CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


SYLAK ROCK FEST
Avec : sylak open air
Date du concert : 09-09-2011
Lieu : Stade Regis Perrin - ST-MAURICE DE GOURDANS [ 01 ]
Affluence : 1000
Contact organisateur : http://www.sylakopenair.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 16 septembre 2011 - Chroniqueur : Der.Lehrer - Photographe : Black.Roger


Textes Der Lehrer



Saint-Maurice-de-Gourdans , son église du XIIième siècle , proche de Pérouges et de la Centrale du Bugey , vous connaissiez ? Peut-être. Mais Saint-Maurice-de-Gourdans désormais célèbre pour son festival de rock metal , l'un des plus originaux de Rhône-Alpes , c'est une information ! En effet , à l'extrême sud du département , dans la Plaine de l'Ain , cette commune tranquille n'avait sans doute jamais connu - ou alors en d'autres circonstances - pareille effervescence. Imaginez donc , un festival de rock , et de metal qui plus est , baptisé SYLAK , y est organisé sur deux jours en ce début septembre , sous un soleil encore estival , en quelque sorte un festival de rentrée placé sous le signe de la protection de l'environnement. Il s'agissait en réalité d'un véritable pari , car mettre sur pied un événement de cette nature , avec tous les aléas que cela comporte , notamment financiers , le contact avec les groupes invités qui disent "oui" , "non" ou "peut-être",l'accueil du public - si public il y a ! - l'aménagement d'un terrain de camping et de parkings , la sécurité , en un mot toute la logistique inhérente à une manifestation de cette dimension , n'est pas une mince affaire. On oublie toujours quelque chose , par exemple un point d'eau. Certes , ce n'est pas le HELLFEST , mais de nombreux partenaires ont répondu présent. Et cette heureuse initiative , on la doit à deux amis passionnément impliqués dans le monde du rock-metal , à savoir Mikaël Vince , membre influent de plusieurs associations lyonnaises liées au metal (Rockrunners , MyRef...) et Nicolas Arrambourg , "enfant du pays", citoyen de Saint-Maurice. L'idée d'un festival a longuement germé et mûri dans leur esprit...et le rêve s'est réalisé. Conscients des obstacles à franchir , Mike , Nico et leur équipe de bénévoles hypermotivés peuvent être fiers de leur entreprise. Une affluence supérieure aux attentes , une ambiance festive , mais sans débordement , 18 groupes inscrits , dont 17 français (un seul a déclaré forfait) , une météo favorable,que demander de mieux , tous les éléments étaient réunis pour une totale réussite de cette première édition du S.O.A. (Sylak Open Air) qui s'est déroulée dans un cadre idyllique , dans la verdure du stade Régis-Perrin.Par ailleurs, diverses activités, jeux , déguisements, petits spectacles (cracheurs de feu) étaient destinées à faire patienter les spectateurs pendant les changements de plateau, une demi-heure en moyenne. Une oreille indiscrète a pu entendre ces mots amusants et révélateurs: "C'est ça le metal ? ça fait du bruit , mais c'est pas mal quand même !" Ce festival aura eu aussi une fonction pédagogique et , espérons-le , permis de dissiper certains préjugés et autres clichés. Il est temps maintenant d'analyser les moments successifs de ces deux journées , les prestations des divers groupes figurant sur une affiche très éclectique qui nous réservera quelques surprises.



JOUR 1 vendredi 9 septembre


A 17h20 tapantes , c'est le groupe FOUR WHEEL DRIVE , plus connu sous le vocable 4WD qui aura l'honneur d'ouvrir "la cérémonie". Portant chapeau ou bandana , ces musiciens originaires de la région lyonnaise pratiquent , sous la houlette de leur chanteur-guitariste Fonz , un hard rock assez classique , typé rock'n blues.Ils interpréteront ce soir une demi-douzaine de chansons pendant une demi-heure seulement ,devant un public encore clairsemé. Leur set est carré, bien conduit, et si on est attentif , on perçoit dans leur musique des accents de AMERICAN DOG et on imagine que les 4WD aiment aussi MOTÖRHEAD. On retiendra leur chanson "Lonely Blues Cowboy". Ceux qui les ont écoutés naguère au Lyon's Hall ou en concert dans la région de Grenoble savent qu'ils ont produit en 2010 un album intitulé "Balls Of Fire",bien accueilli par la critique.Bon vent à 4WD !




