CHRONIQUES DE CONCERTS

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Tarja
Avec : Myrath, Benighted Soul, Tarja
Date du concert : 24-02-2012
Lieu : La Laiterie - Strasbourg [ 67 ]
Affluence : 1000
Contact organisateur : http://www.nousproductions.com/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 06 mars 2012 - Chroniqueur : La.Faux - Photographe : Diane Rx Photography https://www.facebook.com/pages/Diane-Rx-Photography/210610619008162


Depuis que la « voix de la Finlande » -comme elle est nommée là-bas- a commencé à voler de ses propres ailes en 2006, la France n’avait eu droit qu’à deux petites dates à Paris, à l’Elysée-Montmartre (RIP) en 2007 et au Bataclan en 2010. La première citée avait été un échec (moins de la moitié de la salle remplie) faute de communication suffisante, et la seconde avait été une surprenante réussite (balcons fermés mais fosse quasi remplie) quand on sait que l’album n’avait même pas été sorti en France. Mais c’est véritablement sa présence à la première édition du Sonisphère français l’été dernier qui a du attirer l’attention de Nous Productions, offrant à tous les fans –et tous les curieux- le luxe de pas moins de 4 dates sur le territoire français, et que dans de bonnes salles s’il vous plaît ! La Laiterie ne fait pas exception, et pour le premier crochet de Tarja par Strasbourg, c’est le groupe voisin Benighted Soul qui a l’honneur d’ouvrir sur la scène où ils ont vu passer tant de leurs groupes favoris, lui-même précédé des tunisiens de Myrath. Lorsque les portes ouvrent vers 19h30, il y a déjà foule, et je ne regrette pas d’être arrivée dans la journée en constatant qu’il n’y aura pas de pit ce soir. La salle se remplit assez vite, dépassant rapidement les effectifs de Toulouse (environ 700) et de Lyon (environ 900). Myrath monte sur scène en avance, avant 20h, et l’accueil qui leur est réservé est enthousiaste, porté par un dernier album encensé par la critique. L’on était habitués aux premières parties à voix féminine, mais la tournée de 2012 introduit donc un changement : Myrath sur les dates françaises, les italiens d’Hannibal sur plusieurs autres dates. Si la seconde option est (beaucoup) plus discutable, Myrath est une très bonne surprise sur cette affiche !



Leur métal oriental est entraînant et réchauffe l’atmosphère en quelques instants, inspirant même des déhanchés par-ci par-là quand il ne s’agit pas de headbanguer. Surtout, il respire l’authenticité, et se démarque de pas mal de ses confrères musicaux par l’utilisation de la voix claire de Zaher qui nous octroiera quelques pas de danse sous les cris de la foule. Les autres membres du combo sont plus en retrait, concentrés sur leurs instruments –ou caché derrière un drapeau tunisien pour le claviériste Elyes-, mais l’on pourra remarquer que le groupe ne manque pas d’humour : le bassiste Anis arbore ainsi un tee-shirt avertissant de risques de « gaz » dangereux.



Dans la chaleur -réelle ET virtuelle- de la fosse, l’on oublie complètement que l’on est dans le nord-est de la France. Leur set devait durer 20 minutes, mais ils joueront finalement 10 minutes de plus pour le plaisir de toute la salle qui les laissera partir à regret tant on en redemandait. Il est surtout dommage d’avoir fini le set sur « Beyond the Stars », sympathique mais qui manque un peu de punch et d’un grain de folie, surtout en comparaison de « Merciless Times » ou « Madness » un peu plus tôt. Vivement Paris le 28, et surtout des prestations plus longues de leur part à l’avenir !



Setlist :


Sour Sigh


Braving the Seas


Merciless Times


Madness


Tales of the Sand


Beyond the Stars


Après une courte demi-heure, les nancéens de Benighted Soul grimpent sur une scène à la symbolique toute particulière pour eux. Le public les connaît bien et l’accueil est vigoureux. Dans les premiers rangs, les paroles seront chantées tout du long. Le quintet avait déjà ouvert pour Tarja sur quelques dates en 2010, notamment au Luxembourg, et l’évolution scénique est criante.



