CHRONIQUES DE CONCERTS

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WITHIN TEMPTATION
Avec : anneke van gierbergen, within temptation
Date du concert : 04-11-2011
Lieu : Rockhal Box - luxembourg [ Luxembourg ]
Affluence : 3000
Contact organisateur :
Interview :
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Date de la chronique : 10 novembre 2011 - Chroniqueur : La.Faux - Photographe : La.Faux https://www.facebook.com/pages/diane-rx-photography/210610619008162


Après un break bienvenu de quelques jours, les néerlandais de Within Temptation reprennent du service pour la seconde partie de leur gigatour européen, la première date étant une première pour eux : le Luxembourg, d’ailleurs sold out depuis quelques semaines. Pour l’occasion, c’est dans la grande salle adaptée en format « box » par des rideaux noirs (capacité 3 000 personnes) que Sharon Den Adel et sa clique viennent présenter leur nouvel album The Unforgiving, accompagnés de la néerlandaise –encore- Anneke Van Giersbergen, plus connue comme ex chanteuse de la formation The Gathering qu’elle a quittée en 2006 pour fonder Agua de Annique. Affiche alléchante en perspective, donc ! Au Luxembourg, on a coutume d’arriver tard, idéalement après un bon chocolat du Rockhal café juste à côté en admirant les photos de concert accrochées aux murs noirs ; c’est donc une petite heure avant l’ouverture des portes que la foule commence vraiment à s’amasser. Le concert commence tôt, au point que le public mettra quelques secondes à comprendre que le type qui vient de se pointer dans la pénombre et accorde une basse…ce n’est pas un technicien, c’est bien le bassiste d’Anneke ! Sans véritable intro donc, le groupe se place sur scène, et Anneke fera son apparition quelques secondes plus tard, radieuse dans un pantalon rouge cru assorti à son éternel rouge à lèvres. J’attendais de la voir depuis longtemps, et je n’ai pas été déçue : elle irradie véritablement la scène, manifestement très heureuse d’être là, et la foule –quoique connue pour ne pas être des plus « chaudes » comparativement à d’autres coins d’Europe –coucou la France- réagit positivement.



Il faut dire que malgré une setlist très courte, Anneke attaque fort en balançant Saturnine dès le deuxième titre, réveillant ceux qui n’ont pas vraiment suivi ce qu’elle est devenue depuis The Gathering. A cet égard, il n’est pas plus mal qu’Anneke ait abandonné en partie la dénomination Agua de Annique, assez déroutante, pour reprendre son propre nom, plus connu. On le retrouve d’ailleurs sur les deux grosses caisses de la batterie derrière elle. La claque est là : malgré un micro douteux par moment, la voix d’Anneke porte, puissante, ronde, expressive, et jamais hésitante. La néerlandaise dégage même un je-ne-sais-quoi assez rare pour être souligné, un charisme tout en chaleur qui gomme la relative monotonie des titres de sa carrière solo et le jeu tout en retrait de ses musiciens.



Si certains titres plutôt moyens en studio sont des révélations en live –I feel alive en a surpris plus d’un-, d’autres sont plus dispensables, notamment la ballade Circles qui donne un coup de mou à ce set déjà très –trop-court. Le titre le plus fédérateur sera probablement Hey Ok qui tient ses promesses, simple et facile à retenir, permettant au public de faire semblant de connaître les paroles de façon tout à fait convaincante. On en redemanderait donc encore quand Anneke quitte la scène en nous remerciant, sans quitter en revanche son large sourire !



Setlist : 1. Fury 2. Saturnine 3. My Boy 4. Circles 5. Hey Ok! 6. I Feel Alive 7. You Want to Be Free


Une petite demi-heure pile poil après, le noir se fait et le phénix en toile de fond se sépare en deux pour révéler un large écran –dont deux petits échos sont flanqués de chaque côté de la scène, respectivement sous les claviers et la batterie. C’est le court-métrage Mother Maiden qui introduit le concert, tout en cohérence avec l’univers de ce concept album et de la BD qui va avec. Shot in the Dark enchaîne juste après, et force est de reconnaître que si ce n’est pas le titre le plus mémorable en studio, il a toute sa pertinence en live. Sharon apparaîtra tout en haut de la scène, devant l’écran, avant d’emprunter les escaliers pour rejoindre son pied de micro sous un vacarme d’applaudissements et de cris –là encore, à nuancer par rapport à d’autres dates comme au hasard le Zénith de Paris deux jours plus tard. La pause de 4 jours se fait sentir : Sharon bondit partout, agitant son –ignoble- gilet blanc bouffant, souriant, sautant, et tout cela en assurant parfaitement le chant, ce qui n’a pas toujours été le cas depuis le début de la tournée.



