CHRONIQUES DE CONCERTS

pavillon 666 webzine metal rock TOUTES LES CHRONIQUES pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUÉ pavillon 666 webzine metal rock ÊTRE CHRONIQUEUR


Hatesphere
Avec : Hatesphere, Atlantis Chronicles
Date du concert : 16-12-2011
Lieu : Le Glaz’art - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.garanceproductions.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 25 décembre 2011 - Chroniqueur : Bakounine - Photographe : Bakounine


16 Décembre 2011 : 11 heures du matin, Saint-Vrain, Essonne profonde : Alors que je suis au travail, un coup de fil me contacte pour effectuer le live-report d’un concert au Glaz’art d’un groupe que du fait de ma fatigue relative et de la mauvaise qualité de la ligne, j’interprétais comme « Ekzvyr » et supposais être un obscur combo de black metal, j’acceptais et me rendrais finalement compte qu’il n’en sera rien…


19 heures, Paris, Glazart : Une foule pour le moins éparse attend l’ouverture des portes avant ce show d’Hatesphere, groupe de thrash danois. Leur réputation, notamment en live et leur dernier album plutôt bien accueilli par la chronique (notamment par ma collègue Teenage.Whore) auraient certainement dû leur valoir une certaine affluence, il n’en sera rien. Il s’agit pourtant de la seule date française de la tournée du dernier album « The Great Bludgeoning ». Alors, est-ce la présence de Morbid Angel pas très loin à la Machine du Moulin Rouge ou simplement le relatif désintérêt de la scène française pour ce groupe, ou encore (le plus probable à mon avis) lié à la simple diminution de l’affluence pour la majorité des concerts dans Paris ? Toujours est-il qu’il n’y aura pas énormément de monde, même si certains sont venus de loin (Toulouse notamment) pour l’évènement.


Un bon quart d’heure après l’ouverture des portes, mon badge photo en poche (Aura-t-il été réellement nécessaire ?), les gars d’Atlantis Chronicles se présentent sur scène pour assurer l’unique première partie. Groupe local, ils sont venus avec une petite armée de caméraman pour filmer des extraits qui assureront la promotion de l’album à venir. Quelques amis du groupe sont également présents. Pour le reste du public, le nom demeure relativement (voir complètement) inconnu. Le groupe, qui ne devrait pas tarder à sortir deux albums a déjà produit deux Ep sous le nom d’Abyss (sans « E ») avant de décider d’un changement de nom pour éviter les confusions avec l’autre groupe « Abysse ». Ils évoluent dans un registre death metal progressif assez varié pour être intéressant, sans perdre une certaine cohérence d’ensemble.



Le groupe va entamer son show courageusement devant un public loin de leur être acquis et plutôt distant, un bon mètre cinquante séparant l’avant de la foule de la petite scène du Glaz’art. Pourtant, cela n’entamera pas l’enthousiasme des cinq musiciens qui enverront leur death metal bien construit aux séquences rappelant tantôt Cynic, tantôt Immolation ou encore The Black Dahlia Murder. Le chanteur, pieds nus comme un de ses guitaristes est plutôt actif sur scène et son growling puissant haranguera sans cesse réchauffera peu à peu une audience qui restera tout de même d’une sagesse absolue tout le long du set se contentant d’écouter sans réellement participer.



Les musiciens ne seront pas en reste, souriants et motivés, la palme de l’énergie revenant à l’un des guitaristes qui prendra des positions relativement acrobatiques, plante du pied sur l’intérieur du genou dans ce qu’on appellera « la position de la Grue ». Son comparse, aux faux airs de Tosin Abasi (« Animals as Leaders ») recevra lui la palme de la banane, tout en nous régalant de soli shreddés tout en tapping. La prestation sera très correcte, que ce soit au niveau du son, de la technique ou de la présence sur scène et lorsque leur show s’achèvera après un morceau de l’album à venir, ils partiront quand même sous des applaudissements nourris. Si tout le monde n’aura pas été emballé par leur prestation notamment du fait des nombreux changements d’atmosphère lié au coté technique-prog, personne ne dira qu’elle a été ridicule. Bref, ils ont pour le moins assuré dans des circonstances pas parfaites pour eux.