Porté par un ingé light qui mérite les meilleurs hommages, le combo exploite toute la scène et ne connaît pas (plus) le statisme. Fidèle à lui-même, Nicolas derrière ses fûts ne tient pas en place, brandissant sa baguette à tire larigot ou tirant la langue à s’en décrocher la mâchoire à tout instant. De même pour Flavien qui alterne entre headbangs et regards fous derrière le clavier. Géraldine (dite Jay) est beaucoup plus présente et dynamique, son jeu de scène étant particulièrement réussi sur le single « Edge of Insanity ». Vocalement aussi, elle semble plus sûre d’elle et plus au point. Passé du côté droit au côté gauche de la scène, Jean-Gabriel occupe tout l’espace en bonds et en cercles fous quand il ne growle pas derrière son micro. La physionomie plus concentrée, Jérémie n’est toutefois pas en reste, surtout lorsqu’il s’agit d’entamer d’étranges battles avec son compère bassiste.



Surtout, l’interaction entre tous les membres est permanente et dynamique, apportant un vrai plus visuellement –et encore une fois mise en avant par des lumières qui ne se focalisent pas que sur les voix ou les soli-. Les trente minutes sont bien sûr très (trop) courtes, mais le groupe permet de brosser un panel de titres plus large en les ayant raccourcis par rapport à la version album, ce qui est appréciable. Si « Edge of Insanity » est la plus connue, un clip ayant été tourné pour ce titre, c’est « Start from Scratch » qui scotche le plus, prenant une ampleur toute autre en live. « No Warning Signs » à la signification tout particulière pour le groupe est un très bon choix de final. Portés par un public entièrement acquis à leur cause, les Benighted Soul auront certainement vécu l’un de leurs meilleurs sets, « presqu’à la maison ». A revoir à Nancy le 29 mars prochain avec Kells pour les intéressés !



Setlist :


Broken Icons


Start from Scratch


The Edge of Insanity


Stranger Me


No Warning Signs


Il est un peu plus de 21h30 quand les premières notes de piano de « If you believe » retentissent dans la salle maintenant bondée et impatiente. Pas de rideau cachant la scène pour ce soir, donc pas de masque porté par Tarja sur « Anteroom of Death » -la chanson d’ouverture depuis quelques temps sur cette tournée-, mais qu’importe, la performance est là, et le public aussi. Plus impressionnant encore qu’à Toulouse ou Lyon selon les dires de la finlandaise elle-même et d’une partie des fans, celui-ci va véritablement porter Tarja tout du long jusqu’à lui arracher des larmes et une absence totale d’inspiration sur comment décrire ce qu’elle vit –mais personne ne lui en voudrait tant le vacarme couvrirait de toute façon ses paroles-. Bien que ce soit sa première fois à Strasbourg, Tarja est donc en terrain conquis avant même d’être montée sur scène, et la sensation ne fera que s’accroître au fil du set. Comme à son habitude, elle ouvrira « I Walk Alone » par des remerciements renouvelés et émus à ses fans-clubs, WinterStorm France étant présent en masse ce soir, et tendra plusieurs fois le micro sur les paroles « My winter storm », justement. Ce bonheur d’être sur scène, qui semble neuf et inattendu à chaque date, est peut-être ce qui surprendra et séduira le plus les néophytes ce soir.