Autres Lyonnais bien connus et appréciés des amateurs de brutal death / thrash , les cinq musiciens de DEATHAWAITS prennent le relais pour 30 minutes également. Florian , leur chanteur au charisme indéniable, est une véritable "bête de scène", doué pour le contact avec le public, sa voix "gruikesque" et le talent des guitaristes , du batteur et du bassiste , les chants gutturaux qui alternent avec des séquences plus "douces" font de DEATHAWAITS une formation qui compte sur la scène lyonnaise.Ils ont sorti un album il y a quelques mois. Le public de plus en plus nombreux réagit comme il convient , d'abord attentif puis déchaîné dans un wall of death impressionnant. Mais l'heure, c'est l'heure, dommage , il faut déjà s'arrêter. Ceux qui les ont découverts ce soir , auront plaisir à les revoir dans leurs prochains concerts. Mention bien. SET LIST de DEATHAWAITS -District Of Isolation -Drunkness -Provocation -Despised The Coldness -Violent Peace -All Confused -Mass Murderer -Look Into The Mirror





GOD DAMN , pionniers reconnus du stoner, auront droit , eux , à 40 minutes pour faire la démonstration de leur talent et séduire un public curieux ou non averti. Il faut dire que les cinq musiciens de GOD DAMN évoluent désormais dans la cour des grands et se sont fait connaître au-delà des frontières régionales, leur album a ,en général, été bien reçu et a bénéficié d'une bonne promotion. Renato,le chanteur, est un véritable professionnel de la scène , son humour acerbe ne laisse personne indifférent, on bouge beaucoup sur les planches, selon une gestuelle théâtrale bien rodée , les morceaux sont variés , avec de brèves séquences où seuls les instruments interviennent. Enorme succès dans la fosse , leur musique ("southern metal) est en phase avec l'esprit du festival , gentiment "bourrin". Leur set se terminera par un échantillon du prochain album en gestation.Pour les avoir vus à d'autres occasions, je peux sans grand risque d'erreur affirmer que la qualité de leurs prestations est liée au contexte. Ce soir,on a été gâtés , c'était l'une des meilleures.On leur souhaite bonne chance pour leurs prochaines dates , en attendant le nouvel album. Quelques titres de la SET LIST de GOD DAMN -Under Pressure -All In -Never Look -Crazy Train -No Way -Old Days





La nuit est tombée , passons maintenant à un registre tout différent. A 20h30, le duo ANDREAS ET NICOLAS (créé en 2006) viendra divertir les festivaliers regroupés en foule compacte entre la scène et la console , et visiblement bien décidés à s'amuser , à rire en écoutant les textes parodiques , grivois , grossiers mais jamais vulgaires - comme disait le regretté Coluche. ANDREAS ET NICOLAS viennent de Nantes , Nicolas est le chanteur-guitariste d'ULTRA VOMIT , Andreas,lui, a officié jadis dans un groupe de metal. Accompagnés d'une musique entraînante , ce duo de choc s'attaque aux travers de la société , se moque de la chanson française , des programmes télé , de la publicité et des médias. On a droit à quelques impros, des chansons courtes ("J'aime pas le sexe"), de vrais petits sketches chantés , le texte se veut humoristique , ponctué de jeux de mots , parfois approximatifs. Le but est de faire rire. C'est chose faite, objectif atteint.Au bout de 40 minutes, on siffle la fin de la récréation.Andreas et Nicolas ne manquent pas de talent et sont chaleureusement applaudis. Cela prouve qu'on peut être adepte de metal pur et dur et apprécier aussi la parodie...,avec modération. Qui a osé dire que les métalleux étaient sectaires ?





