CHRONIQUES DE CONCERTS

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METALFEST OPEN AIR WEST
Avec : megadeth ; blind guardian ; kreator ; in extremo ; behemoth ; edguy ; legion of the damned ; hypocrisy ; eluveitie ; dark tranquillity ; moonspell ; powerwolf ; ensiferum ; alestorm ; epica ; grand magus ; septicflesh…
Date du concert : 07-06-2012
Lieu : Metalfest Open Air - Loreley [ Allemagne ]
Affluence :
Contact organisateur : http://www.rtn-touring.com
Interview :
Pavillon 666 - metal rock webzine Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 01 juillet 2012 - Chroniqueur : La.Faux - Photographe : Diane Rx Photography https://www.facebook.com/pages/diane-rx-photography/210610619008162


Belle affiche que celle proposée par le Metalfest, festival itinérant à la manière du Sonisphère en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Croatie, en République Tchèque, en Pologne et en Italie cette année! Diverse et dans l’ensemble excellente, cette affiche a évidemment été la clef d’une édition fréquentée et réussie à Loreley en Allemagne ouest, alors que le week-end était également trusté par le Sweden Rock ou le Download au Royaume-Uni. A noter qu’en raison de son succès grandissant, c’est la première année que le Metalfest proposait deux éditions en Allemagne, ajoutant donc Loreley au festival existant à Dessau dans l’est du pays. Retour en image sur trois jours chargés en bonne musique pour cette première édition de Loreley ! (Une fois n’est pas coutume, afin de ne pas trop allonger le report, seulement trois à quatre photos par groupe, mais toutes les photos peuvent être retrouvées tout au long du mois de juin sur la page facebook dont le lien se trouve en haut de page).



Jeudi attaque fort avec Moonspell , Legion of the Damned, Hypocrisy, Blind Guardian et Megadeth en mainstage ! Le festival commençait en réalité plus tôt, mais en raison d’une queue épouvantable pour rentrer, et d’un balisage plus qu’approximatif pour trouver la tente « presse », ce n’est qu’au début du set de Moonspell que ce report commence, vers 16h donc. Ce sera heureusement le seul bémol du week –end, car à peine entrée sur les lieux, l’enthousiasme est de mise, non seulement pour le line-up mais aussi pour le cadre ! Surplombant le Rhin, non loin du fameux rocher de Loreley qui attire bon nombre de touristes chaque année, le site n’est pas grand mais très bien agencé, avec un chapiteau et surtout une magnifique main stage genre arènes romaines en pierre, rien à voir avec celles des autres festivals !

Moonspell met la barre haut : alors que le temps se gâte, laissant augurer de la pluie –on remercie encore les rangées de pierre de la « fosse » de la main stage qui empêche certes les moshpits mais qui évite le bain de boue-, les portugais nous emmènent dans leur univers sombre et froid en quelques instants, faisant la part belle au dernier opus « Alpha Noir ». Le leader Fernando Ribeiro fait son entrée le visage couvert d’un masque de fer pour compléter l’univers. Nous serons gratifiés par la suite d’une chanson en portugais, « Alma Mater », et d’un jeu de batterie final. Un bon coup d’envoi même si le son a mis du temps à se mettre en place.




Ce sont les néerlandais de Legion of the Damned qui enchaînent, sous une pluie forte. Cela ne refroidira pas tant la foule que ça qui fera feu de tout bois –ou plutôt de tout plastique- pour se protéger avant de reprendre leurs activités de headbang. Oeuvrant dans un genre trash/death assez répétitif, le combo a le mérite d’une bonne énergie en live qui rend le set entraînant. Le chanteur Maurice Swinkels et sa longue chevelure blonde y sont d’ailleurs pour beaucoup, tant le bonhomme court partout, hedbangue tout le temps, harangue le public quand il ne crie pas dans son micro. On apprendra en fin de set que le matériel utilisé a été emprunté aux grecs de Septicflesh, leur propre équipement ayant été volé au Metalfest Italie.



