CHRONIQUES DE CONCERTS

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Neckbreaker’s Ball Fest IV
Avec : Omnium Gatherum, GurD, Varg, Mercenary, Eluveitie, Dark Tranquillity
Date du concert : 08-11-2011
Lieu : Le Bataclan - Paris [ 75 ]
Affluence : 900
Contact organisateur : http://www.myspace.com/garmonboziainc
Interview :
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Date de la chronique : 22 novembre 2011 - Chroniqueur : La.Faux - Photographe : La.Faux https://www.facebook.com/pages/Diane-Rx-Photography/210610619008162


C’est un véritable mini-festival que ce Neckbreakers Ball Fest IV qui a fait la tournée des salles européennes, et qui s’arrête donc au Bataclan ce mardi 8 novembre. Mais que se cache donc derrière ce nom vaguement barbare et alléchant ? Va-t-on valser et festoyer à la fois ? Va-t-on véritablement sortir de là le cou brisé, la nuque cassée, les cervicales émiettées ?


Ce sont les finlandais expérimentés d’Omnium Gatherum qui ouvrent le bal –c’est le cas de le dire- à 16h30 à peine. La salle est plutôt correctement remplie pour l’heure quasi matinale sur le fuseau horaire des concerts, mais il fait déjà chaud, ce qui augure le meilleur (…) pour la suite. Les rumeurs qui disaient que le Bataclan avait amélioré son système de ventilation pour ne pas réitérer les 40°C comme pour Amon Amarth en mai dernier s’avèrent donc totalement infondées, hélas. En revanche la salle tient toujours sa réputation acoustique –concernant les lumières, ce sera plus inégal. La centaine de personnes déjà présente contre la barrière réagit plutôt positivement au death mélodique du groupe (que je n’ai toutefois pas trouvé très mélodique, mais passons), grâce notamment à la présence électrique du chanteur Jukka –rien à voir avec le batteur de Nightwish- qui ne cesse de s’agiter en tout sens, d’exhorter le public et de de courir aux quatre coins de la scène, du reste raccourcie en profondeur par la batterie en hauteur, le matériel de Dark Tranquillity occupant le fond de celle-ci. Les autres membres du groupe ne sont pas en reste, les guitaristes notamment occupent bien l’espace entre deux soli. Musicalement, le son est sympathique mais pas révolutionnaire. A réécouter en studio pour se faire un avis plus poussé !




Vingt courtes minutes plus tard, c’est au tour des suisses de Gurd (qu’il faut écrire GurD) de monter sur scène. Je ne sais pas pourquoi ce nom me laissait augurer un groupe bien bourrin et bien extrême…mais pas du tout en fait, il s’agira plutôt d’une sorte de mélange de néo et de thrash. Relativement inconnu au bataillon, le quartet ne convaincra pas vraiment l’auditoire, moins remuant et réactif que sur le groupe précédent. Le temps paraît un peu long malgré un guitariste aux faux airs de Novak Djokovic (…) qui apporte une bonne présence. Les morceaux se ressemblent beaucoup, hormis le dernier qui sortira résolument du lot, plus lourd et cadencé, bref meilleur, réveillant un peu plus la salle. C’est donc sur une touche plus positive que le groupe quitte la scène pour laisser la place à Varg.




La foule se fait plus nombreuse et plus resserrée contre les barrières pour les allemands de Varg (dont le nom est en réalité suédois, signifiant « loup »), peinturlurés de rouge et noir et ressemblant donc à s’y méprendre aux finlandais de Turisas. Leur style viking metal n’aidera pas à ne pas faire le rapprochement entre les deux formations. Toutefois, ni violon ni accordéon, ni même clavier sur scène : les instrumentations plus folkloriques sont assurées par des samples, et seule une formation classique chant-guitares-basse-batterie est présente en live. Bien que leur musique pagan n’apporte rien de nouveau au genre, il faut reconnaître qu’on passe un très bon moment et qu’on ne voit pas le temps passer. Les morceaux sont efficaces, le chanteur est omniprésent, l’univers n’est pas original –des panneaux de loups flanquent la salle ainsi que le drapeau rouge et noir du groupe- mais il fonctionne parfaitement, l’ambiance est clairement réchauffée par ces musiciens aux visage et bras de feu qui headbanguent à tout va. Les premiers vrais pogos apparaissent, et une partie des gens restés au fond ou au merch se rapprochent de la scène. Pari réussi pour ce groupe qui fera véritablement démarrer la soirée !




