CHRONIQUES DE CONCERTS

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HAMMERFALL
Avec : Hammerfall, Vicious Rumors, Amaranthe, Death Destruction.
Date du concert : 05-11-2011
Lieu : Bataclan - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.base-productions.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 14 novembre 2011 - Chroniqueur : Hellbangeuse - Photographe : Hellbangeuse http://www.flickr.com/photos/hellbangeuse


Depuis la fermeture du Trabendo pour travaux en mars dernier et l'incendie de l'Elysée Montmartre, il semble que le Bataclan soit en quelque sorte devenu l'annexe de ces deux salles si chères au coeur des metalleux franciliens. On finit donc peu à peu à s'habituer au manque de ventilation de l'endroit et à ses lumières tantôt bleues tantôt rouges, toujours brumeuses et désagréables. C'est d'ailleurs ce soir au tour d'Hammerfall de prendre possession des lieux afin de défendre son dernier obus en date, "Infected", pour un début des hostilités et des premières parties dès 18h30.


Les suédois de DEATH DESTRUCTION sont d'ailleurs les premiers à s'y coller, avec bonne volonté et énergie à revendre. Difficile quand on vient de Göteborg de ne pas éviter une certaine consanguinité (excusez-moi du mot), c'est donc sans grande surprise qu'on retrouve Fredrik d'HAMMERFALL à la basse, qui joue donc deux fois par soirée, mais également deux membres d'Evergrey à la guitare et à la batterie. Seul le chanteur au look de coreux ne nous rappelle personne d'éminent... Raté, il a lui-même un temps officié dans Nightrage. Bref, tout ce petit monde a décidé ce soir de nous exploser les tympans avec du deathmetal à tendance coreuse, qui se rapproche du Deathcore sans en être pour autant un parfait exemple. La musique du quartet n'a d'ailleurs rien d'originale en soi au niveau des lignes de composition, l'ensemble reste globalement prévisible et sa seule empreinte personnelle semble être une pregnance affirmée de la basse, agréable en soi, mais probablement due à un surmixage pour mettre en avant Fredrik et sa double casquette sur la tournée. DEATH DESTRUCTION envoie néanmoins la sauce avec savoir faire, parvient à dérider une partie du public (sans pour autant transcender tout le monde) grâce à un dynamisme tout au long de la prestation, un son de bonne qualité et la volonté perceptible de donner le meilleur de soi. Une bonne première partie sans prétention démesurée quoi.




La démesure se présente quant à elle avec Amaranthe et ses trois chanteurs, là encore réunion de membres d'autres groupes bien connus (Engel, Panzerchrist, Kamelot, Nightrage), mais qui ne bénéficie pas de la même humulité et sincérité que leurs prédessesseur. Non pas que les personnalités qui composent ce groupe soient désagréables (elles seront au contraire très disponibles après le show), mais l'espèce de buzz médiatique qui entoure le premier album du groupe fait passer AMARANTHE pour un pur produit commercial surfait et lissé au possible. La prestation le sera tout autant, avec comme premier indice révélateur le manque de cohérance récurrent dans le passage de micro entre les trois chanteurs et la visible hierarchie qui règne entre-eux : Elize surnage largement au dessus de ses deux collègues. La vue de la ravissante chanteuse et de son déhanché devastateur sont agréables, mais un petit quelque chose manque dans sa présence et son charisme, probablement une touche un peu plus métallique qui nous ferait oublier cette impression de se trouver face à une performeuse de musique pop. Le Death mélodico-industrialo-symphonique du sextet est néanmoins mis en valeur par un véritable sens du rythme, des samples efficaces et une bonne communication avec le public, dont une large partie semble apprécier la prestation. L'interprétation du fameux single "Hunger", remportera la majorité des suffrages ; on ne peut pas dire qu'AMARANTHE soit un groupe insupportable, mais la promotion et le lissage qui l'entoure restent largement discutables.