C'est un OVNI qui s'installe sur la scène du Sylak peu avant 22h. Quel rapport avec le rock , me direz-vous ? Aucun a priori. Eh bien si , vous verrez ! L'ancien chanteur des Musclés , complice de Dorothée à la télévision dans les années 80 et 90 , interprétera quelques-uns de ses refrains , repris en choeur par les métalleux poing serré , notamment les trentenaires émus aux larmes !!! C'est Bernard Minet en personne qui chante , presque sexagénaire. Goldorak, Bioman , Albator..., on n'oublie pas les heures passées devant le petit écran quand on avait dix ans, les mélodies qui vous trottent dans la tête. Question de générations. Mais l'émotion sera à son comble lorsque Bernard Minet s'installera à la batterie pour jouer quelques morceaux connus de DEEP PURPLE , AC / DC , LED ZEPPELIN...Autre moment fort , l'irruption sur scène (fausse surprise) de Flo et Romain de DEATHAWAITS , mélange de l'eau et du feu ? ! Oubliés les problèmes techniques qui ont interrompu le spectacle durant de longues minutes. L'artiste ému,homme sensible, a démontré par son registre à prendre au deuxième degré (au moins) et son numéro derrière les fûts qu'il a une certaine ouverture d'esprit et le sens de l'humour.Il nous a confié après sa prestation son plaisir d'avoir été invité à un tel festival et son émotion devant l'accueil qu'il a reçu. Et pour ceux qui en doutaient encore , "les gros durs tatoués , avec leurs chaînes et leurs piercings , amateurs de bière et de décibels" peuvent aussi avoir le coeur tendre. Cliché ou réalité ?




Pour une heure entière , les Toulousains de PUNISH YOURSELF concluront - tête d'affiche oblige - cette première journée par un vrai show son et lumière (noire) , ambiance dance , disco ou psychédélique. Pour simplifier , rangeons-les dans la case "électro-punk indus". Crânes rasés ou crêtes iroquoises , ils jouent en général dans l'obscurité, leurs corps peinturlurés et leurs maquillages fluorescents sont ainsi mis en valeur.PUNISH est typiquement un groupe de scène , axé sur les extravagances visuelles et les jeux de lumières. Le groupe qui tourne depuis 1994 a connu une grande instabilité concernant son line-up. PUNISH YOURSELF a participé à des festivals grand format comme le Sziget à Budapest , les Vieilles Charrues , les Eurockéennes de Belfort , le Hellfest de Clisson etc., chaque fois avec le même succès. Cette formation - rock à part entière , mais entièrement à part - a inventé un véritable concept où l'érotisme et tous les extrêmes ont toute leur place. Le public est enthousiaste , s'agite , danse, crie, remue en tous sens, l'ambiance devient carrément folle lorsque de jeunes personnes légèrement vêtues - ou dévêtues - au devant de la scène, se mettent à envoyer des gerbes d'étincelles crachées par une sorte de meuleuse. Tels des robots ,les Toulousains nous auront gratifiés d'un spectacle grandiose, cadeau pour les yeux et à un degré moindre (affaire de goût) pour les oreilles. Ainsi s'achève cette première soirée. Les hommes de la sécurité ,sans doute fatigués, prient le public d'évacuer rapidement l'enceinte du festival.....A demain pour d'autres aventures.





 


SECONDE JOURNEE 10 09 11



CYNICAL TALES – 12 heures 35 (report Black.Roger) La seconde journée du Sylak open Air se présente sous de bons auspices, le soleil est toujours là depuis la veille et l’équipe organisatrice semble toujours opérationnelle. Le premier concert devait démarrer à 11 heures 35, mais le groupe THE ETERNAL BLADE a jeté l’éponge pour cause de split apparemment. Avec le décalage, c’est donc à 12 heures 35 que se présente sur scène CYNICAL TALES. Peu de monde encore devant eux, les festivaliers du camping ne sont sûrement pas encore réveillés et les nouveaux arrivants, bien espérés, ne sont pas encore là, il est encore tôt. CYNICAL TALES qui a la lourde tache de « chauffer » le public lâche les décibels. Avec un premier album « Once Upon à Nightmare » à défendre sur scène, le quatuor Lyonnais nous propose un curieux mélange de rock/métal. Des envois « softs » avec des relents « émocore » sont suivis par des compositions flirtant avec le thrash. C’est pas mal, mais cette prestation n’accroche pas vraiment il faut le reconnaitre. Le guitariste/compositeur à des idées, le chanteur varie les registres avec cynisme quelquefois et le duo basse-batterie assure dans les ruptures de rythme.Oui mais voilà, la sauce ne prend pas ou peu en live, peut-être trop décousu, une prochaine fois peut-être…