Tandis que la salle se remplit encore, les danois de Mercenary font leur apparition sous les cris de la foule –manifestement le groupe a ses fans, probablement grâce à leur dernier passage à Paris en février dernier en ouverture de Symphony X. « Coincé » entre Varg et Eluveitie, le style death mélodique -mais là encore le mélodique est à prendre avec des pincettes, rien à voir avec un Ghost Brigade ou un …Dark Tranquillity surtout depuis le départ du claviériste du groupe, non remplacé- tranche, rappelant que le Neckbreakers Ball Fest a une affiche somme toute éclectique quoique la dominante death soit indiscutable. L’accueil est meilleur que je ne l’aurais pensé, sachant notamment que les fans d’Eluveitie se sont déjà massés en avant pour être bien placés pour la suite.




Personnellement, j’ai trouvé leur prestation un chouia en dessous de celle en ouverture de Symphony X, mais la bonne humeur de René Pedersen, cumulant la basse, le chant clair et les growls –un véritable homme orchestre !- est communicative. Quand on pense qu’il a du prendre le rôle de leader au pied levé après le départ des deux principaux membres du groupe récemment, on peut être plutôt satisfait de sa capacité à avoir repris les rênes. Il fera d’ailleurs beaucoup bouger la salle, dont un wall of death made in Mercenary (« allez-y n’ayez pas peur, c’est un spécial Mercenary donc personne ne se fera mal ! »).




Setlist :



  1. In Bloodred Shades

  2. In A River Of Madness

  3. Through the Eyes of the Devil

  4. The Black Brigade

  5. On the Edge of Sanity

  6. The Follower

  7. The Endless Fall


L’ambiance change du tout au tout alors que les suisses d’Eluveitie se préparent à monter sur scène –et lorsqu’on doit y monter à 8, une sacrée logistique s’organise… Le Bataclan est à présent plus que correctement rempli malgré un balcon vide, et surtout ca serre et se pousse pour être placé au mieux. Et le public ne sera pas déçu, car le death folk/pagan du groupe prend toute sa dimension en live –bien plus qu’en album. Les premiers slams auront même lieu alors que les photographes sont encore dans le pit. Quoiqu’un peu à l’étroit sur la scène toujours raccourcie en profondeur, les suisses s’en donnent à cœur joie devant une audience toute acquise à leur cause.



Saluons notamment la présence scénique du chanteur Chrigel qui arpente sans cesse la scène pour haranguer le public, quand il ne joue pas de la flûte ou de la mandore –oui, oui… Les deux membres féminins du groupe, la violoniste Meri et la joueuse de vielle à roue –oui, oui…- Anna, le secondent parfois au chant, surtout Anna qui a d’ailleurs gagné plus d’importance vocalement dans les derniers albums. La setlist est globalement irréprochable, notamment un placement tôt de l’hymne Inis Mona-mais si vous connaissez, dans la vallééééééée oh oh de Dana, lalilala...- ou de l’incontournable Quoth the Raven. On peut toutefois se demander pourquoi diable retirer Thousanfold de la programmation alors qu’il s’agit d’un single du groupe, ce qui provoquera la déception de l’auditoire.



Pour autant, l’heure de show passe très vite. Les balances ont été à peu près correctement faites, surtout sur le violon que l’on entendra très bien –un peu moins sur la vielle à roue et les flûtes-, ce qui est un plus non négligeable pour profiter du groupe. Un show qui m’a donné envie de me replonger dans la discographie du groupe sans tarder ! Après moults remerciements de Chrigel qui félicite le public parisien et évoque l’album en préparation, le groupe quitte la scène pour laisser la place à la seconde tête d’affiche de la soirée, les suédois de Dark Tranquillity.



Setlist :



