CHRONIQUES DE CONCERTS

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RAGING METAL FEST II – J2
Avec : BENIGHTED, GOROD, BREAKDUST, BURSTHEAD, SIVIS, ALSHAMATH
Date du concert : 12-05-2012
Lieu : Salle du Bateau-Lyre - Le Barp [ 33 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.myspace.com/musicalementrock
Interview :
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Date de la chronique : 06 septembre 2012 - Chroniqueur : Bodomania - Photographe : Bodomania


Nous revoici au Barp, après une nuit bien agitée et une après-midi caniculaire pour les survivants qui se sont essayé au lancer de joint de culasse. Animation proposée sur le site et qui aura atteint des records de distance cette année. Les stands se préparent à accueillir les festivaliers du jour. Entre autres, voici celui des très sympathiques préposés au ravitaillement solide, dont la mode de cuisson unique réalisée grâce à une méthode de préparation ancestrale remportera beaucoup de succès.



Une chose est certaine, le programme musical qui nous attend en cette seconde journée sera servie à point. A peine le temps de goûter aux frites que le prochain groupe s'avance déjà...


Il est encore tôt lorsque les Agenais prennent place. Et c'est une salle encore toute froide qui accueille ces premières minutes de son estampillées ALSHAMATH. Malgré tout, le groupe actif depuis 2002, (mais qui fête ses 5 ans de vie sous cette appellation), se lance dans l'arène. Qualifié de 'Death', le style du combo est pourtant plus vaste, touchant au hardcore, voire au grind, oscillant entre rythmiques thrashy old school à l'énergie malsaine, un soupçon tribal, complété par des vocaux haineux. Une décharge caverneuse ou plus criarde encore, partagée par Niko et Josh, qui, malgré des envois efficaces laisseront apparaître un manque de marques et d'assurance. Faisant très rarement face au public, Niko restant assez stoïque, en dépit des quelques mots distribué par Josh entre chaque chanson. Quoiqu'il en soit, il en ressort une lourdeur conséquente qui envahit les titres et réchauffe peu à peu la salle. Le line-up ayant malheureusement du affronter la perte de leur bassiste et cofondateur Benjamin Boileau en 2009, (un titre lui sera d'ailleurs dédié), c'est donc Romain Larregain qui aura la charge d’asséner les coups incisifs de 4 cordes, ce soir. Robin enchaîne de son côté les plans sauvages, guidé par les interventions épileptiques et tranchantes de Cyril. Un assaut brutal et changeant construit le set, parsemé d'ambiance pesante qui vient côtoyer la mélodie, avant de basculer dans un death/thrash old school infernal, comme sur le très réussi "Hell on Earth". ALSHAMATH reprend donc possession de la scène, en sachant qu'une date aux côtés d'ETHS et REVOCATE est également prévue en octobre prochain, sur leur terre. En attendant, la soirée est lancée, et même si le site n'est pas encore envahi à cette heure-ci, ça ne saurait tarder...



Nous découvrons à présent, SIVIS. Tout droit venu de Toulouse, Oh Toulouse, les membres de cette fratrie auteur de 2 EPs sortis depuis 2008, a fait le chemin jusqu'ici pour nous proposer quelques minutes de metal sévèrement burné. "What makes you scream", dernier maxi en date hantera le set, dévoilant des morceaux taillés pour la scène, avec tout d'abord, le frais et puissant de "Revelation", emprunt de lignes death melo, hardcore, heavy thrash, aux breakdown pachydermiques... Un mélange de styles rapidement convaincant, car surtout lié par une grande énergie, déployée aussi bien musicalement que scéniquement. Ça transpire donc sur scène et dans la fosse, pendant que les membres du groupe s'affairent et motivent la foule, d'autres titres de 2010 se profilent déjà... La présence de Thomas Ruiz 'Strife' derrière le micro, lui aussi, très actif, nous vaudra une belle flopée de vocalises aussi diverses qu'écrasantes. L'effusion power death thrash d'"Insolent" promet quelques cavalcades d'Aurélien Gardey (ChnouCh), qui ne s'économise pas non plus derrière ses fûts. Le duo de guitares formé par Alex Gardey et Pierre Lacaze ne tient pas en place et enchaîne les plans agressifs et mélodiques, nous donnant au passage un aperçu de ce qui nous attend sur l'album en préparation, avec les envolées solistiques de "The Arena". Restant dans le même esprit, la basse sera elle aussi bien tenue, avec les décélarations omniprésentes de Yannick Boudou, qui use ses cordes autant que les planches. Une belle complicité et un final très chaud nous attendent avec le si bien nommé"Violent Reaction". Une sortie bien applaudie pour SIVIS, et une horde de metalleux prêts à aller se désaltérer, à nouveau...



