CHRONIQUES DE CONCERTS

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FROM CHAOS TO ETERNITY WORLD TOUR 2012
Avec : rhapsody of fire, odd dimension, from the depth
Date du concert : 04-04-2012
Lieu : Rock School Barbey - Bordeaux [ 33 ]
Affluence : 300
Contact organisateur : http://www.base-productions.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 21 mai 2012 - Chroniqueur : Bodomania - Photographe : Bodomania


Ce soir, à la "Rock School Barbey", les amateurs de métal symphonique se sont donné rendez-vous afin d'assister au lever de rideau du "From Chaos To Eternity World Tour 2012". Alors, avant de revivre le parcours épique de cette longue nuit de quête, découvrons l'affiche préparée par "Base Productions" au moyen de quelques indices... Groupe de power/symphonique prônant l'invention du "Hollywood Metal", rebaptisé par un nom brûlant à rallonge, avec un changement de line-up récent laissant pendant un temps un batteur le charley entre deux projets (avant l'arrivée récente de son successeur chez Luca Turili's...). Il s'agit de?... de?... RHAPSODY... OF FIRE, bien sûr!


Groupe qui a quitté son Italie natale, pour entreprendre une longue tournée... Et ce soir, c'est à Bordeaux qu'ils s'arrêtent, invitant à leurs côtés leur homologues Italiens de FROM THE DEPTH et ODD DIMENSION. Les fans de la première heure tremblent déjà à l'approche de cette soirée mêlant excitation et nostalgie d'une tête d'affiche ayant perdu des membres en cours de route. Mais la saga n'est pas finie, les cendres ne sont pas encore éteintes, "Brûleront-ils les planches, les brûleront-ils pas?", c'est sur cette dernière phrase hautement spirituelle que nous accueillons le premier groupe de la soirée...


FROM THE DEPTH délivre depuis 2008 un "Power Metal" inspiré par ses aînés qui donna naissance à un premier EP "The Will To Be The Flame", ainsi qu'un premier album en fin d'année dernière, enregistré suite à leur signature chez "Rising Records". Une participation à l’événement "An Evening With Kamelot" plus tard (aux côtés de KAMELOT et SONS OF SEASON), et "Back to Life" vit la lumière des projecteurs, durant le showcase partagé par LABYRINTH. Les Italiens poursuivent donc leur chemin et croisent le notre ce soir même.


L'instrumental éponyme quasi-cinématographique de leur premier opus, annonce déjà la couleur des ambiances travaillées, des mélodies joliment orchestrées... Même si le combo reprend la recette classique du power mélodique (tant de fois servie depuis sa création), avec synthé cristallin, riffing heavy mélodique, tempo speed, chant puissant et haut perché à l'appui, sur l'efficace "Live for Today", il n'oublie pas de relever le tout en ajoutant sa touche pleine de fraîcheur. Quelques petits breaks assez inattendus, des envolées solistiques également, démontrant au passage la dextérité du claviériste Davide Castro, qui tient une place prépondérante dans les atmosphères et bien évidemment l'aspect mélodique, imposant une aura épique au côté d'Alessandro Cattani. Le guitariste nous envoie à son tour quelques lignes percutantes sur le fédérateur et inspiré "Our Music Our Souls". L'ambiance est bonne, l'accueil du public aussi, entraîné par l'énergie du groupe et en particulier du vocaliste, Raffaele Albanese, qui, malgré quelques soucis de son et de débit, due à une fatigue vocale dont il nous fera part, assure le show, chauffe la salle et mène ses parties en dépit de ses prouesses assez limitées ce soir. Alors, après une montée finale sur "Don't Forget Who You Are", quelle bonne idée de reprendre du STRATOVARIUS! Quelle challenge de tenter les poussées castratrices de Timo Kotipelto sur "Black Diamond" quand on n'est pas au mieux de sa forme! Et il s'en sortira plutôt bien, aidé par les spectateurs qui se réjouissent déjà d'entendre cette reprise, chantant à l’unisson le refrain de ce bijou. La salle se chauffe, les sourires des musiciens se multiplient, instaurant ainsi tout au long du set une dynamique et un positivisme sans faille. Une complicité sur scène qui passera encore une fois par le chanteur qui ne tient pas en place, balançant avec dérision quelques petits pas chaloupés, allant s'occuper de ses collègues, toucher une cymbale, s'appuyer sur son voisin claviériste... entre deux appels au public. Quoi de mieux pour mettre l'ambiance que d'encourager le public à battre le public barcelonais de la veille? Une mise en chauffe bien sympathique, donc, marquée par une bonne humeur et une fosse très réceptive, deux ingrédients qui donneront au final toute sa saveur à cette soirée. Des applaudissements chaleureux s'en suivront, après les deux derniers envois dictés par les grandes cavalcades rythmiques de Cristiano Battini et Alessandro Karabelas. Une petite photo souvenir et puis s'en vont...



