CHRONIQUES DE CONCERTS

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SYMPHONY X
Avec : DGM, PAGAN'S MIND, SYMPHONY X
Date du concert : 18-10-2011
Lieu : Rock School Barbey - Bordeaux [ 33 ]
Affluence : 400
Contact organisateur : http://www.base-productions.com
Interview :
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Date de la chronique : 01 novembre 2011 - Chroniqueur : Bodomania - Photographe : Bodomania


"SYMPHONY X à Bordeaux". Voilà une annonce qui risque de ramener un peu de monde... Après tant d'années, ils sont enfin de retour sur nos terres. On peut dire qu'il s'en est passé des plans progressifs, des montées vocales de Russel Allen et des soli de Michael Romeo, depuis. Nous voici donc à la "Rock School Barbey" pour cette affiche "Power metôl" organisée par "Base Productions". Et pour un mardi, le constat aurait pu être pire. La salle accueille déjà quelques porteurs de t-shirts du groupe américain, d'autres arriveront dans un timing bien personnalisé, cela dit, juste à temps pour l'arrivée de PAGAN'S MIND et DGM, qui feront office de guests, ce soir...


Lancement de la soirée avec DGM. Alors, excepté leur statut de première partie sur la tournée européenne de SYMPHONY X, qui est donc DGM? C'est un groupe de "Metal progressif" (ça tombe bien!) créé en 1994, tout droit débarqué de Rome, avec à leur actif un EP, sept albums et un dvd, "Synthesis", sorti il y a un an chez "Scarlet Records". Voilà pour la petite présentation, qui est déjà sacrément vendeuse. Maintenant, que nous réserve ce quintette en live? Nous allons très vite le découvrir, les choses étant bien faites, il est justement l'heure de les accueillir!


Ils ont décidé de nous offrir leur son le plus actuel ce soir, en oubliant les 15 dernières années et en se concentrant uniquement sur leur dernier album "Frame". Après un "Heartache" en ouverture, les Italiens vont nous servir 1/2 heure de "power metal", certes, assez classique dans le genre, mais qui ne manque pourtant pas d'intérêt ni d'accroche. Le son leur fera en revanche un peu défaut, cependant rien qu'avec l'image, nous sommes en droit de constater que Mark Basile s'égosille avec justesse, aisance et puissance derrière son micro, de sorte que les premiers rangs arriveront tout de même à distinguer ses envolées et celles d'Emanuele Casali, qui lui, sait manier son clavier (et son micro également, pour quelques backing). Mais passé ce souci technique, on se rend bien vite compte que nous avons affaire à un groupe qui a écumé quelques scènes déjà, et que leurs titres s'y prêtent plutôt bien. Le public est donc réceptif et se chauffe grâce à un "Enhancement" où se mêlent plans progressifs et rythmiques tranchantes portées par le bassiste Andrea Arcangeli, avec une touche de virtuosité amenée par les soli de Simone Mularoni. Fabio Costantino de son côté, cogne ses fûts comme un dératé, exemple parfait sur les parties "heavy speed" de "Brand New Blood". Le groupe terminera son set dans la bonne humeur et sous les applaudissements après quelques échanges de vocalise et quelques notes épileptiques et accrocheuses provenant d'"Hereafter". Malgré un son qui ne jouait pas en leur faveur et un registre musical peu révolutionnaire, ce premier groupe plein d'énergie aura assurément rempli son rôle en inaugurant les planches par un show accrocheur et dynamique.




La Norvège va à présent se charger de faire monter la température ambiante, après quelques minutes d'attente pour le changement de plateau. Ceci dit, l'attente sera de courte durée. Quelques instants seulement et nous découvrons déjà tout sourire le second groupe de la soirée. Le Norvégien est joyeux et et va nous le montrer. PAGAN'S MIND qui réunit quelques membres de BEAUTIFUL SIN et l'ex-batteur de JORN et FIREWIND nous offriront tout d'abord les trois premiers titres de leur dernière sortie "Heavenly Ecstasy", parue cette année même. Après 11 ans d'existence, 5 albums studio, 1 album live et 1 dvd, voyons ce que vaut ce deuxième quintette en "direct live"... Les musiciens s'installent en tout décontraction, avant l'envoi de "Contact", introduction aussitôt suivie par un "Eyes Of Fire" brûlant, c'est le cas de le dire, entouré de soli enflammés d'un guitariste en très grande forme, Jorn Viggo Lofstad, et de notes arabisantes servies par le plus long sourire (non-stop) de la soirée, celui du Maître Korg, Ronny Tegner. (Mais comment fait-il?)



