CHRONIQUES DE CONCERTS

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METALLURGICALES - DENAIN
Avec : SUEURS FORIDES, DAGOBA, HACRIDE, DEVIN TOWNSEND PROJECT, MANIGANCE, THERION, AQME, STRATOVARIUS
Date du concert : 11-06-2011
Lieu : Complexe sportif de Denain - [ 59 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.myspace.com/metallurgicales
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 16 juin 2011 - Chroniqueur : S.Y.L. - Photographe : Syl / Flash


La parole est à Monsieur Patrick Roy : "Aujourd'hui encore, dans la France des lumières, la diversité culturelle - et notamment musicale - est étouffée..."


 


Une seule solution donc pour laisser la diversité musicale s'exprimer : créer son propre festival. Pour sa troisième édition, le festival des Métallurgicales se drape de la couleur rouge, couleur du deuil, mais aussi couleur symbolique de son instigateur et farouche combattant des inégalités : Patrick Roy. Tout au long du festival, jamais la présence de ce fervent défenseur du metal ne sera éloignée de chaque participant, chacun étant d'entrée de jeu bien décidé à lui rendre l'hommage qu'il mérite, c'est à dire en se déchainant un maximum.


 


C'est en tous cas sans excès que les participants, avec une grande partie de jeune public, pénètrent au sein du complexe sportif de Denain, transformé en l'occasion en temple du metal. Les Métallurgicales est encore un "jeune" festival mais avec une affiche qui n'a eu de cesse de s'étoffer et une organisation bien rodée qui a su anticiper au mieux l'accueil de plus d'un millier de spectateurs (mis à part un fléchage un peu léger, avis pour les prochaines éditions).


 


Ce soir, chaque groupe sera précédé d'une allocution de Patrick Roy, choisie parmi ses phrases les plus marquantes. Et c'est donc non sans une certaine émotion que Sueurs froides, premier des 8 groupes de l'évènement, ouvre cette troisième édition des Métallurgicales. Sur scène, le trio semble comme à la maison, à l'aise et dynamique dans son style multi-influences rock/hard rock avec une grosse veine old school non dissimulée. Le public est cependant encore en mode "reconnaissance" et navigue entre les différents stands et points de ravitaillement. Si le set de Sueurs Froides ne déclenche peut être pas de vague d'euphorie, le groupe ne cache pas sa motivation et s'éclate sur scène.


 



 


Petit interlude "municipal" au cours duquel Mme le Maire et son équipe viennent faire part de leur soutien et déclarer officiellement l'ouverture des festivités, en espérant que ceux-ci sauront tenir leur promesse !


 


Mais pour l'instant nous sommes encore en 2011, et le moment est venu de découvrir la scène principale recevant Dagoba. Premier constat : les fenêtres de ce gymnase réaménagé ne sont pas masquées, tous les groupes devront donc jouer comme en plein jour, avec pour effet d'atténuer considérablement les jeux de lumières. Pour Dagoba, aucuns problèmes, sur terre, sur mer, sous la pluie ou en pleine chaleur, le résultat est toujours des plus explosif. Le premier titre met tout le monde d'accord : il va y avoir du sport. Effectivement, pas besoin pour le frontman d'appeler le public à bouger, pogo, braveheart et circle pit auront tôt fait de réchauffer les lieux. Plus le temps passe et plus le groupe semble maitriser l'exercice du live avec des prestations toujours plus tonitruantes. Arrosés de sueurs, les premiers rangs prennent leur douche sous les cheveux (pardon Izakar) de musiciens déchainés. Le petit accent du sud fait du bien à entendre sous ces latitudes du nord, car en plus d'être une bêtes de scène, Dagoba est en plus un groupe qui communique beaucoup et qui se rend toujours très accessible auprès du public, comme en témoigne la présence des membres dans les couloirs avant et après le show.


 




 


Le son batterie est terrifiant par rapport à des vocaux parfois moins audibles (une constante sonore des lieux), mais le public est aux anges dans une ambiance infernales. La prestation, physiquement éprouvante, s'achève avec un final sans faille. Pour résumer en quatre mots : une bonne grosse baffe...comme d'habitude.


