost Easy

  5. Buried Alive

  6. So Far Away

  7. Afterlife

  8. God Hates Us

  9. Bat Country

  10. Unholy Confession

  11. Little Piece Of Heaven



no images were found