SET-LIST SIVIS: 1. Revelation 2. The Arena 3. No Reason 4. Insolent 5. Leviathan 6. Violent Reaction


C'est le moment d'aller prendre l'air, en allant faire un tour du côté des stands... Nous croiserons ainsi la créatrice de l'evil boootik "Coffin Rock", venue exposer quelques-uns de ses articles dégoulinants d'inspiration, accompagnés par les mets tout aussi horrifiques de "Desperate Cookies"...



Et à l'intérieur aussi, le merchandising prend place, mais les plateaux s'enchaînent dans un timing serré, pas le temps de s'y attarder... Le site continue de se remplir et la salle aussi, à l'approche du prochain groupe. On pose le gobelet vide et on repart à l'assaut... Place au Thrash, avec les membres de BURSTHEAD, qui poursuivent leur évolution depuis 2006, propageant autour d'eux un metal old school résolument agressif, aux influences bien digérées. Mais le groupe ne s'en tient pas à une petite ode aux grand noms du genre, se détachant du reste en délivrant déjà leur propre 'son', qui s'avère plus que prometteur à l'écoute du premier album du quatuor, "The Price Of War", sorti cette année chez "Useless Pride Records". Un Thrash à l'ancienne qui détonne sur scène. Quel meilleur moyen de rassembler la fosse d'entrée de jeu, que de débuter avec le poussif "Terror"? D'enchaîner avec le percutant "Raving Madness", bien sûr. Pas de divagation autre que musicale, le groupe lance en toute simplicité une arme de destruction massive et la présence du combo suffit à occuper la scène. Mathieu, au double poste de bassiste/chanteur, mène la troupe et multiplie les interventions vocales bien maîtrisées, car ici le chant renforce le ton agressif et sauvage des compositions, orchestrées par les rythmiques véloces et les mélodies vicieuses de Rémi et Guillaume. Le morceau éponyme arrive et malgré les mouvements de fosse, on reste collé au plancher et pas seulement à cause de la bière répandue sur le sol. Le tempo dévastateur de Sylvain dicte la marche à suivre: du thrash sans aucun temps mort. Nous arrivons pourtant déjà à la fin avec "World Dies", cavalcade retentissante pour un morceau très accrocheur, voire carrément fédérateur, qui nous vaudra encore quelques soli et ponctuations bien incisives qui démontent la nuque. Une dernière secousse métallique pour la route? L'ultime chevauchée thrashisante viendra avec "Masturbation", pour laquelle l'effet escompté sera sans aucun doute assuré au terme de ce concert. C'est un public heureux et libéré qui sortira de la salle...



SET-LIST BURSTHEAD: 1. Terror 2. Raving Madness 3. Senseless life 4. The price of war 5. World dies 6. Masturbation


Au lieu de comptabiliser les litres de bières restants dans la tireuse, attardons-nous plutôt sur le groupe qui vient... Déflagration suivante avec une dose de Death/Thrash tout aussi puissante injectée par BREAKDUST. Autre formation du coin qui nous a déjà prouvé son potentiel depuis 1997, année de sa création. Deux démos et un album plus tard, les voilà actuellement en préparation d'un successeur... Le précédent enregistrement, "Mutilated Earth" réalisé au "Bud Studio" (aux côtés de Mathieu Pascal), datant de 2007, avant la disparition prématurée du co-fondateur Philippe Leroy 'Fifi', ami et ancien batteur du groupe, c'est donc avec une volonté d'autant plus grande que le groupe poursuit aujourd'hui l'aventure et repart vers le studio afin de nous concocter un nouvel opus... En attendant sa sortie, nous aurons déjà la possibilité de goûter à cette nouvelle cuvée, avec des nouveaux titres bien rentre-dedans en ouverture. Des mélodies vicieuses et puissantes délivrées par David "Chon" Patanchon qui sèmera régulièrement quelques soli inspirés tout au long du set, et Alexandre Jupin qui envoie ses rythmiques acérées en projetant son chant hargneux qui s'avère plus qu'efficace sur scène. Sous la direction d'Olivier Lataste, qui fournit une énergie écrasante, le set nous conduit vers quelques anciennes compositions en date, avec un "Mutilated Earth" lourd de sens, alignant des notes dévastatrices qui décimeront peu à peu la population du Barp. "Whom to believe" vient à son tour libérer quelques mélodies salvatrices ainsi que la basse de Christophe "Rod" Rodriguez, éternellement caché derrière ses attributs capillaires, au même titre que les survivants du raging qui déploient leur dernière force dans la fosse... Et la fin de la bataille sera conduite par le progressif et entêtant "Eye Of Cyclone". Voilà un set particulièrement réussi pour les membres de BREAKDUST, qui nous quittent déjà en laissant planer autour d'eux les séquelles d'un thrash /death imposant...