Nils K. Rue n'est pas en reste, le mélodique et puissant "Intermission" nous laissera entrevoir ses capacités, au-delà du (trop) plein d'effets sonores, en variant avec facilité son chant et en poussant très haut dans les aigus. Des rythmiques incisives aussi, appuyées par le jeu de Steinar Krokmo, (membre de BEAUTIFUL SIN au côté du guitariste), d'où une complémentarité et une complicité évidente partagée par les autres musiciens, d'ailleurs. Chacun occupant son bout de scène à sa manière, nous avons d'un côté, un guitariste survolté et plein de maîtrise qui s'en va accompagner les levers intempestifs d'un des claviers de Ronny. De l'autre, un bassiste qui maltraite ses cordes tranquillement en nous octroyant régulièrement de quelques petits speechs en français avec humour, en vrac: "Nous sommes très contentes d'être là", une tentative d'explication pas forcément limpide avant un "Ok, juste écouter, c'est tout...", des paroles qui ne manqueront pas de rendre l'atmosphère encore plus détendue qu'elle ne l'était déjà. Quelques extraits de "God's Equation" nous attendent ensuite, avec tout autant de rugissements de guitare, de frontman plein d'assurance et de dérision, mais également un batteur caché derrière ses cheveux et ses baguettes qui nous démontrera, au même titre que les autres, son savoir-faire lors de l'instrumental nommé "Coming Home" (rempli de soli de toute part). Un medley issu d'"Enigmatic Calling" (2005). Un des moments forts de ce set qui se terminera en beauté par le tubesque "Through Osiris' Eyes". Musicalement impeccable et humainement très sympathique, avec des compositions riches (un brin épique) et une présence indéniable, PAGAN'S MIND a conquis la salle de Barbey ce soir. Un excellent moment passé grâce à eux, juste avant l'arrivée de la tête d'affiche...




Petit entracte... Cette fois, la grosse machine technique est lancée. Pendant l'installation, nous aurons le temps d'aller aux toilettes, de boire un verre, de prendre l'air ou d'en respirer du plus toxique encore, d'acheter quelques t-shirts et de reprendre un verre, avant d'aller reprendre un verre. Non, j'exagère, l'attente ne sera pas si longue, et tout le monde sait qu'on n'achète jamais un t-shirt avant le troisième verre. Bref, la venue du dernier groupe approche et l'excitation se fait sentir. Pas la peine de revenir sur les 17 ans de carrière de SYMPHONY X, les quelques albums et concerts (si peu), ont déjà prouvé ce qu'il y avait à prouver. C'est un super-groupe dirigé par de super-musiciens qui jouent du super-heavy metal progressif. Quatre ans se sont écoulés depuis la sortie de "Paradise Lost", alors afin de rattraper ce long silence, leur huitième album "Iconoclast" sorti cette année chez "Nuclear Blast" sera joué entièrement. Enfin, de ce dernier opus, il ne manquera réellement que "Prometheus (I am alive)", pour nous en donner l'intégralité. Et nous allons découvrir qu'écouter des titres à la maison, c'est bien, mais les voir et les écouter en live, c'est encore mieux, surtout lorsque le résultat dépasse l'enregistrement studio. L'attente a assez duré, n'en rajoutons pas, faisons entrer les bêtes...


"Iconoclast" a sonné, les arrangements néo-classique et la lourdeur rythmique aussi. Ceux qui auront peu écouté ou adhéré à cet album, devront faire avec, pas le choix, la setlist est bouclée. Et ce qui aurait pu paraître indigeste, passe plutôt bien en réalité. Le tout aéré par de nombreux échanges avec le public. Malgré quelques titres de référence oubliés et un son 2011 plus brut et direct (enfin, ça reste progressif, la durée des compositions nous le rappellera), les morceaux se suivent et nous renvoient à ce que l'on apprécie le plus dans leur musique... les soli supersoniques au clavier de Michael Pinella sur "End Of Innocence", le timbre et le charisme de Russel Allen passant d'un registre vocal féroce sur "Dehumanized" et "Bastards Of The Machine" à la plus plus pure des voix claires sur "When All Is Lost". Que dire de Michael Romeo qui, à chaque intervention solistique (c'est à dire le moment précis où les guitaristes de la salle tournent la tête vers la gauche pour prendre sa claque de technique), que dire?... Si ce n'est que le monsieur manie ses cordes avec toujours autant de dextérité. Parce que le tapping peut aussi se faire avec le sourire. Un exemple? Quel titre ne comporte pas une démonstration technique de la part du guitariste?, voilà plutôt la question qu'il faut se poser.



