CHRONIQUES DE CONCERTS

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Stille Volk
Avec : Stille Volk, Folge Dem Wind, O An Thar
Date du concert : 12-02-2012
Lieu : Le Klub - Paris [ 75 ]
Affluence : NC
Contact organisateur :
Interview :
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Date de la chronique : 21 février 2012 - Chroniqueur : Bakounine - Photographe : Bakounine


La scène pagan parisienne se pressait en nombre en ce dimanche soir malgré les frimas hivernaux. Et c’est devant un Klub qui affiche complet que je me retrouve pour ce concert des folkeux toulousains de Stille Volk, le premier à Paris depuis un show en 2010 au Cernunnos Pagan Fest à l’Elysée Montmartre, me-semble-t-il. C’est d’ailleurs déja la même association en l’occurrence les Acteurs de l’Ombre qui avaient été à l’origine de leur venue, de même qu’en 2007 pour un autre Cernunnos… On est d’ailleurs en présence de nombreuses têtes connues si l’on suit la scène, notamment des musiciens d’autre formations tels Nydvind. Pas de Cernunnos en ce début d’année, pas de Paganfest non plus qui évitera Paris malgré le line-up le plus intéressant depuis des années (Primordial, Negura Bunget, Solstafir, voila qui aurait changé des éternels Korpiklaani, Ensiferum et consorts…), peut-être sont-ce des éléments à prendre en compte et qui pourraient expliquer le succès de ce concert et les quelques personnes qui se seront malheureusement vues refusées l’entrée… Sans doute également les premières parties issues de la région et qui auront fort logiquement ramené des supporters. La petite taille du Klub a évidemment son importance mais on en arrive toujours à l’inévitable problématique pour l’organisateur de concert (ou de tout évènement festif) à savoir estimer l’audience en avance et évaluer le risque de prendre une salle de contenance intermédiaire en pariant sur le succès du concert ou assurer le coup en prenant plus petit… En tout cas l’affiche est clairement éclectique bien dans l’esprit entretenue par l’association, avec trois groupes évoluant dans des registres très différents, certes toujours dans des styles associés au pagan mais assez éloignés musicalement parlant.


A peine le temps de jeter un œil au stand de merchandising au deuxième sous-sol où l’on notera la présence d’un stand Battlesbeer vendant les cds autoproduits de quelques petits groupes français (Nightcreepers, Valland, Cave Growl…) qu’il faut remonter au premier sous-sol pour ne pas rater le début du concert, quitte à se tasser contre un pilier (en pierre, pas un rugbyman...) O An Thar, le groupe qui ouvre aujourd’hui est un jeune groupe essonnien relativement confidentiel (léger euphémisme pour ne pas dire qu’ils sont quasiment inconnus…). En effet, le groupe n’a encore aucun album, Ep ou même démo à son actif. Qu’importe, ils sont là pour vendre chèrement leur peau avant les plus grands groupes. Ils évoluent dans un registre folk metal doux avec voix féminine et flûtes. Le show démarrera assez doucement et je mettrais un peu de temps à rentrer dans la musique du groupe, desservie malheureusement par un léger déséquilibre avec un peu trop de basse par rapport à une guitare difficilement audible durant le set. Mais je me suis vu entraîner peu à peu dans l’harmonie dégagée et les talents des musiciens car le groupe, loin de faire dans le grandiloquent préfère faire passer ses mélodies en douceur. Le flûtiste est talentueux et distille ses trilles qui donneront l’originalité à leur musique. La jeune chanteuse est le charme incarné tout en douceur et en sourires timides. Sa voix n’est pas totalement dans les standards mais imprime son charme personnel à la performance. La rythmique est par contre plutôt simpliste avec une batterie minimaliste sans que cela s’avère choquant. Cela n’empêche pas des titres comme « A Tale of Forgotten Times » de bien envoyer. Le public ne s’y trompera d’ailleurs pas et l’énergie sera au rendez-vous notamment lorsque le groupe annoncera qu’un des morceaux serait filmé à but promotionnel. Le groupe proposera deux reprises : la ballade d’Ensiferum : « Tears » et surtout pour finir la fameuse « Levan Polka » chanson populaire finlandaise dont la version la plus connue est celle du groupe pas metal du tout Loituma, devenue célèbre grâce à une animation flash pondue par des geeks d’Internet et nommée la chanson du poireau représentant un personnage du dessin animé japonais « Bleach » faisant tourner en rond le susnommé légume sur une boucle musicale absolument insupportable. Plaisanterie mis à part, ce morceau a vraiment l’intérêt de sa capacité à faire bouger le public et on atteindra vraiment le climax du concert lors de celui-ci. On aura même le droit de l’entendre deux fois, puisque lorsque le public réclamera un bis, la chanteuse Marlène sera forcée d’avouer que n’étant que depuis trois mois dans le line-up, elle n’avait pas eu le temps de bosser d’autres morceaux hormis ce set. On en reprendra donc une petite louche sans trop abuser puis le groupe partira sous des applaudissements mérités.