En effet, les auteurs de l'album prometteur "Symmetrical" s'avancent déjà. Sorti l'an dernier et très bien accueilli par la critique, cette seconde étape dans leur discographie (une demo ayant déjà été pressée en 2005) est donc présentée en cette seconde partie de soirée, cette fois au son d'un registre beaucoup plus progressif.


ODD DIMENSION, qui porte bien son nom, nous entraîne dans un univers singulier, changeant ainsi l'ambiance du voyage par un climat musical peut-être plus froid et dépaysant, voire solennelle au départ. Mais la profondeur, l'aspect plus sombre et sobre, ou encore le tempo moins soutenu, ne seront pas un frein, au contraire, la troupe déployant elle aussi une sacrée énergie et partageant un plaisir non contenu de jouer. Les musiciens imposeront leur rythme sans difficulté, grâce à un line-up plein de maîtrise et des compositions assez riches et prenantes. Les heavy metalleux bordelais ont envie de lever le poing et de crier ce soir, à Barbey, c'est donc face à une fosse décidément très en forme que la voix de Manuel Candiotto s'élève, une voix bien maîtrisée mais qui laisse aussi parfois respirer la musique, s'effaçant régulièrement pour laisser parler les autres instruments, notamment, celui de Gabriele Ciaccia qui parcoure les notes de son clavier surélevé avec beaucoup d'aisance. Malgré une setlist assez courte, le genre progressif nous réserve évidemment des titres plutôt longs, avec son lot de variations, de passages agressifs, lourds, intenses, mais aussi très mélodiques... Et surtout une basse incroyablement présente, au nom de tous les bassistes injustement relégués au second plan, Gigi Andreone monte le son! On sera même obligé de tendre l'oreille parfois, pour arriver à discerner les riffs de Gianmaria Saddi, guitariste pourtant très présent et bien vivant, se démenant tout au long du set. Un volume sonore et une lourdeur aussi conséquente s'abattront donc la salle, ce qui aura la qualité de son défaut, plus d'impact rythmiquement parlant, mais une section mélodique plus en retrait. Toutefois, les titres s'enchaînent dans une très bonne ambiance, et malgré quelques petits moments de battement, de l'émotion et des moments de grâce ressortent de ces nouvelles compositions, ainsi que les baguettes de Federico Pennazzato, venant compléter cette joyeuse équipe.


Un show bien sympathique qui se terminera sous les applaudissements d'un public bouillant, par les notes réchauffées de "The Ecstasy Of Hopes". Deuxième photo souvenir... En même temps, ce n'est pas tous les jours qu'on fait la première partie de RHAPSODY OF FIRE à Bordeaux, alors, c'est le moment d'immortaliser tout ça!