C’est un groupe attendu qui prend la relève, d’abord sous la pluie puis sous le soleil après le troisième titre : Hypocrisy, l’un des deux groupes principaux du charismatique chanteur/guitariste suédois Peter Peter Tägtgren. Moins indus et plus « brut de décoffrage » que son autre création, Pain, Hypocrisy lui permet de mettre la barre encore plus haut en termes de gros riffs et de growls. La foule répond présente, et la setlist est harmonieuse, proposant notamment certains morceaux plus lents et plus cadencés, idéaux pour headbanguer. Le set sera malheureusement écourté par des problèmes de son qui ont forcé le combo à commencer en retard, et qui persisteront pendant le show. La grosse présence scénique de Peter séduit les néophytes, et il nous gratifiera même d’une blague sur le soleil qui revient pile pour son concert, « le salaud ». A revoir par nos contrées en octobre avec Pain (et Moonspell d’ailleurs !), mais une tournée Hypocrisy ne serait pas de refus non plus !



Blind Guardian suscite l’enthousiasme dès l’installation de son back drop. On est en Allemagne, rappelons-le, et s’il y a bien un pays où le combo qui fête ses 25 ans d’âge est connu de tous, c’est bien sa patrie ! Les allemands vont bénéficier d’un son meilleur, d’un coucher de soleil sans pluie et d’un public tout acquis à sa cause pour envoyer une bonne heure et quart de feu. Par rapport au PPM en Belgique deux mois plus tôt, le niveau est tout autre ! Les musiciens sont plus expressifs, les morceaux rallongés parfois tant le public les connaît par cœur : à cet égard, il y aura plus de cinq minutes d’a cappella de celui-ci sur « Valhalla », impressionnant dans cette arène toute en hauteur qui permet de prendre conscience de l’ampleur de la foule. L’effet de masse en plein crépuscule est du plus bel effet. Blind Guardian proposera même une petite pause acoustique avant de clore sur « Mirror Mirror ». Un must, même pour les réfractaires au power métal.





Enfin, sur la main stage en tout cas, la journée se finit (déjà!) avec les américains de Megadeth et leur trash légendaire. On peut d’ailleurs noter que si le line-up de ce festival est très diversifié, l’accent est mis sur le trash dans les têtes d’affiche, puisque c’est Kreator qui clôture la journée de vendredi également. Que Megadeth ferme le bal est plus que logique, tant le membre du “Big Four” est mythique. C’est pourquoi la prestation suscite une certaine deception, notamment par rapport au Sonisphère d’Amnéville un an plus tôt: les gros problèmes de son handicapent le set, rendant Dave Mustaine inaudible sur les premiers titres. Si les lumières à l’américaine et le mur d’ampli Marshall en guise de backdrop sont fidèle au rendez-vous, Dave Mustaine apparaît plus hermétique et renfermé que jamais, retranché derrière son épaisse frange et n’interagissant pour ainsi dire pas avant le public. Cela étant, le set passe très vite –dommage que les têtes d’affiche ne jouent pas une heure et demie.





En guise d’after, il est enfin temps d’aller visiter le chapiteau ! (tout s’enchaîne si vite en main stage qu’il est difficile d’alterner à moins de sacrifier des parts importantes des prestations de chaque groupe, ce qui est moyen pour un live report). Petit, sentant « bon » l’étable –de la paille a été étalée pour tenter d’éviter le phénomène boue-, il accueille les suisses de Triptykon pour achever cette première journée et le combo de Thomas Gabriel Fisher, affublé de son éternel bonnet noir et maquillé de noir également, fait des amateurs malgré l’heure tardive. Les lumières sont épouvantables mais la petite scène rapprochée des crash barrière donne une atmosphère plus intimiste et plus « métal » que celle plus froide et majestueuse de la main stage.



Vendredi: la journée la meilleure car la plus éclectique, mais en rassemblant vraiment le meilleur de chaque genre! Le premier groupe à jouer est également le premier groupe à chanteuse du festival : il s’agit des américains d’Huntress, dont la charismatique frontwoman Jill Janus fait couler beaucoup d’encre pour son passé sulfureux –illustré par les dernières photo promo du groupe où elle apparaît très dénudée et ensanglantée-. Mais ce n’est pas ce que l’on retient en live, bien que ses yeux bleu glacier percent la foule malgré la distance qui sépare la scène des premiers rangs ! Car Jill Janus sur scène ne vient pas pour rigoler ou étaler sa plastique : elle vient vous hurler sa rage à la gueule, littéralement. Vocalement, elle fait tout (clair, growl, cri) mais ne maîtrise pas tout. Par contre, elle a très bonne présence, éclipsant ses compère et réveillant sans peine une foule étonnamment nombreuse au vu de l’heure (13h). Musicalement, c’est du heavy ni très original, ni très élaboré : certainement pas ma tasse de thé en studio, mais le set passe vite. J’aurai la surprise de voir la chanteuse descendre dans le pit et venir me hurler dans l’oreille, droit dans les yeux, comme je la regardais descendre en souriant, me demandant ce qu’elle allait faire. Ca réveille !