Setlist :

Intro
Embrace The Abyss
Beyond The Lighthouse
Architeuthis Dux
Ten Miles Underwater
Interlude
Homocene
Behold The Kraken
Echoes of Silence
Thousands Carybdea
Outro




Après une pause d’une durée raisonnable, Hatesphere est en place, et après une courte intro relativement débile (ça ressemble à un générique d’une série américaine vieillotte…), ils laissent exploser les décibels. Et tout de suite le constat est évident : le groupe malgré un line-up pas mal remanié maitrise clairement son sujet : le son est puissant, chaque musicien sait clairement ce qu’il fait, les solos que jouera l’unique soliste restant dans le groupe (il joue également ceux que jouait l’autre soliste) seront parfaitement exécuté, et l’impression de mur sonore est réellement présent à chaque instant avec une rythmique en béton armé et notamment une basse très audible; si la musique est plus simpliste et moins léchée que le groupe précédent, elle est d’une redoutable efficacité, le growling du chanteur possède une indéniable touche hardcore très puissante même s’il variera quelque peu sa voix tout au long du set, avec plus ou moins de réussite car parfois cela entrainera une diminution de volume qui la cantonnera derrière les guitares.



Mais la grande force d’Hatesphere réside à n’en pas douter dans une impressionnante présence scénique incarnée avant tout par le chanteur, véritable mastodonte impressionnant malgré sa petite taille, extrêmement actif et communicatif ; il tape dans les mains du public, headbangue à qui mieux mieux, fait des grimaces aux photographes présents, singe un violoniste sur une introduction mélodique, tire les poils de jambe d’un de ses guitaristes, bref il est déchainé. Tous en shorts et en T-Shirt de diverses groupes (notamment Obituary ou leurs compatriotes d’Artillery…), chaque musicien imposera quand même sa propre présence malgré cet incontestable leadership, à commencer par le bassiste, au physique bien plus espagnol que danois, et qui joue tout aux doigts (il porte d’ailleurs sur la courroie de sa basse un amusant badge « interdit aux médiators ») et n’hésite pas à venir directement au contact du public ou à aller raconter des blagues à ses compares, les guitaristes sont un peu plus en retrait, surtout le soliste même si comme le batteur ils demeurent souriants et expressifs. Et le public est clairement réactif, le contraste avec le groupe précédent est d’ailleurs éloquent avec un rapproché de la petite foule présente jusqu’au bord de la scène : les gens sont là pour eux et on le voit tout de suite. Quelque plaisanteries seront échangées : Après avoir joué « Need To Kill », le chanteur dira qu’il « Need to Kill this Beer » et joignant le geste à la parole, il fera un cul sec entier de la bouteille de 33 cl qu’il a en main qui ne sera d’ailleurs pas son seul de la soirée, il nous dira en français qu’il « voudrait bien manger du fromage » (C’est bête j’en avais pas dans les poches…). On notera également cet étonnant dialogue : « Do you Want some old stuff ? » Public : « Yeah » « Do you Want some new stuff ? » Public : « Yeah ! » « And do you want somewhere in between stuff…» Bref, tout ça pour dire que le groupe maitrise clairement son sujet sur scène et qu’ils sont comme chez eux lors de ce concert pour lequel la réaction des gens présents sera très positive.



Etonnement, le groupe n’a pas du tout mis l’accent sur leur dernier album dont ils ne joueront que deux morceaux vers le début de leur set ; en revanche ils piocheront allégrement dans toute leur discographie depuis leur premier album éponyme en 2001 (représenté par Bloodsoil » aux albums plus récents, que ce soit « To The Nines » et surtout « Serpent Smiles and Killer Eyes » (2007) album le plus représenté ce soir. Enfin, le groupe nous quittera sur deux morceaux plutôt anciens : un énorme « Disbeliever », vraiment une tuerie en live et enfin « Sickness Within » avant de nous quitter sans rappel, après un set d’une grosse heure et quart, court mais intense ; cela dit nous, on en aurait bien repris un peu…



Setlist :


 Intro
Lies And Deceit
500 Dead People
Low Life Vendetta
Need To Kill
Murderous Intent
Intro + Resurrect With Vengeance
The Coming of Chaos
Oceans of Blood
Bloodsoil
Intro + Drinking with the King of The Dead
Forever War
Let Them Hate
Disbeliever
Sickness Within.


Au final la soirée se terminera à un horaire plus que raisonnable, et après quelques instants de discussion avec les groupes et des signatures et photos, il faudra regagner ses pénates puisque suivra une soirée electro-dance dans la salle. Au final, on gardera le souvenir d’une excellente soirée passé avec un groupe qui risque de pouvoir faire de très bonnes choses à l’avenir, et une tête d’affiche très sympathique qui aura démontré ce soir la preuve de tout son talent, vraiment un groupe de scène…



no images were found