Une attente un peu plus longue nous attend avant de procéder à l'adoubement général, le temps de faire un petit point sur la carrière de RHAPSODY...OF FIRE, groupe qui, s'il n'est plus à présenter, aura pourtant connu quelques bouleversements ces dernières années, avec des questions de paternité quant au nom instauré après l'ère THUNDERCROSS, désormais partagé par deux familles après un changement de line-up récent, emmenant Luca Turilli (membre co-fondateur et principal compositeur), Dominique Leurquin et Patrice Guers vers de nouvelles aventures, loin d'ici. Un manque, certes, évident, qui en aura rebuté certains pour la suite, mais qui sera en tout cas compensé par l'arrivée de Tom Hess (HOLYHELL), Oliver Holzwarth (BLIND GUARDIAN) et Roberto De Micheli (SINESTESIA). Mais surtout, un Fabio Lione, un Alex Staropoli et un Alex Holzwarth encore présents (ouf!). Le concert de ce soir nous prouvera aussi que le changement n'est parfois pas si décevant, les nouveaux arrivants apportant sur scène leur énergie, leur bonne humeur et un jeu de qualité. Nous avons donc un vrai groupe, un nouveau groupe, différent, mais très efficace, au final. Cette tournée marque également la finalité d'une saga débutée avec "Legendary Tales" en 1997. "From Chaos to Eternity", sorti le 17 juin dernier, clôture ainsi ce long périple, amenant ainsi une nouvelle ère avec lui. Mais pour l'instant, ce qui nous intéresse, c'est de connaître la fin de cette saga et de cette soirée, alors, quelle destinée nous attend? Mourrons-nous tous à la fin? Les réponses dans le prochain pavé ci-dessous...


Nous voici plongés dans le noir, laissant la scène se remplir après les mots déclamés par le légendaire conteur Christopher Lee sur le titre éponyme, d'inspiration heroic fantasy score, qui introduit justement le nouvel opus et le set des italiens. C'est parti pour 2h30 de tempête mélodique, de calme sacré, de bataille orchestrale, d'errance mystique ou de virtuosité conquérante... Mais si le dernier album sert d'introduction avec le mid tempo hanté par des chœurs intitulé "I Belong to the Stars", ou un peu plus tard avec le progressif et hostile "Aeons of Raging Darkness", sa présence se révélera minime, préférant employer ici d'anciens titres. Des rescapés "Triumph or Agony" et "Reign of Terror", respectivement de 2006 et 2010, jusqu'aux albums "Symphony of Enchanted Lands II - the Dark Secret", "Power Of The Dragonflame", en passant par "Dawn Of Victory" ou le plus ancien (disque) avec "Legendary Tales", provenant ainsi parfois d'une époque où RHAPSODY s'appelait encore simplement RHAPSODY. Enfin bref, côté listing, ils auront de quoi faire, choisissant de piocher au cœur de cette longue discographie, faisant cependant l'impasse sur "Rain of a Thousand Flames".


Émotion et démonstration vocale du charismatique Fabio Lione sont bien sûr toujours de mise en 2012, comme par exemple sur les morceaux tragico-romantiques "Lost in Cold Dreams", "The Magic Of The Wizard's Dream". Une maîtrise, une endurance assez bluffante qui ne prend pas non plus le pas sur la proximité créée avec le public. Le chanteur délivrant parfois quelques mots en Français, faisant hurler et chanter le public à chacune de ses interventions, se collant même très souvent au premier rang... Un sourire omniprésent partagé par tout le groupe d'ailleurs, ce qui est d'autant plus appréciable, de sentir une telle complicité entre les membres de cette nouvelle troupe. Même durant le solo de l'agité et (jusqu'à présent) batteur des deux formations estampillées RHAPSODY, Alex Holzwarth, on pourra entrevoir les nouveaux membres sur le côté, en train de regarder le jeu de ce dernier avec beaucoup d'admiration. C'est dire le respect et l'entente qui semblent demeurer au sein de ce line-up. Le co-fondateur Alex Staropoli, aussi discret qu'efficace derrière son clavier, continue de nous envoyer ses changements d'ambiance épiques et classiques. Mais un concert du combo Italien sans la présence de Christopher Lee, ne serait pas. Alors, un petit hommage lui sera rendu par le frontman, de même que des compositions entrecoupées par quelques séquences samplées, révélant le prochain acte, changeant virtuellement le décors grâce aux narrations de l'acteur Anglais sur "The Dark Secret: Ira Divina", le puissant "Unholy Warcry"... "The March of the Swordmaster", hymne enchanteur ultra fédérateur aura, quant à lui, le don de réveiller le public, pourtant déjà bien debout. Les bordelais ne sont pas en reste ce soir et donneront autant de leur personne du début à la fin du show, faisant vivre le concert au même titre que les musiciens. Le tempo repart et nous ramène sur le champ de bataille avec "Dawn of Victory", avant un solo de basse d'Oliver Holzwarth, aussi applaudi que celui de son frère. Entre le médiéval et enjoué "The Village of Dwarves" et le chevaleresque "Holy Thunderforce", apparaîtront quelques distributions de médiator, des serrages de main par le chanteur ou encore Tom Hess, nouveau guitariste qui assure très bien le show également par sa présence et son dynamisme au côté de Roberto De Micheli, tous deux formant un bon duo, malgré l'absence de Luca Turilli, très regretté pour beaucoup. Nous voici arrivées au bout du chemin... Rallongé par les acclamations d'un public qui n'en a pas assez entendu, pas assez vu, pas assez vécu.