EDGE OF THE FALL – (report Black.Roger) Changement de groupe, changement de style avec les “coreux » Lyonnais de EDGE OF THE FALL. Les ayant déjà vus en action sur scène au CCO, je savais un peu à quoi m’attendre. En effet, « ça crache » dès le premier titre. L’énergie est au rendez-vous et nous réveille carrément, quelle claque. Leur mixture faite de hardcore et de Thrash-métal est d’une efficacité simple mais redoutable, on ne sait où donner des yeux et des oreilles. Le son est bon, le groupe tient la scène comme personne, c’est un ouragan qui ravage tout sur son passage. Cette fois la journée du samedi est bien lancée. EDGE OF THE FALL a placé la barre bien haute et s’est fait remarquer encore une fois dans le bon sens du terme. Vous revenez quand vous voulez, on aime tout simplement.





THE OATH – (report Black.Roger) Puis vient le tour de THE OATH. THE OATH de Lyon qui tient depuis déjà pas mal de temps une place particulière avec ses compositions alambiquées où se mélangent black, death, thrash avec un peu de heavy en border line. Tout un programme donc. Frontman passionné, claviériste donnant parfois dans le chant clair (attention limite !), guitariste inventif, batteur précis et enfin nouveau bassiste à signaler. Onze ans après sa formation, THE OATH interpelle de part ses morceaux et nous fait profiter d’une musique parfois hargneuse, originale en diable. Déjà trois album au compteur, et ce n’est pas fini, THE OATH a encore assuré cet après-midi et fait de nouveaux adeptes à sa démarche métallique.





8 CONTROL – (report Black.Roger) Quittons la région Lyonnaise pour le Toulousain avec 8 CONTROL. Avec eux nous repartons sur les terres brûlantes du hardcore/métal se situant grosso-modo entre HATEBREED et MADBALL. Voici donc le paysage sonore qui nous est projeté sur la scène. Tout cela parait bien classique et simple dans le style. Tout irait plutôt bien dans le meilleur des mondes brutal, si nos lascars ne s’amusaient pas à en faire des tonnes avec des samples pas toujours bien compris. Leur prestation semble du coup bien molle et décalée. Alors, se pose une question que nous pouvons lire sur les visages de ceux du public, était-ce un show mal organisé ou une prestation sans réelle motivation, était-ce « du lard ou du cochon ». Pas de réponse, mais ce fut un concert court sans intensité, sans accroche palpable.




Prévu pour 16h35 , c'est le quatuor originaire de Tarare ,TROIDES PRIAMUS HECUBA (TPH), bien connu dans la région où il donne de nombreux concerts , qui s'apprête à animer le festival. Fondé en 1994,mais avec un line-up renouvelé,les gars de TPH pratiquent un rock fusion énervé , sautant ,bondissant sur scène , les deux chanteurs , Tom et Migl , à la voix si différente , sont très complémentaires. Les chansons en français qu'ils interprètent avec brio s'appuient sur des textes travaillés , bien ciselés, dans lesquels ils expriment leur engagement , notamment sur les questions socio-politiques (exemple: "Fuck le Pôle Emploi").Le rythme est rapide , sans temps mort, avec des passages proches du punk rock , du hardcore ou du rap.La musique et les mots stimulent un public relativement jeune , acquis à la cause de TPH , qui ne demande qu'à bouger dans la fosse. Ceux qui n'aiment pas ,car il y en a , ne sont pas venus ou se sont éloignés. Les musiciens de TROIDES ,engagés et enragés, ont un talent incontestable et la chance de former une équipe soudée , bien coordonnée. Ils ne sont pas les seuls à faire de leur art un vecteur de leurs opinions.Chacun pense ce qu'il veut , évidemment et heureusement. Le groupe TPH présente quelques similitudes avec LA PHAZE ou TAGADA JONES , à la fois festifs et énergiques. TROIDES s'affirme surtout en live , mais a aussi quelques CDs à son actif , dont le plus récent sorti en 2009. Leur prestation de ce soir ( 40 mn ) était d'une bonne tenue.Le public ne s'y est pas trompé.