  1. Otherworld

  2. Everything Remains As It Never Was

  3. Nil

  4. Inis Mona

  5. Slanias Song

  6. Quoth the Raven

  7. The Song of Life

  8. Your Gaulish War

  9. Kingdom Come Undone

  10. The Somber Lay

  11. Tarvos

  12. Tegernakô


C’est avec quelques minutes de retard que les suédois viennent mettre le feu dans un Bataclan déjà étouffant, et encore plus rempli que pour Eluveitie –une très bonne performance quand on pense qu’Alice Cooper et Iced Earth jouent à Paris le même soir. Comme on pouvait s’y attendre, le public a changé : les premiers rangs arborant les tee-shirts Eluveitie se sont un peu reculés, et les tee-shirts Dark Tranquillity s’agitent près de la barrière. La scène a enfin retrouvé sa profondeur normale, la batterie étant placée sur un petit podium arborant une banderole « Dark Tranquillity » (what else ?), un écran en toile de fond. Des spots ont été ajoutés pour l’occasion, créant des nuances de lumières intéressantes. Pourquoi donc m’attendais-je à ce que le groupe soit froid ? Mystère. Ouvrant sur la jouissive Terminus, Mikael, charismatique et remuant chanteur, se chargera de me donner complètement tort en quelques minutes, par une présence et une banane incroyable tout au long du set. Tandis que les slammeurs pleuvent sur les photographes –votre humble dévouée s’est fait « sécuriser » à deux reprises par les vigiles, trop occupée à shooter comme si sa vie en dépendait- le groupe enchaîne une setlist complètement maboule, l’ambiance sombre et froide des morceaux parfaitement relayée par les vidéos à l’écran… et tranchant donc avec l’attitude enthousiaste et enthousiasmée des membres. Une fois encore, les balances sont impeccables, permettant au claviériste d’apporter la touche instrumentale tant appréciée du groupe –ça, c’est du death mélodique!.



Mikael se veut proche du public, et lorsqu’il ne se penche pas à l’extrême bord de la scène au point de faire peur à la sécurité, il vient carrément sur la marche des crash barrières pour chanter au plus près de la foule, serrant des mains et le sourire jusqu’aux oreilles –growler et sourire, pas mal. Il viendra sur Lost to Apathy mais aussi sur la quasi-totalité de Dream Oblivion, slammant même sur la foule aux anges avant d’être porté sur scène.



En bref, une grosse claque, un show magistral ! Ni trop grandiloquent ni trop minimaliste, alternant parfaitement les albums de la carrière du combo avec un fort accent sur Fiction (au détriment peut-être du dernier né We are the void, « seulement » 4 titres), ainsi que les tempos rapides et les tempos plus lent, j’en veux pour preuve la magnifique The Mundane and the Magic parfaitement positionnée mais aussi Into the Particle Storm. Sur cette dernière, une introduction curieuse de Mikael qui demande si on veut du encore plus bourrin, alors que le titre au contraire est plutôt plus mélodique et moins frénétique que ce qui a pu être joué avant. Un autre temps fort du concert sera bien sûr Zero Distance que la foule annoncera pour le groupe –« ah mais vous en avez entendu parler ? waou » sic- avec le clip projeté en fond. Mikael louera d’ailleurs plus d’une fois le public parisien tout le long du set, « f*****g great as always », et il provoquera une bonne vague de bonne humeur en disant qu’il pensait avoir trouvé la salle la plus torride à Londres, mais qu’à Paris, ça bat tous les records -il ne parlait pas (que) de la foule…à bon entendeur.



Un autre rire général lui fera écho quand il débitera son petit discours selon lequel « Vous savez bien qu’avec nous, le rappel c’est pas « on s’en va et vous criez pour qu’on revienne », donc pourquoi on changerait ? Autant continuer à jouer non ? Donc voilà notre rappel ! ». Et c’est devant une foule encore plus ardente –et les vigiles auront du boulot en slam- que les trois derniers titres se succèdent très vite, trop vite ! Mikael revenu visiter le premier rang du haut des barrières aidera même les vigiles à dégager un slammeur tout en continuant à growler comme si de rien n’était. C’est sur un magistral The Fatalist –là aussi avec le clip- que le groupe clôt une soirée à la programmation et au déroulé quasi sans faute. Comme s’il craignait de ne pas avoir déjà acquis la foule entière à sa cause, Mikael descendra dans la fosse pour serrer la main du premier rang, jusqu’au bord du pit où se trouve votre humble dévouée inclus, avant de distribuer quelques bières –décapsulées s’il vous plaît-, et d’enfin quitter la scène, mais à reculons. Et c’est à reculons aussi que le public se disperse lentement… Un grand show pour un grand groupe, qu’on a déjà hâte de revoir. « F*** yeah, thank you !! ». C’est Mikael qui le dit, mais on l’a tous pensé ce soir.



Setlist :


Terminus (Where Death Is Most Alive)


In My Absence


The Treason Wall


Lost To Apathy


The Wonders At Your Feet


The Mundane And The Magic


Blind At Heart


The Sun Fired Blanks


Inside The Particle Storm


Zero Distance


Dream Oblivion


Final Resistance


Misery's Crown


The Fatalist


 



Pour ceux qui ont eu la flemme de (tout) lire :


Tueries : TOUT ! La présence et la générosité incroyables de Mikael, la setlist irréprochable, la réactivité du public parisien…et puis mettre Eluveitie et  Dark Tranquillity sur la même affiche !


Bémol : Trop court ! 1h10 seulement, c’est trop peu.


Bilan : 9,5/10, gros coup de cœur




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