Tandis que les photographes tentent bien que mal de la suivre dans le pit, In The Middle of the Night enchaîne déjà, encore plus rapide et plus fédératrice que la précédente. Cette chanson ne tient pourtant pas tout à fait toutes les promesses auxquelles on aurait pu s’attendre, mais la foule saute, applaudit et agite ses cornes en rythme, sans répit. Car oui, non contente de faire tourner les photographes en bourrique, Sharon n’accorde aucun repos au public, l’exhortant à se fatiguer autant qu’elle à tout instant. Bien que moins expressifs, les autres membres du groupe –hors claviers et batterie qui sont donc un étage au-dessus- interagissent souvent avec les premiers rangs, et le bassiste Jeroen nous gratifie d’un jeu de scène divertissant et bien à lui, avec force grimaces, comme s’il jouait avec un autre bassiste invisible pour nous. Les titres filent à toute vitesse, et les « pauses » ballades que sont Fire n’ Ice ou Lost arrivent comme des respirations bienvenues autant pour elle que pour nous. Si toute la première partie du set joue à fond la carte du concept album en suivant linéairement The Unforgiving, la diversification est de mise dès la sixième chanson qui n’est autre que Ice Queen. C’est un choix astucieux que de l’avoir choisie comme première « vieille » chanson représentée, avant même tout titre de The Silent Force ou The Heart of Everything, et la vidéo sur l’écran de fond se marie à merveille avec le titre. De façon générale d’ailleurs, la setlist est une tuerie, et les vidéos agrémentant la plupart des chansons apportent vraiment quelque chose en plus, notamment sur les ballades qui seraient probablement un peu trop plates sans les images.



Des incontournables comme Our Solemn Hour ou Stand my Ground –sur lequel Sharon enfile une espèce de cape noire façon famille Adams- tiennent toutes leurs promesses et ne font pas retomber la température. Par rapport aux précédentes dates de la tournée, Iron a été rétrogradée plus tard, créant un troisième pic bienvenu dans le concert après le second tant attendu, et qui ne déçoit pas : Sinead, pour lequel Sharon arbore cette fois-ci une veste à paillettes argentée –toujours moins pire que le gilet du début. C’est probablement la chanson qui étonne et dépote le plus de la soirée, dans un style boîte de nuit mais cornes en l’air inattendu et jouissif. La fin du set avant le rappel est un peu plus discutable : What have You Done vole la place d’un Hand of Sorrow ou d’un Truth Beneath the Rose qui auraient été beaucoup plus satisfaisants, et surtout l’enchaînement Angels/Lost est un sacré ventre mou avant le rappel. Il était logique que le set ne soit pas qu’un enchaînement de titres enfilés à toute vitesse, mais le doublé balladesque –le débat fait rage, mais je suis partisane du camp « Angels est une ballade » est de trop. Heureusement, le rappel tient ses promesses, avec See who I am et son introduction épique, et bien sûr l’incontournable Mother Earth, véritable fer de lance du groupe. Les néerlandais feintent le départ avant de revenir à nouveau sur scène pour le dernier titre du dernier album, Stairway to the Skies, un morceau dont j’attendais beaucoup et qui clôt à merveille le set.



Mention spéciale au superbe solo de Ruud en fin de chanson, pendant lequel Sharon peut présenter les deux nouveaux membres du groupe : Mike, le batteur, et Stefan, le guitariste qui remplace son époux Robert sur scène. Stefan semble d’ailleurs bien intégré au groupe malgré son arrivée récente : ses interactions avec Sharon sont nombreuses et les soli de Ruud ont été répartis entre eux. Lost prend d’ailleurs une dimension intéressante en live du fait du véritable dialogue des guitares, Sharon au milieu assurant mieux qu’en studio –oui oui !- sur les « buried alive » particulièrement exigeants de la chanson. De façon générale d’ailleurs, Sharon aura ébloui ce soir. Deux jours plus tard à Paris, la différence de niveau vocal après deux autres concerts et une journée entière d’interview se fera légèrement sentir.



En résumé, une superbe affiche qui a tenu toutes ses promesses, et un groupe disponible qu’on pourra rencontrer après le concert pour discuter setlist et fromage ! (…) 


Pour ceux qui ont eu la flemme de (tout) lire :


Tueries : Our Solemn Hour, Sinead, Iron, la forme vocale et l’énergie de Sharon, les grimaces de Jeroen, Saturnine par Anneke


Bémol : l’atroce gilet façon peau de mouton, Angels


Bilan : 9/10, coup de cœur 


 


Setlist : 1. Mother Maiden (court métrage) 1. Shot In The Dark 2. In The Middle Of The Night 3. Faster 4. Fire And Ice 5. Ice Queen 6. The Howling 7. Our Solemn Hour 8. Stand My Ground 9. Sinéad (avec court-métrage d’introduction) 10. What Have You Done 11. Iron 12. Angels 13. Lost ---- 14. See Who I Am 15. Mother Earth ---- 16. Stairway to the Skies



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