CHRONIQUES DE CONCERTS

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THE GOREFATHER TOUR
Avec : Banane metalik, charge 69, peter pan speedrock, black market crash
Date du concert : 12-10-2013
Lieu : CCO Villeurbanne - Lyon [ 69 ]
Affluence : 230
Contact organisateur : http://www.dreamfactorymusicinc.com
Interview :
 Pavillon 666 - metal rock webzine  
Date de la chronique : 14 octobre 2013 - Chroniqueur : Black.Roger - Photographe : Black.Roger http://black-roger.tumblr.com


Qu’il fait bon se mettre au chaud dans le CCO de Villeurbanne ce samedi 12 octobre avec un temps à ne pas mettre un chien dehors. Dedans, Dream Factory Music Inc. a tout prévu et nous propose une affiche remuante et chaleureuse. Alors oui, la soirée promet d’être brûlante avec la nouvelle étape de THE GOREFATHER TOUR dans ces lieux. C’est bien sûr les « parrains » du gore n’roll BANANE METALIK qui vont se charger de brûler les planches accompagnés auparavant de trois formations punk/rock venant de Hollande, de Suisse et de France bien sûr et répondant aux doux noms de PETER PAN SPEED ROCK, CHARGE 69 et BLACK MARKET CRASH.

C’est d’ailleurs ces derniers, petits Suisses de Genève (sic) qui ouvrent les débats vite, vite, car il y a déjà du retard dans le « timing » semble-t-il. Tom, Cedric et Conor nous proposent en guise de mise en jambe du punk tout simplement, sans fioritures, sans faux-semblants, puisant dans les titres de leur album « The Buried Dancers ». BLACK MARKET CRASH semble plus rock que punk à première écoute. Du binaire, du binaire, oui mais sans le gros son ce soir. C’est plutôt léger et la voix, les voix ne font pas l’unanimité dans une assistance encore clairsemée, soit, mais qui reste figée loin de la scène. Ce n’est donc pas avec nos amis helvètes que l’on va se réchauffer ce soir.

Ce sont donc les Hollandais de PETER PAN SPEED ROCK qui vont changer la donne en deux temps trois mouvements comme l’on dit couramment. La salle s’est remplie et il y a surtout dans l’assistance des connaisseurs qui vont reprendre les titres de ce trio batave venu pour en découdre de toute façons. Et il en a les moyens le bougre. Compositions ravageuses menées sur un train d’enfer avec un rock speedé, « punké » et heavy parfois qui va nous coller contre les murs du CCO. Le son est à la hauteur cette fois-ci. La guitare cisaille ce qui nous reste de neurones, la basse a mis le turbo et la batterie est démolie, aaargh !
PETER PAN SPEEDROCK appuie à fond sur l’accélérateur de sa bagnole américaine et nous envoie un nuage de poussière brut de décoffrage avec un carburant mix composé d’éléments punk à la G.B.H. et d’envois musclés rock n’roll à la MOTÖRHEAD. Nous pouvons également les comparer à leurs cousins Américains de VALIENT THORR. Que du bon donc, du rock sous amphétamines, du punk sale et cru, du heavy-speed, choisissez ! Mais ce mélange vous pète à la figure fatalement et devant la scène de la salle en sueur les premiers ébats physiques de la soirée se font jour, ambiance donc. Arrivé à la fin du set on en aurait bien repris une gorgée mais le temps passe vite et CHARGE69 attends son heure…

CHARGE 69, les vétérans du punk Messin ont donc la lourde tâche de relever le défi de Peter Pan Speedrock. Mais le quatuor de l’est de la France en a vu d’autres en 20 années de carrière où il à brûlé les planches sur le continent Américain et dans beaucoup de squats Européens. CHARGE 69, c’est le street-punk dénonciateur, écorcheur dans ses textes, peut-être old-school dans son attitude, mais oh combien présent sur scène. Caps, Mumia, Laurent et Valex lèvent le poing et nous matraquent avec leurs brûlots appelés « Univers Sale », « Temps Meilleurs », « Fin de Siècle », « Casse Toi », « Autorité » et autre « Région Sacrifiée », titre militant en diable. Moins speed que Peter Pan, plus « traditionnel » dirons-nous, le punk de nos amis Lorrains n’en est pas moins efficace et le public adhère pleinement à leurs envois. Il y a même quelques « keupons » qui vont soutenir les musiciens sur l’estrade. L’ambiance est donc toujours bonne dans le CCO et BANANE METALIK va donc en bénéficier, là, tout de suite après l’installation de son décorum gore n’roll.

BANANE METALIK avec sa thématique horrifique et son rock « zombiesque » déjanté rassemble tous les rockers, les punks et les métalleux de tous poils, alors pourquoi ? Réponse immédiate là devant nous ce soir avec en intro un sample mafieux qui introduit nos musiciens grimés parrains d’un rock n’roll particulier, place aux « morts-vivants ». Et la banane s’enflamme, le public aussi, qui s’envoie en l’air dans des jets de boissons houblonnées cela va de soi. Le combo gorgé de non-conformisme artistique et autres, provoque, dérange, aime pousser son public dans ses derniers retranchements, et il le fait bien. Son univers plait visiblement, sa musique aussi et ses textes en Français SVP vous interpellent forcément. La salle est en émoi, l’assistance se nourrit de cette scène sanglante la buvant jusqu’à la lie. On aimerait que ça dure encore et encore tant cette ambiance décalée nous convient. Mais à 23 heures trente pile, le CCO coupe le son sur scène en plein milieu d’un titre. Que se passe –t-il, le public s’interroge et reste la planté a réclamer son « dû ».
Alors, cher public, ne savez-vous pas que cette salle de concert « dérange » à certains moments un voisinage bien « clean », bien « dans le moule », mais qui n’hésite pas cependant à assister aux festivités bruyantes autorisées par la municipalité de Villeurbanne jusqu’à 4 heures du matin parfois. Alors, deux poids, deux mesures semble-t-il. Ce « coup de gueule » était nécessaire, à vous de juger !

Le public, après un certain atermoiement devant la scène, doit se rendre à l’évidence et quitte donc les lieux avec l’impression désagréable d’avoir été « floué », dommage. Oui dommage pour ce set des Bananes Metalik incroyable (qui à dit comme d’habitude ?). Il convient bien entendu de remercier Dream Factory Music Inc. de nous avoir proposé une telle affiche et nous remercions également tous les musiciens ayant animé avec énergie et conviction cette soirée particulièrement agitée.