Le groupe suivant est attendu et la foule ne s’y tromper apas, mettant à mal ses cervicales dès deux heures de l’après-midi. Les polonais de Vader font bon usage de leur mélange de trash/death –oeuvrant un peu dans la même catégorie que Legion of the Damned- et le leader fondateur Piotr Wiwczarek se montre très expressif sur sa joie de jouer devant autant de monde, dans un cadre aussi rare pour un festival. Dans un décor rouge et noir élaboré, le groupe se démène et nous avec. Bravo !



Les suédois de Grand Magus prennent la relève quelques minutes après, tranchant encore une fois par un style très différent : lunettes d’aviateur brillantes et look très américain –alors qu’ils sont suédois, remember-, le trio envoie un heavy à la Airbourne qui séduit et embrase. La bonne surprise de la journée pour beaucoup de monde qui pensait aller déjeuner et qui se retrouve scotché dans l’arène à hedbanguer et lever le poing. De ce fait, le set semble trop court. Espérons les revoir très prochainement !



Enfin la bonne surprise…jusqu’à la suivante ! Parce que si le groupe suivant n’était pas une surprise mais bien une grosse attente pour le public allemand, pour les autres l’étonnement fut à son comble avec les teutons de Saltatio Mortis ! Très connu en Allemagne car considéré comme l’égal d’In Extremo –leurs influences folk sont d’ailleurs proches, même si Saltatio Mortis se définit plutôt comme un groupe de métal médiéval-, le groupe l’est beaucoup moins en France par exemple alors qu’il gagnerait à l’être au vu de la prestation ! Il envoie tout simplement un pâté monstrueux avec une énorme présence et un fort plaisir d’être là. Le chanteur Alea der Bescheidene s’amuse à faire des figures d’arts martiaux entre deux lignes de chant –le nom du groupe traduit du latin veut dire « danse de la mort », et montre pourquoi ses abdos sont d’acier en chantant une chanson quasi en entier en slammant sur la foule – sur le ventre !- sans aucune fausse note. Il finira par la suite le set sur un grand écart. Le reste du line up alterne entre cornemuses et vielles à roue, sautant partout quand ils ne jouent pas. A revoir absolument!



D’autres allemands leur succèdent, et ceux-ci remportent la palme du nombre de tee-shirts à leur nom présents ce jour-là. Il s’agit bien sûr des allumés de Powerwolf et leur métal fleurant bon l’encens et le sang. Bénéficiant d’un son mais d’un temps de passage beaucoup trop court -50 pauvres minutes-, le quintet se montre encore plus démonstratif que d’habitude, une pointe d’émotion se faisant sentir entre les morceaux tant l’accueil est bruyant et enthousiaste, notamment chez les die hard fans grimés de blanc comme le groupe. Comme d’habitude, l’une des forces du groupe en live est son énorme interaction (avec toujours beaucoup d’animation apportée par Falk Maria Schlegel le claviériste). Attila Dorn, le chanteur rappelant à s’y méprendre feu Pavarotti dans son timbre, est très en voix. Deux guest féminines danseuses déguisées en chat viendront faire la surprise de leur présence sur la « frau song » (« Saturday Satan ») avant que le set ne se termine, comme traditionnellement, sur « Lupus Dei ». En minuscule bémol, on retiendra que la salle leur convient mieux que l’open air (couleurs de lumière, mise en valeur du maquillage, encens…). Le gros coup de cœur est toutefois là, comme d’habitude me concernant.





On continue fort avec les suisses d’Eluveitie, dont le folk metal à deux voix- maintenant qu’Anna Murphy pousse beaucoup plus la chansonnette qu’auparavant aux côtés de Chrigel Glanzmann- est lui bien connu en France. Malheureusement, le combo souffre d’un son atroce qui ne s’améliorera que sur la seconde partie du set. Plus encore qu’en concert « normal », le plein jour révèle le relatif statisme des musiciens, en contraste avec la grosse présence et l’enthousiasme du chanteur-flûtiste-harpiste Chrigel –c’est lui le frontman !. Cela étant, le bassiste Kay Brem montrera un visage plus mobile que d’ordinaire, et la violoniste Meri Tadic ainsi qu’Anna Murphy ne bouderont pas leur plaisir d’être sur scène. Un peu trop de morceaux du dernier album nous prive d’un « Thousanfold » ou de morceaux plus anciens, mais la prestation est correcte et bien accueillie. A revoir à Paris avec Sabaton en septembre prochain.