SET-LIST BREAKDUST: 1. Dark side of human spirit 2. Shut-up, fuck-you, listen or go 3. Mutilated earth 4. Whom to believe 5. Bloody Puppets 6. Eye of Cyclone


Mais l'année 1997 nous réservait également la création d'une autre formation, celle de GOROD (nommé GORGASM à ses débuts). Goupe que l'on ne présente plus, tant les sorties et les nombreuses tournées ont eu de quoi nous remplir les oreilles de leur techno-death ravageur, en 15 ans... Après les changements de line-up intervenus en 2008 et 2010, le quintette continue son ascension, proposant il y a peu leur dernier œuvre, "A Perfect Absolution", dont j'ai eu le plaisir d'ouïr les compositions magnifiées par Mathieu Pascal et El Mobo (cf. chronique-pavé du ledit album). Nous voici donc en présence d'un groupe aussi efficace sur platine qu'en live. Le live paraissant toujours trop court, c'est le moment de lâcher tout ce que vous avez en main, pour aller rejoindre immédiatement la fosse. Attention, ça va passer très vite! En plus du son, c'est le moment de s'incruster quelques images dans la rétine... L'introduction épique du dernier né recueille les beuglements d'un public surexcité et lance les premières notes de "Birds of Sulphur". Le show peut commencer! Place à la sphère musicale technique et progressive, à la fois brute et mélodique de GOROD, qui nous vaudra de multiples démontages de nuques... "A Common Hope" poursuit le carnage, en brandissant les stigmates de "Process of a new decline", paru en 2009. L'occasion de s'attarder un peu sur les responsables des dommages collatéraux d'une telle prise de pouvoir. En effet, la scène est bien occupée, avec Samuel Santiago d'un côté, qui martèle ses fûts et caresse la double avec précision, son ancien acolyte de ZUBROWSKA de l'autre: Julien "Nutz" Deyres, qui déploie sa hargne et ses vocaux schizophréniques, de même que Nicolas Alberny (ARCANIA), qui impose son jeu et sa présence depuis 2010 aux côtés des fondateurs... Il reste donc Mathieu Pascal et Benoit "Barby" CLAUS, les cordes solides et millimétrées, qui brassent depuis la création du groupe, toujours autant d'énergie gorgasmique. La jubilation et les gentilles bousculades se poursuivent sur l'infernal "Here Die Your Gods" qui nous renvoit directement en 2006, avant de faire un crochet sur les riffs venimeux de "The Axe Of God". Mais un autre grand morceau se profile déjà... le public rythme l'arrivée des élucubrations mélodiques du dynamique "The Path". "Carved in the Wind" prend le relai, participant allègrement à l'état de démence qui semble envahir la salle. Autre morceau tubesque du répertoire mené par un groove sans fin et une approche technique à l'antithèse de la branlette-de-manche-qui-fait-décrocher. On en redemande, et on est servit avec "Programmers of Decline" et "Disavow Your God", pour une fin de haute volée, ou d'envolée guitaristique, de poings levés dirigé par le frontman... Et de la présence de Guillaume, ancien chanteur de la formation, venue participer à cette petite réunion familiale. L'apocalypse passera par une belle osmose et les dernières gouttes de sueur partagées par le groupe et le public. Qui a bien fait de passer la soirée au Barp?