Le rappel est donc en marche, par un doublé de 8 ans d'écart, confrontant "Reign Of Terror" et "Knightrider of Doom" avec solo à l'appui. Mais ce n'est pas tout! Un deuxième rappel bien rodé nous attend, avec le culte "Emerald Sword" au refrain repris en chœur par l'assistance, "Act VI: Erian's Lost Secrets" que je trouve, personnellement, toujours aussi efficace, avec cette dose de rythmique et d'énergie mêlant MANOWAR et BLIND GUARDIAN et qui s'achève en apothéose de symphonique. Et puis, "Heroes of the Waterfall's Kingdom: Part V", dernier titre avant de conclure ce show. Un lancer de baguette final qui fera ressortir le côté guerrier des metalleux présents, en quête du holy bout de bois de Mr Holzwarth... Bref, un groupe chaleureux et techniquement très en place, un show parfaitement géré, un peu de nostalgie aussi... Un très bon moment, donc, même pour quelqu'un qui, comme moi, ne suivait plus forcément les nouvelles productions des italiens depuis quelques années. Ce renouveau signé RHAPSODY OF FIRE aura eu le mérite de donner une nouvelle fraîcheur et un bon coup de dynamisme au sein du groupe.



En clair, une soirée bien sympathique, une belle osmose entre les trois groupes présents à l'affiche et le public de Barbey, aujourd'hui, en grande forme. Comme quoi, la curiosité mène parfois à de bonnes surprises... RHAPSODY OF FIRE vient de nous prouver qu'ils ont encore la flamme et quelques quêtes devant eux, la fin de la saga n'est donc pas toute proche...


SET-LIST RHAPSODY OF FIRE:




  • Ad Infinitum




  • From Chaos to Eternity




  • Triumph or Agony




  • I Belong to the Stars




  • The Dark Secret: Ira Divina




  • Unholy Warcry




  • Lost in Cold Dreams




  • Land of Immortals




  • Aeons of Raging Darkness




  • Drum Solo




  • The March of the Swordmaster




  • Dawn of Victory




  • Bass Solo




  • The Village of Dwarves




  • The Magic of the Wizard's Dream




  • Holy Thunderforce




Rappel:




  • Reign of Terror




  • Knightrider of Doom




Rappel 2:




  • Emerald Sword




  • Act VI: Erian's Lost Secrets




  • Heroes of the Waterfall's Kingdom: Part V - The Splendour of Angels' Glory (A Final Revelation)






SET-LIST FROM THE DEPTH:




  • Intro - Back To Life




  • Our music, our souls




  • Live For Today




  • Don't Forget Who You Are




  • Black Diamond (STRATOVARIUS cover)




  • The Will To Be The Flame




  • You Just Have To Fly 





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