CHRONIQUES DE CONCERTS

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RAISMES FEST
Avec : Beating Mosquito, Dead’N’Crazy, Tyson Boogie, The Long Escape, T.A.N.K, Fluxious , Superscream, Holophonics, Rozz, Irminsul, Max Pie, Voodoo Six, 77, Melechesh, The Answer, Napalm Death, Girlschool, Pretty Maids
Date du concert : 08-09-2012
Lieu : Château de la Princesse d’Arenberg - Raismes [ 59 ]
Affluence : NC
Contact organisateur : http://www.raismesfest.fr
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 25 septembre 2012 - Chroniqueur : daills - Photographe : daills


C’est avec un énorme plaisir que je me réveille de bien bonne heure ce samedi 8 septembre, pressé de prendre la route pour RAISMES (59), près de Valenciennes, afin de participer à cette 14ème édition du RAISMESFEST. Plaisir d’autant plus grand que l’édition 2011 du fest avait été annulée, suite à une série de difficultés, notamment financières.


Cette année, le festival se déroule sur une journée (contre deux précédemment) mais l’affiche s’avère tout de même très alléchante et éclectique. En tout cas, le soleil est déjà au rendez-vous dès l’aube ; il ne reste plus qu’à espérer que le public sera nombreux et que le festival puisse enfin, en ce jour, renaître de ses cendres. Cela fait du bien en arrivant de retrouver le Château de la Princesse d’Arenberg (hé oui, le Raismesfest est un festival noble !), le festival se déroulant dans le cadre verdoyant du parc avec la scène juste devant le château, le tout à proximité d’une base de loisirs et d’un lac !



Le temps de retirer mon invitation, mon pass photo (merci au passage à tout l’équipe du fest et tous les bénévoles pour le chaleureux accueil ; il n’y a pas à dire, les chtis savent recevoir), de monter ma tente et j’arrive pile pour le début d’IRMINSUL, power trio de l’Oise, à qui il revient l’honneur d’ouvrir sur la grande scène (au passage plus petite que les années précédentes !). Le trio assure avec brio son hard-rock, typé hard français 80’s. On pense évidemment à des groupes comme High Power, Blasphème, plus récemment Malédiction (revenez-nous les mecs !), notamment grâce au chant en français de Guillaume Coulon. Ce dernier s’en sort très bien même dans les passages les plus aigus. IRMINSUL pioche dans le répertoire de son premier album « Ainsi Soit-il » sorti en 2010 chez BRENNUS et nous gratifie au passage de quelques morceaux du prochain album (qui n’est « pas prêt de sortir » dixit Guillaume). Une bonne mise en bouche pour cette journée.



12h35, pile à l’heure, les Belges de MAX PIE débarquent sur scène pour balancer leur heavy progressif. Le groupe est en place, maîtrisant bien les compos de son album « Initial Process » pourtant pour le moins assez complexes techniquement. Le son est un peu noyé sous les basses, particulièrement la voix de Tony Carlino qui pour le coup ressort mieux sur les envolées aiguës. On ne peut cependant que souligner la performance de ce dernier ainsi que de l’ensemble du groupe. Tony, par ailleurs organisateur du PPM Fest de Mons, affirme son plaisir d’être ici et souhaite le meilleur pour la suite du RAISMESFEST qui, il le dit, reprend aujourd’hui du poil de la bête.



TYSON BOOGIE prend la relève sur la scène découverte pour réveiller un public qui commence tout doucement à se faire plus nombreux. Le trio Lillois joue un Hard-Rock très énergique, direct. Kal, le bassiste chanteur, est un petit bonhomme qui dégage une énergie surprenante et communicative. La musique du groupe ressemble à un croisement entre AC/DC et MOTORHEAD avec une voix à la Udo Dirkschneider (ACCEPT). Chaque titre est une véritable baffe, digne d’une droite de Mike Tyson. Ce n’est toujours pas maintenant que je ferai ma sieste !



VOODOO SIX, groupe londonien, débarque sur scène au RAISMESFEST pour la première fois en France. Fort de leurs trois albums et d’un EP 6 titres, le groupe est très à l’aise et très pro sur scène. Leur Hard-Rock est teinté d’influences 70’s et bluesy. Le chanteur a une voix rauque et puissante aux accents proches de Lemmy (MOTORHEAD). Sur « Something For You » , il sépare le public en deux parties pour se lancer dans une battle au chant. Classique mais efficace.