SET-LIST GOROD: 1. The Call to Redemption 2. Birds of Sulphur 3. A Common Hope 4. Here Die Your Gods 5. The Axe of God 6. The Path 7. Carved in the Wind 8. Programmers of Decline 9. Disavow Your God


Quelle affiche! En sachant ce qui nous attend pour ponctuer ces deux jours de fest, mieux vaut aller boire un dernier coup pour se préparer à cette ultime "apparition". De l'excellent brutal/death tâché de grind (en résumant très grossièrement), voilà ce qui vient! Et si BENIGHTED nous envoie régulièrement depuis la fin des années 90 (encore un cursus qui ne nous rajeunit pas!) le jet bestial de ses délires ô combien revitalisants, c'est pour mieux les retrouver en 2012 avec une force de frappe et cet instinct déviant intact. Les tranches de vie psychotique composant "Icon" et le dernier upercut en date "Asylum Cave" (marquant la signature avec "Season Of Mist") étant largement représentés au cours du set. Exceptions faites de "Collapse" et "Foetus", respectivement issus d'"Identisick" et d'"Insane Cephalic Production". "Slut" nous engage rapidement vers la voie du headbanging et autres actes de délivrance dans la fosse (pas toutes, heureusement! Je tenais à la préciser). Une chose est sûre, prendre des photos sans flou artistique se révélera alors comme un geste héroïque. Un groove massif, des décélérations véloces, un chant guttural mi-sépulcral mi-criard envoyé par le conteur d'histoires morbides, aux pieds nus, Julien Truchan, qui tient la scène avec toujours autant d'aisance. Le partage continue et nous assène une bonne dérouillée avec "Let the blood spill between my broken teeth". Entre les changements de tempo inhumains orchestrés par Kevin 'Kikou' Foley, la distribution de pig squeal, ou les accents death thrashisants calés par le trio de cordes, il y a de quoi tendre l'autre joue. Une brutalité exacerbée explose sur "Grind wit" et "Collapse", "Hostile" se charge de recoller les morceaux avec une fin de morceau ambiancée, laissant quelques secondes pour reprendre son souffle. C'est le moment ou jamais, car "Lethal Merycism" fait déjà son entrée. Le public se déchaîne, entraîné par les vocaux désincarnés et la violence du tapage rythmique suivi par l'énergique Eric Lombard, qui ne tient pas en place et ira même balader sa basse jusqu'à l'entrée de la salle au cours du set. Pas de temps mort, juste une intro délicieusement malsaine qui attire les breaks bien lourds sur "Prey". Olivier Gabriel et Liem N'Guyen de leur côté, se chargent d'enchaîner les plans puissants et démoniaques sur l'entêtant "Saw it all" ou le rentre-dedans "Forsaken". C'est une véritable boucherie qui se met en place lorsque "Foetus" apparaît. Et que dire d'"Asylum Cave"?.. De "Swallow"?... Les spectateurs encaissent les coups auditifs jusqu'au bout, et une surprise viendra clôturer la prestation des lyonnais. Non, je ne parle pas du slammeur qui montera sur scène en perdant le seul bout de tissu qu'il portait. Non. Je parle de Samuel Santiago qui posera ses baguettes et enfilera son médiator (qui lui va bien), le temps d'un morceau. D'une reprise plutôt, celle d'"I will be heard" d'HATEBREED. Il faut dire que GOROD et BENIGHTED se connaissent bien, alors, c'est dans une ambiance très efficace, musicalement, décontractée et "familiale", que le show et le Raging se termine. Je me répète, mais c'est quand même un ressenti général qui ressort de ces deux journées. Les accolades et les applaudissements se multiplient... Ça y est, c'est déjà la fin...



SET-LIST BENIGHTED: 1. Slut 2. Let the blood spill between my broken teeth 3. Grind wit 4. Collapse 5. Hostile 6. Lethal Merycism 7. Prey 8. Saw it all 9. Forsaken 10. Foetus 11. Asylum Cave 12. Swallow 13. I will be heard (HATEBREED cover)


L'encensement est facile, mais lorsqu'il est justifié, pourquoi s'en priver? Voilà une seconde édition du Raging Metal Fest qui a tenu toutes ses promesses, avec une excellente (double) affiche, une organisation impeccable, un public qui a répondu présent et une ambiance générale aussi bonne que les décibels ingurgités pendant ces deux jours, aussi appréciable que les derniers verres et les discussions nocturnes post-apocalyptiques qui suivirent. En résumé, on attend la prochaine édition avec impatience! Croisons les doigts pour retrouver le RMF au Barp, l'an prochain!



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