CHRONIQUES DE CONCERTS

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BLACK FLAG
Avec : good for you, black flag
Date du concert : 20-05-2013
Lieu : Rockhal - Esch sur Alzette [ Luxembourg ]
Affluence : 300
Contact organisateur : http://www.rockhal.lu/
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 23 mai 2013 - Chroniqueur : Pitite-X - Photographe : Pitite-X


C’est dans une petite salle du Luxembourg qu’on a pu assister à un concert de Black Flag le 14 mai, curieux de voir ce que nous réservait Greg Ginn après des années loin de l’Europe. Le Rockhal, à Esch sur Alzette, est une petite salle agréable – bien que l’on en déplore les prix élevés et le service de sécurité qui, à côté d’un professionnalisme indéniable, instaure lui-même un certain désordre. Après une première partie plus mélo que punk d’un groupe local plein de bonne volonté, on avait droit à deux groupes : Good For You, le « projet parallèle » de Greg Ginn, fondateur et guitariste de Black Flag, et Black Flag lui-même que le public attendait depuis fort longtemps puisqu’aucune formation de ce nom ne s’était produite en Europe depuis plus de trente ans.


Good For You se compose de Greg Ginn à la guitare, Mike Vallely au chant (skateboarder de légende que l’on connait aussi au cinéma dans l’Aube rouge et Very Bad Trip), Gregory Moore à la batterie et Dave Klein à la basse, et propose de nombreux titres instrumentaux, voire mélodiques. On reconnait dès les premiers accords les compositions tortueuses de Ginn, toujours heureux de donner libre cours à sa... frivolité. Il peut jouer ses titres sans s’entendre reprocher que ce n’est pas du punk – il a le droit, c’est Bon Pour Vous ! Ses musiciens participent allègrement et s’en donnent à cœur joie, pour le plus grand bonheur de ceux qui ne se limitent pas au hardcore. Des rythmes prenants, des mélodies élaborées et sinueuses, des musiciens épatants... mais on n’était pas là pour ça, et certains n’y ont pas trouvé leur content. Les choses ont été différentes ensuite.


Ron Reyes, chanteur historique de Black Flag bien qu’y ayant enregistré le passage le plus court, attaque avec « Revenge » et la fosse commence à bouger. Ce sont les morceaux qu’on attendait ! D’un côté, ça pogote ; sur la scène, c’est une explosion de notes et de sons. Ginn, Moore et Klein sont restés pour accompagner un Portoricain déchaîné qui, s’il a pris quelques kilos, semble n’avoir rien perdu de sa hargne, tout born-again Christian soit-il. Il se contorsionne, braille les paroles, gesticule. Ginn, à côté de ses riffs inimitables, nous régale de sa dernière invention technique : un petit appareil rectangulaire muni d’une antenne et dont il tire les sons les plus étranges. Moore, Klein, chacun s’y colle, jusqu’à Reyes qui ne peut s’empêcher un mouvement salace quand vient son tour. « Nervous Break Down », « Fix Me » et autres « Gimme Gimme Gimme », on revisite les grands titres du groupe considéré par beaucoup comme le père du hardcore ; « TV Party » est peut-être le clou d’un spectacle qui se conclut, comme toujours, sur « Louie Louie ».


C’est un petit concert de trois cents personnes dont le public a semblé très content, bien que l’on puisse reprocher à l’ensemble un son trop propre, trop poli – c’est du punk, merde. Mais voilà, Black Flag a son histoire, et, si une salle propose désormais un bon son, pourquoi refuser ? Personne n’a semblé se plaindre d’un manque de tripes ou de nerfs et chacun, tant dans le public que parmi les musiciens, a semblé heureux d’être là. Si c’est un plaisir de voir Ginn et Reyes, on n’en est pas moins impatient de voir un jour, qui sait, Keith Morris avec Off, Kira Roessler avec Dos ou même Rollins.


Pour une histoire détaillée de Black Flag, la biographie « Spray Paint The Wall » est désormais disponible – un récit mouvementé, une dizaine d’années riches en anecdotes et plus de musiciens qu’on n’en croisera jamais. Même s’ils ont vieilli – après tout, nous aussi –, Black Flag sera toujours Black Flag et le punk, le punk... même si le son est bon !



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