 


Retour vers la scène extérieure où Hacride a déjà installé son décor. Avec des album pures pépites sonores en guise de carte de visite, le groupe s'impose indubitablement comme une des valeurs sûres du metal français. Un problème demeure cependant : les poitevins parviendront-ils à faire entrer les spectateurs dans leur univers si particulier? Impossible de savoir en tous cas avant d'essayer. Le quatuor s'élance donc dans un set intense de death/progressif, structurant le déstructuré, faisant résonner le dissonant. Pesantes et denses les compositions divisent toutefois : certains parviennent à pénétrer la complexité pour tomber dans un état quasi hypnotique, mais d'autres se retrouvent au pied de portes hermétiquement closes. La qualité musicale et la maitrise du sujet sont évidentes, mais les sensations du live diffèrent selon les individus et peut-être que beaucoup parviendraient plus à s'immerger dans ce monde torturé via une écoute approfondie sur CD que devant une scène.


 



 


Place, faites place ! Car voici un des moments tant attendu de ces Métallurgicales avec la programmation du Devin Townsend Project, un évènement rarissime sur une scène française. Autant dire de suite qu'une nouvelle fois, la main de Patrick Roy, grand amateur du groupe, y est sans doute pour quelque chose. Bien entendu, le Devin Townsend Project, c'est avant-tout un seul homme qui monopolise toutes les attentions. Devin Townsend annonce le programme : "un peu de brutalité, de mélancolie et de débilité", un mélange qui ne traduit que trop bien les multiples facettes du personnage. Le début de set met l'accent sur des compositions les plus progressives du groupe, Devin Townsend ne faisant pas prier pour entrer avec humour et forces mimiques dans un véritable one man show jouant sur la palettes d'émotions en perpétuel changement. Si la batterie un peu trop forte casse parfois les vocaux, la créativité est au rendez-vous. Ziltoid est mis à l'honneur, violence et parties ambiantes s'emmêlent intimement, le tout toujours porté par la personnalité ingérable du maitre de cérémonie. Loin du sentiment d'écrasement provoqué par exemple par un concert de Strapping young Lad, le show du Devin Townsend Project déclenche plutôt un sentiment d'amusement et de plénitude, une véritable bouffé euphorisante d'oxygène pur. En bonus, un titre annonçant un nouvel album, particulièrement dense, avec des parties de batterie frôlant la démence.


 




 


Autant dire que le retour sur Terre s'avère quelque peu brutal avec un passage d'un style expérimental vers un registre déjà plus convenu. Au tour de Manigance de s'exprimer et d'ouvrir la partie heavy metal du jour. Étrangement, le groupe pourtant habitué du live semble peiner à trouver ses repères, avec un chanteur paraissant étonnement désabusé. Puis les titres s'enchainent et le spectacle prend plus de consistance. Le heavy/power produit rappelle la grande période du heavy français des années 80 et semble ravir les amateurs du style. En toute honnêteté, j'avoue que personnellement le chant et les textes ne passent absolument pas, mais alors pas du tout, mais après tout, qui prétend tout aimer n'est surement pas entièrement franc. Bref, alors que le stand à kebab tend les bras vers les moins concernés, les fans de heavy pur et dur sont visiblement séduits par une prestation gagnant en dynamisme et à un style maitrisé et de bonne facture.


 



 


Direction l'univers fantastique de Therion pour la suite du programme. Malgré un passage à Lille en Novembre dernier, le prestigieux groupe suédois attire toujours les foules, comme en témoigne la forte affluence du moment. Petit hic : à 20h il fait encore beau temps et la luminosité qui pénètre dans la salle ne met malheureusement que trop en valeur le coté un peu kitch des costumes des musiciens. Dommage pour Therion chez qui la mise en scène tient une place prépondérante et qui pour le coup prend le risque de voir son visuel verser vers la mauvaise comédie musicale. Heureusement, le groupe, qui bénéficie d'un temps de set réduit par rapport à ses prestations habituelles, choisi des titres les plus connus de sa discographie (bien que l'absence de "Sitra Ahra" parait étonnante). Néanmoins, les multiples mimiques des chanteurs indiquent que quelques chose ne semble pas tourner rond, sans doute un problème de retour? Toujours est-il que la puissance caractérisant les prestations habituelles n'est pas tout à fait au rendez-vous. Les fans approuvent malgré tout les titres qui se succèdent en cascade mais il faut le reconnaitre, Therion ce soir n'est pas au sommet de sa forme. La remplaçante de Katarina Lilja fait de son mieux mais sa faiblesse vocale contraint Lori Lewis à assurer la majeure partie des chants (non sans certains gestes d'humeur). La belle s'en tire certes avec maestria mais au final, s'il est toujours plaisant d'entendre les classiques du groupe, il manque un petit soupçon d'engagement pour aboutir à un show vraiment convaincant. Pendre le couturier responsable des pantalons et revenir avec un line-up de live stable ne peuvent être que deux souhaits à formuler à Therion, groupe prestigieux qu'il est toujours bon de revoir sur scène.