THE LONG ESCAPE, tel un OVNI, débarque sur la scène découverte. Et l’on peut parler d’OVNI car le groupe ne ressemble qu’à lui-même. C’est plein d’influences (progressives, alternatives…), très travaillé et même si personnellement j’ai un peu de mal à adhérer, je dois reconnaître au groupe une forte personnalité.



Avec 77, les choses s’accélèrent. Petit voyage dans le temps, je ferme les yeux quelques secondes et me voilà en cette bonne vieille année 1977. « Less Talk, Lets Rock », « Big Smoker Pig »…, les titres s’enchaînent sur un rythme endiablé, tous auraient pu trouver leur place sur le « Let There Be Rock » d’AC/DC. C’est peu de dire que le groupe est influencé par ces derniers : le gratteux, branché sur du 5000 volts qui virevolte dans tous les sens et surgit même dans le public sans roadie tel un diablotin (plus grand que Angus celui-là), le chanteur avec son look à la Cliff Williams et sa voix quasi-identique à celle de Bon Scott, jusqu’au son typé « Let There Be Rock ». Alors ce pompage en belle et due forme pourrait agacer certains mais, en tout cas, en live, ça en jette ! L’énergie des Espagnols est communicative et le public commence à headbanguer, bravant le soleil de plomb. Comme me le dit mon voisin : « c’est bon ! ».



TANK prend possession de la scène découverte pour y jouer son death metal puissant mais plutôt mélodique. Malgré son jeune âge (TANK a été formé en 2007), on sent que le groupe n’est pas novice sur scène et s’en sort bien. Le chanteur tente de lancer un mini circle-pit, plutôt désorganisé au vu d’un public encore trop peu nombreux. TANK salue chaleureusement les organisateurs du RAISMESFEST et nous offre un nouveau titre issu du prochain album qui devrait sortir le 9 octobre.



Même si le RAISMESFEST a toujours été assez éclectique dans sa programmation, je n’ai pas souvenir d’y avoir vu un groupe de black metal. C’est donc avec impatience que j’attends l’arrivée de MELECHESH sur la scène principale. Dès l’intro, le groupe surprend par sa présence scénique. Le son est correct et le black metal aux multiples influences orientales de MELECHESH passe très bien le cap de la scène. Le terme d’ « Israelian Metal », inventé par le groupe, leur convient parfaitement. Le guitariste Moloch, qui connaît d’ailleurs la région pour avoir suivi des études de philosophie politique à Lille, arrive sur scène la tête et le visage recouverts d’une sorte de foulard palestinien noir. Ashmedi, le chanteur guitariste, occupe bien l’espace et en impose. Ses parties vocales sont bien rendues tant sur les passages black (soit l’essentiel du temps chez MELECHESH) que sur certains passages plus death. On ressent bien les influences musicales orientales mais aussi les ambiances liées à la mythologie mésopotamienne et à l’occultisme orientale. On ne s’ennuie pas même sur des titres aux longs passages instrumentaux comme « Rebirth of the nemesis ». Un concert sympathique.



Ambiance studieuse sur la petite scène avec SUPERSCREAM (qui a inversé son set avec celui de FLUXIOUS) et son metal progressif, agréablement teinté d’influences variées (notamment ethniques). Les Rouennais s’en tirent bien pour restituer leur musique plutôt complexe. Je m’empresserai donc d’écouter leur premier album « Some Strange Deavy Sound ».



J’ai découvert THE ANSWER il y a quelques années mais c’est surtout avec leur 3ème album « Revival » sorti en 2011 que j’ai accroché. Leur tournée en première partie d’AC/DC sur le « Black Ice World Tour » me laisse penser que le groupe a pris de la prestance sur scène. Et effectivement, dès que les Irlandais s’emparent de la scène, ça le fait ! Leur hard-rock bluesy passe très bien sur scène ; le groupe est parfaitement en place, le son est assez bon (même si on a connu mieux sur de plus grosses scènes lors des éditions antérieures du RAISMESFEST). THE ANSWER nous fait taper du pied avec ses belles influences bluesy et irlandaises. J’apprécie la reprise de ROSE TATOO « Rock’n’Roll Outlaw ». Le chanteur, Cormac Neason, sorti tout droit des 70’s, se trémousse tel un shaman, fait chanter le public et finit même par descendre dans la foule pour faire s’asseoir les gens en cercle et se lancer dans une grande communion. On croirait voir le Christ descendre au RAISMESFEST tant la ressemblance physique est grande ! Miracle, le RAISMESFEST revit !