La soirée prend un tournant plus sérieux et cohérent musicalement avec l'arrivée des américains de VICIOUS RUMORS sur scène, groupe mythique de Heavy Metal en puissance. Seul véritable maître à bord depuis les années 80, Geoff Thorpe (guitare) a vu nombre de musiciens défiler au sein du groupe, et pas moins de cinq chanteurs différents pour les cinq précédents albums. Difficile alors de penser que Brian Allen pourrait mener avec charisme le groupe le temps de la prestation, pourtant celui-ci se révèle être un chanteur hors pair, qui maîtrise les exigeances musicales du genre avec une rare finesse et un plaisir évident. La dynamique et le style restes certes résolument kitsch, ringard diront certains, mais n'est-ce pas justement ce qui fait la force d'un bon groupe de heavy qui assume sa musique corps et âme ? Plus que défendre son dernier album en date ("Razorback Killers", globalement bien accueilli par les médias européens), VICIOUS RUMORS vise ce soir à offrir un éventail avantageux de sa discographie pour satisfaire un maximum de personnes et brosser un tableau presque complet de ce que le groupe à pu offrir au Heavy Metal depuis ces vingt dernières années. Geoff et sa troupe prennent ainsi un malin plaisir à remonter jusqu'en 1988 avec le LP "Digital Dictator" (quel sens de l'intuition soit dit en passant) pour nous asséner une musique brute et sincère, qui parvient rapidement à électriser le Bataclan, preuve que le choix d'un tel groupe pour acccompagner HAMMERFALL ne s'est pas fait au hasard et avec un bon goût qu'il convient de souligner.




"Et maintenant, voici venu les Barbapapa"... Non, pardon, juste HAMMERFALL. Et c'est déjà tout un spectacle en soi, rien qu'à voir le plateau imposant qui se dresse maintenant sur scène, avec pour point dominant la batterie surmontant une large estrade dotée de néons lumineux. Un véritable programme pour ce soir, qu'une arrivée triomphale des cinq gaillards sur scène ne fait que confirmer. On remarque immédiatement la qualité sonore de chaque instrument, calibré comme il se doit, sonnant distinctement tout en laissant place à la frappe structuratrice et régulière d'Anders Johansson, comme l'exige le style. La cohésion humaine et scénique des musiciens saute aux yeux, on sent comme une osmose qui règne sur scène et qui permet à chacun de donner le meilleur de soi-même tout en servant la musique du groupe. L'ambiance qui règne dans la salle, sans pour autant être tout à fait extatique, se révèle suffisamment chaude pour entendre les cris de certains fans qui profitent autant qu'ils le peuvent d'une prestation (il faut bien l'admettre) monstrueuse. Bien conscient du pouvoir qui repose entre leur mains, HAMMERFALL a décidé de dresser une set-list regroupant la plupart des meilleurs titres que le groupe compte à son actif, tout en déclarant avec humour que quand on est dans un groupe aussi important qu'Hammerfall, on a tout le temps chez soi de voir quels sont les titres qui ont été le plus téléchargé par les fans (légalement bien sûr) et d'en faire une set list pour la tournée suivante. Nous voilà prévenu, et c'est sans grand ménagement que les brillants "Steel Meets Steel", "Legacy of King", "Last Man Standing", "Let the Hammer Fall", et bien d'autres encore nous sont assénés avec charisme et entrain par la bande de Joacim. Seule la balade "Glory to the Brave" ne semble ici pas à sa place, bien que certains sauront apprécier ce moment de répit avant le grand final "One More Time"/"Hearts on Fire", qui finit d'achever tout le monde au bout d'une bonne heure et demie d'un set affreusement efficace, qui aura écrasé tout sur son passage.





HAMMERFALL nous prouve être toujours en forme malgré les années et le dernier "Infected" n'a finalement pas été le centre des débats de l'après concert, l'album étant finalement moyennement mis en avant par la set-list. Une soirée réussie, grâce également à la prestation des Américains de VICIOUS RUMOURS, qui ne restera en revanche pas trop marquée par celles d'AMARANTHE et DEATH DESTRUCTION.



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