La formation suivante , LES POUTRELLES FEVER , s'appuie sur son chanteur Julien , qui lui non plus, ne cherche pas à dissimuler sa conception des choses. A partir de 18h10 et pour trois quarts d'heure, les Bugistes vont tester ici leur popularité ,à quelques kilomètres de chez eux. Le contraste est saisissant avec le groupe précédent , même si les chanteurs respectifs expriment une certaine révolte.Il y a le fond et la forme. LES POUTRELLES, ce sont six musiciens expérimentés , tous issus de la région , habitués des concerts où ils donnent toute leur mesure , que ce soit en France ,comme au Printemps de Bourges ou en Espagne , en Catalogne , avec un premier concert en 2008 , à Barcelone , devant 2000 personnes. "On est où là ! ?", leur dernier album en date (13 titres) reflète parfaitement l'étendue de leur répertoire et de leur talent. Julien Tissier, au chant et à l'accordéon, initiateur de la Tahoua dans les Bois , festival alternatif qui avait lieu naguère sur les hauteurs d'Ambérieu , prématurément disparu, est un peu le leader du groupe, même s'il s'en défend. Ici et maintenant,selon la célèbre formule, LES POUTRELLES FEVER vont interpréter une série de chansons dans un style "rock manouche , décalé et déjanté" , comme on dit aujourd'hui , dont les textes sans concession s'en prennent aux injustices de la société tout en défendant les causes humanitaires , ils sonnent un peu "anar" ,dans la même veine , avec des nuances , que ceux de feu Mano Solo ou LES TETES RAIDES. Quelques exemples: la police , l'identité nationale, Michel chômeur consommateur etc. Certes,ils ne font pas l'unanimité , mais le Sylak 2011 n'est pas un festival 100% metal. Devant un public relativement nombreux , plus emporté par l'ambiance qu'attentif aux paroles ou sensible à l'humour absurde du chanteur , par ailleurs excellent comédien,clown,satiriste, les ex-PIPE ARRUSTUT créent en utilisant les cuivres et l'accordéon une ambiance ska qui ne déplaît pas aux spectateurs. Nonobstant les applaudissements , LES POUTRELLES préfèrent jouer , on peut le penser, là où ils sont totalement en synergie avec ceux qui les écoutent. Ils iront loin...




KELLS - (report Black.Roger) Je n’avais pas encore eu l’occasion d’assister à un concert de KELLS et me demandais ce qu’il allait se passer devant nous. Avec mon éternelle méfiance vis-à-vis des groupes métal à chanteuse, je m’attendais au pire. Et bien non, d’entrée de jeu Virginie, la chanteuse fille cachée de Lemmy de MÖTÖRHEAD m’a cloué contre les barrières de sécurité. Voici un groupe lourd et métallique à souhait, une frontwoman qui arrache, un baiser empoisonné envoyé avec un gant de velours, KELLS c’est tout ça à la fois. Energie, présence, variété des compositions, charisme, communication avec le public, tout y est. Et puis c’est le chaud et froid (profitérolles ?), le sucré-salé (ketchup ?) avec le chant tantôt aigu (limite parfois), tantôt éraillé, tantôt crié voire même growlé à certains moments. Evidemment on pense au sudistes de ETHS, car KELLS emprunte une voix alambiquée similaire, mais ici on essaie de marquer ses différences et on y parvient très bien c’est évident. L’ambiance est au rendez-vous devant un public, en nombre maintenant, qui apprécie cette démonstration bien métal avec du punch et de l’efficacité à revendre. Pour ma part ce sera le « coup de cœur » de la soirée avant le trio tête d’affiche qui ne devrait pas faire dans la dentelle non plus.