Avec Folge Dem Wind, on comprend très vite qu’on ne sera pas exactement dans la même atmosphère que celle du premier groupe. Musiciens peinturlurés en couleurs blanchâtres, des amis du groupe demanderont qu’un périmètre de sécurité soit délimité en avant de la scène afin que puissent être déposés deux jattes remplies l’une de sang, l’autre d’argile. Tout être prudent s’écartera se demandant ce qui devait se passer. Le chanteur viendra non pas avec un récipient pour jouer à effectuer de macabres mélanges, comme je le pensais mais avec un monsieur attaché. Le chanteur s’amusera alors à tremper la tête du pauvre gugusse dans les récipients l’un après l’autre selon le rythme de l’introduction, en accélérant bien évidemment éclaboussant quelque peu l’assistance malgré le repli prudent de celle-ci. Par contre lorsque la musique débutera, elle ne manquera pas de se rapprocher et d’accomplir moult pogos sur le sol glissant porté par le black metal du groupe. Le groupe démontrera tout son talent lors de son show avec un son très correct, mettant en avant les qualités d’un groupe de black très intéressant passant par des passages pagan plutôt efficaces et d’autres sonnant assez rock nous montrant que les bases du black metal sont aussi là, voir parfois des ponts acoustiques sans qu’aucun de ces éléments ne soit présent de manière systématique. Une musique clairement pas monolithique, portée par des musiciens maitrisant leur domaine. La présence d’un vrai frontman est également assez importante puisqu’il amènera par son dynamisme, ses mimiques et également son excellente voix, une atmosphère tout du long, n’hésitant pas à venir au contact du public jusqu’à s’allonger au milieu à la fin. La setlist aura intégré des morceaux des deux albums et également leur première démo jouée quasiment dans son intégralité. Le groupe partira sous des hourras après un très bon show de black pagan occulte à souhait et impressionnant.


Setlist (je pense complète mais je ne suis pas sûr à 100 % qu’ils aient joué l’intégralité)

…Of Primordial Whirlwinds
Enter the Woods
… Of Blood and Ether
Thus Echoes The Earth
Hail The Pagan Age
Awakening In Unity
The Blazing Celebration
Between Water And Earth
… Of Bloody Hands And Mocking Stars
Bis : Unholy Anthem To The Children of Wrath



Voici enfin venu le moment tant attendu : la tête d’affiche, en l’occurrence les troubadours médiévaux sudistes dont les concerts ont excellente reputation (en tout cas pour ma part, je les préfère de beaucoup à leur performances studios pour ce qui est de mes goûts). Les musiciens sont quatre sur scène : les deux membres permanents : Patrick Lafforgue à la vielle à roue et au chant principal plus à la flûte de temps à autre et Patrice Roques au nyckelharpa (sorte de violon avec des touches pour appuyer sur les cordes) et au chant, occasionnellement à la mandoline, ainsi que deux complices, à la guitare et derrière les fûts. C’est avec l’excellente « danse de la corne » qu’ils démarreront pied au plancher avec un très bon son. Le groupe a choisi de jouer de nombreux morceaux lors de ce concert, ainsi on aura droit à des extraits de presque tous les albums à l’exception d’ « Ex-Uvies », ainsi que de leur projet metal Hantaoma. Les morceaux sont plus pêchus dans ces versions live accompagné par une batterie qui marque les temps sur lequel le public peut s’appuyer pour danser, agiter la tête. D’ailleurs rapidement les premiers rangs seront entièrement occupés par des danses plus ou moins organisées. Les problèmes d’accordage et technique rencontré par des instruments entraîneront quelques changements par rapport à la setlist initiale. Les musiciens sont souriants mais concentrés pendant les morceaux, plus détendu entre à l’image de Patrick Lafforgue qui répondra à un plaisantin criant « A Poil ! » ces mots : « à mazout… ». Les hymnes du groupe ont l’avantage de posséder des refrains facilement mémorisable et sont donc repris par un public enthousiasme, notamment le chanteur de Folge Dem Wind encore tout plein de sang. « Le réveil de Pan », « Le roi des animaux » ou « Maudat » seront de ceux-là, mais ce sera sans doute le « Banquet » et son refrain à base de « Buvons, buvons » qui remportera l’adhésion du plus grand nombre. Après un bis sur « La Mort des Hommes » et l’excellent « Para lo Lop » d’Hantaoma à la base, le groupe repartira sous des acclamations.


Setlist (tentative de la reconstituer par mes souvenirs en m’aidant de celle écrite qui n’a pas été respectée à la lettre …)
La Danse de La Corne
Joglar
Le Satyre Cornu
Per pan Domna Poc (écrite sur la setlist, je ne pense pas qu’ils l’aient joué)


La Chasse au cerf


In Taberna
Negra Sason (un morceau d’Hantaoma, marqué plus bas sur la setlist mais je le situerais dans ces eaux-là de la setlist)
Ai Vist Lo Lop (idem que pour Per pan domna poc)
Le Prince d’Orange
Le chant des faunes (je ne me rappelle plus s’ils l’ont joué ou non…)
Egerie Nocturne
Le réveil de Pan
Maudat
Le roi des Animaux
Orgasme Tellurique
Banquet

Bis :
La Mort des Hommes
Para Lo Lop (Hantaoma)



Au final, on rentrera chez soi plein d’émotion après un concert plein. Une mini-fête pagan plaisante et variée avec une première partie assez prometteuse bien qu’encore assez amateur, et deux groupes qui maitrisent leur sujet à la perfection. On en reprendrait bien. Mais il faut rentrer chez soi, beaucoup reprendront le boulot demain, et on s’endormira des étoiles pleins les yeux et les oreilles résonnantes des « cornemuses of Hell »…



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