CHRONIQUES DE CONCERTS

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Mr BIG
Avec : Mr BIG, ALTESSE PRUNE
Date du concert : 29-09-2011
Lieu : La Laiterie - Strasbourg [ 67 ]
Affluence : 400
Contact organisateur : http://www.base-productions.com/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 06 octobre 2011 - Chroniqueur : Blackened - Photographe : BLACKENED


En cette douce soirée de fin septembre (plus d’une vingtaine de degrés au compteur), la capitale de l’Europe accueille l’une des deux dates françaises en salle (sans compter le Hellfest de cet été) de la tournée de reformation de Mr BIG, qui vient défendre son dernier opus inespéré « What If », sorti cette année, dix ans après « Actual Size » qui marquait la fin de la première vie du combo. Les fans répondent évidemment présent à l’appel de Billy Sheehan et sa bande après plusieurs années de séparation, et on note la présence de nombreux Allemands (plus que d’accoutumée dans cette salle) qui n’ont pas hésité à traverser le Rhin pour acclamer le blond crépu et ses acolytes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ambiance sera au rendez-vous ce soir ! Peuplée d’anciens hard-rockers, de jeunes fans, de curieux de tous horizons (on remarque même la présence d’admirateurs de styles métalliques violents), l’assistance restera attentive et participative aux sollicitations du combo américain. Une bonne soirée tout simplement !


Mais avant cela, une première partie assez surprenante foulera les planches d’une Laiterie fermée aux deux tiers pour cet évènement, mais déjà bien fournie pou l’heure (20h30). Le calme avant le shred diront certains, mais il est vrai que le folk acoustique des Alsaciens d’ALTESSE PRUNE, mené par une chanteuse minuscule à la voix suave, a de quoi susciter les interrogations. Deux guitares folk, une basse ronronnante, une rythmique délivrée par un kit composé d’un floor-tom, d’une caisse claire, d’un tambourin à pied et d’une cymbale (minimaliste mais suffisant pour ce style), et du chant, harmonisé intelligemment. C’est tout ? Oui, et on peut même dire que ça suffit ! On est agréablement surpris par la pop-soul du quintette, qui, sans faire remuer des masses les foules, semble surpris par un accueil chaleureux du public dont il ne s’attendait visiblement pas. Les compositions chantées en Anglais par la « front-women » Marion, vissée au sol derrière son micro, tantôt très calmes voire mélancoliques, tantôt assez énergiques et entraînantes, bénéficient à chaque fois d’une foule d’applaudissements. Les deux guitaristes, assis sur des chaises hautes de part et d’autre de la scène, assurent avec professionnalisme, même si le son du côté jardin paraît un peu faiblard comparé à son camarade sur la droite. Le bassiste propose un jeu idéal pour ce style puisqu’il soutient les harmonies fondamentales tout en développant des mélodies intelligemment placées. C’est également le cas du chant, qui occupe grandement l’espace sonore. La voix principale de Marion se marie avec celle de la percussionniste Delphine (qui assure au passage son boulot de métronome tout en finesse) et du guitariste Valéry lors de refrains harmonisés avec justesse et sans superflus. La petite chanteuse paraît assez timide devant l’assistance et pourrait gagner en présence scénique (c’est la seule debout), mais comment en vouloir à ce petit bout de femme qui assure vraiment son chant et maîtrise parfaitement sa voix. Les quarante minutes de set prévues pour cette première partie ne sont pas honorées, puisque le combo quitte les planches au bout d’une demi-heure, mais les sourires sont affichés sur les visages de part et d’autre de la scène. Un moment apaisant et vraiment envoûtant (pour la brute avide de Metal que je suis, c’est un beau compliment !), ALTESSE PRUNE présente à mon sens des caractéristiques musicales qui, si elles ne sont pas révolutionnaires, peuvent en toucher plus d’un ! Et on préfère largement entendre de la bonne musique comme cela plutôt que les chèvreries que les radios nous donnent à bouffer… Une bouffée (justement) d’oxygène bienvenue avant l’arrivée énergique des Américains sur scène une petite demi-heure plus tard !