Mais au-delà de toutes ces prouesses, l'impact premier de la musique est bien présent aussi... La technique n'empêche pas l'émotion! Que ceux qui n'ont pas ressenti quelques frissons durant la sublime introduction piano/voix de "When all is lost" (où un silence contemplatif régnait) se manifestent immédiatement. Et la technique n'empêche pas l'humour! La dernière image que j'avais gardé de SYMPHONY X sur scène ne m'avait d'ailleurs pas laissé une telle impression, une telle chaleur humaine, et bien là, nous y sommes. Pendant la présentation du morceau, le chanteur reviendra d'ailleurs sur le temps passé sur la composition de ce nouvel album, la raison, je cite: "...because, we're really... we're really fucking slow!", la fin sera elle dédicacée à une spectatrice du premier rang. Entre les interjections de Michael Romeo, sollicité par Russel Allen, duo complice efficace et la découverte d'un membre de la fosse particulièrement impliqué, qui ne manquera pas de déclencher l'hilarité avec ses "Just play fuckin' heavy metal, man!", "I'm fuckin' John, man!", qualifié d'ovni et de "Fucking John" par le maître de cérémonie. De la dérision, des petits pas chaloupés, des bouteilles d'eau envoyées et un titre d'"Odyssey", tout de même, en fin de set. "Inferno (Unleash The Fire)" qui réveillera certains souvenirs, fera chauffer la basse de Mike Lepond et l'assistance toute entière. Voilà un morceau toujours aussi puissant, malgré le sentiment de fragilité ressenti sur certaines montées du chanteur, une petite lampée et ça repart. "The Divine Wings Of Tragedy" sera également représenté, le groupe achevant ce petit flash-back par un "Of Sins And Shadows" fédérateur, rythmé sauvagement par les baguettes de Jason Rullo. ...musique d'ascenseur... La scène se vide, un rappel est forcément de la partie, mais il se mérite. Alors, en avant pour quelques minutes de beuglement, de looongues minutes... Sont-ils partis? La lumière n'a pas été rallumé? Non, alors, on continue... Après donc, quelques rasades (d'eau?), en coulisse, de la part des musiciens, et une salle un peu refroidie pour le coup, ils reviennent enfin sur les planches pour nous délivrer un triple volet de morceaux tiré de "Paradise Lost". Minutes d'attente rentabilisées. Le public bordelais n'étant pas contre quelques petits extras (surtout ne sachant pas quand nous les reverrons ici), il fera remonter la température pour le final. Des applaudissement chaleureux résonnent dans Barbey. SYMPHONY X est passé par là...




Vous vouliez du "Power Metal" à Barbey? Vous en avez eu! Vous vouliez revoir SYMPHONY X à Bordeaux? C'est fait. Merci à "Base Productions"! Vous vouliez une première partie qui envoie? Merci à PAGAN'S MIND et DGM! Vous vouliez un live report plus court? Vous auriez pu l'avoir!


SETLIST DGM:



  1. Heartache

  2. Enhancement

  3. No Looking Back

  4. ... In A Movie

  5. Brand New Blood

  6. Hereafter


SETLIST PAGAN'S MIND:



  1. Contact

  2. Eyes Of Fire

  3. Intermission

  4. God's Equation

  5. United Alliance

  6. Coming Home (Extended instrumental medley version)

  7. Walk Away In Silence

  8. Through Osiris' Eyes (with "Coming Home" reprise)


SETLIST SYMPHONY X:



  1. Iconoclast

  2. The End Of Innocence

  3. Dehumanized

  4. Bastards Of The Machine

  5. Electric Messiah

  6. When All Is Lost

  7. Children Of A Faceless God

  8. Heretic

  9. Inferno (Unleash The Fire)

  10. Of Sins And Shadows


Encore:



  1. Eve Of Seduction 

  2. The Serpent's Kiss

  3. Set The World On Fire (The Lie Of Lies) 



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