Quand on parle de journée très diversifiée...quoi de mieux que d’enchaîner avec une bonne dose de black/death antireligieux polonais qui balance flammes et encens dans des accoutrements rappelant les huruk-hai du Seigneur des anneaux ? Curieusement, Behemoth –pour ne pas le nommer- prend vraiment une mesure intéressante en open air, car il ne perd rien de sa noirceur malgré le soleil qui inonde les alentours de la scène. Froids, impassibles, les musiciens distillent une ambiance lourde et sombre qui envoûte le public. Un très bon show qui passe à une vitesse infernale –c’est le cas de le dire. Nergal nous gratifiera même d’un ou deux sourires, preuve que le public a bien fait son travail.





A peine le temps de souffler que l’on enchaîne sur un autre groupe allemand qui connaît un énorme succès dans son pays : Edguy –l’effet Tobias Sammet (Avantasia) n’y est évidemment pas pour rien. Leur power heavy enthousiaste ne faiblit pas quand la pluie se réinvite, et la grosse présence de Tobias –normal- enchante même si son timbre heavy aigu peut rebuter les non amateurs du genre. Malgré la pluie qui forcit, il ne se laisse pas démonter et vient visiter les premiers rangs avant de dérider un vigile impassible en le faisant chanter dans son micro sous les applaudissements d’une foule tout entière acquise à sa cause. Tobias est également un petit rigolo qui ne manque pas d’humour, demandant qui attend Kreator –une majorité lui répond- avant d’ajouter « on s’en fout c’est à nous de jouer donc on joue » (merci Yngvar pour m’avoir traduit l’allemand). Il fera également rire la foule en demandant en direct à son ingé son en régie si la basse qu’on entend est un CD ou bien son bassiste tellement c’est bon –pourquoi pas. Bref, c’est kitsch mais jouissif, et ça passe très bien en live. Vivement le Hellfest pour une nouvelle dose.



Une petite incursion dans le chapiteau s’imposait évidemment pour revoir l’un des meilleurs groupes grecs du circuit –si ce n’est le meilleur- qui aurait hélas mérité de jouer sur la main stage lui aussi : Septicflesh, bien sûr. Le chapiteau est bien rempli et le quatuor envoie autant que d’habitude, l’obscurité moite du lieu ajoutant encore à l’ambiance mystique et ébouriffée de la musique du groupe. Le set est trop court hélas, mais toujours aussi bon.



Enfin, la tête d’affiche thrash de la soirée pointe le bout de son nez avec du retard : les allemands de Kreator, bien sûr ! Malgré un son atroce sur les premiers morceaux –manquant rendre les photographes sourds dans le pit-, le groupe a ses fidèles et l’arène blindée donne de la voix et des bras. On pourra toutefois déplorer un groupe qui a l’air blasé sur scène, le chanteur-guitariste en tête, et un retard conséquent qui ne semblait pas lié à des contraintes techniques. L’une des raisons pour le relatif « attentisme » du set est à rechercher dans l’absence de fosse classique, qui empêche moshpit et wall of death qu’affectionnent le groupe. Si Behemoth l’avait relevé, le chanteur Mille s’en insurgera dès les premiers morceaux, alors que la proximité de la foule fera pleuvoir les slammeurs sur la sécurité.



Le dernier groupe de la soirée dans le chapiteau est finlandais : il s’agit du combo de doom Swallow the Sun, qui compte ses fans dans une tente bien remplie pour l’heure. Jouant une setlist identique à celle de la tournée avec Paradise Lost, les finlandais sont au rendez-vous et se sont manifestement fait de nouveaux fans ce soir.



Samedi est presque aussi prometteur que vendredi en terme d’éclectisme et de bon niveau, même si je serai contrainte de m’éclipser après la prestation d’Ensiferum.

Les allemands de Krypteria ayant malheureusement annulé (malades en tournée asiatique), la journée commence avec un groupe de « vieux heavy » à la Maiden : Steelwing. Le look kitsch, vieillot et vaguement nucléaire –oui oui !- est une curiosité que les jeunes allemands assument pleinement. Leur bonne humeur et leur énergie font plaisir à voir, ils mettent une bonne ambiance dans l’arène qui commence à se remplir, même si leur musique n’a rien de franchement mémorable.