Difficile de prendre la relève sur la petite scène pour FLUXIOUS. Et pourtant, les Franco-Suisses s’en tirent avec brio en nous délivrant leur metal plein d’influences (jazz, pop… ) ; la charmante Joana a une voix atypique dans le metal. Un moment rafraîchissant avant la tornade qui nous attend.



Lorsque la programmation finale du Raismesfest a été dévoilée il y a quelques mois, j’avoue que pour moi, NAPALM DEATH fût la plus grande surprise. J’attends d’autant plus le groupe que leur prestation quelques mois plus tôt au HELLFEST a plutôt été en demi-teinte. C’est au son de ‘Circumspect’ suivi de ‘Errors In The Signal’, tous deux extraits du dernier album ‘Utilitarian’ que le groupe surgit sur scène. Et que vous dire ? les murs du château tremblent ; NAPALM DEATH assène son grindcore qui , tel un tsunami, balaye tout sur son passage. Mark ‘Barney’ Greenway est en transe et arpente la scène de long en large tel un pois sauteur. C’est violent mais c’est bon !



Une autre belle surprise nous attend avec HOLOPHONICS sur la scène découverte. Le groupe œuvre dans un Rock/Metal alternatif puissant et mélodique. C’est très pro et cela fait du bien d’entendre des influences un peu plus rock et moins metal après le déluge grindcore de NAPALM DEATH.



La nuit est tombée sur le château lorsque les jolies GIRLSCHOOL entament leur set. Rien à redire sur leur Hard-Rock bien pêchu ; après tant d’années, cela fait plaisir de voir que les filles prennent un réel plaisir à jouer. Cependant, serait-ce la fatigue ou la faim mais je n’accroche pas plus que cela. Je ne parlerai pas de déception tant les GIRLSCHOOL mettent du cœur à l’ouvrage, mais en tout cas pas le meilleur souvenir de la journée.



Je loupe une bonne partie du concert de ROZZ pour reprendre quelques forces avant la tête d’affiche, en faisant grimper d’un coup mon taux de cholesterol d’une façon non décente grâce à la spécialité locale : un américain fricadelle/frites et mayonnaise (merci au passage pour le charmant service à ch’baraque à frites !). Comme à son habitude, ROZZ semble maîtriser son hard-rock 80’s (un petit bémol cependant avec le son); on sent l’expérience et leur chanteur Olivier semble s’être parfaitement intégré au groupe. Toute l’équipe organisatrice du RAISMESFEST se félicite de la renaissance du festival et remercie chaleureusement le public avant d’introduire la tête d’affiche du jour.



Les Danois de PRETTY MAIDS se font plutôt rare et chacune de leur apparition se savoure, d’autant plus que ,depuis la sortie de leur dernier album studio ‘Pandemonium’ (2010), le groupe apparaît particulièrement en forme. La scène (backdrop, lights…) est la même que celle de leur dernier CD/DVD live ‘It Comes Alive- Maid in Switzerland’ (2012). Le groupe attaque en force avec ‘Pandemonium’ suivi de ‘INVU’. Tout est très professionnel, le bassiste et le batteur semblent s’être très bien intégrés à la colonne vertébrale du groupe que forment Ken Hammer et Ronnie Atkins. Le jeu de Ken Hammer est parfait aussi bien rythmiquement qu’en solo : le bonhomme n’en loupe pas une ! Quant à Ronnie Atkins, que vous dire ! comme à son habitude sa voix est magique tant dans les passages clairs et mélodiques que dans les registres plus rauques et heavy. Les hits s’enchaînent, le public chante à gorge déployée et sans voir le temps passer, on en arrive à un ‘Red Hot and Heavy’ final et dantesque pendant lequel Ken Hammer amène subtilement une reprise du ‘Smoke On The Water’ de DEEP PURPLE , hommage à Jon Lord. Trop bon, trop court !


Set-List : Pandemonium, I.N.V.U, Wake Up To The Real World, Hell On High Heels, Destination Paradise, Walk Away, It Comes At Night, Yellow Rain, Please Don’t Leave Me, Back To Back, Rock The House, Rodeo, Little Drops Of Heaven, Love Games, Future World, Red, Hot and Heavy.



Le calme revient sur le château, on l’espère pour seulement un an ; en tout cas, on peut le dire, voilà une très belle journée et un retour réussi : une belle programmation aussi bien sur la scène découverte que sur la scène principale, une ambiance conviviale, un super cadre ; que demander de plus, si ce n’est une édition 2013 aussi belle ! Un grand merci à toute l’équipe du Raismesfest pour l’invitation et l’organisation quasi-parfaite.



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