CHRONIQUES DE CONCERTS

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DEVILDRIVER
Avec : DEEP IN HATE
Date du concert : 12-08-2013
Lieu : Trabendo - Paris [ 75 ]
Affluence : nc
Contact organisateur :
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 19 août 2013 - Chroniqueur : RDpix - Photographe : RDpix


C’est avec des acouphènes encore bien prononcés que je me dirige ce mardi 13 août vers le Trabendo. Voilà à peine 24 heures que je suis sorti de cette salle que j’y retourne déjà. Un autre jour un autre style. Après l’énorme concert de hardcore donné par Madball et Biohazard, me voilà embarqué dans une soirée placée sous le signe du death métal. En première partie : DEEP IN HATE. Un groupe parisien dont je ne connais absolument rien. Mais je ne compte pas le bouder, au contraire, je suis toujours friand de nouvelles découvertes musicales. La tête d’affiche : DEVILDRIVER, ce ne sera pas une découverte. J’ai écouté quelques fois les albums et les ai trouvé efficaces dans leur genre. Sur scène je m’y suis intéressé de loin au hellfest 2012 mais de loin, sans plus que ça. Voyons voir ce que le grand Dez Fafara donne de plus près. Mais tiens, en parlant du loup, le voilà qui passe juste à coté de nous près de la file d’attente. Un petit homme chevelu d’1m65 pas plus. Pas si grand que ça le Dez. Des fans le reconnaissent et l’interpellent. Ce dernier se tourne vers eux, les toise d’un regard snob et tourne les talons pour retourner vers sa loge dans laquelle des choses beaucoup plus intéressantes l’attendent certainement. Des choses bien plus passionnantes que quelques fans qu’un simple sourire et un signe de la main auraient ravis. Plutôt froid pour un premier contact.

Ne nous attristons pas trop vite. Jetons d’abord un œil au premier groupe de la soirée. Que constatons-nous ? Tout d’abord les musiciens qui montent sur scène n’ont pas le regard haineux contrairement à ce que laisserait penser le non du groupe. DEEP IN HATE est constitué d’un bassiste aux cheveux courts et à la mèche rappelant un peu la coiffure du chanteur de Papa Roach. Il est suivi d’un premier guitariste dont la coupe de cheveux rappelle celle du bassiste. Vient un second guitariste donc la coupe de cheveux rappelle celle du premier et on s’arrêtera là pour les cheveux. Le batteur a un look plus métal, lui. Puis viens ensuite le chanteur coiffé (j’ai dit que j’arrêtais avec les coiffures) d’une casquette aux couleurs des Yankees et arborant une moustache rappelant Gérard Baste à la grande époque.
Après avoir salué le public et annoncé le nom du groupe, DEEP IN HATE lance l’assaut. Force est de constater que c’est assez efficace. Les musiciens nous servent un brutal-death bien léché. Leur stoïcisme est un peu regrettable mais en contrepartie, le côté technique est assuré. Le bassiste et un des guitariste jouant côte à côte sont rapides et précis. Les riffs sont carrés comme il faut et les deux musiciens se permettent même de heabanger de façon totalement synchronisée sur les passages plus lourds et plus lents. Ca a de la gueule, il faut le dire. Ces passages sont soulignés par une basse bien utilisée, complexe à certains moments, plus lourde à d’autres. Le tout haché par un bon batteur utilisant ses doubles pédales à bon escient sans en abuser. Un bon point là aussi. Le chanteur, lui, nous gratifie d’un chant grave et rauque. Pas non plus gutturale mais bien adapté au style. Certains passages de chant un peu porcins viennent se caler dans tout ça mais sans dénaturer le tout.
Le seul point noir c’est le manque d’originalité. Le groupe possède une bonne image qui lui est propre et qu’il semble avoir travaillé mais il manque le petit plus qui fait qu’un groupe se démarque musicalement des autres. On sent que le groupe est encore jeune et il est probable qu’en partant des bonnes bases déjà acquises, DEEP IN HATE puisse faire sa marque dans le death metal hexagonal. En tout cas le public semblait avoir apprécié aussi.