Bien que plus en retrait, ses musiciens ont gagné en importance au fil des années. Kevin à la basse et Alex à la guitare font ainsi de plus en plus de backing vocals, et viennent souvent provoquer le public à l’extrême bord de la scène. Bien qu’assis respectivement derrière leur violoncelle et leur –impressionnante- batterie, Max et Mike ne tiennent pas en place. Le duel de « headbang » entre Tarja et Max sur « Dark Star » est devenu un passage obligé et toujours réussi. On sent plus de cohésion, plus d’assurance aussi. Sur « Where were you last night », l’on assistera à un moment très drôle où Tarja s’adressera directement à Kevin, presqu’accusatrice. Derrière son clavier, Christian est plus concentré, mais il aura l’occasion de s’approcher du public lors du set acoustique où il alternera entre clavier et violoncelle. Surtout, il est devenu traditionnel pour le groupe d’entamer « Little Lies » par un bœuf conjoint pendant que Tarja se change. Par rapport aux années passées, il a eu la bonne idée d’évoluer, et ce qui ressemblait donc à un bœuf improvisé est plutôt une succession de soli permettant à chaque musicien de démontrer son talent. Mention spéciale au solo de basse, suffisamment rare pour être souligné. En revanche, le solo de batterie de Mike Terrana, quoiqu’impressionnant évidemment, est devenu trop long. S’il frôlait déjà les 5 minutes sur les tournées passées, il flirte avec les 7 maintenant, ce qui est un peu dommage même si la performance est là. Le final, surtout, est réussi, Mike battant sur un air de french cancan des plus surprenants…et entraînants.



En l’absence de nouvel album à présenter, l’autre apport majeur de cette nouvelle tournée est résolument le changement de setlist constant que Tarja a commencé à faire, laissant ainsi planer le doute et l’expectative avant chaque date. Ce soir, Strasbourg aura ainsi l’occasion d’écouter « Into the Sun », une ballade du prochain album, et surtout « Bless the Child », encore jamais jouée en France. C’est véritablement l’un des gros temps forts de la soirée tant Tarja est en forme vocalement, sa longue robe noire façon princesse rappelant l’époque Century Child de manière frappante. Ainsi agrémenté de changements de tenues, de passages électriques puis acoustiques, et d’un écrasant solo de batterie au milieu, le set passe beaucoup trop vite, et lorsque Tarja réapparaît tout de blanc vêtue pour le rappel, la joie se mêle au regret. Il va falloir se démener sur ces trois derniers morceaux pour oublier qu’ils sont les derniers ! Le public atteint donc un nouveau paroxysme de décibels, tandis que Tarja –consciente elle aussi de la fin qui approche- est dans l’interaction perpétuelle avec le public, serrant des mains, touchant des fronts. Il y a un côté presque religieux dans la façon dont certains fans la regardent et boivent –quand ils ne les chantent pas- ses paroles. Et force est de reconnaître que si ses albums solo souffrent de morceaux inégaux voire plats, c’est véritablement sur scène que Tarja peut déployer tous ses talents, non seulement de chanteuse mais aussi de frontwoman : charismatique, dynamique, elle saute partout malgré des talons hallucinants, et headbangue dès que possible malgré des restes de torticolis. La messe est dite.



L’on a eu droit à un grand show ce soir, et quand l’on voit avec quelle difficulté Tarja quitte la scène, étreignant ses musiciens puis le drapeau français lancé par WinterStorm France, deux choses seulement viennent à l’esprit : à quand la prochaine date et…peut-être que les choses sont mieux comme ça (les fans de Nightwish comprendront).


Pour ceux qui ont eu la flemme de (tout) lire : Tueries : Bless the Child, Montanas de silencio, I Feel Immortal, In for A Kill. Bémol : un solo de batterie un poil long , un « Where were you last night » dispensable.


Setlist :


Anteroom of Death


My LittlePhoenix


Falling Awake


I Walk Alone


Dark Star


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Drums solo


Band solo


Little Lies


Into the Sun


Bless the Child


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Acoustic set (Rivers of Lust/Minor Heaven/Montanas de silencio/Sing for me)


I Feel Immortal (semi-acoustic)


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Ciaran’s Well


In for A Kill


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Where Were You Last Night



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