Les lumières s’éteignent en même temps que retentit la voix de Frank Sinatra en bande son, et quelques secondes plus tard, dans la pénombre, les quatre compères débarquent sur scène. Les lumières s’allument sur l’inévitable et enjoué "Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Eletric Drill Song) ", suivi de "Alive And Kickin’". La bonne humeur est au rendez-vous. Billy Sheehan souris, s’agite, chante et bien sûr shredde ! Se doigts se tortillent dans tous les sens sur la touche de sa désormais mythique Yamaha bleu ciel. Eric Martin, cheveux raccourcis, affiche sur son visage de poupon de larges sourires et n’hésite pas à vanner entre deux titres. Sa voix est parfois un peu limite sur certaines notes aigues, mais son timbre à la fois doux et rocailleux est toujours d’une efficacité remarquable. De son côté, Paul Gilbert, surdoué de la guitare que j’aime caractériser de bluesman-shreddeur, reste plutôt cantonné sur son côté droit mais à l’instar de ses compères de scène semble très heureux d’être là ! La décontraction est de rigueur, et les premières élucubrations des musiciens ne tardent pas à arriver puisqu’on a droit d’entrée de jeu à un solo harmonisé de basse et de guitare à la perceuse ! Pat Torpey est droit comme un « i » derrière ses fûts et assure une rythmique implacable de simplicité. Les classiques s’enchaînent, mais Mr BIG n’oublie pas pour autant son dernier effort avec un énergique "Undertow", premier titre de « What If » interprété ce soir, suivi de très près par "American Beauty", qui passe avec mention le test du live. Au total, ce sont six morceaux de cet album qui sont interprétés ! Les refrains faciles d’accès des titres du combo américain font plus que mouche, et le groupe mise encore et toujours sur son album phare « Lean Into It » sorti il y a maintenant vingt ans. Pas moins de six titres (aussi) issus de cet album sont joués ce soir, dont les trois premiers, c’est dire l’importance qu’accorde le groupe à leur plus gros succès. La ballade "Just Take My Heart", premier gros titre commercial du groupe entre alors en scène, bien suivi par le public.


Les titres s’enchaînent, Mr BIG piochant dans sa riche discographie de manière assez équitable, même si une impasse totale est faite (volontairement sans doute) sur les deux albums enregistrés avec le guitariste Ritchie Kotzen (« Get Over It », 2000 et « Actual Size », 2001). La fin de set est absolument énorme, avec des titres comme "Take A Walk", repris à pleins poumons par le public, ou l’excellent "Addicted To That Rush", tous deux issus du premier album du groupe. Les deux cordistes sont évidemment mis à l’honneur à tour de rôle. Paul Gilbert exécute une envolée guitaristique teintée d’émotion et de folie. Ses gammes blues sont déroulées à une vitesse folle, et son visage marque par de nombreuses mimiques ses allers-retours dévastateurs sur le manche de son instrument. Billy Sheehan s’octroie quant-à-lui dix bonnes minutes en solo avec le public, montrant d’une manière un peu longue tout de même tout son talent. Les techniques les plus incroyables y passent, du shred pur aux doigts au tapping à deux mains, l’Américain est insolent de dextérité et de maîtrise. L’exercice vire cependant un peu trop à la démonstration au bout d’un moment, et Mr BIG aurait pu caser au moins un titre supplémentaire en lieu et place de cet épisode virtuose un peu lourd, mais tout de même hallucinant à voir. L’excellent "All Around The World" du dernier album est un autre grand moment du concert, la communion avec le public étant intense. Les musiciens sortent brièvement de scène avant de revenir en remettre une dernière couche lors d’un rappel mémorable ! La ballade interplanétaire "To Be With You" précède un "Colorado Bulldog" démentiel, avant que le groupe n’échange les instruments (Sheehan au chant, puis à la guitare, Martin à la guitare, Torpey à la basse et Gilbert derrière les fûts) sur un "Smoke On The Water" totalement déjanté. Sheehan nous gratifie d’un solo de guitare « blackmorien » et démontre dans les derniers instants qu’armé d’un médiator, il est également un guitariste hors-pair ! Excellent moment !


A noter que la set-list de ce soir est en tout point semblable à celle du Bataclan à Paris la semaine passée, dommage pour ceux qui ont fait le déplacement de voir deux fois de suite le même concert… Mais ne boudons pas notre plaisir, Mr BIG a été gros…euh… grand ce soir !


L’heure est venue pour le groupe de quitter la scène après pas moins de 2h15 de show ( ! ). Les quatre membres de Mr BIG saluent longuement le public qui n’en finit plus de les acclamer, et Billy Sheehan, tout sourire, tape dans les mains des premiers rangs et enchaîne les « Merci beaucoup ! » qui transpirent la sincérité. Le bassiste a semblé vraiment ému et heureux de l’accueil du public strasbourgeois, qui a, il faut le dire, joué à 100% le jeu, et s’est éclaté ce soir. En grande forme sur scène, Mr BIG prouve qu’il n’a rien perdu de son envie ! On attend avec impatience le retour du cochon volant en Alsace !





SET LIST Mr BIG : 



  1. Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Electric Drill Song)

  2. Alive And Kickin’

  3. Green-Tinted Sixties Mind

  4. Undertow

  5. American Beauty

  6. Take Cover

  7. Just Take My Heart

  8. Once Upon A Time

  9. For You / Hoedown

  10. A Little Too Loose

  11. Road To Ruin

  12. Temperamental

  13. Still Ain’t Enough For Me

  14. Price You Gotta Pay

  15. Take A Walk

  16. All Around The World

  17. As Far As I Can See

  18. Addicted To That Rush


Rappel :



  1. To Be With You

  2. ColoradoBulldog

  3. Smoke On The Water (Deep Purple)

  4. Shy Boy (Talas) 



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