La seule formation étrangère présente au Sylak s'appelle BORN FROM PAIN. Il s'agit d'un groupe de hardcore / thrashcore néerlandais , fondé en 1997. Il n'est pas loin de 20h30 lorsque les Bataves vont fouler les planches , c'est le cas de le dire. En effet, leur chanteur actuel , Rob Franssen se met à arpenter la scène en long et en large dès que retentissent les premières notes. Les pogos et autres mosh-pits dans la lumière des projecteurs atténuée par un nuage de poussière, semblent ne pas lui suffire , il en veut encore davantage , c'est pourquoi Rob Franssen ne cesse de supplier les fans de hardcore énergique de bouger encore plus.Le chanteur-frontman en T-shirt blanc harangue la foule en délire avec un charisme étonnant , se risquant à prononcer quelques mots en français "Merci vous aussi !" ou en allemand "Wunderbar" et à faire quelques allusions politiques furtives. Quelle furie , quelle brutalité jouissive !" Nés dans la douleur" ,les guerriers de BORN FROM PAIN ne font souffrir que les tympans fragiles. Des morceaux de "Survival",album de 2008, auront été joués ce soir. Quelle puissance ! Slams , pogos géants et incessants, cette ambiance folle me rappelle certains concerts des Américains MAD BALL , SICK OF IT ALL , voire HATEBREED ,des groupes que nos Hollandais BFP connaissent bien pour avoir déjà partagé la scène avec eux. Il serait injuste de ne pas souligner aussi les qualités des guitaristes / bassiste et du batteur , restés un peu en retrait.On a peine à imaginer BORN FROM PAIN sans un public acquis à leur cause , le groupe n'existe qu'à travers lui. Au Sylak , on en redemande, mais au bout de 50 minutes, les Hollandais déposent les armes. L'endurance a ses limites.....




21h45, l'affluence a atteint son niveau maximum. Pourquoi ? Les gens attendent impatiemment et se regroupent devant la scène pour voir enfin à l'oeuvre ceux qu'on appelle affectueusement "les" BENIGHTED. Nos cinq Stéphanois ou ex-Stéphanois , qu'on a pu croiser et saluer dans l'après-midi , sur le site, vont bientôt ,une fois encore, nous montrer de quoi ils sont capables pour remuer les foules. Comme chacun est censé le savoir , ils pratiquent un death brutal , flirtant avec le grindcore , la tendance "grind" s'accentuant avec le temps. Ce soir, heureux de jouer pour cette première édition du Sylak en Rhône-Alpes, ils ont choisi des morceaux issus de leurs différents albums , notamment du dernier en date , "Asylum Cave" (qui traite des pathologies psychiatriques et de la folie), Julien ,le chanteur de BENIGHTED, connaît personnellement le sujet de par sa profession , il s'est intéressé aussi à un fait divers hors du commun qui s'est déroulé en Autriche et dont le groupe s'est inspiré. Mais Icon et Identisick n'ont pas été oubliés.Rappelez-vous "Collapse". Tous leurs fans sont là, on ne peut pas imaginer ce qui se passe dans la fosse et au-delà , il faut le voir pour le croire , circle-pits , walls of death , pogos , slams...Le chanteur aux pieds nus ne se prive pas d'encourager jeunes et moins jeunes à aller encore plus loin , plus fort , plus brutal...Inoubliable , une vraie jouissance , physique et mentale. Kévin (Kikou),batteur hors pair, Eric (Candy) le bassiste slameur , les guitaristes Liem (Litchi) et Olivier (Gab) et Julien ,l'âme du groupe - sa modestie dût-elle en souffrir - tous les cinq inspirent une sorte de respect mêlé d'admiration. Ultra efficaces, sérieux sans se prendre au sérieux,ils sont dotés d'une personnalité à part dans le paysage du metal extrême français. On peut même dire que chacun dans son rôle est une référence pour plus d'un jeune batteur , guitariste, bassiste, chanteur. Les BENIGHTED ont des amis en France , parmi les métalleux lyonnais, par exemple les musiciens de GOD DAMN , grimés , qui les rejoignent sur scène , mais aussi en Europe (Allemagne,Scandinavie) , où ils ont acquis une vraie notoriété. A Saint-Maurice-de-Gourdans , ce ne fut qu'une partie de plaisir.