Le public, parlons-en. Il est étonnamment peu nombreux. Serait-ce Dying Fetus au Nouveau Casino qui aurait attiré toute la foule amatrice de metal bourrin, ou serait-ce encore les vacances. Quoi qu’il en soit, la salle est tout juste remplie à moitié comparé à la veille. Mais tant mieux, il y a moins la queue au bar.
Après une bière bien méritée, je retourne dans la fosse photographe. Tiens ?! Cette fosse n’était pas là hier ! La barrière a certainement été installée suite à la demande des artistes de ce soir. Preuve que ces derniers sont très attachés à la proximité avec leur public bien-aimé. Et je doute que ce soit DEEP IN HATE qui soit à l’origine de cette demande. J’opterais pour le p’tit Dez si désireux de garder la scène rien que pour lui et qui ne la partagerait pour rien au monde avec un fan atterrissant près de lui suite à un slam malencontreux.


Mais tiens, en reparlant du loup, le revoilà. Il entre sur scène 30 secondes après le reste des membres composant DEVILDRIVER. Tout le monde est en place. M.Fafara salut la foule du haut de ses 3 pommes et sans attendre commence par « End of the Line » qui sera le seul morceau que j’ai pu reconnaitre sans trop de problèmes. Ils commencent par le terminus, seraient-ils si pressés que ça de partir alors que le concert vient à peine de débuter ? Heureusement non. Ils sont quand même là pour jouer leur set et ils vont s’y tenir. Les musiciens accordés quelques demi-tons plus graves que la normale font vibrer leurs instruments comme des pros. Malgré ça, le son reste un peu brouillon. Bon, d’accord, on parle de death-metal, certes, mais ça n’empêche pas d’avoir des balances propres en général. La sauce a du mal à prendre. Pourtant les musiciens ne restent pas immobiles contrairement à l’impression qu’ils m’ont faite au Hellfest 2012. On sent qu’il y a de la performance mais seule la batterie sort du lot.
Le public, aussi peu nombreux soit-il, compte tout de même une vingtaine de braves pogotteurs qui se soucient moins de la qualité musicale que du rythme effréné des morceaux. Ils ont bien raison. Fafara tente à deux reprises de lancer un braveheart en séparant la fosse en deux. Le premier est un flop total. Le second, quelques morceaux plus tard, fonctionne. Mais à 20 personnes, un braveheart tiens plus du snap de football américain que d’une bataille épique entre Écossais et Anglais dans une vaste plaine boueuse. Plus tard le leader du groupe demande à l’assistance si certains sont déjà allé en Californie. Certains fiers de montrer leur palmarès de globetrotteurs lèvent haut la main, d’autres les imitent pour faire semblant d’avoir compris la question. Je m’attendais à ce que Dez rebondisse directement sur « Clouds over California » mais même pas, celle-ci est arrivée une chanson après. J’ai cherché par la suite la raison de cette question et je n’ai toujours pas trouvé. Il a peut-être eu le mal du pays entre deux chansons.
Cela dit, le groupe a fini son set sur « Meet the Wretched » que j’ai vaguement reconnu sur les dernières notes. Puis ont dit au revoir et sont partis sans le moindre rappel.

Setlist : End of the Line, Cry for Me Sky, Dead to Rights, Ruthless, These Fighting Words, It’s in the Cards, Not All Who Wander Are Lost, The Appetite, Before the Hangman’s Noose, I Could Care Less, Head on to Heartache, Clouds Over California, Hold Back the Day, Meet the Wretched.


Á la vue de cette performance, je reste convaincu que le groupe le plus appréciable ce soir-là était DEEP IN HATE bien plus que leurs aînés de DEVILDRIVER. En ressortant de la salle, un peu déçu, mon regard se pose sur un petit bonhomme entouré par un grand gaillard de la sécurité du Trabendo et d’un gros américain à lunettes et chemise hawaiienne façon Magnum. Le petit ne se fait même pas appeler par ses fans cette fois-ci. Il file vaquer à ses occupations dans l’ignorance générale. Moi je file me coucher en espérant que les copains partis voir Dying Fetus ont passé une soirée plus sympa.
Je remercie tout de même Pavillon 666 de m’avoir confié cette chronique qui m’a permis de découvrir un nouveau groupe. Merci également à l’équipe du Trabendo, toujours aussi accueillant, même si la sécurité était tendue comme un slip comparé à la veille.

A bientôt pour de nouvelles chroniques.