Ceux qui suivent sont loin d’être des débutants et des amateurs : il s’agit des américains de Death Angel ! Dans une arène plus étoffée, le groupe de la baie de San Francisco met le feu pour fêter les 25 ans de son tout premier opus qui est pour l’occasion joué intégralement, dont une piste instrumentale un peu longue mais diablement efficace techniquement. Leur très bonne énergie, très bonne interaction entre eux et avec le public, et la bonne gestion du chanteur Mark Oseguada alors qu’il était malade (il ira se reposer pendant la piste instrumentale) ont conquis les amateurs et ravi les curieux. A revoir au Hellfest !





C’est au tour du second groupe à chanteuse du festival de faire son entrée, à savoir les néerlandais d’Epica, qui on le sait bénéficient partout où ils passent d’une fanbase développée et archi enthousiaste. En principe. Car pour la première fois –et je les ai pourtant vus souvent-, j’assiste à un accueil très mitigé alors que l’arène est plutôt bien remplie et bien chauffée après le passage des anges de la mort américains. Quelques fans sont présents dans les premiers rangs, mais les deux morceaux -issus du nouvel album- joués en ouverture (15 min sur les 50 de leur set) semblent tuer l’ambiance. Même « Cry for the Moon » ne fonctionne pas bien : le groupe n’est pas en rythme. Le public se réveille un peu plus avec « The Obsessive Devotion », quand même. Sur « Consign to Oblivion », des couacs inhabituels se font entendre. Mark est très en retrait, comme absent, ce qui est suffisamment rare pour être noté. En revanche, Coen est très expressif et dynamique derrière son clavier pivotant, et Isaac descendra les marches pour aller faire toucher sa guitare aux premiers rangs. Simone assure pas mal mais headbangue très peu et de façon assez raide, la faute à son col en plumes. Un show raté quand on sait ce dont le groupe est capable, laissant une audience tiède alors qu’on a vu sur les jours passés qu’elle était éclectique et bon public. Le groupe manifeste peut-être une certaine fatigue, ayant pour habitude d’enchaîner les dates à un train d’enfer sans prendre beaucoup de pauses.



On assiste à un radical changement d’ambiance avec l’arrivée –tant attendue !- des suédois de Dark Tranquillity. Les rangs se resserrent et dès l’apparition du charismatique Michael Stanne sur scène, le public voit rouge : ca crie, ca applaudit, ca headbangue, au point que Michael ne sache plusieurs fois pas où se mettre, proposant « d’arrêter pour peut-être jouer de la musique quand même » ou illustrant cette énorme vague positive en introduisant la sublime et planante « Magic & the Mundane », cette chanson qui parle de cette capacité que l’on a à pouvoir passer de très bas à très haut sur l’échelle du moral. Malgré l’absence de fosse concrète dans laquelle Michael a l’habitude de nager, il ira quand même visiter les premiers rangs et chanter parmi eux. Comme à son habitude il court partout, exploitant tout l’espace mis à sa disposition. La setlist est impeccable, le set passe beaucoup trop vite bien évidemment. C’est une magistrale leçon de scène que les death métalleux à tendance mélodique ont encore une fois administrée, rappelant que la couronne du sieur Stanne au rang des meilleurs frontmen du monde n’est absolument pas usurpée. C’est dit.





Place aux finlandais d’Ensiferum et leur viking/folk metal à tendance speed et power, attendu par bon nombre de fans peinturlurés de noir comme le groupe. L’atmosphère magique laissée par Dark Tranquillity ne retombe pas le moins du monde, mutant simplement de magie claire obscure à fête de taverne bon esprit. Les premiers rangs se resserrent ; comme d’habitude, le bassiste Sami Hinkka fait le show, épaulé par le guitariste Markus Toivonen. Plus en retrait, le chanteur-guitariste Petri Lindroos donne les ordres au public qui s’exécute sans sourciller, même quand il s’agit de tourner sur soi-même (pas pratique vu la configuration de l’arène, mais très marrant). Un nouveau morceau du futur album est joué : « The Burning Leaves » : du Ensiferum pur jus avec un joli passage calme de chœurs en finnois. La fin du set, trop tôt, se fait sur le classique « Iron» avec les cris scandés du public. Encore une preuve que les finlandais ne déçoivent jamais en live !



Mon Metalfest s’arrête malheureusement là pour raison de retour express à Paris, mais une seule chose à dire : déjà hâte d’être à l’an prochain! Un 10/10 mérité, surtout pour une première édition.



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