A l'issue du set de BENIGHTED , les deux responsables principaux du festival et l'ensemble de leur équipe montent sur scène. Mikaël Vince adresse ses remerciements aux artisans du succès en évoquant déjà l'avenir.


Enfin DAGOBA arriva. Après les Stéphanois les Marseillais. De 23h à minuit , c'est l'un des plus grands groupes de rock metal français , en tout cas l'un des plus connus à l'étranger , tête d'affiche de ce premier numéro du S.O.A., qui logiquement mettra un point final à ces deux journées. DAGOBA,classé "power thrash", écume les scènes de France et de l'étranger depuis plus de 12 ans , on a pu les voir à plusieurs reprises à Lyon ces dernières années , de même que dans divers festivals, au Hellfest 2011 par exemple. Le public reconnaît en particulier le batteur Franky Costanza et le chanteur Shawter. Si le style a évolué au cours des années , la ligne directrice de DAGOBA n'a pas vraiment bougé.C'est pourquoi le terme "power thrash" me semble un peu réducteur. Puissance,énergie,décibels,efficacité, sont des mots clés qui s'appliquent à nos amis de la cité phocéenne. DAGOBA donne toute sa mesure sur scène , même si leurs trois derniers albums "Poséidon" , "Face The Colossus" et "What Hell Is About" sont des oeuvres soignées et agréables à écouter. En cette chaude soirée d'été finissant , dans le cadre champêtre du Sylak Rock Fest, les festivaliers qui tiennent encore debout se défouleront une dernière fois au gros son des fûts de Franky, à la voix unique du fougueux Shawter, aux riffs sauvages de la guitare.Un spectacle grandiose se déroule également sur ce vaste espace situé entre la scène et la console, l'enthousiasme des métalleux passionnés , jamais fatigués, fait plaisir à voir et réconforte ceux et celles qui sont déjà saisis par une sorte de nostalgie alors qu'il ne reste plus que quelques minutes avant la fin du set. Les irréductibles,torse nu, se livrent à un ultime circle-pit , couronnement de cette soirée . Un rappel s'impose , il sera bref. Il est minuit.Tout s'arrête brutalement (Ah! ce mot!) Le Sylak 2011 a vécu.





Pari gagné , défi relevé. Pour une première édition,ce fut sans conteste une grande réussite. Ceux qui craignaient que le mélange des genres dissuade les "puristes" de se rendre à Saint-Maurice-de-Gourdans en sont pour leurs frais.Et ce n'est pas l'intervention inopinée ,une heure avant l'ouverture du festival le vendredi , de la gendarmerie et des services de la répression des fraudes,qui a assombri ou gâché la fête. Les 17 groupes ont fait de leur mieux pour satisfaire tous les goûts , ne cachant pas leur plaisir d'avoir été invités. Dans une ambiance chaleureuse,amicale,dans la bonne humeur générale, des amitiés - et plus si affinités ! - se sont nouées durant ces deux journées.Le camping était confortable et propre en dépit de l'absence d'un point d'eau , paraît-il. Tous ces festivaliers déguisés , grimés ,ces couples avec leurs enfants , ces gens des villages voisins , non initiés au rock metal, venus par curiosité, tout comme les bénévoles dévoués, disponibles et souriants, les "préposés" aux boissons et à la restauration , les responsables des stands de toute nature - singulièrement ceux du stand de sensibilisation au respect de l'environnement -,la radio Rockenfolie, les gens de la sécurité , spectateurs et acteurs, tout le monde a contribué à faire de ce premier festival une grande fête populaire.Aucun incident notable n'a été déploré. Un grand merci à Mike, Nico et à leur team. Ils peuvent être fiers de leur premier bébé ! Merci à tous les partenaires du Sylak . Et des remerciements tout particuliers à la municipalité et à la population de Saint-Maurice-de-Gourdans sans qui rien n'aurait été possible. On formulera un souhait: que le Sylak s'installe ici dans la durée comme le rendez-vous annuel des amoureux du rock-metal et des musiques extrêmes dans la région Rhône-Alpes. Vive le SYLAK 2012 !



 


 




no images were found