 




 


Les Métallurgicales est un festival décidément très friand de bouleversement sonore puisque après le metal opéra de Therion, la soirée bascule vers les sonorités plus brut de décoffrage d'Aqme, le groupe un peu point d'interrogation de la soirée. Car les émotions inspirées par les groupes de Nu metal sont diverses au sein de la scène metal. Il est vrai qu'à la fin des années 90, à force de voir apparaitre un groupe de nu metal français par jour, les oreilles commençaient à subir une sorte d'effet de surchauffe. Qu'allait-il en être 10ans plus tard? Après les guitares de Manigance, puis celles de Therion, et avant celle de Stratovarius, la petite parenthèse Aqme ne fait franchement pas de mal. Sur les planches, le groupe ne donne pas dans la franche délicatesse, mais un bon riff bourrin de base ne parait pas déplaire à une foule bien amassée devant cette scène extérieure. Les musiciens sont impliqués, le frontman bien nerveux et le gros son bien présent. Un peu répétitif et quelques soucis sur le chant clair? Les premiers rangs bien compressés contre les barrières ne semblent guère s'en soucier. La foule s'en donne à cœur joie alors qu'on aime ou pas, il faut bien constater que ce soir, Aqme a fait le boulot, et bien fait. Beaucoup de groupes évoluant dans leur registre ont disparu, mais les parisiens sont toujours là, ce qui veut bien dire quelque chose. Nul doute qu'en conservant cette agressivité, les Aqme devrait continuer de faire parler d'eux.


 




 


Assurément, Patrick Roy manquera à tous et juste avant le dernier concert, un hommage vibrant lui est rendu. Madame le maire ne manquera pas de déclencher quelques rires en annonçant la tête d'affiche "Stradivarius", mais sans rancune, il reste 365 jours pour apprendre les noms des groupes de la prochaine édition. Alors que s'achève ce 3ème Métallurgicales, mais pas avant StraTOvarius. Attendu par une masse de fans, les finlandais s'installent sans trop de soucis sur scène, un exercice depuis longtemps maitrisé. Technique et maestria sont au rendez vous, guitariste et clavier rivalisent de dextérité. Ils fait bon entendre à nouveau des titres plus anciens comme "Phoenix" ou "Kiss of Judas" et tous répondent de bon cœur aux sollicitations du frontman. Le fait est que celui ci avec le temps semble avoir perdu un peu de sa puissance vocale; après avoir connu quelques défaillances au cours de shows antérieurs, la technique vocale semble avoir été un peu modifiée, avec moins d'envolées aigues et plus de modération en fin de phrases. Stratovarius déchaine toujours autant les passions (mention spéciale pour un clavier sans une seule fausse note) dans un show haut en couleur et dans une ambiance de feu. 13 albums et bientôt 30 ans d'existence et les finlandais semblent avoir conservé la fougue de leurs débuts, les acclamations d'une foule passionnée parlent d'elles-même.


 




 


8 groupes, plus de 5 heures de musique, plus d'un milliers de spectateurs, une ambiance des plus conviviale, une organisation parfaitement en place et quelques litres de bière, voilà le bilan de cette 3ème édition des Métallurgicales. Puisse le festival s'accroitre encore, que personne n'oublie qui remercier et quel a été l'engagement de cette personne pour défendre le metal, en espérant voir d'autres évènements naitre et d'autres personnalité poursuivre cette œuvre, au nom de la diversité et de la tolérance.



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